mardi 31 août 2004

Ca y est !

J'ai récupéré mon mini-DV. A EUR91, j'espère qu'il va tenir longtemps, maintenant. Il me semble qu'il est un peu bruyant, mais n'est ce pas moi qui suis plutôt à l'affût du moindre défaut... ?

J'ai retrouvé Stéphane vers 4h30 aux Halles (un monde...!), nous nous sommes dirigés vers Opéra pour faire les courses chez 京子 / Kyôko (soirée お好み焼き/ okonomiyakii). J'ai profité d'être dans le quartier pour acheter mon JRPass. Comme l'an dernier, un pass de 2 semaines me semble suffisant. Pour voyager à 京都 / Kyôto, dans le 関西 / Kansai, mon vélo, les bus, les trains omnibus et le Kansai through pass. Avec les JR Pass, 東京 / Tôkyô, 広島 / Hiroshima, 姫路 / Himeji, et pourquoi pas 九州 / Kyûshû, 長崎/ Nagasaki... et pourquoi pas le nord non plus, et 名古屋 / Nagoya, et 長野/ Nagano...

Caméscope, JR Pass, je suis fin prêt et il ne me reste plus qu'à changer de l'argent.

A la piscine tout à l'heure je repensais... みどりの窓口 / midori no madoguchi / le guichet, à la gare... la couleur verte. C'est amusant, je ne peux m'empêcher d'associer la couleur verte au 関西/ Kansai, à mon arrivée à 京都 / Kyôto, à 奈良/ Nara dans le film de Kawase Naomi... J'ai toujours lu que "ma couleur", dans mon horoscope, était le vert. Je lui ai toujours préféré le mauve. Et finalement l'an dernier j'ai découvert le vert. Pas celui d'ici, simplement vert. Non, celui de la multitude, de l'explosion de vert, de la profusion, de la lumière de vert, de la luxuriance de vert, de l'encerclement de vert, les infinies nuances des essences d'arbres différentes, des mousses et des plantes, le climat du vert, humide forcément humide. L'odeur du vert, frais dans sa verdure, envoutant sous sa forme ancienne, le brun du bois qui sert à faire les maisons. Les anciens Japonais de 平安時代 / Heian avaient bien de la chance et voyaient juste quand ils disaient que 大和 / Yamato était le pays des 神 / Kami. Ce n'est pas faux, le japon est vraiment un pays divin.

Je termine rapidement l'essai de Muriel Jolivet, et je pense passer rapidement au dernier roman de Slocombe, Nao, sorti il y a quelques jours et que j'ai feuilleté au Virgin vendredi dernier. Je me suis dit que par la même occasion, je pourrais également acheter L'affaire Nicolas Le Floch, la suite des aventures de Nicolas le Floch. Stéphane insiste pour que nous lisions des romans de Thierry Jonquet, je pense que je vais en prendre un en bibliothèque.

Côté essais, Le Traité de l'Indulgeance m'attend toujours. Monsieur Niwa nous en a dit du bien, comme d'autres enseignants.

Hier soir, お好み焼き/ okonomiyaki étaient délicieux, mais méritera la comparaison une fois dans le 関西 / Kansai : je n'en ai qu'un souvenir lointain, enveloppé de sauce et de mayonnaise...

J'écris ce blog pour me remettre à écrire. Dans ma têtes, 2 nouvelles se télescopent et ne demandent qu'à sortir enfin.

samedi 28 août 2004

Un samedi, fin aout, à Paris

Le week-end arrive trop vite, finalement... Heureusement, mes vacances tardent à arriver!

Acheté Le Monde hier soir, dernière édition vacances... Ecouté Les matins, sur France-Cultures, hier matin, même chose, Ali Badou a remercié son équipe et dès lundi il me faudra retrouver l'insupportable Nicolas de Moran, et sa bande de gauchistes des Grandes Ecoles. Fini la chronique décontractée d'Azouz Beggag... Pour une fois qu'on a un intellectuel qui a quelques chose à raconter. Ca m'amuse, d'ailleurs, d'écrire "intellectuel" pour Beggag. Ses chroniques sont si "légères", il s'exprime dans un language un peu ampoulé, vieux, littéraire, lui le gosse des bidonvilles de Villeurbanne. Qui pourrait croire que derrière le romancier, derrière ses récits simples, se cache un authentique sociologue, professeur et chercheur... Ambiguité des caractères minoritaires, de leur attitude à la perception de la société. Un arabe se croit ainsi toujours obligé de faire rire, être léger, de peur d'agresser. On apprend ça très tôt. L'homosexuel, se rendre présentable, la femme être sérieuse, ne pas s'emporter. Le mâle hétérosexuel français a bien de la chance, il est le un, l'unique, n'a donc pas à se situer, se définir : il est l'étalon (quel mot...). Toute légère affirmation d'une "sensibilité différente" de la part d'une femme, d'un enfant d'étrangers, d'un homosexuel est suspecte : communautaire, agressive, déplacée. On m'a ainsi rétorqué que personne ne m'avait demandé de parler de ma sexualité comme je disais que j'étais homo. Pourtant, certains parlaient sans s'en rendre compte de leur "normalité"...

Au revoir, Monsieur Beggag, et bonne rentrée.

Fini de lire le livre de Louis Frédéric, trouvé en soldes. C'est sympa, ça se lit facilement, j'ai pu ensuite reprendre Homojaponicus, chez Picquiier, une étude assez noire, peu représentative au 1er abord mais que la lecture d'un ouvrage traitant du Japon "normal" éclaire de manière intéressante. Après tout, mon Professeur Claude Gauvard n'a pas fait autre chose quand elle a étudié la marge (prostituées, criminels, etc), permettant ainsi de mieux cerner la société autours, la société "normale" en cours de constitution dans les mondes troublés des 14ème et 15ème siècle. L'étude de Muriel Jolivet a le mérite de mettre en évidence ce qui bouge, ce qui craque, ce en quoi le livre de Louis frédéric est déjà dépassé, comme lui l'observe parfois avec beaucoup d'honnèteté et de réalisme... déçu, mais aussi parfois content.

CHEMISTRY en fond sonore. Je sais, c'est de la soupe. Bref, c'est de la vraie musique, euh, fond sonore, de samedi matin. Cela me fait me souvenir que c'est le moment de passer l'aspirateur, par exemple.

Mon travail me fatigue, je suis lassé.

Je vais acheter aujourd'hui mon pass JR. Ce soir, je fais des Okonomiyaki chez Stéphane.

Bon, je vais rechercher mon camescope à Darty. L'aspi, c'est après.

mardi 24 août 2004

日本語で書いてもいいですか

うん...日本語で書いてみるのです.ときどきsafariは出来ませんから、このテストをしています.

出来れば,いいだと思っています.

ブローグにはフランス語でも英語でも日本語でも書きたいですね!

じゃね!

Mon premier post...

... dans mon 1er blog. Je ne pense pas que ce sera très très difficile. J'ai en effet tenu mon journal pendant tant d'années.

Je trouve ça drôle, tenir un journal de bord, en ligne, sans tabou, sans retenue. De la non auto-fiction : cela m'amuse.

Et puis comme je serai au Japon à partir d'octobre, ce sera un bon moyen de communiquer, écrire, progresser, partager. C'est tellement fatiguant, "faire un site", et puis ce n'est pas mon métier, alors... l'an dernier, finalement, je me suis contenté de mettre mes photos dans des albums, sans les expliquer : c'est un peu bête.

On verra bien avec un "blog"

On verra bien...

Pizzicato Five en fond sonore sur mon Itunes, l'album Couples. Et puis non, transition, voilà le mix 11mn de Darling of Discotheque. LE titre psychédélique des P5 : grosse ligne de basse "67", cithare indienne, violons aléatoires, "orientaux". Le clip était rigolo mais il se basait sur les 3 minutes du single. Ici, le flottement dure, s'approfondit. Un grand P5 que je n'avais pourtant guère aimé à sa sortie, à cause de l'insupportable reprise de Tout tout pour ma chérie.

Marrant, tout ça, ça me ramène à avant mon départ pour l'Angleterre, pour Londres, mon appartement à Asnières, ce mec croisé dans le métro à 6h00 du matin, les patisseries orientales à La Bague de Kenza, Amal. Tout est matière à souvenir, à écrire, à introspection.

J'ai pensé une nouvelle très fort ce midi. Une "nouvelle japonaise", bien entendue.

Je repense à l'écriture, je me remets de cette pièce de théatre publiée il y a 4 ans déjà, et dont je n'ai pas su que faire. de toute façon j'étais à Londres. Reniée un temps, elle m'amuse plutôt aujourd'hui. Tiens, je devrais la relire : je suis sûr qu'elle me plairait. Mais elle est tellement liée à l'Algérie, Amal, le RCD... Comme c'est loin, et comme ce fut long, me retrouver, me définir moi-même...

De cette époque lointaine, je ramène de drôles de choses. Que n'ai-je compris plus tôt que mon destin était un étroit chemin tracé par la voix d'Emma Kirkby, la courbe d'un orteil raconté par Tanizaki, les silences de France-Culture. Je me souviens cette "journée parfaite", à La Croix, un été 1995. cet article du Monde lu le matin, Beauvoir et son aventure japonaise. Et puis ce programme le midi sur les 2 extrèmes de la littérature japonaise du vingtième siècle, Kawabata et Tanizaki, les deux faces d'un même monde. Et puis après le infos de 12h30, zappant sur France-Musique, la voix de Kirkby alors à son zénith, se déployant avec un orchestre berlinois sur la musique de Haendel... J'en avais pleuré d'un bonheur étrange, lointain, inabordable.

Ben oui, cela de drôles de choses, se regarder en face.

J'ai bien progressé. Me voilà prêt à tout raconter, à tout le monde, et à dépasser enfin. de toute façon, je n'ai plus rien à perdre.

De ma longue quète impatiente, des brumes de ma recherche de moi-même, il a fallu que je chope le dass. C'est vraiment pas malin. Je ne crois pas vraiment m'y faire, avoir traversé cette époque sombre, indemne et frais, et l'attraper au hazard d'un hivers 2003. Ca a perturbé mes vacances, pour le coup, Tôkyô, Kyôto revêtaient leurs allures solitaires, celle auquelles je donne très facilement.

Mais ça va, je suis guéri.

Nous sommes sauvés.