mardi 19 avril 2005

Chronique du désastre / du temps qui passe

La percée du NON dans ce référendum est un symptome. Chacun y va de son objection, très souvent légitime, certains expriment même un ras-le-bol très compréhensible à l'égart du hold up électoral dont nous avons été victimes il y a près de 3 ans...
Bien.
Mais alors, que se passera t'il au lendemain du scrutin ?
Ces opposants tiendront ils enfin la promesse faite il y a 3 ans lors de la grande farce de mai 2002, à savoir faire enfin de la politique, cette fois, à l'échelon européen et sur des questions européennes ? Ou bien retourneront ils à leurs habitudes, leurs indignations pépères devant leur poste de TV, tout justes bonnes en quelques spasmes à les conduire à dire NON une fois par-ci une fois par là. Et de remettre ça jusque la prochaine fois...
Il faut dire que les partisans les plus médiatisés du OUI ne brillent guère par leur ardeur. D'ailleurs, il a fallu ce référendum pour qu'ils nous parlent de l'Europe. Aucun n'avouera que la loi qui institue une Haute Autorité contre les Discriminations est l'application - à minima - d'une directive Européenne. Que les lois sur la parité, la mixité des emplois et les droits des femmes découlent de circulaires Européennes des années 70 et que bien souvent, femmes, immigrés ou homosexuels déboutés de leur droit en France se tournent vers la Haute Cours de Justice Européenne pour voir reconnaître leur droit. Il en sera ainsi pour les mariés de Bègles. Quand à la chasse, aux licenciements de type MétalEurope, c'est là encore la cours Européenne qui en donne le plus.
Une Cours Européenne qui se voit adjointe une déclaration des droits à caractère constitutionnel sera ainsi plus forte.
Alors, aux partisans d'un NON de gauche, je pose la question: pour obtenir "mieux", avec qui, comment, quand, quels etats et quels gouvernements et combien d'heures quotidienne êtes vous prêts à investir ?

Côté santé, léger refroidissement, un peu de fièvre et à nouveau ma parano habituelle. J'ai pris environ 8 kilos en 2 mois, décidé à relâcher la pression, en attendant que la volonté réémerge du plus profond. Perdre 8 kilos, ce n'est pas la mer à boire, faire du sport non plus -nostalgie de crowl dans les épaules. Mais encore cela doit il venir comme une évidence et non comme une brutalité, "parce qu'il faut". Ca fait 2 ans que je fais ça, et ça marche pas, j'ai eu progressivement le sentiment et la sensation de perdre toute énergie. C'est chiant, d'être séropo, sans traitement. Mais bon, avec traitement, c'est galère et ça ne me tente pas non plus...
Je lis un roman très curieux. Dans l'introduction, une petite fille de 10 ans recueille des chats qu'elle passe au micro onde, qu'elle égorge ou passe par la fen^tre sous le regard surpris, puis déprimé et enfin abattus de ses parents. Le chat à la machine à laver, ou le chat badigeonné d'huile allégé cuit au four sont assez cocasses... Une pensée logique : il n'est pas très important pour un chat de retomber sur ses pattes quand il tombe d'une soixantaine de mètres...

Temps un peu orageux, plutôt pluvieux, avec une belle éclaircie ce matin.
On attend un nouveau pape, que les "alter" et autres attendent plus social et ouvert aux questions de société. Moi, j'avoue que même si c'est un fasciste, je m'en moque complètement, je ne suis ni chrétien ni même monothéiste. Et puis de toute façon, je ne suis pas non plus pour le social, mais pour le pouvoir (Marx) et ça fait bien longtemps que j'ai compris que les "questions de société", ce sont les intéressés seuls qui peuvent les soulever pour arracher des droits. Les partisans du "social" ainsi "représentent" les pauvres. Vu un dirigeant d'Attac à la télévision et il m'a effaré quand à sa défense de la relance keynésienne de 1981. Pour des militants d'une "autre croissance"... Mais les partisans du "social" accumulent les contradictions avec aisance. En parlant des femmes. Et en accueillant Tarik Ramadan.
La vraie clef, c'est le pouvoir. Parce qu'il induit tout le reste, de l'éducation au principe d'égalité en passant par la remise en cause des conseils d'administrations anonymes.

La Chine et le Japon toujours à couteau tirés. Pas facile. D'un côté, ces gouvernements conservateurs japonais qui, avec le soutien des Etats Unis, ont "nettoyé" d'anciens criminels de guerre et toujours inquiété les historiens qui travaillaient sur les massacres de Nankin ou les expérimentations de l'Unité 731, la déportation des "femmes de réconfort" Coréennes... Et de l'autre, une Chine qui veut annexer un Etat qui n'est pas Chinois (Taiwan) et refuse l'entrée du Japon au Conseil de Sécurité de l'ONU. En tout cas, les violences montent tous les jours d'un cran. Chirac, lui, est l'avocat de Pekin contre l'embargo sur les ventes d'armes.
La "révolution verte" en Chine a fait 20 millions de morts. La "révolution culturelle" en a fait autant, et les prisonniers chinois produisent dans des usines sans être payés quand ils ne font pas parti des 2 à 300 condamnés à morts chaque année. Plusieurs millions de Chinois ont été contaminés par le VIH par du sang transfusé, les Tibétains ont été stérilisés.
J'ai beaucoup de mal à sympathiser avec la Chine...

vendredi 15 avril 2005

OUI A LA FRANCE DU OUI QUI DIT OUI ET QUI RIT

Ma décision est prise.
C'est un truc qui m'ennuie depuis des mois et qui me titillait (Nicolas a
du comprendre ma problèmatique dans un rapide échange de mails...).
Comment sortir de la tétanie de l'élection présidentielle ? De la
contestation à 2 balles dans laquelle la gauche se complet depuis plus de
10 ans ?

Ca peut paraitre contradictoire, mais je pense qu'en votant OUI, nous
sortirons enfin des années Chirac.
Parce que j'en ai marre de dire NON.
Parce que j'en ai marre de plus avoir le choix après.
Parce que je ne veux pas voir Villiers, Le Pen, Bush et Thatcher tout
sourire dimanche soir à 20 heures.
Parce que je ne veux pas qu'il nous reste le pire de la constitution (la
partie 3) sans bénéficier du meilleurs (la partie 1, LA constitution).
Parce que le NON, c'est la deuxième victoire de Chirac, de sa France
épuisée et sans projet.
Parce que ce serait la honte, pour le pays de Monnet, Shuman, Delors,
Giscard, Mittérand, de tout arrêter là.
Parce que malgré beaucoup d'imperfection, la démarche communautaire de
compromis entre les peuples dans le respects de leur histoire est un
véritable espoir de dépassement des conflits à l'échelle planétaire dans la
lignée de la très imparfaite et pourtant nécessaire ONU.
Parce que j'en ai marre de la France qui se plaint, qui râle, dit NON et se
retrouve dans les bras de Chirac après, puisque lui, de toute façon, sera
toujours là.
Parce que Chirac se moque de l'Europe, de toute façon.
Parce que de toute façon, l'Europe restera malgré le NON quand même le
grand marché de l'économie capitaliste qu'elle est déjà.
Parce que le principal, c'est d'avoir une Constitution. On pourra
l'amender, la changer mais on ne pourra plus s'en passer.
Parce qu'il faut bien commencer à sortir des années Chirac, inaugurées par
un NON dont nous ne sortons pas, comme des accidentés qui ne cessent de
revivre leur traumatisme.
Parce que l'avenir commande un réel courage, celui d'accepter
l'imperfection, plutôt que le totalitarisme gauchiste et sa prétendue
facilité qui consiste à ne vouloir que l'utopie autoproclamée parfaite, au
risque de voir les périls s'amonceler dans le monde réel.
Parce que j'ai envie qu'un texte consacre le NOUS du peuple Européen, et
que les Américains apprennent qu'il est possible qu'un peuple se fédère par
la Paix, dans une économie prospère, en garantissant ses droits à la
Sécurité Sociale, ses exigeances de Liberté pupliques et privées.
Parce que j'ai envie de dire OUI à quelque chose, même d'imparfait, quelque
chose qui nous redonne du temps et nous fasse penser à autre chose qu'à la
France où on étouffe. Un horizon inconnu.

LE 29 MAI 2005, JE VOTE JOSPIN DES LE 1ER TOUR.
JE VOTE OUI.

mercredi 13 avril 2005

ATTENTION : POLITIQUE (4) (ma réponse)

Ma réponse n'est pas "sympathique". C'est pas le but. Mais je trouve que nous avons pris la facheuse habitude d'accuser les autres sans penser à notre propre situation.
Alors j'ai fait une réponse marxienne. Nicolas est un grand garçon intelligent.

"Je sais pas pourquoi je parle de ça... mais bon !"
Ben parce que tu veux acheter....! :-)
Je ne partage pas tout à fait ton indignation, ou en tout cas pas comme
toi. Si les prix montent, ce n'est pas à cause du système (l'économie de
marché ne fait pas "système"). C'est parce que les gens veulent acheter.
Parce que "c'est mieux d'acheter". Parce que "ça fournit un petit revenu
complémentaire". Parce que il faut "favoriser l'accès à la propriété" grace
au taux 0. Parce que l'on subventionne le locatif avec des exonérations
fiscales. Etc... Et puis les gens se disent que c'est un placement, "pour
la retraite".
Ce n'est pas un système, c'est un des aspect de la pensée libérale et de la
généralisation de l'idée de privatisation.
Le résultat, c'est la "raréfaction de l'offre" (tout le monde veut acheter)
qui fait monter les prix (logique. Ce n'est pas un complot, quand on vend
un truc, on le vend au meilleur prix).
Et puis l'autre, indirect, c'est la généralisation de l'envie de
propreté/tranquilité/bien habité. Normal, chacun attend un peu une
"valorisation de son patrimoine".

La gauche accompagne ce mouvement car c'est aussi ce que veulent ses
électeurs. Car le premier facteur de départ des pauvres, ce sont les
classes moyennes dopées à l'idéologie du "bon travail", qui "gagnent bien
leur vie", se "réalisent" et veulent vivre dans un "quartier sympa" qui
incarne leur réussite sociale.
La ville, de toute façon, ça a toujours été un peu eux. Le caractère
populaire des villes, c'était les "faubourgs", bref, ce que nous nommons
aujourd'hui la banlieue, et qui ont été absorbés par l'essor économique du
XXème siècle...

Une gauche modérée, tranquille, social-démocrate n'a que peu de marges de
manoeuvres. En fait, il lui faut augmenter l'offre de logements "sociaux",
à loyers modérés, intégrés dans un urbanisme bien pensé qui fasse "ville",
et garantir un système de couverture sociale et de retraite qui n'encourage
pas le placement dans des "valeurs refuges".
Blair avait raison sur ce point : le vrai triomphe du libéralisme, c'est de
renvoyer l'individu à des solutions individuelle. Le socialisme, c'est
justement offrir des prises en charges collectives à des besoins
individuels. Ecole, santé. Pourquoi pas logement, téléphone, poste,
train... (tiens, on dirait des années 50...)
Acheter son logement, c'est (hélas), faire augmenter les prix et accepter
le dictat de la propriété privée. C'est Stauss Kahn qui a bien vu : le vrai
tournant, c'est quand on a renoncé aux HLM et augmenté les allocations
logement... Belles subventions pour les propriétéaires qui se sont
empressés d'augmenter les loyers -donc, leurs revenus - en encourageant
chacun à devenir propriétaire afin de devenir... rentier ("j'ai mis un
locataire dans mon studio, ça me paie mon crédit pour mon 3 pièces").

Ce n'est donc pas juste de critiquer une municipalité qui ne fait que gérer
cette mentalité, ainsi que ses répercussions en terme de "tranquilité".
Quel parisien des "classes moyennes" (dont nous faisons allègrement partie)
accepte les quartiers "populeux" ? Les bobos que tu récries (j'ai beau ne
pas supporter l'étiquette, sociologiquement je suis une catégorie du bobo :
travail précaire, toujours plus ou moins étudiant, pas "casé", plutôt
instruit, aimant les quartiers populaires à forte population étrangère...
tout en jouissant d'un pouvoir d'achat supérieur à la moyenne nationale) ne
sont pas responsables de tout leur mal que tu leur prête à Marseilles. Ils
font revivre une ville dans laquelle il y a 10 ans personne ne voulait
habiter. Nouvish est il si méchant que ça ?
S'il y avait des logements sociaux, plein, ainsi qu'une vraie politique de
rigueur à l'égard des gens qui jettent les sacs par la fen^tre et détériore
l'habitat collectif sous prétexte que de toute façon "c'est pas chez eux",
les prix des logements privés ne flamberaient pas, ou en tout cas ce ne
serait pas trop grave, car il y aurait toujours une offre de logement
locatif.

C'est comme la constitution. Ca sert à rien de râler : on ne fait pas ne
politique et si le "non" ou le "oui" l'emporte, quelle part de notre temps
est on prêt à donner pour changer la société. onner son samedi matin pour
diffuser des tracts, rencontrer des gens -des vrais, pas des intellos ici,
ou des militants par là ? On n'a rien fait après Le Pen en 2002, alors...
Moi, je ne fais plus de politique après en avoir fait pendant 15 ans(PS,
gay, Algérie, etc), et après avoir finalement perdu l'opportunité de faire
plus d'étude, trouver un boulot plus intéressant "comme tout le monde", ben
je regarde. Je n'ai pas changé dans le fond, je me contente de constater,
penser, mais avec les outils que ce temps passé a affuté...
C'est pour cela que je ne critiquerais même pas une municipalité qui fait
ce qu'elle peut, et je trouve pas trop mal.
Pour avoir plus, ou autre chose, il faut se retrousser les manches. Comme
l'avait très bien senti Marx, Seillière est jusque dans nos têtes et nous
pensons tous comme de petits Seillière... on veut un chez soi, et gagner de
l'argent. Jusqu'aux intellos qui accusent tout penseur "global" d'être
réac...
Je ne supporte plus les socialistes par qu'ils n'ont même pas la modestie
ambitieuse de Tony Blair : concédé d'avoir perdu sur toute la ligne et
reconstruire pas à pas dans des directions nouvelles.
Les notres, comme les alter, comme les communistes, etc et les autres,
veulent conserver, même si ça marche pas, quitte à pas dire la vérité, et
en "prenant en charge" (les nouveaux gauchistes "sans", "alter", etc sont
très fort de ce côté là. Les "sans papiers", "sans logement", "séropo",
"etc" peuvent crever, ça ne ruine pas le capital, donc ça n'intéressera
personne, à part l'idéologie catholique "athée" "morale" de gauche). Marx
avait donné une arme (la grève), la gauche radicale redistribue des
"radicalités" -tout dans le langage et les mobilisations estampillées
"sociales"- et la gauche parlementaire réduit ses ambitions à la gestion du
cadavre de la social-démocratie qu'elle n'a jamais reconnue comme sienne
(la sécu, la retraite, la SNCF...), parce que bien sûr, en France, on est
"socialiste" (à rapprocher du 2ème tour de la Présidentielle).

Bouh, moi aussi, je m'éloigne... je sis lasé de la critique. Lassé parce
que je suis POUR des trucs. Des trucs bien pensés (Une vraie constitution
Européenne comme il y en a une aux USA, et pour tout dire, dans le même
genre... Une nationalisation de la protection sociale avec un prélèvement
par l'impôt et non par des cotisations, comme en Angleterre et comme
réclamé par Blum et Meyer au sortir de la guerre, une renationalisation de
l'eau au niveau européen au nom de l'Intérêt Général, l'entrée des
syndicats dans les conseils d'administration, comme en Allemagne, aux Pays
Bas et en Europe du Nord, la suppression des aides au logement, des
allocations familiales et des minimums sociaux et leur remplacement par un
complément unique défini par un minimum social, un vaste plan de
construction de logements sociaux dans et hors les villes... Une gauche qui
se donnerait 20 ans pour faire ça, ce serait pas mal, et qu'importe si
c'est pas ultra ci ou ultra ça... si ça change la vie grace à un bon
logement et une bonne protection, et qu'importe si parralèelement je suis
pour la suppression de l'impôt sur les sociétés si elles réinvestissent, ou
pour libéraliser encore plus les professions (taxi, bistrots, etc) et
encourager à fond la création d'activités artisanales, d'encourager la
créations d'entreprises privées de production d'énergie propres...

On a tous notre part de responsabilité dans la débandade actuelle et, comme
toujours, ce sont les faibles qui le paient en premier. Si plus personne ne
voulait acheter son logement, les villes ne deviendraient pas cet espèce de
centre commercial bondé le jour, "sympa" le soir et désert la nuit...
Ah la la...

ATTENTION : POLITIQUE (3)

Et voilà Nicolas qui craque ! Pas facile, ce référendum, il en remue, un fond de pensées refoulées, dans le coeur d'une Gauche qui ne sait plus trop si elle est orpheline, bafouée ou humiliée depuis sa prise de conscience de son propre échec, un soir d'avril 2002. Allez, je laisse la parole à Nicolas. Ma réponse suit dans un autre fora.
Je me connecte du boulot c'est plus sympa finalement et puis en plus noos
marche pas en ce moment GRRRR !!!
Je suis assez d'accord avec le concept d'une gauche "réactionnaire" qui
s'illustre pas mal je trouve à Paris au niveau municipal. Je t'avoue que je
n'apprécie pas particulièrement le coté "musée" à 400 000 € le 2 pièces que
l'on est en train de donner à cette ville et ça me fait vraiment chier que
ce soit une mairie socialiste qui accompagne le truc (plus qu'ils ne
l'initient à leur décharge). Je ne leur reproche pas la flambée des prix, ils ne peuvent
pas tout comme l'a dit Jospin... mais c'est le coté "finalement c'est pas si
mal" qui me dérange. Les associations de quartier tout comme le programme urbain
de la mairie (les fameux JO, quelle aubaine !) me semblent à des années
lumières de ce qui se passe en réalité. Elles réclament des parcs et jardins quand
de toutes façons à moins 100 000 euros / an les familles n'y vivront plus. Je
suis assez furieux contre cela. Marseille est pas mal dans le genre. TGV à 3h,
les bobos se ramènent (un appart sur la méditerrannée dans le patrimoine
architectural du port ouvrier, génial !) et les prix éclatent la dernière
spécificité de cette ville à savoir qu'elles avaient ses quartiers
populaires en plein centre. Les fonds de pension rachètent des avenues entières et
dégagent du jour au lendemain les prolos qui habitent le quartier parce
qu'il était le premier dans lequel ils ont mis un pied en débarquant sur le port.
Bon je fais un peu du guediguian de supermarché, c'est pas très réfléchi je le
crains mais ça me désespère.

Pour revenir à la gauche, je crains fort qu'elle ne vise à préserver un
cadre de vie qui n'a rien à voir avec la ville, la vraie ville. Pour moi c'est aussi
ça être réactionnaire à savoir dénoncer (pas fort) un système qui explose les
prix mais en profiter pour faire quelques "quartiers tranquilles"...
Je pense qu'on peut étendre cet exemple à bien d'autres aspects !
Je sais pas pourquoi je parle de ça... mais bon !

jeudi 7 avril 2005

UN MAIL A ALAIN

J'ai écrit ce petit mail à Alain. Le pape était mort, Reigner était mort, la Reine encore vivante et Charles pas encore marié.
Charles est bien parti pour se marier. A moins qu'Elisabeth n'ai un malaise
samedi matin à 7 heures et tombe dans le coma à 8 heures. Je serais à
Londres, je visiterais bien les bookmakers.
Hypothèse plombante : le décès d'Elisabeth, suivi 3 jours plus tard par un
malaise foudroyant de l'Empereur du Japon... Rajeunissement garanti,
universel. Si Bernadette...
Interview d'Albert de Monaco : il n'a toujours pas rencontré l'âme soeur et
il ne faut pas le brusquer là dessus... ça m'a fait sourire. Il faudrait
peut être lui présenter Fogiel... Après le mariage du siècle (Grace Kelly),
le PACS du siècle...
L'ascension est le jeudi 05 mai. A tout hazard, j'ai fait une réza, départ
mercredi soir et retour lundi matin. C'est pas trop rapproché, pour toi, le
5 mai ? Donne-moi ton avis : je n'ai pas encore demandé mon vendredi.
Ici, ça me fait tout drôle : c'est comme si j'étais parti qu'une semaine...
C'est bien, d'être à l'aise dans son travail et de pas avoir à ramer pour
se faire respecter par ses collègues...
Mail surprise d'Eric Decoene. Il s'interroge sur le référendum, et ses
réflexions rejoignent les miennes au sujet des "alter" et du "non de
gauche". Lui qui a longtemps sympathisé avec les "sans" se demande si leurs
critiques de "l'inéfficacité des politiques publiques" ne fait pas le lit
de la droite... et se souvient de l'efficacité douteuse du vote de refus de
avril 2002... Je suis persuadé qu'ils sont nombreux à penser ainsi. Mais il
n'y a pas le parti politique capable d'incarner ce doute et une envie de
politique. Le PS n'attire pas.
Il va nous falloir porter le deuil de la social démocratie...
En tout cas, tout ça me donne envie de voter oui. Pas par conviction, mais
de peur d'en remettre une couche. Mais c'est quoi, cette politique qui nous
OBLIGE à voter pour éviter les catastrophes et pas par conviction, et qui
se soucie comme de la guigne de mobiliser. Moi, j'aimerai bien adhérer au
PSE, débattre des enjeux et des stratégies Européennes dans des
contributions européennes basées sur des analyses politiques et non des
compromis nationaux...
Ca donne pas envie de voter. Le pire, c'est qu'il n'y a que Bayroux à
parler comme ça...
Enfin... Joli concert lundi dernier, elle est étonnante, "Brigitte". En
tout cas, mine de rien, en n'ayant qu'un seul disque d'elle, je me suis
apperçu que je connaissais quasiment toutes les chansons qu'elle a chanté.
Et j'avoue avoir "découvert" Christophe. Depuis le temps qu'on me disait
qu'il était un vrai musicien et un vrai chanteur... Je connaissais la
chanson d'il y a longtemps, mais c'était comme si je l'écoutais pour la
première fois. Emouvant, en tout cas.

mercredi 6 avril 2005

ATTENTION : POLITIQUE (2) (réponse)

VOICI MA REPONSE A ERIC :
Intéressant et inattendu, mais bien vu... pour ma part, j'ai toujours pensé que Attac!, les alter et les mouvements des sans ainsi que toutes les associations de ce genre, et même Act Up depuis 10 ans nous renvoyaient à avant Marx.
C'est à dire Utopisme, irréalité politique. Je m'explique : un séropo, un africain, un SDF, ça peut crever car ça ne fait pas trembler le capital.
C'est à dire réaction. Je m'explique. Le problème n'est pas l'économie mondialisée. Mais le capitalisme qui, en faisant primer l'importance de la propriété privée et au droit à s'enrichir créé les conditions d'une monopolisation du pouvoir en rabaissant le pouvoir démocratique.
C'est à dire de droite, tendance bonnes oeuvres. José Bové est peut être mais c'est avant tout un patron. Je m'explique. Les "producteurs cools" (vignerons du sud ouest, patrons de café de l'est parisien...) ne se privent pas d'employer du personnel au noir et de l'exploiter allègrement. Le rêve de Seillière : un monde sans charges sociales...
Pour l'Europe, j'ai donné dans mon blog mon opinion. Mais hélas il y a la situation, et je me remets à hésiter. Il y a bien lieu de militer pour une autre Europe, mais nous avons laissé le tour et pour le moment il n'y en a pas d'autres de rechange. Je parle pas pour la France, mais pour l'Europe. Il n'y a pas de partis politiques Européens. Ca m'incline à voter Oui... hélas.
Je t'écrirai plus longuement plus tard... Moi aussi, j'ai besoin de politique... Sarko en 2007 faut s'y faire, mais reparti pour un tour en 2012, ça me fait trop mal... Mais pas avec ces trous de balle franco français qui ne pigent rien...
Je suis en train de lire ce traité...

ATTENTION : POLITIQUE (1)

REçU UN MAIL DE L'AMI ERIC D LE TARACE-BOULBIEN.

Petite histoire : hier je suis allé au festival du ciné des cinéastes « la fabrique de l’exclusion »
Et je me suis retrouvé à interpeller les sociologues, EHESS & co et Gustave bidule N°2 d’Attac, de la sorte (j’avais raté le préambule avant le film et l’intitulé du débat Des citoyens exclus de la citoyenneté) : «Bon je vous rappelle que ce film [pas mal sur le déni de la misère] date de 1997, là le débat est dans la description sociale à partir de l’émotion du film… Depuis on a Chirac avec 80%, moi je croyais venir à un meeting d’Attac, ce que je veux écouter ce sont des stratégies politiques » 
En retour de Gustave Massiah (vice pdt d’Attac, pdt du Comité de recherches pour le développement) :
Un commentaire sur la dépolitisation des années 80, la stratégie (intellectuelle) de refonder des repères de gauche instillée par le mouvement alter mondialiste, et un propos sur l’investissement accru du monde associatif dans le politique par le biais du droit : de l’urgence au droit à la santé etc.
Intéressant mais frustré, cela me paraît un peu soft subversif (cela dit je me suis couché depuis). Bon OK ces documentaires sont sains pour retrouver sa capacité d’indignation. Mais là j’ai pensé : Attac n’est qu’une association ?!! Militer c’est un acte intellectuel qui dit « les gens doivent se politiser » c’est cela la proposition de ces mecs ?
Et pendant le film où j’ai retrouvé l’époque : « gauche morale ». J’ai pensé : 1997 mouvement social (corpo de 1995) devenu des chômeurs, mouvement des sans, gauche plurielle de Jospin, vote contestataire illusion du 1er tour, tous ces salauds pour Le Pen… et Chirac. STOP.
Aujourd’hui les mouvements de droits me semblent moins visibles, les squatts QG des pauvres dynamisés par des militants ont été murés. Et voilà des films pour démontrer les limites de l’action sociale de l’Etat et par derrière la nécessité d’une alternative (et par devant d’un conservatisme corporatiste etc. vaste débat tactique). Est-elle bonne, et surtout est-elle suffisante cette stratégie intellectuelle ? Où est le rapport de force, le poids politique ? Cette stratégie intellectuelle, elle a libéré les énergies de la contestation et fait rentrer le loup dans la bergerie qui a refermé le couvercle avec une imposture hallucinante.
La capacité au constat, au « regard » avant la soumission. C’est beau, et après ? Le rêve sans stratégie (électorale et internationale) pour une gauche minoritaire et éclatée cela à tendance à me foutre en rogne. Même si je suis aussi responsable du 21 avril. Globalement je trouve que ces « appareils » intellectuels ne sont pas assez réactifs. Et qu’est-ce que signifie se politiser ? Entrer dans un parti quand les élus de gauche se laissent manger dessus par Chirac après les régionales ? Quand les 35h ne sont défendues que par les syndicats ? Quand les lycéens s’agitent seuls sans les caméras ? C’est cela les nouvelles tactiques censées repolitiser les « gens » ? GGRRR
Passons sur ce flash back, et venons-en aux faits, pourquoi te sollicite-je ?
L’ACTU C’EST LE TRAITE CONSTITUTIONNEL
Bref dans mon mail précédent je t’ai tendu une perche pour savoir ton positionnement sur le Traité constitutionnel. J’ai lu un peu sur ton blog, et je l’ai trouvée l’info (hahaha !!). Perso au départ je suis aussi de la rupture du non, mais j’ai des hésitations géopolitiques et sur l’outil institutionnel, et puis sur la réalité de ma précarité.
Enfin, accouchons d’un lien entre le choix qui s’annonce et mes émotions cinématographiques voici un sondage qui en dit long sur la crédibilité de l’alternative de gauche :
Sondage Profession Politique / CSA 21/03 | Les Français placent le social au cœur de la campagne
Alors que le "non" à la Constitution européenne gagne du terrain selon deux récents sondages, 59% des personnes interrogées estiment que la situation sociale pèsera dans leur choix le 29 mai. Cette question est plus sensible encore chez les sympathisants PS (68%). Sur le pouvoir d’achat et l’emploi, seulement 28% des Français jugent que la gauche ferait mieux que le gouvernement RAFFARIN.
Je me rends compte de la division dans mon entourage à l’image de la division de la gauche. Je voudrais organiser un débat dans un café dimanche dans dix jours. D’ici là je vais me faire un argumentaire pour/contre, et peut être un blog pour préparer les invités à la discussion.