C'est Villepin, avec Sarkosy à l'intérieur. Accueillons le changement.
On va finir sur les genoux...
mardi 31 mai 2005
Un mardi ordinaire dans une vie ordinaire
Je suis allé chercher mes résultats médicaux hier soir. Voilà ce que j'en ai dit à Nicolas par mail ce matin :
"Je suis allé chercher mes résultats hier soir au laboratoire. Je suis très embêté, et je pense que mon toubib lui-même va l'être, pour des raisons différentes, bien sûr. Moi, je pense juste à ma réservation d'avion que je voulais confirmer cette semaine, puisque j'ai découvert que je peux avoir une subvention de 450 EUR par Manpower sur le billet d'avion (mais budget du CE limité ---> urgence!).
Résultats contradictoires. Le bilan sangain continue globalement sa stabilisation, côté composition sanguine. Aucune tare du système immunitère n'est décelée. Ouf, pas de leucôme en vue. (ouaf ouaf ouaf, après le coup de la pneumonie...)
CD4 :470 environ, soit un comptage de 130 de plus que le mois dernier, et un nombre identique qu'à ma première analyse.
Charge virale (on se cramponne) : 500 710 ! Je crois me souvenir que ça fait 5.7 log. J'avoue que je pige pas, c'est un résultat contradictoire, et de plus je n'ai pas de sueur la nuit... Au contraire, je me sens même aussi bien qu'avant la contamination : je dors moins de 7 heures par nuit sans être crevé, j'ai plutôt retrouvé beaucoup de pêche.
Bref, je pense qu'il y a une autre analyse rapide à venir. multiplié par 10, ça fait beaucoup.
Ca me fait royalement chier... d'autant que j'y crois pas, c'est le contraire que je ressens. Je trouve que mon taux de T4 reflète plus ce que je ressens.
J'achète le billet, or not ???? J'en ai ras le bol."
Mes préoccupations sont très matérielles, comme on dit. Mais comme je ne connais pas de divinité(s) pour mettre de la transcendance à mes actes, je ne vois pas très bien quel peut être le sens de ma vie si... je suis empêché de vivre.
C'est Sartre, c'est Bouddha qui ont raison (il faudra d'ailleurs que le lise un essais de ce philosophe de l'école de Kyôto, professeur de Sartres rue d'Ulm). Il y a la vie, en soi, qui en elle même n'a aucun sens, aucune finalité, aucun but, aucune transcendance, seulement une évolution de la matière de l'inanimé vers l'animé, une croissance, une décroissance, puis un retour à l'inanimé, avec la conséquence directe de ce type de matière "vivante" : le pourrissement.
Le problème (cerné par Bouddha comme par Sartre), c'est ce qu'il y a dans la phase animée, dite "vie". Les relations avec les autres, les obligations sociales, les désirs et la frustration, le bonheur et la souffrance, les buts que l'on se donne, les réalisations, ce que l'on apporte à "l'inutilité" des autres, et ce que les autres apportent à notre propre "inutilité". L'amour, l'amitié, la lutte, l'entraide, le soutien et la haine, l'écoute et l'indifférence.
A quoi ça me sers de vivre si je ne peux réaliser ce que je souhaite ?
Hier soir, j'ai pour la première fois depuis 5 ans failli ouvrir mon traitement de texte pour écrire vraiment. Ca fait une semaine que ça me taraude... Je vais finir par m'y remettre. Je ne l'ai toutefois pas fait, je pense que je dois d'abord finir par mettre en lignes textes, photos, etc... Ma partie "conseils" pour aller au Japon est terminée. Je n'ai plus qu'à ajouter des scans de trucs ramenés de mes voyages : menus, prospectus, livrets de temples...
J'ai regardé Pink TV en mettant mon site à jour, une soirée sur les boîtes, les parties, la drogue et le relapse. Ils sont quand même jolis, tous ces joujous bodybuildés qui dansent sur de la soupe surractivée aux nouvelles technologies... L'émission était toutefois d'une platitude effrayante. Je n'aime pas les émissions. Le reportage -américain- se suffisait. Surtout que, comme on sait, au Pays des Gays, tout le monde il est super méga gentil... Cachez moi ces mots qui fache!
Il y a eu Queer as Folk, et là j'ai arrêté de m'occuper de mon site. Je me suis couché à 01 heure du matin. J'adore cette série.
Et puis c'est mardi aujourd'hui, je n'ai pas maigris, j'ai des résultats drôlement contradictoires et un avion à prendre dans 2 mois, je me suis trouvé une gaijin house à Osaka...
Je crois que je vais quand même faire ma résa, avec option annul', au cas où. Mais en fait ça me fait ROYALEMENT CHIER, CETTE HISTOIRE.
On attend notre nouveau premier ministre...
"Je suis allé chercher mes résultats hier soir au laboratoire. Je suis très embêté, et je pense que mon toubib lui-même va l'être, pour des raisons différentes, bien sûr. Moi, je pense juste à ma réservation d'avion que je voulais confirmer cette semaine, puisque j'ai découvert que je peux avoir une subvention de 450 EUR par Manpower sur le billet d'avion (mais budget du CE limité ---> urgence!).
Résultats contradictoires. Le bilan sangain continue globalement sa stabilisation, côté composition sanguine. Aucune tare du système immunitère n'est décelée. Ouf, pas de leucôme en vue. (ouaf ouaf ouaf, après le coup de la pneumonie...)
CD4 :470 environ, soit un comptage de 130 de plus que le mois dernier, et un nombre identique qu'à ma première analyse.
Charge virale (on se cramponne) : 500 710 ! Je crois me souvenir que ça fait 5.7 log. J'avoue que je pige pas, c'est un résultat contradictoire, et de plus je n'ai pas de sueur la nuit... Au contraire, je me sens même aussi bien qu'avant la contamination : je dors moins de 7 heures par nuit sans être crevé, j'ai plutôt retrouvé beaucoup de pêche.
Bref, je pense qu'il y a une autre analyse rapide à venir. multiplié par 10, ça fait beaucoup.
Ca me fait royalement chier... d'autant que j'y crois pas, c'est le contraire que je ressens. Je trouve que mon taux de T4 reflète plus ce que je ressens.
J'achète le billet, or not ???? J'en ai ras le bol."
Mes préoccupations sont très matérielles, comme on dit. Mais comme je ne connais pas de divinité(s) pour mettre de la transcendance à mes actes, je ne vois pas très bien quel peut être le sens de ma vie si... je suis empêché de vivre.
C'est Sartre, c'est Bouddha qui ont raison (il faudra d'ailleurs que le lise un essais de ce philosophe de l'école de Kyôto, professeur de Sartres rue d'Ulm). Il y a la vie, en soi, qui en elle même n'a aucun sens, aucune finalité, aucun but, aucune transcendance, seulement une évolution de la matière de l'inanimé vers l'animé, une croissance, une décroissance, puis un retour à l'inanimé, avec la conséquence directe de ce type de matière "vivante" : le pourrissement.
Le problème (cerné par Bouddha comme par Sartre), c'est ce qu'il y a dans la phase animée, dite "vie". Les relations avec les autres, les obligations sociales, les désirs et la frustration, le bonheur et la souffrance, les buts que l'on se donne, les réalisations, ce que l'on apporte à "l'inutilité" des autres, et ce que les autres apportent à notre propre "inutilité". L'amour, l'amitié, la lutte, l'entraide, le soutien et la haine, l'écoute et l'indifférence.
A quoi ça me sers de vivre si je ne peux réaliser ce que je souhaite ?
Hier soir, j'ai pour la première fois depuis 5 ans failli ouvrir mon traitement de texte pour écrire vraiment. Ca fait une semaine que ça me taraude... Je vais finir par m'y remettre. Je ne l'ai toutefois pas fait, je pense que je dois d'abord finir par mettre en lignes textes, photos, etc... Ma partie "conseils" pour aller au Japon est terminée. Je n'ai plus qu'à ajouter des scans de trucs ramenés de mes voyages : menus, prospectus, livrets de temples...
J'ai regardé Pink TV en mettant mon site à jour, une soirée sur les boîtes, les parties, la drogue et le relapse. Ils sont quand même jolis, tous ces joujous bodybuildés qui dansent sur de la soupe surractivée aux nouvelles technologies... L'émission était toutefois d'une platitude effrayante. Je n'aime pas les émissions. Le reportage -américain- se suffisait. Surtout que, comme on sait, au Pays des Gays, tout le monde il est super méga gentil... Cachez moi ces mots qui fache!
Il y a eu Queer as Folk, et là j'ai arrêté de m'occuper de mon site. Je me suis couché à 01 heure du matin. J'adore cette série.
Et puis c'est mardi aujourd'hui, je n'ai pas maigris, j'ai des résultats drôlement contradictoires et un avion à prendre dans 2 mois, je me suis trouvé une gaijin house à Osaka...
Je crois que je vais quand même faire ma résa, avec option annul', au cas où. Mais en fait ça me fait ROYALEMENT CHIER, CETTE HISTOIRE.
On attend notre nouveau premier ministre...
lundi 30 mai 2005
Quelle victoire ! ???? ! ! ! ?...
Ben voilà, le Traité instituant une Constitution pour l'Europe a été rejeté à près de 55%. On a l'air frais... c'est la France qui l'avait proposé...
Nous allons nous retrouver désormais entre nous, "le plus beau pays du monde, parce que c'est nous qui le dit". Mercredit, les Pays Bas aussi, le rejetteront, mais Buffet, Besancenot ou Erzatz (le simili Mittérand du Grand-Quevilly) nous diront que leur NON et celui des Hollandais n'est pas le même quand De Villiers et Le Pen exulteront. Quand à la Pologne et son rejet certain, il sera salué par le Vatican...
On a l'air frais... Comme par hazard, Paris a voté le texte à 60%. On le veut, nous l'air du large, la croissance, la vitesse du monde, la sensation d'exister dans un monde cosmopolite de circulation des hommes et des richesses. Alors, on le voulait, ce texte,pour prouver que nous étions les leaders de ce nouveau cosmopolitisme urbain et planétaire. Nous revoilà coincés entre nous, dans les les expressions idéologiques les plus crétines, les plus archaïques et les plus repliées sur soi, frileuses.
Ce matin, les Chinois ont levé les taxes qu'ils disaient mettre sur leurs exportations. Joli pied de nez !
On a l'air frais.
Je pèse de nouveau 78.5. C'est encore beaucoup, mais c'est mieux que les 83 de la semaine dernière. Je suis passé samedi après midi chez Stéphane, terrasse, bavardages, soirée agréable en attendant l'été. Il a fait un temps magnifique. Le résultat c'est que, ne voyant pas l'heure, c'est à 22 heures que je me suis apperçu qu'il était cette heure là, or, j'avais rendez vous à 20 heures 30. Je suis un peu embêté... C'est la vie.
J'ai écrit un mail à monsieur Sampy vendredi après midi.
Je vais mettre le CE Manpower à contribution pour mon billet d'avion. Ils m'on bloqué 610 EUR de contribution ! EUR 250 un billet pour le Japon, c'est sympa...
Demain matin, je vais chercher mes résultats au laboratoire. Je DOIS savoir avant de réserver...
Nous allons nous retrouver désormais entre nous, "le plus beau pays du monde, parce que c'est nous qui le dit". Mercredit, les Pays Bas aussi, le rejetteront, mais Buffet, Besancenot ou Erzatz (le simili Mittérand du Grand-Quevilly) nous diront que leur NON et celui des Hollandais n'est pas le même quand De Villiers et Le Pen exulteront. Quand à la Pologne et son rejet certain, il sera salué par le Vatican...
On a l'air frais... Comme par hazard, Paris a voté le texte à 60%. On le veut, nous l'air du large, la croissance, la vitesse du monde, la sensation d'exister dans un monde cosmopolite de circulation des hommes et des richesses. Alors, on le voulait, ce texte,pour prouver que nous étions les leaders de ce nouveau cosmopolitisme urbain et planétaire. Nous revoilà coincés entre nous, dans les les expressions idéologiques les plus crétines, les plus archaïques et les plus repliées sur soi, frileuses.
Ce matin, les Chinois ont levé les taxes qu'ils disaient mettre sur leurs exportations. Joli pied de nez !
On a l'air frais.
Je pèse de nouveau 78.5. C'est encore beaucoup, mais c'est mieux que les 83 de la semaine dernière. Je suis passé samedi après midi chez Stéphane, terrasse, bavardages, soirée agréable en attendant l'été. Il a fait un temps magnifique. Le résultat c'est que, ne voyant pas l'heure, c'est à 22 heures que je me suis apperçu qu'il était cette heure là, or, j'avais rendez vous à 20 heures 30. Je suis un peu embêté... C'est la vie.
J'ai écrit un mail à monsieur Sampy vendredi après midi.
Je vais mettre le CE Manpower à contribution pour mon billet d'avion. Ils m'on bloqué 610 EUR de contribution ! EUR 250 un billet pour le Japon, c'est sympa...
Demain matin, je vais chercher mes résultats au laboratoire. Je DOIS savoir avant de réserver...
vendredi 27 mai 2005
Beau temps sur Paris
"Couleurs sur Paris, la la la
Il est temps de changer, la la la la la"
Ciel bleu, plus de 33°, voici un avant goût d'été. Ca met de bonne humeur. Cette nuit, je n'ai dormi qu'avec un drap sur le corp, c'est très agréable...
Difficile de travailler en ce conduitions, malgré la climatisation qui tourne à plein régime.
Le régime justement. Ai perdu 3 kilos. Je suis toujours aussi gras, mais la bataille est engagée. Le midi, c'est super, je n'ai pas besoin d'aller à la cantine, et je profite du soleil.
Avant de me coucher, hier soir, ai regarder le quatrième épisode de Engine, avec Koyuki et Kimura Tatsuya. Il devait être facilement 12 h 30 quand j'ai commencé, bref, je suis crevé. C'est qu'avant, entre 18 h et 19 h j'avais fait une sieste, applati par la chaleur, et qu'après j'étais en pleine forme. A la télévision un débat avec, on se cramponne :
Non-Besancenot : il parle simple, ça change, mais sur le fond, on dirait une Laguiller socialiste. C'est la ligue, quoi...
Non-De Villiers : menteur et manipulateur, réactionnaire, très chrétien (la Turquie, sa bête noire), se vantant du futur NON néerlandais (là bas, c'est clairement un NON anti musulman qui se prépare...).
Non-Buffet : très polie et courtoise, mais je la trouve limite quand elle parle de la liberté des peuples. On aimerait l'entendre nous dire que son parti y a été peu sensible dans le passé. Mais elle passe bien.
Non-Le Pen : y'a rien à faire, pour Buffet comme pour Marine, même constat : chez les femmes ça passe mieux. La facho et la stal, la mère de famille et la syndicaliste. Si c'était des hommes, on ouvrirait les yeux. Sûr!
Oui-Strauss Kahn : fidèle à lui-même, assez langue de bois parfois, professoral et peu intéressant. Le Parti socialiste, quoi. Cela étant, il a pu montrer qu'il reste le meilleurs ministre de l'économie (de gauche) que la France ai eu depuis longtemps. Il est pour les impôts...
Oui-Barnier : charisme zéro, un pur produit du Pompidolo-chiraquisme. Fade, plat mais expert, spécialisé sur les questions : il y était ! A part ça, n'a rien à dire. Bref, le ministre des relations extérieures de la France. Fade. Inexistant. Mais il s'y connait, c'est marqué dessus.
Oui-Cohen Bendit : brillant et sincère, passionné, il est l'homme politique en lequel je me reconnais le plus. Un Rocard pas sage, un Mendès brouillon, mais avant tout un Rocard, un Mendès. Fin, subtile et convaincu, sachant où sont les compromis acceptables, ceux qui permettent de nouvelles conquètes. Mendès, la morale en République et l'action, Rocard le socialisme possible et l'autonomie, Cohen Bendit la synthèse démocratique et l'Europe. Que les autres aillent se coucher, avec leurs fiches de lecture, leurs congrès et leur analphabétisme de petits bourgeois, leur pensée conforme.
Oui-Bayrou : on voit dans ces yeux qu'il a une admiration certaine pour Cohen Bendit, pour sa fougue européenne, et même aussi pour ses débordement. Il a même fait du Cohen Bendit en s'opposant à Marine, en lui clouant le bec. Etonnat monde où Besancenot, lui, invective Cohen Bendit et Strauss Kahn mais laisse parler Marine Le Pen. Dommage que Bayrou n'aille pas au bout de ses conviction. Rompre avec la droite et créer un pôle au centre avec pour idée centrale l'Europe Fédérale. Dommage.
Arlette Chabot a démontrer qu'elle était mieux dans son émission médicale de merce du lundi soir à 23 heures, qu'elle est nulle, et qu'elle correspond bien à l'époque de la politicaillerie à 2 balle des autres campagnes.
Je m'apprête à voter OUI, mais je ne peux m'empêcher d'être heureux de la victoire du NON, finalement. Si c'est là où nous en sommes, allons y. Le Parti Socialiste a devant lui un fantastique Challenge : renverser la fatalité, refaire de la politique.
Exaltant. Vive le militantisme qui est le grand vainqueur : les alters, les stals, ça fait 10 ans qu'ils occupent la scène. Et nous, alors ?
Il est temps de changer, la la la la la"
Ciel bleu, plus de 33°, voici un avant goût d'été. Ca met de bonne humeur. Cette nuit, je n'ai dormi qu'avec un drap sur le corp, c'est très agréable...
Difficile de travailler en ce conduitions, malgré la climatisation qui tourne à plein régime.
Le régime justement. Ai perdu 3 kilos. Je suis toujours aussi gras, mais la bataille est engagée. Le midi, c'est super, je n'ai pas besoin d'aller à la cantine, et je profite du soleil.
Avant de me coucher, hier soir, ai regarder le quatrième épisode de Engine, avec Koyuki et Kimura Tatsuya. Il devait être facilement 12 h 30 quand j'ai commencé, bref, je suis crevé. C'est qu'avant, entre 18 h et 19 h j'avais fait une sieste, applati par la chaleur, et qu'après j'étais en pleine forme. A la télévision un débat avec, on se cramponne :
Non-Besancenot : il parle simple, ça change, mais sur le fond, on dirait une Laguiller socialiste. C'est la ligue, quoi...
Non-De Villiers : menteur et manipulateur, réactionnaire, très chrétien (la Turquie, sa bête noire), se vantant du futur NON néerlandais (là bas, c'est clairement un NON anti musulman qui se prépare...).
Non-Buffet : très polie et courtoise, mais je la trouve limite quand elle parle de la liberté des peuples. On aimerait l'entendre nous dire que son parti y a été peu sensible dans le passé. Mais elle passe bien.
Non-Le Pen : y'a rien à faire, pour Buffet comme pour Marine, même constat : chez les femmes ça passe mieux. La facho et la stal, la mère de famille et la syndicaliste. Si c'était des hommes, on ouvrirait les yeux. Sûr!
Oui-Strauss Kahn : fidèle à lui-même, assez langue de bois parfois, professoral et peu intéressant. Le Parti socialiste, quoi. Cela étant, il a pu montrer qu'il reste le meilleurs ministre de l'économie (de gauche) que la France ai eu depuis longtemps. Il est pour les impôts...
Oui-Barnier : charisme zéro, un pur produit du Pompidolo-chiraquisme. Fade, plat mais expert, spécialisé sur les questions : il y était ! A part ça, n'a rien à dire. Bref, le ministre des relations extérieures de la France. Fade. Inexistant. Mais il s'y connait, c'est marqué dessus.
Oui-Cohen Bendit : brillant et sincère, passionné, il est l'homme politique en lequel je me reconnais le plus. Un Rocard pas sage, un Mendès brouillon, mais avant tout un Rocard, un Mendès. Fin, subtile et convaincu, sachant où sont les compromis acceptables, ceux qui permettent de nouvelles conquètes. Mendès, la morale en République et l'action, Rocard le socialisme possible et l'autonomie, Cohen Bendit la synthèse démocratique et l'Europe. Que les autres aillent se coucher, avec leurs fiches de lecture, leurs congrès et leur analphabétisme de petits bourgeois, leur pensée conforme.
Oui-Bayrou : on voit dans ces yeux qu'il a une admiration certaine pour Cohen Bendit, pour sa fougue européenne, et même aussi pour ses débordement. Il a même fait du Cohen Bendit en s'opposant à Marine, en lui clouant le bec. Etonnat monde où Besancenot, lui, invective Cohen Bendit et Strauss Kahn mais laisse parler Marine Le Pen. Dommage que Bayrou n'aille pas au bout de ses conviction. Rompre avec la droite et créer un pôle au centre avec pour idée centrale l'Europe Fédérale. Dommage.
Arlette Chabot a démontrer qu'elle était mieux dans son émission médicale de merce du lundi soir à 23 heures, qu'elle est nulle, et qu'elle correspond bien à l'époque de la politicaillerie à 2 balle des autres campagnes.
Je m'apprête à voter OUI, mais je ne peux m'empêcher d'être heureux de la victoire du NON, finalement. Si c'est là où nous en sommes, allons y. Le Parti Socialiste a devant lui un fantastique Challenge : renverser la fatalité, refaire de la politique.
Exaltant. Vive le militantisme qui est le grand vainqueur : les alters, les stals, ça fait 10 ans qu'ils occupent la scène. Et nous, alors ?
mercredi 25 mai 2005
Soleil
C'est enfin l'été. Comme je ne suis pas allé à la cantine, je suis allé lire un peu dans le parc de Montmartre. Comme c'est agréable, ce solei. Comme c'est agréable, cette chaleur. Et comme Augustin Berques raconte bien le Japon.
Allez, au régime, et que ça saute!
Le moment est enfin venu, mon corp m'a donné des signaux très clairs. Mon corp est en mesure de perdre du poids. Et n'a enfin plus besoin d'en prendre. Je crois que j'ai eu une envie non assumée de relâcher, de plus me prendre la tête à quelque niveau que ce soit. Et ce depuis ce voyage en 2003. Comme je me trouve beau sur les photos, et mince, et radieux... J'en suis boulversé, de me voir ainsi. J'ai l'impression de voir un être corsté de partout, cerné, cassé en dedans. Je crois n'avoir de toute ma vie jamais été aussi malheureux au fond que cette année là. Etre contaminé par le VIH, à mon âge, était une idée inacceptable. Sentiment de ne pas l'avoir demandé, cette "agression" (j'ai toujours protégé mes rapports depuis très longtemps). Refus de me sentir coupable, car je ne vois pas ce qu'il y a de mal à aimer le sexe, à aimer aussi le sexe anonyme, d'un soir ou d'un moment. Les contamineurs sont, finalement, des croyants refoulés, des gens qui voient le mal partout, à commencer par eux même.
Je regarde ces photos et je peine à croire qu'il s'agit bien de moi, et je sais que si, mais je connais le drame qui se joue derrière ce visage radieux et souriant. Et je crois que j'ai eu besoin de tout relâcher. Partir au Japon sur un coup de tête à peine revenu l'hivers dernier. Et jeter mon argent par les fenêtres en sortant avec un con, et jouer aussi à l'amoureux. Et puis revenir travailler au même endroit, tellement pratique, cette abdication devant toute ambition. Et puis manger parce que j'en avais envie, du chocolat, des gateaux. Me faire plaisir, me bercer d'illusions -le goût d'un aliment est principalement une illusion, quand on grignotte et qu'on fringale. Collectionner les envies, les satisfaire mais m'éloigner de la satisfaction de moi-même. Grossir, me ramolir. Prendre le visage de ma propre résignation. Je me regarde dans une glace, les autres me regardent et il est enfin visible, cet homme de 40 ans ramoli et avachis. Abattu. Battu.
Je suis enfin satisfait de moi. Je peux reperdre ce poids. Je peux enfin reconquérir l'espace perdu depuis plus de 2 ans, je peux même en gagner encore plus, l'espace vers les autres, cet espace lui aussi oublié.
J'ai commencé un régime ce matin même. Je pèse 83 kilos, ma musculature s'est évanouie, mes épaules avachies ont des rêves de crowl. Mais finalement, ça va, avec moi-même. Je repars au Japon en septembre. Si je dois commencer un traîtement, on attendra mon retour.
Hier, j'ai marché dans la rue sans rentrer le ventre, et je me suis trouvé drôle. Ce qui est bien, quand on est gros, c'est qu'on a un peu un physique de gamin. J'assume. Je reviendrai sur cette expérience quand j'aurai de nouveau un corp d'adulte, et que je sourirai parce que ça me rend beau, pas parce que je me sens obligé de sourire. Etrange expérience... Je m'aime de nouveau. J'ai plus faim, je suis gavé, je ne veux pas me rendre malade, je suis rassasié, et c'est bon, j'ai digéré. Je peux recommencer à vivre...
Mon site est de nouveau en ligne, j'ai restructuré tout ça, qu'est ce que ça prend comme temps, alors, et ce n'est pas terminé, en plus, --->là<---.
Je retrouve de vieux texte (à mettre en ligne), j'ai de nouveau envie de raconter, écrire (d'où mon retour sur ce blog) et ce, sans être à Kyôto. Ouf...
Bon, je m'arrête ici sur mon "point personnel", et je verrai si je dois revenir ici pour parler d'autre chose.
15 kilos à perdre... Quel con!
Je regarde ces photos et je peine à croire qu'il s'agit bien de moi, et je sais que si, mais je connais le drame qui se joue derrière ce visage radieux et souriant. Et je crois que j'ai eu besoin de tout relâcher. Partir au Japon sur un coup de tête à peine revenu l'hivers dernier. Et jeter mon argent par les fenêtres en sortant avec un con, et jouer aussi à l'amoureux. Et puis revenir travailler au même endroit, tellement pratique, cette abdication devant toute ambition. Et puis manger parce que j'en avais envie, du chocolat, des gateaux. Me faire plaisir, me bercer d'illusions -le goût d'un aliment est principalement une illusion, quand on grignotte et qu'on fringale. Collectionner les envies, les satisfaire mais m'éloigner de la satisfaction de moi-même. Grossir, me ramolir. Prendre le visage de ma propre résignation. Je me regarde dans une glace, les autres me regardent et il est enfin visible, cet homme de 40 ans ramoli et avachis. Abattu. Battu.
Je suis enfin satisfait de moi. Je peux reperdre ce poids. Je peux enfin reconquérir l'espace perdu depuis plus de 2 ans, je peux même en gagner encore plus, l'espace vers les autres, cet espace lui aussi oublié.
J'ai commencé un régime ce matin même. Je pèse 83 kilos, ma musculature s'est évanouie, mes épaules avachies ont des rêves de crowl. Mais finalement, ça va, avec moi-même. Je repars au Japon en septembre. Si je dois commencer un traîtement, on attendra mon retour.
Hier, j'ai marché dans la rue sans rentrer le ventre, et je me suis trouvé drôle. Ce qui est bien, quand on est gros, c'est qu'on a un peu un physique de gamin. J'assume. Je reviendrai sur cette expérience quand j'aurai de nouveau un corp d'adulte, et que je sourirai parce que ça me rend beau, pas parce que je me sens obligé de sourire. Etrange expérience... Je m'aime de nouveau. J'ai plus faim, je suis gavé, je ne veux pas me rendre malade, je suis rassasié, et c'est bon, j'ai digéré. Je peux recommencer à vivre...
Mon site est de nouveau en ligne, j'ai restructuré tout ça, qu'est ce que ça prend comme temps, alors, et ce n'est pas terminé, en plus, --->là<---.
Je retrouve de vieux texte (à mettre en ligne), j'ai de nouveau envie de raconter, écrire (d'où mon retour sur ce blog) et ce, sans être à Kyôto. Ouf...
Bon, je m'arrête ici sur mon "point personnel", et je verrai si je dois revenir ici pour parler d'autre chose.
15 kilos à perdre... Quel con!
mardi 24 mai 2005
Pause
Je suis assis devant mon ordinateur Windows NT de chez Dell, au travail. ehors, le temps est à l'éclaircie, même s'il faut encore le souhaiter très fort. Aujourd'hui est pleine lune.
Fatigué. Je suis passé chez Stéphane hier après-midi, je suis rentré assez tard, on a fini la soirée en regardant Lost in Translation. Pas un chef d'oeuvre du tout, mais un film qui se regarde, des moments sympa et des personnages agréables. Je regrette que ce n'ait pas été la version originale : les Japonais parlent trop bien français, dans la version doublée. J'ai cru comprendre que l'intérêt du film réside entre autre dans l'incapacité des Japonais à parler anglais... En tout cas, c'est un Japon que je connais peu, celui des occidentaux "people" et des hommes d'affaire qui ne fréquentent que les endroits qui leurs sont réservés. Même cette fille, pourtant plutôt sympa, se retrouve piègée dans un zoo à touristes homologué "gaijin"/外人. Sofia Copola sous entend qu'il existe d'autres endroits au travers de la petite escapade de nuit. A mon avis, toutefois, l'exercice est trop facile mais à l'arrivée,ça se regarde bien.
Eté voir le spectacle GRINDER MAN à la MCJP/パリ日本文化か会館. 5 hommes en costumes, une histoire et un cube sur la tête qui font penser aux Residents et au Mole Show de 1982. C'est drôle, il y a des vidéos et de la techno. J'ai trouvé ça sympa, bien vu mais, puisque la brochure parlait de MAIWA DENKI, je n'ai pas retrouvé le jusqu'auboutisme ou la poêsie de l'absurde de MAIWA. Cela étant, ils ne sont ensemble que depuis 1997, et il y a suffisament d'idées pour approfondir. J'ai parfois beaucoup rit (le tuyau qui tire des balles de golf, phallus déréglé de l'ère cyber... du géant (car c'est une histoire de géant seul qui décide de se reproduire).
Vu Alain samedi en soirée, sommes allés manger un très bon couscous marocain vers la place du Marché Saint-Honoré. C'est pas avec ça que je commencerai à perdre du poids... Quelle idée, laisser la balance monter comme ça... Mais bon, c'est mieux qu'une dépression nerveuse !
Laurent Fabius constitue sa majorité présidentielle. Avec Bové, Buffet et Bezancenot. Faudra pas qu'ils viennent se plaindre quand il privatisera la Tour Effeil (Sarkosy lui aura pas laissé grand chose de public, faut dire...). ce référendum a en tout cas la vertue de rendre au Français son goût pour la politique... Ca n'empêchera pas le NON de passer, mais ce sera toujours ça de pris.
J'attends la réponse de NOVA avec une certaine impatience... Ou mes vacances, c'est au choix. En attendant, j'ai passé un certain temps à recréer des albums photos sur internet, à recréer un vrai site. Il y en a, à uploader... Ma pièce de théatre, relookée, est pas mal, et en tout cas je me suis mieux débrouillé que l'éditeur...
Bon, je passe. Quel week end, alors... Ah oui, vu Yoshinobu comme chaque samedi. Il sera à Oosaka quand j'arriverai. J'aime bien rencontrer des gens au bout du monde.
Takeshi rejoint, lui, les albums photos, au milieu d'autres images...
Fatigué. Je suis passé chez Stéphane hier après-midi, je suis rentré assez tard, on a fini la soirée en regardant Lost in Translation. Pas un chef d'oeuvre du tout, mais un film qui se regarde, des moments sympa et des personnages agréables. Je regrette que ce n'ait pas été la version originale : les Japonais parlent trop bien français, dans la version doublée. J'ai cru comprendre que l'intérêt du film réside entre autre dans l'incapacité des Japonais à parler anglais... En tout cas, c'est un Japon que je connais peu, celui des occidentaux "people" et des hommes d'affaire qui ne fréquentent que les endroits qui leurs sont réservés. Même cette fille, pourtant plutôt sympa, se retrouve piègée dans un zoo à touristes homologué "gaijin"/外人. Sofia Copola sous entend qu'il existe d'autres endroits au travers de la petite escapade de nuit. A mon avis, toutefois, l'exercice est trop facile mais à l'arrivée,ça se regarde bien.
Eté voir le spectacle GRINDER MAN à la MCJP/パリ日本文化か会館. 5 hommes en costumes, une histoire et un cube sur la tête qui font penser aux Residents et au Mole Show de 1982. C'est drôle, il y a des vidéos et de la techno. J'ai trouvé ça sympa, bien vu mais, puisque la brochure parlait de MAIWA DENKI, je n'ai pas retrouvé le jusqu'auboutisme ou la poêsie de l'absurde de MAIWA. Cela étant, ils ne sont ensemble que depuis 1997, et il y a suffisament d'idées pour approfondir. J'ai parfois beaucoup rit (le tuyau qui tire des balles de golf, phallus déréglé de l'ère cyber... du géant (car c'est une histoire de géant seul qui décide de se reproduire).
Vu Alain samedi en soirée, sommes allés manger un très bon couscous marocain vers la place du Marché Saint-Honoré. C'est pas avec ça que je commencerai à perdre du poids... Quelle idée, laisser la balance monter comme ça... Mais bon, c'est mieux qu'une dépression nerveuse !
Laurent Fabius constitue sa majorité présidentielle. Avec Bové, Buffet et Bezancenot. Faudra pas qu'ils viennent se plaindre quand il privatisera la Tour Effeil (Sarkosy lui aura pas laissé grand chose de public, faut dire...). ce référendum a en tout cas la vertue de rendre au Français son goût pour la politique... Ca n'empêchera pas le NON de passer, mais ce sera toujours ça de pris.
J'attends la réponse de NOVA avec une certaine impatience... Ou mes vacances, c'est au choix. En attendant, j'ai passé un certain temps à recréer des albums photos sur internet, à recréer un vrai site. Il y en a, à uploader... Ma pièce de théatre, relookée, est pas mal, et en tout cas je me suis mieux débrouillé que l'éditeur...
Bon, je passe. Quel week end, alors... Ah oui, vu Yoshinobu comme chaque samedi. Il sera à Oosaka quand j'arriverai. J'aime bien rencontrer des gens au bout du monde.
Takeshi rejoint, lui, les albums photos, au milieu d'autres images...
vendredi 20 mai 2005
Vacances en vue
Ouf, j'ai pu poser mes vacances aux dates prévues. Hormi le cas où mon bilan sangain ne le permettrait pas (chute dramatique des CD4 et envolée de la charge virale), et en excluant l'hypothèse d'un (possible) départ fin août pour enseigner chez NOVA (j'attends la réponse à ce sujet), je m'envole à bord d'un vol AIR FRANCE le samedi 27 août à 13h05. Ouf ! Bien sûr, c'est un vol JAL-AIR FRANCE donc je continue à "fidéliser" avec JAL/日本航空.
Je rêve de revoyager avec ANA. Ses hôtesses jeunes, toujours souriantes et élégantes, attentives et nombreuses.楽しい! Ca, je me le réserve si je pars travailler là-bas. J'aurai ainsi le plaisir d'être au Japon dès l'embarquement, odeurs comprises dès la distribution des amuses bouches, quand on fait "pêter la cahouète" (c'est comme ça que je le ressens, ce moment où les hotesses, après avoir ôté leur veste et leur foulard, distribuent les linges chauds et qu'une odeur de ships, cacahouètes et autres s'élève dans l'air sec et confiné de l'avion, accompagnés de leur bières et leurs whisky, jus de fruits et thé vert "sensha" / 煎茶(sur JAL, il faut demander, et c'est vraiment lamentable...). Dès ce moment là, l'hôtesse ANA démontre sa très grande supériorité : organisée et attentive, et fidèle, car elle nous accompagne tout le long du vol... L'hotesse JAL, hélas, a de fortes chances de passer son temps à courir, à être anglaise 5 minutes, Japonaise pendant une heure et redevenir soudain Japonaise. Ainsi, on m'a à chaque fois servi du sucre avec mon café... Nul, non ? J'en veux pas, moi, de sucre ! J'avoue toutefois avoir eu une fois un excellent service avec JAL, et une hotesse Anglaise très sympathique qui a compris que je ne sucrais pas mon café. Mais bon, à chaque fois avec ANA, la même hôtesse s'est occupée de la rangée, c'est ça, le service.
AIR FRANCE, c'est un autre genre. C'est "copain", service tranquille, pas pressé mais élégant, attentionné. Un côté "charme discret" pas désagréable du tout...
Je pars et je reviens avec AIR FRANCE.
J'arrive le dimanche 28 août vers 8 heures du matin au "Nouvel aéroport international du Kansai" /新国際関西空港. Bref, à Oosaka /大阪. Il fear certainement super chaud et méga humide... Je me dirigerai vers la station de train et j'irai jusque Oosaka même où se trouvra mon hôtel. Le défi commencera alors, il me faudra tenir jusque vers 22/23 heures minimum. C'est que si mon heure d'arrivée, 8 heures, correspondra finalement à 1 heure du matin (fastoooooch'), je ne raconte pas la nuit blanche quand je me coucherai vers 23 heures (soit 16 heures)... Mais, bon, jusque 11 heures du matin, il y aura la sortie, les bagages et douane, le train, le check-in et l'installation dans la chambre... Ce sera l'heure de sortir voir comment s'habillent les filles de Dotonbori / ドトンボリ. De manger yakisoba / 焼きそば. Accompagnée d'une pression bien fraîche "nama biiru"/生ビール... etc etc. Ce sera un dimanche, ce sera facile de me glisser dans la nonchalanche d'Oosaka... Le reste, j'en sais rien, et c'est justement la principale raison pour laquelle c'est à Oosaka que je me rends. La surprise.
Une ville moche, en béton, en fouilli, entassée sur elle même, et qui s'étale en une infinité de maisons pour finir dans la mer ou la campagne, vers Nara/奈良, vers Kyouto/京都, vers Ise/伊勢.
Un mois dans le Kansai à nouveau, jusqu'au 25 septembre où il faudra en partir...
Impatience.
Son de la langue.
Yakisoba/焼きそば. Namabiru/生ビール. Okonomiyaki/お好み焼き. Tenzaru/天ざる. Dotonbori/ドトンボリ. Pekochan/ペコちゃん...
Dans deux semaines le référendum. Un plateau télé de rêve. Les sourires rayonnants de Le Pen, Buffet, Besanceneau et Villiers sous l'oeil bienveillant de Charles Pasqua. La France que j'aime... Un cauchemard qui ne veut pas finir et dont le peuple est à la fois acteur, bourreau et sacrifié. Une fantastique fresque historique grandeur nature, en live, en Eurovision et en Mondovision. La fin de notre espoir de voir ce pays s'ouvrir enfin aux vents du monde, à leur tendre les bras et à en faire le sens même de son existance. La France, une nouvelle New York avec la Tour Eiffel pour centre, là où ces vents tournent et s'enroulent en nous abreuvant de leur énergie, faisant de nous le Centre d'un monde libre, démocratique et affamé d'Egalité, de Culture et de curiosité, Cosmopolite et prospère...
NON, il faudra d'abord "se protéger des", "ne pas être une passoir", être "social". La voilà, la "grève des mineurs" à la Française, le dernier chant du cygne du gauchisme français, celui qui va installer définitivement la droite au pouvoir, libérée enfin de la "contrainte bureaucratique" de Bruxelles. Vive les chasseurs, Pan, pan! Non à la Turquie, et Toc! Vive le modèle social à la Française, avec ses chômeurs, ses pauvres! Allez, reproduisons nous bien entre nous, regardons nous bien le nombril, sautons-le, baisons le bien, clônons le bien, on est les plus beaux et on sera les meilleurs, c'est marqué dessus depuis Jeanne d'Arc. Vive Marie Georges Buffet, la Madonne de la vraie liberté et du super social, avec son goulag, ses déportations de paysans par millions, ses électrodes "citoyennes" sur le crâne des homosexuels cubains, ses "camarades solidaires" de la Révolution Coréenne résistante à l'impérialisme Américain, et son copain Saddam Hussein... Et vive le Grand Camarade Besanceneau, le voile sur le visage des ses "camarades femmes des pays opprimés par l'impérialisme", son grand "camarade" "musulman" Tarik Ramadan, grand pourfendeur du "mondialisme", et vive la lutte finale des travailleurs internationalistes français qui se protègent de la concurrence déloyale et du dumping social... Et vive le gens foutre Mélanchon... Et vive cette bande de cons avec leurs tronche de journal de 20 heures un dimanche de mai où l'on aurait aimé célébrer notre amitié pour Pedro, Maria, Jorg, Martina, Ketty ou Bronislav, notre désir de nous étendre un jour vers Karima, Fatou et Ismir, leurs tronche de France de merde où on étouffe, leurs tronche de victoire Lepéno-Buffetienne.
On est coincés.
Mais qu'est-ce qu'on a fait pour mériter un pays pareil...
Ils vont penser quoi, à l'étranger, quand ils entendront Le Pen dire que "La France s'est éveillé", avant que la responsable du dernier Parti Communiste ne nous dise que "la liberté a triomphé"...
Ils vont nous prendre pour des malades. Et ils auront bien raison.
Je suis dégouté.
Je veux partir au Japon.
Je rêve de revoyager avec ANA. Ses hôtesses jeunes, toujours souriantes et élégantes, attentives et nombreuses.楽しい! Ca, je me le réserve si je pars travailler là-bas. J'aurai ainsi le plaisir d'être au Japon dès l'embarquement, odeurs comprises dès la distribution des amuses bouches, quand on fait "pêter la cahouète" (c'est comme ça que je le ressens, ce moment où les hotesses, après avoir ôté leur veste et leur foulard, distribuent les linges chauds et qu'une odeur de ships, cacahouètes et autres s'élève dans l'air sec et confiné de l'avion, accompagnés de leur bières et leurs whisky, jus de fruits et thé vert "sensha" / 煎茶(sur JAL, il faut demander, et c'est vraiment lamentable...). Dès ce moment là, l'hôtesse ANA démontre sa très grande supériorité : organisée et attentive, et fidèle, car elle nous accompagne tout le long du vol... L'hotesse JAL, hélas, a de fortes chances de passer son temps à courir, à être anglaise 5 minutes, Japonaise pendant une heure et redevenir soudain Japonaise. Ainsi, on m'a à chaque fois servi du sucre avec mon café... Nul, non ? J'en veux pas, moi, de sucre ! J'avoue toutefois avoir eu une fois un excellent service avec JAL, et une hotesse Anglaise très sympathique qui a compris que je ne sucrais pas mon café. Mais bon, à chaque fois avec ANA, la même hôtesse s'est occupée de la rangée, c'est ça, le service.
AIR FRANCE, c'est un autre genre. C'est "copain", service tranquille, pas pressé mais élégant, attentionné. Un côté "charme discret" pas désagréable du tout...
Je pars et je reviens avec AIR FRANCE.
J'arrive le dimanche 28 août vers 8 heures du matin au "Nouvel aéroport international du Kansai" /新国際関西空港. Bref, à Oosaka /大阪. Il fear certainement super chaud et méga humide... Je me dirigerai vers la station de train et j'irai jusque Oosaka même où se trouvra mon hôtel. Le défi commencera alors, il me faudra tenir jusque vers 22/23 heures minimum. C'est que si mon heure d'arrivée, 8 heures, correspondra finalement à 1 heure du matin (fastoooooch'), je ne raconte pas la nuit blanche quand je me coucherai vers 23 heures (soit 16 heures)... Mais, bon, jusque 11 heures du matin, il y aura la sortie, les bagages et douane, le train, le check-in et l'installation dans la chambre... Ce sera l'heure de sortir voir comment s'habillent les filles de Dotonbori / ドトンボリ. De manger yakisoba / 焼きそば. Accompagnée d'une pression bien fraîche "nama biiru"/生ビール... etc etc. Ce sera un dimanche, ce sera facile de me glisser dans la nonchalanche d'Oosaka... Le reste, j'en sais rien, et c'est justement la principale raison pour laquelle c'est à Oosaka que je me rends. La surprise.
Une ville moche, en béton, en fouilli, entassée sur elle même, et qui s'étale en une infinité de maisons pour finir dans la mer ou la campagne, vers Nara/奈良, vers Kyouto/京都, vers Ise/伊勢.
Un mois dans le Kansai à nouveau, jusqu'au 25 septembre où il faudra en partir...
Impatience.
Son de la langue.
Yakisoba/焼きそば. Namabiru/生ビール. Okonomiyaki/お好み焼き. Tenzaru/天ざる. Dotonbori/ドトンボリ. Pekochan/ペコちゃん...
Dans deux semaines le référendum. Un plateau télé de rêve. Les sourires rayonnants de Le Pen, Buffet, Besanceneau et Villiers sous l'oeil bienveillant de Charles Pasqua. La France que j'aime... Un cauchemard qui ne veut pas finir et dont le peuple est à la fois acteur, bourreau et sacrifié. Une fantastique fresque historique grandeur nature, en live, en Eurovision et en Mondovision. La fin de notre espoir de voir ce pays s'ouvrir enfin aux vents du monde, à leur tendre les bras et à en faire le sens même de son existance. La France, une nouvelle New York avec la Tour Eiffel pour centre, là où ces vents tournent et s'enroulent en nous abreuvant de leur énergie, faisant de nous le Centre d'un monde libre, démocratique et affamé d'Egalité, de Culture et de curiosité, Cosmopolite et prospère...
NON, il faudra d'abord "se protéger des", "ne pas être une passoir", être "social". La voilà, la "grève des mineurs" à la Française, le dernier chant du cygne du gauchisme français, celui qui va installer définitivement la droite au pouvoir, libérée enfin de la "contrainte bureaucratique" de Bruxelles. Vive les chasseurs, Pan, pan! Non à la Turquie, et Toc! Vive le modèle social à la Française, avec ses chômeurs, ses pauvres! Allez, reproduisons nous bien entre nous, regardons nous bien le nombril, sautons-le, baisons le bien, clônons le bien, on est les plus beaux et on sera les meilleurs, c'est marqué dessus depuis Jeanne d'Arc. Vive Marie Georges Buffet, la Madonne de la vraie liberté et du super social, avec son goulag, ses déportations de paysans par millions, ses électrodes "citoyennes" sur le crâne des homosexuels cubains, ses "camarades solidaires" de la Révolution Coréenne résistante à l'impérialisme Américain, et son copain Saddam Hussein... Et vive le Grand Camarade Besanceneau, le voile sur le visage des ses "camarades femmes des pays opprimés par l'impérialisme", son grand "camarade" "musulman" Tarik Ramadan, grand pourfendeur du "mondialisme", et vive la lutte finale des travailleurs internationalistes français qui se protègent de la concurrence déloyale et du dumping social... Et vive le gens foutre Mélanchon... Et vive cette bande de cons avec leurs tronche de journal de 20 heures un dimanche de mai où l'on aurait aimé célébrer notre amitié pour Pedro, Maria, Jorg, Martina, Ketty ou Bronislav, notre désir de nous étendre un jour vers Karima, Fatou et Ismir, leurs tronche de France de merde où on étouffe, leurs tronche de victoire Lepéno-Buffetienne.
On est coincés.
Mais qu'est-ce qu'on a fait pour mériter un pays pareil...
Ils vont penser quoi, à l'étranger, quand ils entendront Le Pen dire que "La France s'est éveillé", avant que la responsable du dernier Parti Communiste ne nous dise que "la liberté a triomphé"...
Ils vont nous prendre pour des malades. Et ils auront bien raison.
Je suis dégouté.
Je veux partir au Japon.
jeudi 12 mai 2005
ATONIE
Ce matin. 9 heures 15. Métro Parisien, Strasbourg Saint Denis, le quai, direction Clignancourt. Des Japonais, plein de Japonais et de Japonaises. Garçons décolorés roux ou brun, cheveux brushés permanentés mi-longs, costumes noirs flous et sans rigueur. Filles décolorées rousses ou brunes permanentées, cheveux longs gonflés en chignons sans rigueur, maquillage, tenues sobres. sac à l'épaule ou à bout de bras. Hommes plus agés, l'un avec un appareil photo, l'autre avec une caméra vidéo.
Je passe, nous rentrons dans le wagon. Je m'assied.
Visages rassurants autours de moi, langue famillière, attitudes connues. La main devant la bouche quand on parle en riant. Les costumes "mal portés", comme trop grands, purement formels. Les sacs de cadeaux "omiage". La très grande décontraction sur les sièges.
Gare du Nord. Ils sortent.
Tronches d'occidentaux faussement rigoureux. Regards presques délivrés de mes voisins, "mais qui c'étaient, ces envahisseurs".
Et soudain évidence. Je veux plus être ici. Je me sens bien qu'entouré de "ces gens là". Je me sens en sécurité. Ca me donne envie de fermer les yeux. De m'endormir tranquilement en attendant ma destination...
Je comprends les immigrés, les sentiments d'"étranger". Regarder autours. Ne pas sentir rassuré, en familiarité.
Je comprends mon atonie. Mon manque d'investissement en quoi que ce soit. En qui que ce soit.
Je ne pense pas que les Japonais sont beaux.
Je me sens familier au milieux de leurs gestes. "Moi?", dis la jeune fille en pointant l'index vers son nez. "Oh, non, non", répond le garçon en levant la main et en la secouant un peu. "Après vous", dit le monsieur en se courbant un peu, une main désignant une direction. "Non non, allez y", répond la dame en se courbant un peu plus, un sourire discret sur le visage. Les jeunes, eux, passent, en vrac. Le sac à commission sur l'épaule d'un garçon, la fille regarde son portable, ils avancent, les pieds toujours légèrement tournés vers l'intérieur. Le T-shirt Marcel rayé pendouille sur le T-shirt violet du dessous, trop long, la chemise flotte au dessus, une veste noir en coton encore au dessus. trop grande.
Une autre esthétique.
A Paris, énergie zéro. Déprime. Les murs bouchent l'horizon.
Je vais avoir 40 ans en septembre.
Je ne me vois plus, je ne me sens plus, je ne me désire plus, je ne me conçois plus que dans la grande tranquilité japonaise.
Aucune décision que je ne puisse prendre sans repenser à cela.
Je suis suspendu à un bilan de santé. Est-ce qu'il sera comme-ci, est-ce qu'il sera comme ça.
L'ennui, c'est que je ne crois en aucun dieu, et que je n'accorde aucune valeur au très catholique "courage".
Comme il a du courage, ce malade, d'affronter ainsi sa maladie. Il a perdu 40 kilos, est sous assistance respiratoire mais il n'a pas perdu l'espoir.
L'espoir de quoi ?
L'espoir de faire quoi ?
D'attendre sa fin la plus lointaine possible ?
La chaleur humide du Kansai. La lumière particulière de Kyoto. La verdure luxuriante. Un temple quelquonque, une marche dans un sanctuaire. Le temps peut bien s'arrêter, ce n'est pas grave, le moment est parfait...
Je n'ai rien, je n'ai personne qui me retienne ici. Rien. Que du travail. Que des rendez vous chez un médecin. Qu'une "raison" inspirée de considérations vagues. Prendre "un jour" des médicaments. Puis passer des examens. Trouver un autre travail.
Prendre des vacances.
J'ai lu à plusieurs reprises qu'il y a beaucoup de suicides chez les séropositifs (documentation Terence Higgins Trust, GB, trouvable dans n'importe quel bar. En France, nul part, le sujet étant visiblement tabou. En France, on peut téléphoner à SIS "pour en parler").
Ca ne m'étonne pas. C'est naturel. Le vieil éléphant, le vieux lion, la vieille antilope, tous les animaux sentant leur fin se laissent mourir. C'est tout à fait naturel. Tout aussi naturel que l'acharnement à vivre, à durer le plus longtemps.
Mais c'est quoi, ce qui est humain ?
Ce qui fait la part des choses.
Ca sert à quoi, vivre, "en soi" ?
A rien... Et c'est bien le problème... Je ne "crois pas" en un dieu, pas plus qu'en des "traitements" s'ils ne servent qu'à reculer une échéance, sans éviter la déchéance de ce qui fait l'humain, la capacité de (se) choisir.
Moi, je n'ai pas choisi de vivre, et ce qui me fait vivre est extrèmement limité.
Je vais voir mon médecin dans 3 semaines.
Selon les résultats, que devrais-je choisir ?
Une pulsion sourde au fond de moi me dit qu'elle s'en moque. Une pulsion sourde me dit que si ma vie doit être :
traitement
suivi médical mensuel pendant 6 mois minimum
petits problèmes d'ajustement du traitement pendant un an
fatigues, insomnies dues aux traitements, anémie, pertes d'appétit
donc impossibilité de prendre un long congé pour cause de suivi rapproché
donc retour de l'instabilité professionelle, financière
donc impossibilité de prendre un long congé au Japon pour raison financière
quand tout est stabilisé, vers 41 ans
modification de la composition sanguine
suivis rapprochés
etc
Une pulsion sourde me dit que si ma vie doit être celle là... Est-ce que je ferais pas mieux d'en profiter un bon coup ?
J'attends un avis de NOVA France.
Selon les résultats, que devrais-je choisir ?
Une pulsion sourde au fond de moi me dit "pourquoi pas". Une pulsion soudit que si ma vie doit être :
Départ
contrat d'un an, durée hebdomadaire de 35 heures
probabilité statistique avant les premières maladies opportunistes 2 ans (moins de 200 T4, etc)
voyage dans le Kansai, à Hokkaidô
la chaleur moîte de Kyôto, les fugues vers Kyûshû
quelques visites chez le médecins en attendant que ça ne bascule
Et après on voit venir.
Revenir sur un brancard, c'est vivre.
Attendre à Paris entre 2 brancards, je ne pourrai jamais faire. C'est ça, mourir.
Comme c'est compliqué, avoir à choisir.
Derrière se glissent d'autres choix encore.
Je suis atone depuis 2 ans. Je ne conçois même pas de me dire l'an prochain, je suis atone depuis 3 ans.
Pas possible, pas concevable.
Un psy ne m'aidera pas. C'est à moi seul désormais d'ouvrir une brèche et de m'y glisser.
Mais qu'est ce que c'est dur... de réaliser ce que l'on sait devoir / vouloir faire.
Mais tout plutôt que l'atonie.
Je passe, nous rentrons dans le wagon. Je m'assied.
Visages rassurants autours de moi, langue famillière, attitudes connues. La main devant la bouche quand on parle en riant. Les costumes "mal portés", comme trop grands, purement formels. Les sacs de cadeaux "omiage". La très grande décontraction sur les sièges.
Gare du Nord. Ils sortent.
Tronches d'occidentaux faussement rigoureux. Regards presques délivrés de mes voisins, "mais qui c'étaient, ces envahisseurs".
Et soudain évidence. Je veux plus être ici. Je me sens bien qu'entouré de "ces gens là". Je me sens en sécurité. Ca me donne envie de fermer les yeux. De m'endormir tranquilement en attendant ma destination...
Je comprends les immigrés, les sentiments d'"étranger". Regarder autours. Ne pas sentir rassuré, en familiarité.
Je comprends mon atonie. Mon manque d'investissement en quoi que ce soit. En qui que ce soit.
Je ne pense pas que les Japonais sont beaux.
Je me sens familier au milieux de leurs gestes. "Moi?", dis la jeune fille en pointant l'index vers son nez. "Oh, non, non", répond le garçon en levant la main et en la secouant un peu. "Après vous", dit le monsieur en se courbant un peu, une main désignant une direction. "Non non, allez y", répond la dame en se courbant un peu plus, un sourire discret sur le visage. Les jeunes, eux, passent, en vrac. Le sac à commission sur l'épaule d'un garçon, la fille regarde son portable, ils avancent, les pieds toujours légèrement tournés vers l'intérieur. Le T-shirt Marcel rayé pendouille sur le T-shirt violet du dessous, trop long, la chemise flotte au dessus, une veste noir en coton encore au dessus. trop grande.
Une autre esthétique.
A Paris, énergie zéro. Déprime. Les murs bouchent l'horizon.
Je vais avoir 40 ans en septembre.
Je ne me vois plus, je ne me sens plus, je ne me désire plus, je ne me conçois plus que dans la grande tranquilité japonaise.
Aucune décision que je ne puisse prendre sans repenser à cela.
Je suis suspendu à un bilan de santé. Est-ce qu'il sera comme-ci, est-ce qu'il sera comme ça.
L'ennui, c'est que je ne crois en aucun dieu, et que je n'accorde aucune valeur au très catholique "courage".
Comme il a du courage, ce malade, d'affronter ainsi sa maladie. Il a perdu 40 kilos, est sous assistance respiratoire mais il n'a pas perdu l'espoir.
L'espoir de quoi ?
L'espoir de faire quoi ?
D'attendre sa fin la plus lointaine possible ?
La chaleur humide du Kansai. La lumière particulière de Kyoto. La verdure luxuriante. Un temple quelquonque, une marche dans un sanctuaire. Le temps peut bien s'arrêter, ce n'est pas grave, le moment est parfait...
Je n'ai rien, je n'ai personne qui me retienne ici. Rien. Que du travail. Que des rendez vous chez un médecin. Qu'une "raison" inspirée de considérations vagues. Prendre "un jour" des médicaments. Puis passer des examens. Trouver un autre travail.
Prendre des vacances.
J'ai lu à plusieurs reprises qu'il y a beaucoup de suicides chez les séropositifs (documentation Terence Higgins Trust, GB, trouvable dans n'importe quel bar. En France, nul part, le sujet étant visiblement tabou. En France, on peut téléphoner à SIS "pour en parler").
Ca ne m'étonne pas. C'est naturel. Le vieil éléphant, le vieux lion, la vieille antilope, tous les animaux sentant leur fin se laissent mourir. C'est tout à fait naturel. Tout aussi naturel que l'acharnement à vivre, à durer le plus longtemps.
Mais c'est quoi, ce qui est humain ?
Ce qui fait la part des choses.
Ca sert à quoi, vivre, "en soi" ?
A rien... Et c'est bien le problème... Je ne "crois pas" en un dieu, pas plus qu'en des "traitements" s'ils ne servent qu'à reculer une échéance, sans éviter la déchéance de ce qui fait l'humain, la capacité de (se) choisir.
Moi, je n'ai pas choisi de vivre, et ce qui me fait vivre est extrèmement limité.
Je vais voir mon médecin dans 3 semaines.
Selon les résultats, que devrais-je choisir ?
Une pulsion sourde au fond de moi me dit qu'elle s'en moque. Une pulsion sourde me dit que si ma vie doit être :
traitement
suivi médical mensuel pendant 6 mois minimum
petits problèmes d'ajustement du traitement pendant un an
fatigues, insomnies dues aux traitements, anémie, pertes d'appétit
donc impossibilité de prendre un long congé pour cause de suivi rapproché
donc retour de l'instabilité professionelle, financière
donc impossibilité de prendre un long congé au Japon pour raison financière
quand tout est stabilisé, vers 41 ans
modification de la composition sanguine
suivis rapprochés
etc
Une pulsion sourde me dit que si ma vie doit être celle là... Est-ce que je ferais pas mieux d'en profiter un bon coup ?
J'attends un avis de NOVA France.
Selon les résultats, que devrais-je choisir ?
Une pulsion sourde au fond de moi me dit "pourquoi pas". Une pulsion soudit que si ma vie doit être :
Départ
contrat d'un an, durée hebdomadaire de 35 heures
probabilité statistique avant les premières maladies opportunistes 2 ans (moins de 200 T4, etc)
voyage dans le Kansai, à Hokkaidô
la chaleur moîte de Kyôto, les fugues vers Kyûshû
quelques visites chez le médecins en attendant que ça ne bascule
Et après on voit venir.
Revenir sur un brancard, c'est vivre.
Attendre à Paris entre 2 brancards, je ne pourrai jamais faire. C'est ça, mourir.
Comme c'est compliqué, avoir à choisir.
Derrière se glissent d'autres choix encore.
Je suis atone depuis 2 ans. Je ne conçois même pas de me dire l'an prochain, je suis atone depuis 3 ans.
Pas possible, pas concevable.
Un psy ne m'aidera pas. C'est à moi seul désormais d'ouvrir une brèche et de m'y glisser.
Mais qu'est ce que c'est dur... de réaliser ce que l'on sait devoir / vouloir faire.
Mais tout plutôt que l'atonie.
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