dimanche 28 août 2005

Dans l'avion, et peu après mon arrivée (heure japonaise) (cliquez ici)


Entre Paris et Osaka. Il est je ne sais pas quelle heure, dehors il fait encore jour. J’ai le vague présentiment qu’il va faire nuit peu de temps car nous passons très au nord. Nous avons survolé la Suède et j’ai repensé à papa. A ce cousin, cet autre Madjid, qui y a étudié et que mon père me donnait en exemple car il avait réussi. Il est avocat aujourd’hui. J’ai ainsi voulu apprendre le suédois, me marier avec une Suédoise mais peut être cela n’a y’il été qu’un moyen de plaire à mon père, de m’en rapprocher à une époque où nous ne communiquions plus très bien tous les deux.
Je trouve ça sympa de survoler la Suède pour aller au Japon, j’ai dépassé mon père et il doit être très satisfait. J’ai emprté sa carte de résident, ce document infame, que j’ai gardé depuis tout ce temps, et je l’ai glissée dans mon cahier de prières bouddhiques. Je crois que c’est sa vraie place pour ce voyage. Je regrette que maman soit elle de plus en plus inaccessible, enfermée dans cette vie étrange entourée d’objets, d’animaux, à la campagne.
Le Japon, c’est tout de même une vieille histoire, pour moi, c’est MON histoire. J’ai découvert le Japon sur une télé couleur exposée dans un magasin près de chez nous. Je l’ai voulu si fort, le Japon, que j’ai volé les pièces de un centime que mes parents gardaient dans un bocal. Je suis allé au magasin, et là, j’ai mis les pièces sur le comptoir et j’ai dit que je voulais acheter une télé couleur… J’ai été réprimendé mais cela a bien fait rire aussi, et moi aussi, j’ai ri comme les adultes autours de moi. Je crois que c’est ce jour là que je me suis perdu, pas quand je suis allé vivre chez mon oncle et ma tante à Pontault Combault pendant un an, sans m’en apercevoir, en oubliant mes copains. Je me suis moqué de mon désir. On ne m’a pas demandé pourquoi j’avais volé cette monnaie –de l’argent, tout de même. On aurait compris mon désir de revoir cet interlude japonais, rentendre cette musique pour koto, revoir ce couple courir violamment, comme pour résister aux vêtements rigides du mariage de l’occident, pour retrouver le rythme lent, le thé vert que l’on fouette, les gestes mesurés, la maison en bois, l’engawa, ces vêtemets superposés, colorés ici pour la femme, si stricts pour l’homme. Hypnotisé, j’avais été. Qu’aurai-je donc eu avec la Suède ?
En la survolant toutefois tout à l’heure, j’ai regardé ses paysages, ses lacs, ses routes et ses villages et j’avoue l’avoir trouvée fort belle, presque sensuelle. J’ai notamment vu des groues d’iles minuscules, vertes et posées là au milieu de lacs comme des mers intérieures minuscules, des villages en dedans.

Mon voisin à côté de moi est plongé dans un demi-sommeil japonais, écouteurs sur les oreilles et yeux fermés. Nous allons entrer en Sibérie, il nous reste un peu plus de 7 heures 35 de vol à tenir. Je suis dans un 777 300, la classe économique est plutôt confortable mais les distractions sont assez mauvaises.
Le soir s’approche, si j’en crois la carte, mais dehors le soleil ne fait que se coucher, un peu comme si nous n’allions que froler la nuit. Nous approchons de la très célèbre ville de Adak, au nord de Yekaterinburg, vers l’Oural. C’est dommage que ce soit la « nuit » dans l’avion car le paysage est magnifique au dehors. Vais je déranger mes voisins : je me suis mis de l’encre partout avec mon stylo plume… et j’aimerais bien me laver les mains…
Etonnant : j’ai croisé une personne que je connais virtuellement, dénommée Pinpin. Un ancien habitué du japon.org, qui lit mon blog et qui m’a reconnu. Je trouve ça drôle, sympa. Il travaille à Roissy, il s’est présenté modestement. Je trouve cela très sympatique. Dehors, c’est absoluement magnifique : j’envie le pilote… Le travail est difficile mais quelle beauté devant soit, perché au milieu du vide avec un truc gigantesque derrière. Voilà le métier que j’aurai du faire. A Paris il est 18 heures trente, qu’y faites vous, pensez vous à moi ?
J’ai joué de malchance : j’ai oublié mon casque dans mon autre sac, je ne peux pas regarder de vidéo sur mon ordinateur : c’est malin…
Bien, on est un peu plus tard, maintenant… Je navigue dans le plus d’heures… On approche de « 14 heures », c’est à dire que ma tête est assez désorganisée. Arrivé à Kyôto, une préoccupation fondamentale : trouver un endroit où laisser mes baguages, et le plus frais possible (Norvir© oblige). Le Japon est un pays fantastique, j’avais oublié l’air conditionné dans le métro, et l’abondance de consignes un peu partout autours de la gare.
Pour aborder la question de l’oubli, justement. J’étais dans mon bus pour Kyôto, je regardais le quai. Le chauffeur, ganté de blanc, droit sorti de Bus stop /attendant l’heure pile du départ. Nous partons et là, surprise, les employés sur le quoi s’inclinent, dans le vide car il n’y a aucun retour.

Mangé des soba froides au thé vert et inari sushi. Je suis dans un Starbuck. Opération survie. Je suis claqué.

lundi 22 août 2005

J-5


Je suis maintenant dans l'étape finale avant mon départ. Chez moi, un coup d'aspirateur, un lavomatic, je rempli la valise et c'est fini... Ah, oui, un peu de change aussi. J'ai changé de l'argent ce vendredi soir, EUR 800, il faudra remettre ça. J'ai aussi changé de réservation. C'est donc à Kyôto que je retourne et j'avoue que l'endroit où je vais rester est correcte et d'un bon rapport qualité prix. J'ai vu Nicolas samedi après midi, nous sommes allés ensembles à la TGB voir l'exposition Sartre qui devait s'achever hier. Quelle somme, cet homme. Je n'avais rien à dire en sortant, conscient de l'immense destin, avec ses forces et ses faiblesses, et ces échecs si pesants, et qui l'ont parfois confiné au ridicule (La cause du Peuple, avec ce verbiage militant gauchiste maoïste, aux antipodes de cette culture auquel il se rattachait en écrivant, à la même époque cet "Idiot de la famille", sur Flaubert. Je n'aime pas ce Sartre, vieil homme finissant mais de bonne volonté, caricature de lui-même, enfermé dans un dogme aux antipodes de sa liberté. Mais fascinant aussi dans cette même quète de liberté comme un combat collectif, et qui l'ammène aussi, justement, à ces mêmes errements. On peut avoir raison très facilement avec Aron, mais on est alors confortablement dans un salon, à dire "qu'il faudra du temps", etc... J'aime Sartre même dans son obstination. Je l'aime car il a toujours privilégié l'Homme : quand les réfugiers ont commencé à chercher asile en 1979, victimes de Polpot, du régime vietnamien, il a abdiquer ses certitudes. Voilà la marque d'un grand homme. Et j'aimerais savoir ce qu'en pense Marie George Buffet...
Soirée chez Nicolas, ensuite. Il m'a dit que ma "justificatication" sur le Bouddhisme l'a fait rire. Moi aussi. En gros, je dois préciser que je regarde Bouddha non comme un "saint" mais comme un philosophe. Un philosophe rare, d'une philosophie de la réconciliation de l'homme avec lui même sans aucun recours à une quelquonque divinité. C'est un aspect manquant, à mon avis, dans la pensée occidentale. Et c'est pour cela que je n'aime guère les bouddhistes occidentaux. Le bouddhisme est chez eux très souvent un plaquage, une option exclusive, en dehors de la vie. Comme chez les occidentaux convertis à l'Islam. Je recherche moi un "apport", une intériorisation, à mon avis plus proche de l'idée de chemin. Je ne sais ce qu'est la perfection. Je ne cherche qu'une réconciliation à l'intérieur de moi, je veux me réconcilier avec ma lâcheté d'humain conscient des souffrances que les hommes font aux autres hommes. Je veux apprendre à vivre avec cette lâcheté, car c'est réconcilié avec TOUT moi-même que je peux agir, être un homme entier. Et non chercher à éviter chez moi tel ou tel aspect, bref en me haïssant moi même tel que je suis vraiment. Je suis convaincu que la plupart des résistants en 1940 étaient parfaitement conscients de leur lâcheté passée devant la montée des totalitarisme, mais ils ont décidé de vivre avec cette lâcheté en la laissant au passé. Les gesticulations néo gauchistes actuelles, où on conteste sans donner son temps, sans donner sa vie sont ce qui m'écoeure le plus car ce n'est finalement que la forme la plus perverse de la lâcheté : de la bonne conscience à bon marché. Voilà où je mets Bouddha. Ne pas s'illusionner sur soi, sur sa place, sur ses capacités, tout en admettant sa "vrai nature", non pas une nature donnée, mais ce que la vie, la société, le monde, le language et l'histoire, nos parents et nos amis, nos choix, nos résignations, notre courage et notre lâcheté, tout cela réuni nous a fait. La psychanalyse est une aide à la compréhension de cette réconciliation possible, le bouddhisme est un pardon intérieur qui ne nécessite pas de pardon : c'est l'acceptation définitive ce ce que l'on est; tel que l'on est. Et rien de plus ni rien de moins. C'est un pardon qui passe par le non pardon. Comme l'a écrit Simone de Beauvoir, s'il n'y a pas de Dieu, alors il n'y a pas de pardon possible. Le Bouddhisme nous aide à vivre avec cette déchirure. Cela n'exclu pas l'action, mais cela en ôte les enthousiasmes. Je lutte contre les Nazis car ils nient des être qui me sont égaux. Je dois lutter contre les nazis. Je ne suis pas un héros, je ne suis que qu'un pion consentant à n'être qu'un pion dans le jeu de forces opposées qui s'opposent au nazisme. Ma vie physique n'a pas d'importance dans ce jeu qui me dépasse car cette vie même ne peux s''exprimer que dans un triomphe définitif de la vie. Qu'importe si je meure... Voilà ce que pensaient ces combattants de l'ombre. Donner sa vie pour le triomphe de la vie...
Quel courage. Pas étonnant, le personnage de Sartre à la libération...
Dimanche, j'ai retrouvé Thomas et Carlos. Restaurant (Edokko), tempura. Puis conversations autours d'un café dans l'après midi, et rituel échange de doramas. Je suis rentré, j'ai sisté, puis en soirée ait fini quelques préparations.
Injuste : dehors il fait beau, ce week end il a afit moche...
Scandaleux : j'espère que ce n'est qu'une rumeur mais il semblerait que l'avion de Caribean Airlines qui s'est crashé la semaine dernière avec 152 passagers à bords était tout simplement à court de kérozène...
Je ne me prononce pas : évacuation qui touche à sa fin à Gaza. Heureux pour les uns, triste quand même pour les autres. Surpris de la solidité de la société israelienne. Je ne me prononce pas car en fait je ne sais pas où cela va. Le territoire est libéré de l'occupation israelienne, mais qu'en est il de l'occupation islamiste ? Etre gay à Gaza, ça va vouloir dire quoi ?
Fin des JMJ. La, je ne comprends pas bien...
Je pars dans 5 jours...

jeudi 18 août 2005

Encore 10 jours avant le départ...

Ca se rapproche : la valise est sortie. Je commence l'opération de nettoyage dossiers au travail. Le temps est mauvais ici, malgré une bonne journée aujoud'hui : je ne regrette pas du tout de partir.
Eu un IM ( sur ce site de Maruchan, à qui j'ai proposé qu'on se retrouve à Tôkyô pour aller à l'Izakaya où nous avions été l'hivers dernier. Ca tombait mal, j'ai un dossier un peu coton en ce moment au boulot et un chef est arrivé juste au moment où la pop up est apparue. C'est malin... Si vous ne connaissez pas, allez faire un tour sur le Japon.org. C'est une communauté vivante.
Été déjeuner avec Soun, une collègue que j'apprécie depuis que j'ai travaillé avec elle il y a 4 ans aux paiements swaps. C'est sympa, elle a évoqué le Cambodge, le communisme, Sianuk... Une histoire cruelle, mais humaine. Ce matin, justement, l'histoire s'invitait dés mon levé. Réveillé à 7 heures, je me suis préparé dés le début des matins de France Culture. La réalisatrice du film Odessa Odessa était invité et j'ai l'intention de voir ce film. Ce n'est pas seulement un film sur le déracinement des juifs Yeddish de Lithuanie, mais aussi finalement un film sur l'exil, l'impossibilité à se fixer, à se donner un destin au présent, là, maintenant, sans attendre, sans regarder derrière soi ni se projeter dans un hypothétique avenir.Porter la mémoire d'une diapora de génération en génération. Les jeunes de la 2ème génération, 3ème génération de l'immigration, parfois à cheval entre 2 mondes ne vivent ils pas eux même celà, pas d'ici, pas de là bas. Et moi même finalement, pas installé, flottant. Fils d'Algérien, Français, Parisien entre deux mondes, regardant ailleurs comme une autre terre possible, Londres, le Japon... La réalisatrice est très intéressante.
Encore un avion qui est tombé. On est peu de choses.
Pendant le déjeuner, pour la première fois, je me suis réclamé du Bouddhisme, en m'accordant ma vie pour trouver ma voie. Le Bouddhisme des autres ne m'intéresse pas, seule le miens ne compte. Soun nous a parlé du siens, intérieur, quotidien, moral, celui du Cambodge. Il y avait avec nous un collègue qui disait s'y intéressé. M'en réclamer m'a semblé évident, finalement. J'ai rompu un mensonge avec les autres et avec moi-même. Je ne recherche ni la sérénité, ni le "zen". Il y a juste que je me torture à retourner le monde dans tous les sens et l'analyse m'a appris que c'est finalement uniquement à moi que je pensais. Comment alors ensuite penser le politique sans s'aveugler et croire que c'est dans l'intérêt des autres qu'on le pense alors que finalement on ne pense qu'à soi. On a peur, on a faim. La peur des autres réveille nos peurs, la révolte et la tristesse de voir la faim réveille notre propre crainte. C'est cet égoisme intrinsèque à la nature de l'homme qui fait le vrai Universel. Nous sommes fragiles, souffrants, malheureux, conscients de notre propre mort, de notre propre éphémère, de notre propre illusion. Et pourtant dans la jeunesse, nous avons la force et la folie de nous croire éternels, nous batissons des projets, des familles qui nous satisfairons, prendront la relève de l'histoire de ce que nous appelons l'humanité. L'âge venant, notre vanité de tout maîtriser s'émousse et sur la fin ne reste que cette carcasse encombrante d'une personne dite "agée"... Ne reste que la réalité, la vie comme une succession de présent toujours présent et déjà passé, emagasiné dans notre mémoire. On a l'air frais, alors, avec les souvenir de notre jeunesse...
Alors moi, depuis longtemps maintenant, j'ai trouvé Sartre qui m'a donné le monde et l'Homme comme un choix, un projet à bâtir pour trouver enfin un sens à ce néant qui me constitue, à mon intrinsèque inutilité, en soi. Et j'ai trouvé Bouddha pour accepter ma fin, au détour de mes 20 ans, et comprendre que ce temps à passer n'est, dans le pire des cas, qu'un mauvais moment. Dans le meilleurs, que quelques bons souvenirs qui s'éteindront un jour avec moi... La frontière est mince entre Sartre et le bouddhisme. Aucun Dieu, aucune idée préconçue de l'homme. Sartre, c'est finalement le Bouddhisme de la civilisation marchande, internationale, marchande et post chrétienne. Une exigeance morale sans laquelle on tombe dans le cynisme caractéristique à Houellebecq. C'est comme ça... Non, ce n'est pas comme ça car même "comme ça", c'est une construction, une illusion. Parce qu'en soi, ce n'est absoluement. Ecoutez donc une grande théorie philosophique, politique, et placez là à sa vraie échelle, celle de l'univers. Ca devient risible, non ? Ridicule. Piteux. Vain. Ca c'est le Bouddhisme. Mais en même temps, pensez, vous êtes un homme, et pour vous la souffrance de l'autre comme la vôtre, sa non reconnaissance, le dédain, l'ignorance, les esclavages, les rêves, c'est bien concrets, et ces autres avec lesquels il faut composer, qu'ils souffrent, qu'ils oppriment où qu'ils inondent nos oreilles de leurs tubes insupportables, ils sont bien réels là, maintenant, au présent et remplissent le champs de nos perceptions... Ca, c'est Sartre.
Le plus intéressant, c'est que Bouddha avait conscience de ce quotidien de l'homme tout en le trouvant. Sartre, lui avait bien conscience que ce que l'on appelle l'Homme est une construction de l'esprit un peu vaine à l'échelle de la science et de la réalité en soi, mais nécessaire.
Ca m'a fait du bien de dire que je suis Bouddhiste. D'autant que je n'aime pas les Bouddhistes occidentaux. Rechercher la paix intérieur est pour moi une vanité et une illusion dans le monde des villes. Une mode, et j'ai jamais aimé les modes.

Tremblement de terre archi violent au dessus de Sendai, hier, au Japon. Comme me l'écrivait Stéphane dans un mail "je comprends tes réticences à aller à Tôkyô, ça se rapproche". Oui...

Je suis allé au Trésor Public hier. A la maison, j'ai plein de médicaments. Je suis content d'écrire sous l'oeil de Sartre, la grande photo sur mon mur. Samedi je vais à la BN à l'exposition Sartre. Me voilà d'ailleurs à la mode : Sartre a fait son come back cette année. Quelle bande de cons... Nous sommes tous des salauds, moi le premier. C'est ce que j'ai appris dans Les chemins de la liberté. On est des Matthieu, nous avons appris à vivre dans un monde monstrueux à bien des égars, en le sachant, en le voyant, et EN EN CAUSANT. C'est ça que je trouve méprisable, lâche. Tous des Matthieu. Il ya des tas de petits Mozart qui n'ont même pas le temps de naitre en Afrique, ils meurent en couche et leur mère avec, un peu comme avant ici, mais ça se passe maintenant. On en cause...
On accumule un vilain karma... Et je trouve les bouddhiste fashionables occidentaux particulièrement expert en terme de mauvais karma, avec leur riz macrobio et leur zazen qui rend calme.
Quand on pense que Bouddha a été le premier Brahmane à abolir par sa simple parole et son existence même les castes d'une société strictement inégalitaire... pour finir par incarner la valeur cool des petits bourgeois en mal d'existance...

mardi 16 août 2005

Le mardi au soleil

J'ai été un peu brutal dans mon journal, hier, mais je tenais tant à poster ce premier Podzine que je n'ai pas pensé à écrire beaucoup. On va tacher de réparer cela.
C'est drôle, je voulais parler d'une histoire passée, et je me retrouve dans une histoire passé/présent, enfin bon, un truc marrant. Je parlerai donc des 2. L'une éclaire ma difficulté à appréhender l'autre. Et même si l'autre n'est pas une histoire, juste un truc qui m'ouvre ds horizon, tant il est révélateur.
Je parlerai donc de Takeshi, et je parlerai donc d'un autre homme. Je parlerai donc d'une histoire bancale à tous les points de vue, et de l'autre de mon impossibilité durant 2 décénies à envisager mon installation, mon inscription dans le temps présent, dans l'espace présent. Je parlerai donc d'un truc mal combiné, subi en quelque sorte, et dont la distance m'a libéré, et du hazard si sympathique qu'on n'envisage pas de le regarder comme tel...
Je tourne autours du pot, hein...
Bon, Takeshi, c'est un drôle de souvenir, c'est la trace ultime d'un temps dans lequel je me suis empétré lamentablement. Je crois que de ma vie, jamais je ne me suis aussi piteusement subis. Peut être en avais-je besoin, je ne sais pas. Mais quand il y a un mois et quelques je parlais d'un besoin de tout relâcher, je pensais à ce moment là. Je n'en veux pas à Takeshi de ces rapports étranges, lui profiteur, moi victime. J'avais besoin qu'on me dise qu'on m'aime, tout simplement. J'avais besoin que ce soit quelqu'un d'accessible, et il l'était. J'avais besoin qu'on soit drôle, il l'était. Et j'avoue avoir profité, pour un coût relativement élevé, de sa présence. Le Japon est pour moi désormais un pays ouvert et où rien ne m'est inaccessible. En revenant à Paris, avec cette forte envie de le retrouver, de repartir, je me suis retrouvé avec, face à moi, la vraie question que je ne voulais pas regarder en face : que faire, MAINTENANT ?
C'est grace à lui que j'ai compris que j'aimais aimer, je l'avais oublié. Que je devais prendre des décisions pour me redonner un avenir, je n'en avais plus depuis 2 ans. Quand j'ai quitté mon médecin, en mars, avec les mêmes résultats moyens, cette envie de vivre maintenant a germé alors comme une évidence : je ne reverrai pas Takeshi, je commencerai bientôt un traitement. Toute la suite n'est que conséquence d'un moment où ce choix est devenu possible car j'admettais ma faiblesse et ma résignation à être porteur d'une maladie grave. Réaffectées, cette faiblesse et cette résignation qui pesaient sur ma vie entière ont disparues progressivement, au point que j'en suis arrivé à me dire que ma vie est à Paris, quoi qu'il arrive. Pas ailleurs, en Angleterre. Et en tout cas pas au Japon pour le moment, même si c'est là une aventure qui me tente : je n'y renonce pas, mais c'est là quelque chose qui demande un peu de travail et une ferme volonté, à la limite de l'obstination. Cela demande donc que désormais, c'est ici que s'exprimeront cette force et cette obstination.
Takeshi était un épilogue.
Fin.
Le hazard veut en revanche que dans l'immeuble où je travaille, ici, à Sofia, travaille également un gars que je croisais dans mes visites au Tuileries, un peu minet blondinet à l'époque -pas mon genre quoi, mais c'étais quoi, mon genre ... ? - et dont je me souviens parfaitement qu'il arborait royalement son autocollant UNI sur sa pochette de cours. Ce genre de truc me filait un urticaire assez radical à cette époque là. Juste avant la grande manifestation des "de droite" de 1984... Il a plutôt bien vieilli, avec un côté Sheller "quelque part". Peut être les cheveux blonds/roux, la peau un peu rougie... On se croise depuis 3 ans ici sans jamais s'être parlé. Nous nous sommes pourtant plusieurs fois croisés depuis, ailleurs, et même au Dépôt... C'est dire. Mais pas une parole. Jamais.
Aujourd'hui, je déjeunais avec quelques collègues, nous étions perdus dans une conversation apocalyptique, il est passé avec sont plateau, on s'est dit bonjour. Là, je n'en reviens pas. Je ne sais même pas qui a tiré le premier, je crois qu'au premier regard on s'est dit bonjour !
Mais non, n'allez pas voir là ce qu'il ne faut pas voir... Mais je trouve ça étonnant, finalement, de croiser des gens sans leur parler quand pourtant depuis des années on partage finalement un peu la même histoire. C'est nul. Je dis ça aussi facilement car le voir ne m'évoque absoluement aucun désir. C'est dangereux, alors... Peut être est il tombé amoureux ce week end, et il était bien luné... Peut être je pars au Japon, et j'ai envie d'aimer tout le monde... Mais malgré ce désir zéro, je confesse que je le trouve charmant, ce doit être son côté Sheller : il est tout petit (et ça, ça m'a toujours fait craquer !).
Enfin, voilà qui est écrit, gravé sur le marbre du net !
Je n'ai finalement jamais cherché à vivre une histoire qui dure, c'est pareil pour le travail, l'appartement. C'est en train de changer et c'est finalement ET le Japon ET mon travail qui me conduisent à appréhender mon avenir autrement, comme un renforcement de ma stabilité. Ma maladie en accroit le besoin. Et c'est désormais des ambitions qui m'animent : je planifie mon changement de métier et plus j'envisage de m'installer, plus je pense que c'est en m'installant que je me rapproche du Japon. Du Japon dont je ressens le manque régulièrement. Le Japon du Kansai plus précisement.
Je redévelopperai une autre fois, et peut être d'abord quand j'y serai.
Mais c'est vrai que j'ai le Japon facile, je vis avoir le japonais à l'Inalco, j'ai l'argent et je ne vais pas tarder à déménager. Que me manque t'il donc.
...
Week end de repos avec quelque retrouvailles essentielles. Frédie d'abord, samedi après midi, chez elle. Quel bonheur, la revoir, et quel bonheur revoir ses parents. J'ai toujours beaucoup aimé sa belle mère, son parler direct, franc. Et puis, comme elle est Vietnamienne, elle est plus ouverte que d'autres personnes, elle connait d'autres cultures, une autre langue et elle a traversé les douleurs de la deuxième moitié du XXème siècle. Ca forge le caractère, et particulièrement le sien. De plus que ce soit avec lelle ou avec son père, je me sens moi-même, je n'ai rien à dissimuler. Finalement, je suis plus à l'aise qu'avec ma propre mère... Le fils de Frédie, Fouki Mayela, est devenu un vrai petit garçon, avec des grands yeux. Et quel sourire... Lassina sort visiblement de "l'âge ingrat" : il est très grand, il fait grand jeune homme désormais. Mais la surprise a été le fils de Fatou, aussi beau que sa maman est belle. Je ne sais si c'est être peule, mais il a un visage d'une finesse, un port de tête si droit, si haut, il prouve à quel point il existe une réelle beauté africaine. Il est tout fin, grand, et en faisant des gaudrioles à un moments, il m'a rappelé sa mère, encore enfant il y a bien longtemps, quand elle réalisait des grands écarts à la chaine sous nos yeux étonnés. Fatout est devenue de toute façon une très belle jeune femme, son portrait trône dans le salon chez Frédie. Je la connais fort peu, finalement, et uniquement au travers de ce que me raconte Frédie, mais j'admire son courage et son intelligence. J'admire car rien ne lui a facilité l'enfance et l'adolescence. Elle n'a jamais rien reproché à Frédie, qu'elle considère comme une mère. C'est une fille très bien, qui a la tête sur les épaules. On retrouve la même "vibration" en regardant son fils, Malik.
J'ai trouvé Frédie en forme, c'est pour moi l'essentiel. Elle mériterait de vivre plus au soleil : elle a toujours le sourire plus facile quand vient l'été. Je suis fier de savoir que Frédie est mon amie depuis un quart de siècle et que nous nous connaissons depuis près de 28 ans... On se voit peu, mais ce n'est pas que notre jeunesse que nous avons pour être toujours ami. C'est aussi la simple curiosité de ne pas se perdre de vue, de savoir ce que l'autre devient, un peu comme un frère et une soeur. Et je trouve ça bien. Ca s'appelle l'amitié. Je l'ai déjà écrit, je suis très gâté de ce côté là. J'ai énormément de vrais amis, ils appartiennent à des moments différents de mon existance mais ils sont là, ils me racontent, nous avons eu nos moments forts, nos crises et nos doutes. Nos vies ont divergées mais peut être si on creusait un peu, on verrait que chacun raconte un petit peu l'autre. J'en ai perdu en route, l'un de son fait, et c'est Olivier. L'autre de mon fait, et c'est Thimothée. C'est amusant car je n'ai pas de regrets pour Olivier (son alcoolisme snob, son mépris parfois m'insupportait). Je me remets difficilement pour Thimothée qui est un garçon drôle, profond, intelligent. Ce serait long de raconter comment nous nous sommes perdus de vue : il faudrait raconter mon analyse, ce qui m'a conduit à m'oublier, à me perdre, à l'horizon de mes 25 ans... Il y aurait aussi Pascal Abel mais je ne sais pas trop, il y a eu trop d'ambiguités, trop de mélange de genres. Il me reste ceux qui ont suivi, et dedans ceux avec qui le hazard nous a fait nous retrouver quand nous nous étions éloignés.
Revoilà le hazard. En fait, il n'existe que si on sait le saisir, mais ce peut être facile de ne pas le voir. De ne pas se dire bonjour, et se dire, "tiens, celui là je le connais", et passer à autre chose.
J'ai eu maman au téléphone dimanche, un jour où je n'ai rien fait que travailler aux liens sur mon site. J'ai regardé une émission sur l'histoire des humains, ça fait froid dans le dos : notre histoire est une histoire absoluement triste, tragique. J'ai eu Maria aussi, dont la maman se remet difficilement de l'incendie de la maison. J'ai récupéré un peu de sommeil, enfin. Je dors très mal.
J'ai perdu 6.5 kilos. Je pesais ce matin 77.5 kg.
Lundi enfin j'ai vu Nicolas. Nous nous sommes retrouvés vers Champs Elysées et nous avons pris un verre après les Invalides, vers la Place du Chili. Temps maussade. Discussion sympa, notamment au sujet de l'histoire particulière d'Alain. Quelques petits soucis à son égars...
J'ai sorti ma valise hier soir, mais j'avoue avoir encore pas mal de choses à faire avant de partir. Mais sortir la valise est un moment très agréable...
Je réfléchis à mon premier Podcast, le vrai, et j'attends impatient son indexation dans l'Itunes Music Store.
Ce matin, un 地震 / jishin (tremblement de terre) très violent vers Sendai, force 7.2... Mail de Stéphane et Nicolas. Stéphane commence à comprendre mon appréhension pour aller à Tôkyô. Mais j'avoue, j'aimerai revoir Iidabashi sans Takeshi, la mémoire pleine de souvenir dont la plupart sont drôles, cocaces.

SUPPAIKU PODZINE NUMÉRO ZÉRO

Ca y est, j'en ai fait un ! Mon Podcast est disponible en cliquant sur le titre, ou encore à cet endroit --->Suppaiku PodZine 00<---

samedi 13 août 2005

Week end (J'ai retiré le lien)

J'ai mis de la mauvaise musique en fond, enfin, je suis injuste, disons de la "variété". 宇多田ヒカル/Utada Hikaru. Je crois que j'ai tout, d'elle. C'était mon époque mp3, quand je téléchargeais tout ce qui trainait... Là, c'est カラーズ/colors. Qu'est ce que ça a du être redoutable, ce tube... C'est resté 3 mois à l'Oricon. Pub Toyota. Vidéo clip... tout a concouru à maintenir les ventes et la présence partout... Je l'ai vécu avec 平井堅/Hirai Ken, l'an dernier. Un tube, au Japon, c'est terrible...
J'aurais presque envie de dédier ce jour à Colors, pourtant... Etrange ? Non... C'est une histoire curieuse, marrante, et puis triste, et puis refoulée, et ce n'est aujourd'hui plus qu'une chanson. Je vous laisse juge, je la mets en chargement avec ce titre, si ça vous chante.
Cette chanson, c'est exactement l'époque de ma contamination. Je me souviens avoir téléchargé la pub à mi-janvier 2003 sur le site (génial) de CM Japonaise de Laurent Magnani, avant qu'il ne change sa formule suite à divers piratages. Maintenant, j'avoue, j'y prends moins de plaisir... A l'époque, on pouvait trouver chaque jour de nouvelles pubs. Je le remercie au passage, je trouvais ainsi un peu de ce Japon qui commençais déjà à me manquer très fort. C'est qu'à ce moment, je n'y avais pas encore mis les pieds...
Je bossais beaucoup à ce moment là, entre BNP Paribas le jour et l'INALCO le soir... De vraies journées de dingue. Je relachais donc le vendredi soir et généralement j'arrosais pas mal la soirée et finissais dans tel ou tel bar, entre telle ou telle main. Autant dire que tout attentif que j'ai pu être dans mes rapports sexuels, je n'ai pas été assez vigilant. Mais il faudra tout de même qu'on m'explique pourquoi des mecs décident, eux, de n'en avoir plus rien à faire, refiler le HIV.
(Je suis toutefois très content sur un point, c'est que ce mec n'a pas gagné, malgré ma contamination. Je ne lui ressemble pas, et pour ma part, je suis guéri : je souris sans me forcer, je fais la gueule quand j'en ai envie, et je réécoute Colors... Lui, il doit continuer à de moins en moins être beau, à contaminer comme il peut, bref, à être minable. Je le plains car je sais qu'il va vieillir vite, et qu'il est même déjà assez vieux, un pied dans la tombe... Pas une tombe réelle, non, mais une tombe dans la tête, une pente qui descend, un mauvais karma... Et puis j'ai gagné aussi car je ne m'en veux plus, de m'être fait contaminé, et la médecine est à ce sujet d'un très grand réconfort. Le VIH n'est pas mon histoire, il n'est pas ma vie. Le VIH fait juste parti de mon histoire, il est juste dans ma vie. Avec Ozu, Greenaway, Barbara, Sheller ou Ferré, avec mon IBook G4, avec mon dico électronique de japonais, avec mon voyage au Japon de dans 15jours. Etc. Avec mes amis. Les barebakers n'ont pas dépassé le stade SIDA, le VIH est leur vie, baiser sans capote est comme une activité à plein temps, qui donne un sens à tout le reste. On m'a éjaculé dans la bouche. Après tout, c'est des choses qui arrive, et en soi, je trouve cela assez cocasse... Mais je ne sais pas si vous me suivez, là... quand je dis cocasse ! Enfin, j'avais rien vu venir, j'étais saoul, j'avais rien demandé à personne, et ça tombais à pic, je sortais d'une angine, avec de jolies petites irritations qui ne demandaient que ça ! Cela étant, d'après le médecin, à la vigueur de ma primo infection, il suppose que le gars était lui même en primo infection... Ah, je vous jure ! Et après je chipote et je ne veux pas voler avec AEROFLOT... Ces mecs, c'est le VIH, qu'ils aiment et qui les fascinent, pas le sexe ! Moi, j'adore le sexe ! C'est ludique, distrayant, et en plus il y a plein de trucs marrants qui font beaucoup de bien, non seulement à soi, mais dans le plaisir et le jeu partagé. Dans un vrai rapport sexuel, il n'y a pas de domination, il n'y a que du plaisir égoïste et partagé à la fois... Voyeurisme, torture, folie des grandeurs, etc, tout est possible ! Je trouve ça sympa... )
Je sortais beaucoup et donc, Colors était le tube du moment. Clip (à regarder si ce n'est encore fait, en chargement sur le titre). Pas que j'aimais la chanson, non. Mais c'était mon nouvel ordinateur IMac G3 600 et le haut débit dégroupé de Free, le téléchargement facile, et puis un vague côté 80's, minimalisme, géométrie de base, musique répétitive. Il faut avouer qu'Utada Hikaru s'est surpassé à ce moment là. 桜ドロプス/Sakura drops avait déjà été un tube, avec un très joli clip où elle était une de ces Princesses de la lune qui hantent les légendes anciennes de la Chine et du Japon...
Après avoir appris en mai 2003 que j'étais séropositif, je n'ai plus pu entendre ce morceau, comme associé de fait à un bonheur perdu, un monde ancien et désormais inabordable.
C'est qu'avant cela, ç'avait été sympa : l'INALCO m'avait rapproché du Japon, j'y avais rencontré de nouvelles personnes, et puis j'avais repris le travail à BNPP, c'était méga speed, à Opéra, j'avais perdu du poids, j'étais végétarien, j'avais achevé ma thérapie, je m'envolais, quoi ! Je projetais de déménager, partir enfin au Japon, j'avais 2 correspondants là bas... Et alors c'était enfin l'éveil de ma libido après un très long sommeil. Autant dire que la séropositivité, ce fut plus qu'une claque.
Unarrêt brutal, sans avertissement, sans bande d'urgence, avec le monde qui passe à côté, un sentiment d'injustice, une envie de mourir.
Alors Colors...
Je me souviens aussi du générique si triste de l'animé フルーツバスケット/Fruits Basket... とても嬉しかったよ、君が笑えかけっていた... Ca me faisait chialer... On devient con, quand on chope un truc pareil après avoir traversé l'époque qu'on avait traversé. Ces visages qu'on ne voyait plus, le sentiment d'être un survivant...
Je suis parti au Japon comme un soldat va en permission. Heureux mais crispé, conscient des batailles qu'il y aura à livrer. Mon obsession était d'échapper au traitement, de ne pas être malade.
Hum...
L'année qui suit est comme un long hivers, entre deux étés : mon voyage en septembre 2003 et mon voyage de 7 semaines en octobre novembre 2004. J'ai fini par lacher l'Inalco, et j'ai même fini par regrossir, arrêter la piscine, remanger de la viande. Mais mon voyage de décembre janvier, voyage surprise, m'a réveillé. Ca a été l'électrochoc total.
J'ai redécouvert l'imprévu, le sexe (Takeshi était un très bon amant, con, mais très bien de ce côté là), j'ai enfin pu tout relâcher. A mon retour, et même si j'ai pris beaucoup de poids, j'ai enfin recommencer à penser en terme d'avenir. A me dire que c'est maintenant ou jamais.
Bref, c'est maintenant depuis mars de cette année.C'est décidé à commencer un traitement que j'ai revu mon médecin fin mai. C'est pour cela que je retourne à l'Inalco plutôt que partir pour Londres, et c'est sûr que je boucle aussi mon année. Même si quand j'écris cela, je n'y crois pas du tout. Mais je sais aussi que ce n'est qu'une question de travail. Et que c'est cela, et seulement cela qui me sortira vraiment de ma torpeur. Qui me remettra dans ma direction.
Et c'est ainsi que désormais Colors devient une chanson souvenir. Une vraie soupe, mais qui me rappelle des souvenirs forts. Tiens, comme deux garçons très différents.
En 2003, en février, je suis rentré un matin avec un très très beau Chinois de Shangai, 22 ans. Vraiment très très beau. On a fait l'amour, c'était très bien. Eh bien, c'était cette nuit là que j'ai fini le chargement du clip... Et puis le 31 décembre, après une soirée chez Stéphane et Véro, vers 5 heures du matin, cet autre petit Chinois tout mignon d'à peine 20 ans, sur un quai de métro, on arrive chez moi, il a flashé sur le clip. Il m'a demandé de lui passer au moins 5 ou 6 fois. Souvenir amusé. Il était assis sur mes genoux... J'ai perdu le premier quand il est parti, j'ai eu du mal à me débarrasser du second... Le monde est mal fait...
Voilà, je vous laisse écouter Utada Hikaru. Et je me dis que j'ai eu quand même beaucoup de chance de ne pas avoir vécu cela au moment de La danse des Canards...

dimanche 7 août 2005

Je suis vraiment un fainéant...

Ca fait trois semaines que je ne poste pas... C'est vraiment nul, non ? Bon, je vais tacher de faire un petit effort. Mais soit je suis occupé, sois je suis gagné par la paresse, ou soit je n'y pense pas... Bref, il faut que je fasse quelque chose. Surtout que j'ai passé 5 jours à Londres, que je prépare mon voyage, que je reprends la fac, que les impôts me réclament un troisième tiers je ne vous raconte même pas, que la mère de Maria a failli persre sa maison avec tous les incendies en ce moment au Portugal que Nicolas est revenu et que cette fois c'est Stéphane qui est parti, que j'ai fait un tour de bateau mouche la semaine dernière, et que j'ai regardé Sasori (la femme scorpion) ce soir, que la TV diffuse plein de trucs sur Hiroshima et que l'Iran veut fabriquer sa bombe, que l'été est pourri... Il y en a, plein de choses à dire, écrire, réfléchir... en plus je fais des photos ici ou la, et je ne vous en fait même pas profiter : c'est nul...
Enfin... je m'occupe de tout ça demain.
Bonne nuit