mardi 20 septembre 2005

HIROSHIMA (cliquer)

Rien à dire, je vous laisse regarder les photos prises au Mémorial de la Paix de Hiroshima.

Dimanche à Uji, Nara et Osaka

Ballade, soleil plombé mais à la lumière violente, je me suis dirigé vers Uji afin de voir cet endroit qui prend un cours entier à l'Inalco quand on fait histoire de l'art, le 平等院/ Byôdô-in, un palais somptueux appartenant à un ministre Fujiwara qui, l'âge venant et la crainte de l'entrée dans le dernier âge de la Foi (époque où les hommes n'entendent plus le message des Boddhisatva), transforma la résidence en temple dédié à 阿弥陀/Amida, le sauveur de la terre pure, 浄土/jô-do. Un palais magnifique. Je ne puis que vous inviter à regarder tout simplement l'album photo, je n'ai rien à dire si ce n'est que Uji mérite qu'on s'y arrête aussi pour traverser un peu la ville voir même y consacrer le temps de visiter son patrimoine. Je me suis borné à la traverser en bordant son large fleuve, longeant ses ponts, visitant deux jinja dont l'un est, comme le Byôdo-in, consacré patrimoine mondial. Le calme de la forêt est merveilleux, renforcé par le son de tous ces oiseaux et insectes chantants du Japon. La spécialité de la ville est le thé vert, j'au donc mangé un tenpura udon au thé vert puis une glace macha. J'entendais la voix d'une chanteuse accompagnée au shamisen qui répétait le concert du soir. Ce soir là, on regardait la lune dans tout le Japon, la lune qui annonce l'automne...
Moi, je suis allé la voir à Nara, la lune. J'ai pu ainsi assister au défilé en costume célébrant la poêsie de l'époque de Nara, il y a 1300, quand la villé était capitale du Japon. Costumes d'inspiration chinoise.
J'ai fini ma soirée en faisant un détour par Osaka où je suis remonté à pied de Nanba-JR à Umeda-JR. Je suis rentré, il devait être 23 heures trentes, plus de jambes pour me porté et le visage coloré par le soleil qui, bien que voilé, n'en est pas moins fort. J'ai roulé dans Kyôto, de nuit, rencontrant ici et là de jeunes couples en yukatas qui, eux aussi, étaient sortis admirer la lune.
J'ai pensé que j'ai 40 ans mercredi.

Un samedi sur Ginza

Levé vers 10 heures (gueule de bois et fatigue monstrueuse), quitter l'hotel vers 11 heures (en prenant soin d'emporter le yukata, quand même...), j'ai déjeuné de deux donuts chez "Mister Donuts" puis marché vers Kanda déserté de ses employés de bureaux et me suis dirigé vers Nihonbashi où je suis entré chez Mitsukoshi, puis redescendu vers Ginza. Ca tombait bien, c'était une journée sans voiture. Promenade agréable, déjeuné de tenpura, repromenade, écoute de musique chez mon disquaire du coin, je n'ai quand même pas tardé à quitter les lieux, fatigué, et pour la première fois de ma vie, je suis parvenu à dormir dans le shinkansen.
Arrivé à Kyôto vers vingt heures, j'ai fait connaissance de mon colocataire, un français, élève à l'Inalco, en vacance ici pour un mois.

Vendredi à Tôkyô

Finalement, donc, j'ai retrouvé ce laisser passer tant recherché pendant 3 jours. Un coup d'inspiration, comme ça, vers les 10 h 30 du matin, ce vendredi. Peut être mon voeux de la veille à Kitano tenmangu qui s'est réalisé... Immédiatement appelé Tomo, envoyé un mail à Mégumi puis à quelques amis...
"Un demon pas trop mechand m'avait fait une farce. la couverture d'un livre s'etait dedoublee, cachant mon pass... ca peut etre aussi un esprit gentil car cela m'a fait reflechir et j'ai ete remdre visite a quelques divinites hier avec humilite. Il m'ont inspire le recheck de ce matin. Je pars pour Tokyo retrouver Megumi et Tomo. Chaleur, Je suis content car malgre la "perte" du pass j'ai passe deux bonnes journees. Je suis maintenant dans le shinkansen. bises"
Retrouver le shinkansen, arriver à Tôkyô, quelle excitation... Je suis arrivé vers 14 heures trente, le temps de filer vers Ueno réserver une chambre d'hotel, me délester un peu aussi de quelques affaires, et hop il était l'heure plus que pressante de déjeuner, ce que je fis dans un sushi-ya que j'aime bien fréquenter quand je suis à Tôkyô. L'agitation du quartier de Ueno est revigorante, c'est un quartier totalement passé de mode mais pourtant très actif, rigolo et qui fleure bien les années 50 à de mains égards : ici, on mange beaucoup pour pas cher, c'est ce qui en fit la réputation après la guerre. Mon hotel, lui, m'a tout de même coûté un certain prix, environ JPY 10 000 (voir photo dans mon site). Sushis (mes premiers depuis mon arrivée il y a 3 semaines), conversation avec le sushi-ya san étonné de voir un vacancier parler japonais... Médicaments.
Marche dans le quartier, chaleur assez écrasante, j'ai acheté une casquette sympa qui, parait il, allait bien avec ma chemise et me donnait des allures de chinpira rétro (effet recherché pour tout dire). Puis train vers Akihabara et en route vers Shinjuku où j'avais rendez vous avec Tomo, pas revu depuis le mois de janvier. On a pas mal bavardé, silloné ce quartier qu'il m'avoua ne fréquenter que pour acheter des livres (il habite vers Yokohama). Toujours célibataire aussi, Tomo. Il continue sa carrière dans le vin, vient de donner un nom à un vin que sa société a créé spécialement (Languedoc), un nom très marketing, français et qui marchera certainement. Je ne pense pas toutefois avoir le droit de le donner pour le moment...
Megumi nous a mailé qu'elle arriverait en retard, alors nous avons changé de bar, marché et stoppé dans un izakaya de style populaire, pas très fameux pour tout dire, sauf le poisson grillé. Là, j'ai fait une découverte intéresante. Au Japon, en automne, on mange un long poisson que l'on grille, sanma (pas trouvable en France), absoluement succulent. Eh bien, c'est ce poisson qui donne son titre au dernier film de Ozu, 秋刀魚の味(sanma no aji), traduit en français par "le goût du sake". Quelle connerie, les traductions, alors... Du sake, on en boit toute sa vie... Mais ce poisson on ne le mange que quand vient l'automne. Comme l'histoire de ce père qui aime sa fille et comprend qu'elle ne pourra toujours s'occuper de lui, qu'il est temps qu'elle parte et fasse sa vie, se marie enfin. L'automne de sa vie et bientôt la solitude de l'hivers... C'est autrement plus poêtique que cette histoire d'alcool qui ne rîme à rien, non ?
Nous avons retrouvé Megumi vers 21 heures et filé tout droit au 5ème étage d'un immeuble, mangé de bonnes choses dont je ne me souviens plus le nom (notamment du poulet cuit dans du miso sur une très large feuille). L'endroit était sympa, nous avions un petit salon pour nous. On a commandé un très grand pichet de bière, une très très grosse chope munie d'un capuchon verseur. Un litre ? Un litre et demi ?
On s'est quitté car il le faut bien et pour ma part je me suis dirigé vers Shinjuku. Megumi pense venir quelques jours en France l'an prochain.
Shinjuku, un peu alcoolisé je dois dire. Je me suis dirigé vers le quartier gay où je me suis retrouvé dans un bar que j'aime guère, mais en fait je ne pensais qu'y prendre un verre. J'en ai enfilé un 2ème et ai été accosté par un gars en costume d'environ 25/30 ans, on a bavardé. Il m'a abandonné un moment et, alors que je prenais au comptoir ma troisème bière on m'a parlé en français, un visage que je connaissais, ma foi... On bavarde, lui aussi se souvient vaguement... bon en fait, et je ne crois pas me tromper, on est sorti ensemble il y a environ 10 ans... Un parisien rencontré au Dupleix et qui travaille ici depuis 8 ans pour "je le vaux bien". On bavarde, lui un peu revenu du Japon, de la taille du sexe des Japonais en particulier et de leur attitude au lit. Bref, il préfère les gars bien dotés et qui savent quoi faire avec, en gros... Ca m'a fait rire, notamment quand il m'a dit que les Australiens sont bien pourvus et que ce doit être parce que ce sont des descendants de forçats... Je préfère les Japonais, chez moi ça remonte à l'enfance, mais c'est vrai que ma préférence est plus sentimentale que... pratique. Faut voir. On décide de quitter la crémerie et nous allons dans une autre. Pour ma part, j'habiterai Tôkyô je fréquenterais assez peu Shinjuku. J'avoue aussi fuir les Japonais à Occidentaux, mais : peut on y échapper ? Marrant, cette mentalité... Dans l'autre bar, une musique pire qu'au Dépôt le samedi soir (faudra qu'on m'explique en quoi la musique du Dépôt est bonne, au passage, une vrai boîte de chiottes). Je bois encore (mal de têêêêêêête, le samedi...). Bref, bien éméché mais encore debout, on a filé vers un autre endroit. Moi, je suivais, ne sachant pas du tout vers quoi. Il devait être dans les 3/4 heures.
Là, j'ai découvert une spécificité japonaise appliquée à la vie gay, aux sex clubs, et aux saunas en particulier. Je raconte pas, j'aurai l'occasion de raconter une autre fois, mais disons que... oh, et puis si, je raconte ! Au Japon, on habite loin du centre, en général, mais on aime bien sortir. Il y a ainsi toute une industrie du sommeil, dont notamment les love hotels, les bars à cabine privée, les capsules hotel, etc... Eh bien, dans ce sauna gay hyper moderne, équipé de cabines de bronzage, bar, hammam, saunas, etc, il y a aussi un étage de chambres particulières (où l'on peut aller avec son compagnon du soir où celui rencontré au détour d'un bain bouillant relaxant ou au sortir du sauna norvégien) et, c'est là pour moi mon plus gros choc "existentiel", un étage de dortoir immense... Climatisé, propre... on avance, il fait très sombre, on entend les ronflements et on devine des attouchements dans ces ombres sur les lits... étonnant. On dort, essentiellement, mais ça pelote aussi visiblement pas mal ! Ce pays m'hallucine. Totalement. J'ai continué ma conversation avec ? (me rappelle plus son prénom, il me faudrait mon journal, ce doit être dedans), il part et deux minutes plus tard je me retrouve à bavarder avec un petit gars, un architecte italien vivant en Corée... Bienvenue à Tôkyô. J'étais fait, donc j'ai parlé cinéma et architecture (le film de Duvivier l'inhumaine, décors de Mallet Stievens), sans me soucier le moins du monde qu'il voulait peut être autre chose. Je suis parti vers 5 heures 30/ 6 heures et j'ai pu voir, souriant, le visage de Shinjuku au petit matin, à l'heure des premiers trains. J'ai filé vers mon hotel, préoccupé de dormir un peu. Train, hotel, dodo. Quel samedi... Je me suis réveillé avec une gueule de bois... Mais j'ai passé ma meilleurs soirée gay depuis mon retour d'Angleterre en 2000...

samedi 17 septembre 2005

Finalement je l'ai retrouvé (cliquez)

Bon, je suis claqué par cette escapade à Tôkyô dont vous saisirez les grandes lignes dans l'album photo.
Je vous ferai un récit plus détaillé un peu plus tard, attention, explicit lyrics, il faudra éloigner les enfants !

jeudi 15 septembre 2005

Jeudi, on se promène dans le nord

Je vous invite tout simplement à regarder mes photos en liens. Il a fait très beau toute la journée. J'ai appris que j'ai un colocataire à partir de demain. Un Français appelé Nicolas, en vacance pour un mois. Va falloir que j'arrête de me promener à poil... (ouaf ouaf ouaf).
Regardé 2 doramas ce soir car je suis 電車男/l'homme du train et je me suis laissé séduire par la fin du deuxième volet de la vie de Beat (Kitano) Takeshi, un dorama en 12 épisodes ! (première saison diffusée l'an dernier). Je me suis préparé moi m^meme mes yakisoba, et j'ai enfin compris qu'il faut mettre beaucoup de sauce ! Elles étaient méga bonnes !
J'ai acheté plein de musique sur le ITune Music Store Japon. Je sens qu'il va y avoir du traffic de cartes prépayées... Il suffit d'envoyer à un(e) ami(e) au Japon un billet de, disons, 10 000 yen, et il/elle vous envoie la carte dudit montant qui vous procure ce pouvoir d'achat sur le ITMS (puisque autrement on n'est pas autorisé). C'est simple, non ?!!! En tout cas, j'ai une collection de trucs à bonne grosse basse contrebalancée par des orchestres aux cordes ultra moelleuses comme je les adore, totalement 60's... Nishida Sachiko, par exemple. Pour ceux qui connaissent, ils ne seront pas étonnés. Ainsi mon truc préféré du moment est 別れて良かったらde 小川知子/wakareteokattara, Ogawa Tomoko (si on se séparait). Tarte à souhait ! Mais pour 150 yen, pourquoi se gêner ???? J'ai aussi trouvé de jolies chansons.
Allez, il est près de minuit, je vous quitte.

Mercredi, c'est pas drole... mais bon, c'est la vie !

Mercredi, temps très chaud sur la capitale, ce jour, les Danjiri traversent la ville de 岸和田/Kishiwada, au sud d'Osaka. Je suis parti vers midi de la maison, ai fait un rapide arrêt au Kintetsu (le grand magasin à côté de la gare) pour regarder le prix des appareils photo. C'est décidé, j'en achète un, donc, avant Danjiri matsuri, je passe par デンデンタオン/dendentown (à l'est du quartier Nanba, à Osaka). C'est le 秋葉原/Hakibahara de la ville. Arrivé à Osaka, une chaleur... Mon sac à la main, je ne savais qu'en faire tellement il me gênait... Comme tout le monde, j'ai tâché de circuler uniquement dans les galeries marchandes souterraines qui s'enchainent les une après les autres autours de la gare de 梅田/Umeda. J'ai pris le train, pris une correspondance puis une autre. Sur le point de sortir, mince! Plus de laisser passer !
Donc, l'évènement du jour, c'est que je ne pourrai pas retourner ni à Tôkyô, ni Hiroshima, ni aller à Kamakura ou Nikkô. J'ai perdu mon laisser passer...
Il a fallu que je retourne sur mes pas, que j'explique à des employés de gare mon problème (car au passage, donc, je n'avais plus de titre de transport...), et j'ai fini au bureau des objets trouvés de la gare de 天王子/tennô-ji. En japonais bien sûr. Incroyable au passage, les progrès que l'on fait quand on vit dans le pays...
Et puis après, ben, il a fallu faire mon deuil... (chaque année un truc, l'andernier c'était la carte mémoire... toujours un moment d'inattention... mais bon, ça arrive, là, je n'ai pas arrêté de sortir mon éventail car il faisait super chaud, ma petite serviette pour m'essuyer le frond et le cou, mon plan de train, etc... le pass a du tomber, tout simplement. Et comme ce n'est qu'un bout de carton avec un joli dessin dessus, je ne me fait pas d'illusion, il a du finir dans une poubelle...). Il a fallu écrire un mail à Tomo et Megumi, par exemple (c'est en fait ce qui me rend le plus triste, ne pas se revoir tous les trois...). Le reste, bon, c'est pas grave, je peux toujours aller à Osaka, Nara voire Kôbe ou aller au mont Koya ! Ce que je vais finalement sûrement faire.
Comme je suis, comme tout le monde, un peu superstitieux, je me dis que c'est parce que que j'ai reflashé sur Tôkyô. Osaka s'est vengée ! Comme l'an dernier quand j'ai loupé mon train et attéri à Shin Osaka après que j'ai dit dans un bar que quand même Tôkyô était plus vibrante... J'ai un problème avec Osaka, je crois !
Donc je me suis tout de même acheté mon appareil photo, d'occasion tout de même, mais comme neuf, un Lumix FX-7S, 5mpixel, ça me fait de la marge... tout petit. Hamasaki Ayumi, qui cette année a réussi son come back et sort un single toutes les trois semaines, domine le corner de l'immeuble Vuitton de Nanba, habillée en japonaise traditionelle de type geisha, sur environ 30 m de haut, un Lumix à la main. C'est une très bonne vendeuse, et la pub passe sans arrêt à la télévision. Ayu version Kyôto-ben...
Nanba, Shinsaibashi, dotonbori... ce quartier animé, cette galerie commerçante de plus de 4 kilomètres de long, jouxtant d'autres galeries commerçantes sur des kilomètres, cette foule jeune, bruyante, ces néons, enseignes animées de crabes ou de personnages pitoresques droit sorti de manga des années 50, j'aime bien cet aspect d'Osaka. Ces filles aux cheveux en chigons floutes, aux mêches surgonflées, en minijupes panthères perchées sur des aiguilles de 10 cm dans des bottes hautes en daim ou en cuir, j'aime bien cette vulgarité jeune et urbaine, typiquement méridionale et inéxistante à Tôkyô, où l'on voit des styles "japonais" mais beaucoup plus internationalisés. Odeur de nourriture, foule, commerces sur des kilomètres, appels des vendeurs (le racollage commercial n'est pas interdit, et au contraire fait parti de la tradition du Japon... c'est très bruyant mais sympathique aussi, ces argumentaires finissant toujours par ikagadeshou ka? ikaga desu ka ? Yoroshii deshou ka ? etc, c'est à dire, en gros, "ça vous dit ? ça vous va ? ça ne vous tente pas ?", pour des vêtements, du parfum, des restaurants, des karaoke, des salles de jeux, etc. Impensable, même, ces filles élégantes des instituts de beauté qui, dans la rue, argumentent pour un soin Shiseido ou Menard et finissant par "okaga deshou ka ?", ces hotesses des magasins chics, un flyer à la main, accostant le client potentiel pour la nouvelle carte de crédit dudit magasin et finissant pas "yoroshi deshou ka" (note : le "deshou" est un outil verbal de politesse). Ca va me manquer, comme toujours...
Je ne peux pas dire que je sois satisfait d'avoir perdu mon pass, mais bon, puisqu'il faut s'y faire... ce n'est si grave.
Déjà 14 heures, j'ai fait des courses, fait une lessive, du ménage, prêt pour la fin de semaine. Je vais m'acheter un passe régional pour faire un peu de tourisme régional... cet après midi, pourquoi ne pas aller à Ninna-ji ou ailleurs ? Il fait très beau et ça tape moins. Profitons en.
Danjiri... dommage. Tôkyô... dommage pour Megumi et Tomo.
L'an prochain, ce sera Tôkyô. Mais je n'en veux pas à Osaka.

mercredi 14 septembre 2005

Nara : deuxième partie

(suite de l'an dernier !)

Mardi après midi, finalement, je ne suis pas allé à 琵琶湖/Biwa-ko, mais simplement à 奈良/Nara. Arrivé vers 15 heures 30 en empruntant le train JR (je recommande, le trajet est plus pittoresque et contrairement à ce qu'on m'avait dit, ce n'est pas à l'autre bout de la ville), j'ai marché tranquilement sous le soleil qui tapait très fort. La rue san-jô qui conduit de la gare JR au "quartier touristique" est agréable, bordée de commerces mais très douce pour une rue commerçante japonaise. On sent que l'on est bien là en pleine province et, bien que Nara fut la première vraie capitale fixe du Japon au 8ème siècle, Kyôto l'ayant remplacé dès la fin du 9ème siècle, on est là dans une ville qui a vécu à la marge des boulversements qui s'ensuivirent. Il y a bien eu les troubles des guerres civiles (Nara était un centre religieux au pouvoir certain et n'est finalement qu'à une trentaine de kilomètres de Kyôto), mais les vestiges du passé sont nombreux et, contrairement à Kyôto qui se remet mal de son passage au second plan, Nara ne joue aucun rôle et ne cherche visiblement pas à le faire. On est donc là dans une ville de province plus habituelle, comme il y en a plein en France et dans le monde. Une petite ville tranquile qui vit du tourisme mais qui vit aussi pour elle même, pour ses cent et quelques milles habitants. Une ville de verdure au parc magnifique classé réserve nationale, entourée de montagnes verdoyante et au patrimoine archéologique et historique impressionant. Si vous allez au Japon, arrêtez vous 2/3 jours à Nara, cette petite ville le mérite et ici comme à Kyôto, ce patrimoine mérite d'être goûté et non parcouru à 100 à l'heure.

Je n'ai guère pris de photos car mon appareil digital m'a finalement lâché. Je n'ai pu prendre que celle-ci. Pour le reste, comme je n'avais que peu de temps, je ne me suis pas attardé aux sites que je connaissais déjà pour y être allé l'an dernier, mais j'ai longé sanjô jusqu'au parc de Nara puis 春日大社/kasuga-taisha, un sanctuaire shintô qui remonte au 8ème siècle et très lié aux Fujiwara, la famille qui fournit ministres, dignitaires, aristocrates et impératrices à la cours de 平安/heian (nom ancien de Kyôto, "capitale de la paix"). On escalade une route qui monte et l'on arrive à ce sanctuaire très beau que l'on peut visiter, une porte, une cour et des bâtiments de style assez différents des sanctuaires habituels. Quelques arbres de plusieurs centaines d'années, immences, équipés de paratonnerres, plusieurs petits jinjas accueillant différentes divinités, clap-clap on fait un voeux, des lanternes un peu partout, d'un très beau goût. Autours, le chant habituel des bestioles/虫 des forêts, des oiseaux et des feuillages. Sortant, on peut continuer la promenade en forêt, ce que j'ai fait et, contrairement à fushimi, je n'ai pas été trop dévoré par les insectes. Ouf !
Je suis redescendu petit à petit et suis retourné à la gare en traversant la ville par ses petites rues bordées de maisons très souvent en bois, entourées de verdures, parfois l'écho d'une télévision -il devait être six heures, vous voyez je prends mon temps-, souvent une vague odeur -poisson grillé arrosé de soja, viande grillé, bouillon...-, des élèves s'en revenant de l'école, une voiture par ci par là... une tranquilité totale qu'accompagnait un soleil couchant, serein, rougissant. Par endroit, je reconnaissais le cadre de shara, le film de Kawase Naomi. Nara mérite la lenteur, l'attention, le silence du documentaire. C'est un objet précieux, rare.
Je suis rentré après avoir hésité à passer par Osaka. Il était vers les 8 heures quand j'ai pris mon train : longue promenade, n'est-ce pas? A Kyôto, allé mangé un Kare-raisu en vitesse vers 四条/shi-jô comme toujours. Beaucoup de monde dans les rues de Teramachi. Je suis rentré il était dix heures, tranquile.

mardi 13 septembre 2005

Lundi : Tôkyô, c'est pas trop tôt

Ah, reprendre le 新幹線/shinkansen et filer vers Tôkyô de bon matin, dès 6 heures vingt, après avoir traversé la ville qui se réveille à peine, être entouré de サラリーマン/salariman qui vont à la ville, 名古屋、静岡、東京/Nagoya, Shizuoka, Tôkyô...
J'ai, bien sûr, envoyé des mails...
Comme celui-ci:
"Mont Fuji parfaitement visible, presque palpable ce qui est exceptionel pour la saison (humidite:brume), bref de bon augure. Je m'occupe en faisant de l'analyse grammaticale... il est 8h30 et on arrive dans une heure. Content de revoir Tokyo. J'ai mon appareil photo argentique avec moi et je vais privilegier le quartier de "Tokyo eyes". Demain si le temps le permet je mets le cap sur Hiroshima. Puis Miyajima.Mercredi Osaka car c'est Danjiri Matsuri qui commence. Au passage l'equipe d'Osaka est partie potr gagner le championat de base ball... vive l'O... euh Osaka!"
(bon, je ne suis pas à Hiroshima aujourd'hui, je vais me contenter d'un petit tour vers le lac Biwa... trop crevé ce matin pour me lever à 5 heures du mat').
Je suis arrivé à 東京駅/ la gare de Tôkyô vers 9 heures 15, il faisait assez chaud, et j'ai marché tout bonhomme jusque 日本橋、神田、秋葉原/Nihon bashi, Kanda, Akihabara (environ 4 kilomètres), faisant ici et là des photos argentiques. Fait les magasins à Akihabara (quartier de l'électronique), et fini par craquer sur IPod couleur 20 Go, pour 30 000 yen soit 222, 50 euro, d'occasion (acheté fin juin...), état neuf, emballage, etc, avec son "dock" offert. Prix réel en euro et en France, neuf : 368 euros... Ca vaut le coup. Ca fait du bien, faire du shopping...
Marché ensuite jusque お茶の水/Ochanomizu puis pris le train jusque 代々木/Yoyogi. Ballade à pied, Yoyogi, yoyogi koen, 原宿/Harajuku, 渋谷/ Shibuya. Tôkyô, définitivement, Tôkyô.
J'aime cette ville. Kyôto a du charme mais c'est une ville éteinte. Tôkyô est vibrante. Osaka est jeune, foisonnate et dynamique, rigolote et un peu vulgaire. Tôkyô est énergie pure, jeunesse, charme et tranquilité à la fois. C'est le Japon d'aujourd'hui, relax, stressé, souriant ou faisant la gueule, marrant et sérieux, cocasse et ludique, mais jamais vulgaire et surtout pas poussiéreux. Juste très usé par endroits, mais avec beaucoup de grace, finalement. J'aime Tôkyô pour la même raison que j'aime Paris.
Mais on y comprend également que ce genre de ville nécessite de l'argent, beaucoup d'argent. Vivre à Tôkyô sans argent, c'est ridicule. Comme toute ville, Tôkyô est tentatrice, avec ses restaurants, sa vitesse, ses modes... ses odeurs de grillé, de sauce soja, invitations à pousser la porte, irasshaimase, à s'assoir et se laisser guider par le grillé, le fondant, le juste saisi, et ces petits plats qui guident l'inspiration, ouvrent l'appétit par leur odeur et leur présentation. Ah, les izakaya de Tokyo, ah, les petites roulottes où on mange Oden debout avec un peu de moutarde, ah, ces ramen-ya où on vous sert, たっぷり/copieusement, votre bol de soupe riche en viande de porc juste confite comme il faut, bien graisseuse et grillée... quel régal... les Japonais sont des gourmands !
Quitté Shibuya après avoir rapidement déjeuné puis pris mes médicaments un peu en avance de peur que le Norvir ne finisse par fondre à cause de la chaleur. (fait des photos de toute cette longue ballade) et reçu un mail de Megumi pour qu'on se retrouve ver 18 heures. Je suis allé à quelques stations de trains à l'ouest, à 下北沢/Shimokitazawa, le quartier où est tourné le film Tôkyô eyes, où les trains, comme partout derrière Yoyogi font ding ding ding tout le temps, où des petites ruelles s'enchainent à l'infini comme dans un grand village, sans pour autant excule un centre absoluement charmant, comme on les aime à Paris, avec petites batisses, restaurants, petits magasins, etc... C'est un quartier discret mais assez à la mode chez les trentenaires "bohèmes"... très sympatique.
Repris le train et retrouvé Megumi vers le 後楽園, et comme j'avais peu de temps, nous sommes allés dans un Doutor (chaine de cafés, dans le genre Starbuck). Elle n'ont plus n'a plus de nouvelles de Toshiko. Elle fait maintenant un peu d'interprétariat et de traduction. C'est une bonne nouvelle. Ca m'a fait très plaisir de bavarder avec elle. On se revoit vendredi, avec Tomo. Ca les arrange tous les 2, question emploi du temps. Concernant Marc, je trouverai un autre moment pour le retrouver car il a un emploi du temps très serré lui aussi. Bah oui, à Tokyo, il faut travailler...
Il faisait bon quand on s'est quitté. J'ai marché jusque 水道橋/suidobashi. Au dessus de moi, les voix jeunes et effrayées qui s'élevaient du Jet coaster le plus hallucinant que je connaissent me donnaient des frissons de bonheur hallucinants.. Une ville incroyable où, en plein milieux de ce quartier où dominent deux gigantesques tours, d'un parc d'attraction sorti de nul part jailli une montagne russe dont l'une des "chutes" verticales fait plus de 80 mètres de haut... Tôkyô...
Train, puis Shinkansen, crevé. Plein, heureux, comme dans ce mail...
"tres bonne journee dans la ville la plus excitante que je connaisse... J'espere de belles photos de Tokyo : cette ville le merite. Vraiment y vivre me plairait bien: elle ressemble a Paris a bien des egarts. En plus "tout" mais aussi de vrais quartiers. C'est drole pour la premiere fois depuis longtemps j'ai envie de revoir l'automne a Paris... Je ne sais pas si je vais a Hiroshima demain. Creve car leve a cinq heuqe ce matin. Il est pres de 22h30... Auquel cas je vais peut etre aller voir le Lac Biwa a 30 km de Kyoto. puis aller diner a Osaka en soiree. J'ai vu Megumi en fin de journee, c'etait sympa. Marrant, aller a Tokyo malgre le fort danger et se dire qu'on y vivrait bien... Bise."
Voilà. J'ai profité de cette matinée de récupération (soirée électorale, lundi à Tôkyô) pour mettre par écrit ces 3 derniers jours.

lundi 12 septembre 2005

dimanche chaud, orageux, électoral

Dimanche, les Japonais ont voté. Avec une participation enhausse de 6%, avec 66%, ils ont reconduit la majorité de 小泉純一郎/ Junichirô Koizumi, en la fortifiant. 自民党/ Parti Libéral Démocrate et 公明党/ Komeito remportent la mise haut la main. C'est une sérieuse défaite pour le parti centriste 民主党/Parti Démocrate du Japon", qui a essuyé en revanche un sérieux revers. En fait, comme le parti, de droite, de monsieur Koizumi a éclaté - de grands baron ultra conservateur ont quitté leur parti et ont créé de nouveaux partis comme le 国民新党/Nouveau Parti national et populaire -, le 民主党/Parti Démocrate du Japon n'est plus apparu comme leader mais comme participant d'une cacophonie "conservatrice", entendre opposée à toute réforme, ce qui n'est pas, à mon avis, le cas au contraire. Il a par ailleurs souffert d'une concurrence sur sa gauche, 社民党/ Parti du Socialisme Démocratique et surtout 共産党/Parti communiste du Japon qui a régulièrement accusé le Pari Démocrate du Japon de vouloir faire la même politique que Koizumi (on connait bien cette musique). Bref, ce n'est pas encore cette fois ci que le Japon va pouvoir respirer... Le Pari Démocrate proposait entre autre le retrait des troupes d'Iraq, un rééquilibrage des relations avec l'Union Européenne, l'instauration d'une prime d'allocation familiale dès le premier enfant (les Japonais ne font plus d'enfants), la création d'un système de retraite et remettait au cause la privatisation de la poste que Koizumi a mis en chantier.
Ce discours, noyé au milieu du discours des autres partis n'est pas passé. Il faut dire que la TV japonaise est particulièrement défavorable à tout débat politique digne de ce nom. J'ai trouvé enfin que le leader du Parti Démocrate en faisait trop dans le registre rigide. Il faut dire qu'il a du remplacer à la hâte il y a un an le très brillant Naoto Kan, dégommé par la presse pour un scandale bidonné de toute pièce.
Bref, le Japon reste le fer de lance des USA, va s'américaniser encore plus, et ne pas sortir de ce discours "japoniaisant" nationaliste que pratiquent si bien les élites Japonaises... C'est dommage. Je reste vraiment partisant du Parti Démocrate, pas par "conviction", mais parce que c'est le seul horizon réaliste de rapprocher le Japon de l'Europe et de l'ouvrir -culturellement- au monde. Maintenant, si les Japonais préfèrent Koizumi... En tout cas, ce Thatcher Japonais a au moins une qualité fondamentale qui manque a de nombreux leaders politiques contemporain : il a des convictions, il a du charisme, du volontarisme. Il est brillant et il a restauré la confiance de son électorat, ce qui n'est pas rien.
Les communistes sont très forts dans le registre populiste japonais (apologie d'un "petit peuple travailleurs", etc), et j'ai même vu un candidat faire compagne en kimono ! Les socialistes veulent instaurer une social démocratie avec 5% d'électeurs... La société japonaise est corsetée. Le défi va donc être de réussir à convaincre les socialistes à s'allier avec le Parti Démocrate. De toute façon, comme tous les socialistes font la même politique quand ils prennent le pouvoir... autant qu'ils arrêtent de faire chier le PDJ dès maintenant, hein ! (remarque personnelle). C'est qu'au Japon, c'est un scrutin a un tour, et donc l'éparpillement est fatale.
Enfin... Moi, je me suis promené à vélo ce dimanche, et j'ai fait du shopping car j'avais oublié de recharger les piles de mon appareil photo. J'ai donc acheté... un très beau sac pour protéger mon ordinateur. J'ai lu (dehors il faisait lourd et il pleuvait sporadiquement). Je me suis acheté une carte de 2500 yen de music pour l'Apple Music Store. Moi, je peux donc acheter de la musique japonaise....
Je me suis couché très tard après avoir fait une soirée électorale. Tradition familiale oblige... Les résultats en direct, en japonais... une première pour moi. Les décors des studios (samurais, maisons traditionelles, etc), les nombreuses coupures publicitaires réduisent la politique à un spectacle ridicule. Comment avoir un discours dans un pareil show médiatique ?

dimanche 11 septembre 2005

Samedi : variable, mais orageux en fin de journée.

J'emprunte en le déformant, le titre d'un film de la deuxième moitié des années 80, avec Danièle Darrieu, "beau temps mais orageux en fin de journée".
Samedi sympathique, temps lourd. Vendredi en fin de matinée, j'avais rendez vous à l'hotel Grandia pour retrouver Sashi. Nous sommes allé déjeuner assez rapidement - je le retrouvais entre "2 appointments". Nous avons parlé de choses et d'autres et principalement de mon intérêt pour le Japon. Il parle remarquablement bien anglais et, comme toujours dans ce cas, nous n'avons parlé qu'en anglais... Etre au Japon et parler comme au travail...
Nous nous sommes quittés vers 13 heures après, donc, avoir déjeuné un menu de tenpura de saison. Tenpura est absoluement délicieux, toutefois je n'avais pas très faim, c'était à la limite du trop lourd... Mais c'était en fait judicieux, cette lourdeur n'étant qu'une sensation produite par la chaleur. Occupé tout l'après midi, j'ai apprécié ce repas qui est finalement très bien passé, avec des goûts très variés au palais.
Sitôt séparés, je me suis tranquilement dirigé vers le 東福寺/Tôfuku-ji, dont je n'avais visité l'an dernier qu'un jardin (celui avec le très fin pont suspendu, j'ai "perdu" les photos dans l'incident de la carte mémoire de début novembre l'an dernier). L'autre jardin est en fait une composition contemporaine, une composition de 4 jardins, est-ouest, nord-sud, jardin sec (dit "zen", mais ça ne veut rien dire puisque le Tôfuku-ji n'appartient pas au zen, et que le dit jardin a été dessiné en 1935), jardin de mousse, et 2 jardins composés inspiré de motifs géométriques chinois. Ces 4 jardins s'organisent autours d'un temple lui même érigé à cette époque, très classique, en bois, avec un 縁側/engawa, sorte de terrasse qui entoure la maison, avec ou sans rampe, qui permet de d'admirer le jardin en s'asseyant à l'extérieur du batiment. J'ai toutefois, comme l'an dernier, été très séduit par la très grande porte 三門 ainsi que par le très grand temple, tout cela en bois bien sûr, fermé au publiques mais richement décoré d'un dragon sous le plafond.
En sortant, autre visite. Il y a divers petits temples dans cet arrondissement situé non loin de Fushimi-inari taisha. Je me suis arrêté dans l'un d'eux, jardins somptueux, très petits mais extrèmement riches et tranquiles (malgré l'écho d'un candidat en campagne qui passait par là... grrrrrrr). Le batiment, minuscule, est très sobrement -mais avec un goût très subtile- décoré.
J'ai quitté le lieu tranquilement, il devait être 15 heures 45, stoppé dans une supérette m'acheter une simple salade d'ananas fraiche et une bouteille de thé, puis, quittant le quartier j'ai longé la Kamo, comme le fonds de nombreuses personnes en ces week end tranquiles. Une Kamo à niveau bas, presque à sec par endroit et avec de nombreuses herbes poussées ici et là, envahissantes. Il y a quelques jours, ici, il y avait des torrents qui coulaient et il arrivent même qu'elle sorte de son lit. A la regarder à présent, qui donc pourrait y croire ? Le long des quai, des restaurants souvent en bois, à 3 ou trois étages au maximum, avec des grandes terrasses suspendues sur piloti. Restaurants chers mais très agréables (je suis très pauvre mais il m'est tout de même arrivé de m'y aventuré le midi car les menus sont alors plus abordables, aux alentours de 4 000 yen, c'est à dire environ 30 euros - le soir, compter 10 000...). Je me suis arrêter pour manger ma salade de fruits, puis j'ai pris mes médicaments. Je me suis amusé intérieurement en pensant à mon médecin qui m'a dit qu'il valait mieux du consistant... de l'ananas... !). Je me suis éloigné ensuite au grand dam des pigeons qui me guettaient avec quelque espoir et alors que je rejoignais Gion, oh la pluie ! Ca a duré 30 minutes, une pluie extrèmement violente, avec du vent frais, du tonnerre... Il a pleuvoté ensuite toute la soirée. Le typhon 15 remontait en effet sans passé vers la Japon mais en envoyant vers le nord, c'est à dire nous, des vents chauds et humides qui entraient ainsi en colision avec les vents en ce moments sur le Japon, plus secs. Je me suis ensuite réfugié, donc, dans un Book-store, ces magasins de livres d'occasion où je me suis acheté こころ/kokoro de 夏目礎石/Natsume Soseki, écrivain Japonais du début du vingtième siècle. En Japonais, bien sûr, mais écrit à l'usage des collégiens, donc avec une majorité de kanji vocalisés. Plus pour l'objet lui même que pour une lecture réelle. J'ai toutefois travaillé dessus et me suis livré au petit exercice de JAP 201, l'analyse de la structure des phrases puis leur traduction.
Je me suis ensuite promené dans 寺町商店/teramachi, la grande galerie commerçante de 四条/shi-jô, tranquilement, regardant ici et là les vitrines, m'achetant deux disques et échangeant des mails avec mon ami Stéphane. J'ai dîné vite fait d'un カレーライス/riz au curry à la japonaise, avec son filet de porc frit. J'ai filé à la maison et chatté avec Stéphane sans parvenir à finaliser une visio/audio conférence. Il m'a quitté, allant acheter des lunettes pour sa fille Héléna. Il devait être 22h30. Je me suis couché finalement assez tôt.
Un samedi très chargé et pourtant d'une nonchalance...

vendredi 9 septembre 2005

toujours se promener (cliquer ici)

Voilà ce que j'écrivais à quelques amis hier après midi :
"j'espere que mes videos vous plaisent.je fais ma pause medicament. je suis enfin habitue a la chaleur mais je dois dire que la semaine derniere decalage horaire et chaleur m'ont assome! le typhon a ete une vraie provdence. mon blog est en train devenir une veritable oeuvre d'art vous ne trouvez pas? j'aime beaucup raconter et j'apprends a y faire vivre mon monde. c'est un exercice tres different du journal intime car intime il n'est loin d'y etre? il est egalement eloigne de l'analyse car il est evident que censure. je pense juste y apprendre a etre interessant. en fait cela ne dispense pas de noter, ecrire, au contraire. stephane tu as gagne ton pari: j'inaugure mon pass par un petit tour a Tokyo.enfin ce n'est pas encore fait. a part ca je suis litteralement mange par les insectes. what else? mon meilleur achat depuis des annees est mon ordi. bref nicolas ne chipote pas : prend toi le 16#9 si c'est celui que tu veux. monter mes videos en direct, quel plaisir... bise a tous"
Vous voyez, mes préoccupations sont transcendantales...
Je pense à la rentrée, aussi. La rentrée est un moment de grande régénérescence. Cette année particulièrement. J'aurai 40 ans.
J'ai traversé hier le nord de Kyôto, petites rues qui s'enfilent les unes après les autres, souvent de belles batisses de bois revêtues de ce composite ressemblant à du sable, avec de magnifiques pins, taillés avec science. Il faisait chaud. La nuit est tombée vers 6 heures 30 / 7 heures, il faisait bon, plutôt chaud, avec un petit vent, le vélo a longtemps dévalé la rue, il y a avit de nombreux commerces, une odeur de grillades, de soja, très agréables... Je suis rentré vers 20 heures.
De ma promenade je n'ai rien filmé, je me suis contenté de me faire plaisir à moi tout seul, car rouler et filmer, ce n'est pas très pratique.
Mon programme pour la semaine prochaine se précise. Je compte aller à Kamakura, dire bonjour aux Minamoto et à Ozu en espérant croiser une vieille dame que je respecte infiniment et dont le sourire continue de hanter mon idée de la beauté japonaise. Je compte me promener dans Tôkyô, dans ce quartier de l'Ouest de Tôkyô/ Shibuya où fut tourné Tokyo Eyes. Je vais me renseigner pour ce qui est de Nikko (je suis dans une période shogunale). Je compte également descendre à Hiroshima et Miyajima. 4 journées déjà remplies... Je compte également retrouver des amis pour mes 40 ans cette semaine ou la prochaine. Demain, j'ai rendez vous avec un correspondant internet de Tôkyô qui passe sur Kyôto pour affaire ce week end. Sympa.
Bon, je vous laisse sur ces considérations, à bientôt.

jeudi 8 septembre 2005

... Et puis il fit beau sur la Capitale des Capitales, 京都 (cliquez)

... Alors, je suis ressorti, lentement, et j'ai regardé cette ville. Je suis allé tranquilement y faire du tourisme et y rendre mes hommages. A 八坂神社/Yasaka Jinja d'abord, puis à 知恩院/Chion-in. Ce même Chion In où j'avais fait mes adieux l'an dernier lors de cette soirée "Light up" qui sonnait si bien comme un au revoir à la Capitale. J'ai revu avec plaisir cette grande porte, immense, toute de bois, et puis ce 本土, ce grand corp central dont je ne vous livrerait pas les secrets, parce que les photos y sont interdites, et puis parce que les photos, les vidéos ne sauraient traduire l'odeur du bois, le parfum de l'encens, la présence de siècles de prières comme quelque chose de palpable, de réel, de pâtiné par le temps. Assis, recueillis, j'ai repensé à cette ville, à tous ces morts pour bien peu de choses, et j'ai pensé que tout cet apparat, toute cette beauté qui s'y présente à nos yeux est bien peu de chose si les hommes ne sont pas capables d'en comprendre le sens. Même mourir ne sert à rien.
南無阿弥陀仏/NA MU A MI DA BU TSU. Un novice, puis d'autres sont arrivés, on commencé à ranger les autels. Et puis un moine est arrivé, s'est assis, à commencé à entonné le Nambutsu. Les fidèles d'Amida disent que dire le Nambutsu délivre les humains du cycle des réincarnations sans fin, les délivrent de l'illusion de la vie. Je serais presque tenté de les croire. Cette phrase est en soit tellement vide, creuse, dénuée du moindre sens, qu'entendue, répétée à l'infinie, elle fini par se fondre au monde, elle le dévoile. J'ai donc écouté ce moine, et je ne manquerai pas d'aller y entre encore une fois le son de cette voix, ces paroles simples que je peux moi aussi répéter et qui me délivre de mes pensées les plus inutiles. A vélo, je suis rentré en répétant ces mots, en entendant en moi la voix de ce moine comme je me rapelle parfois tel effet d'un archet bien rendu par un artiste dans tel ou tel concerto.
Il y a des gens qui vivent dans le football, le base-ball, il y en a qui se pressaient au Grand magasin Sogo qui rouvrait ses portes aujourd'hui à Osaka (malgré sa faillite, entièrement relifté...). Pour ma part, contempler le vide ne me fait pas peur : ainsi je vois le monde. Je trouve beau d'en avoir fait une philosophie qui, telle une religion, a embrassé les Arts.
Il a fait très chaud, cet après midi, et je crois même avoir un coup de soleil.
Je vous souhaite bien du plaisir à regarder mes vidéos.

mercredi 7 septembre 2005

Journées Typhon sur le Japon (cliquez ici)

En cliquant, vous aurez un résumé local de ces derniers jours.
Pas fait grand chose ces derniers temps, j'aurais envie de dire... En fait, je dévore depuis ce week end le 平家物語/Heike monogatari / Le Dit de Heike, ce récit qui raconte la spendeur et le déclin du Clan Hei, la maison uchi / 家 - Taira /平. Il faisait très chaud ce dimanche, près de 35°, ça m'a mis KO immédiatement, d'autant que l'humidité était elle aussi maximale. Alors, entre sieste, エーコン/ Air conditionné poussé à fond, je suis resté chez moi, sans complexe aucun. C'est agréable aussi, de ne rien faire au Japon. Pour m'occuper, j'avais le choix : ce fichu tome III de la recherche du temps perdu que je n'ai toujours pas fini, toujours à recommencer, et le Dit des Heike. Le second me paraissait tout indiqué pour ce séjour à Kyôto... On m'avait dit que Kyôto était une ville morte peuplée de fantômes... Ce doit être vrai. Je me demande s'il n'y a pas moins d'habitants aujourd'hui que de gens qui y sont mort pour vouloir la vaincre, la conquérir ou la défendre... Et de quelle façon. Ce livre - un pavé - se lit très aisément si on ne cherche pas à se souvenir de tous les noms, car alors il est clair que l'on s'y perd. Mais en revanche si on passe cet obstacle, cela devient très aisé, très facile, et c'est un authentique Thriller. On connait la fin : le clan sera défait. On connait le point d'orgue, le naufrage de tout le clan lors de la bataille de 壇ノ浦/ Dan no Ura, le suicide des Dames de Cours et surtout le suicide du jeune Prince agé de 6 ans. Plus aucun ne survivra et la famille Impériale elle même sera ainsi touchée, mettant un terme à l'agonie de la cours de 平安/ Heian, cette cours raffinée, lettrée et aristocratique dominée durant 400 ans par le clan Fujiwara, copiée d'abord du modèle chinois, puis authentiquement japonaise d'âme, de coeur et de style. La montée au pouvoir de ce clan de guerrier, dans la 2ème moitié du 12ème siècle marque la fin de ce qui pour les Japonais est un peu comme notre antiquité, une matrice. Et on sent bien à travers ce récit, que c'est ainsi que ces évènements ont été ressentis à travers tout le Japon.
J'ai dépassé tout à l'heure les 350 et quelques pages, le clan est sur un retour de fortune : quel suspens... Moulte détails égrainent le récit : le poids de la religion, qu'elle soit 神道/Shinto ou 仏教/Bouddhiste, de telle ou telle obédience, ce qui est frappant c'est comment les "sectes" concourent à cette cacophonie d'un monde sur le déclin. Moines guerriers, ascètes, rivalités d'influence, moines mendiants, moines vengeurs, tous sont là à épier le cadavre agonisant de la capitale, à attendre sa reconnaissance. Les guerriers eux même sont légions, enfants malheureux de descendances troublées, plus ou moins princière de longue date, mais toujours roturière. Tous à chaque étape marquent de leur façon le déclin du goût, l'égarement, l'oubli des règles et de l'ordre symbolisés par le bouddhisme. Et puis l'Empereur, finalement seul référent, complotant souvent, souvent fort mal, mais ayant la légitimité pour le faire, sans avoir jamais toutefois le pouvoir d'en faire plus. On peut penser au passage à Hiro-Ito durant les années 30-40, un pouvoir immense, et pourtant aucun pouvoir du tout...
Je ne vois plus Kyôto tout à fait de la même manière, et je comprend encore mieux ce sentiment de tristesse que je ressens dans cette ville, et qui concourt à sa beauté.
Je suis très heureux de ce typhon, croyez moi. Je ne suis sorti de dimanche à mardi, lisant beaucoup, entrecoupant le tout de flash télévisés pour voir à quelle sauce nous allions être mangés.
Cette nuit, le vent a soufflé très fort, il a beaucoup plu. Hier, les températures faisaient le yoyo.
Aujourd'hui, parès une matinée au ciel changeant, la journée a été très agréable...

samedi 3 septembre 2005

Le son de la chaleur : mushi (cliquez ici)

Tout d'abord, un petit commentaire sur le format de mes vidéos. Je suis véritablement désolé, mais pour des raisons de place (stockage), je suis conduit de choisir la meilleur qualité (notamment pour le son) dans le plus petit format possible. A cet égart, la norme h264/mp4 est de loin le meilleurs compromis. On obtient un bon résultat avec Quick Time 7 et supérieur. Si ce logiciel est désormais disponible sur Tiger (Mac OSX.4 et supérieur), Panther 3.9, ainsi que sur Windows, il ne l'est hélas pas pour Jaguar ou Panther < 3.8... Je le regrette. J'ai tenté d'autres compressions, mais à qualité équivalente, j'obtenais des fichiers plus lourds... Là, j'obtiens 17' en environ 40 Mo, avec une très haute qualité sonore et une image aussi bonne qu'en Divix... Je mettrai à disposition ces vidéos ultérieurement, en d'autres formats. En attendant, je vous recommande de télécharger QT si vous ne l'avez pas (c'est gratuit).
Nouvelle vidéo, où je ne sais trop si c'est du son ou des images que j'ai filmés / enregistrés... A vous de voir. J'ai longtemps roulé sous le soleil, ici et là, je me suis arrêté, et puis j'ai filmé autours de moi. Ca sentait la campagne, et j'étais loin du vacarme de la ville où, sous une chaleur écrasante circulent les camionnettes blanches équipées de hauts parleurs bruyants de la campagne électorale. C'est cocasse... En attendant, et ça ne surprendra personne, 民主党は頑張れ!

vendredi 2 septembre 2005

Phénomènes de foi..euh.. de mode..フゥ~♪


Il est passé par le Japon, elles étaient plus de 10 000 à l'accueillir, en transe, toutes ménagères de moins de 50 ans, même si la télévision en a repéré de plus de 70 ans, toutes armées de calepins, albums photos, magazines et dessins dans l'espoir d'obtenir LE autographe, la trace indélébile et personnelle de LE homme, THE beauty de l'Asie, LE idéal masculin par excellence, LE seul et LE unique... Elles Japonaises en plein délire, amoureuses, fans, pamées de désir... Lui, impensable il y a encore seulement 10 ans, kankokujin/ 韓国人/ Coréen, beau, sexy, paré de toutes les vertues par une presse féminine avide de nouveautés, de sensationel... Lui, acteur remarquable (parait il) de 冬のソナタ/ Sonate d'hiver, le ドラマ/dorama coréen en 40 et quelques épisodes qui a fait pleuré le Japon profond pendant près d'un an l'an dernier et dont le DVD se vend comme des petits pains...
べ ヨン ジュン / prononcez à la japonaise : BE YON JUN / transcrivez à la coréenne BAE YOUN JUNG a traversé Tôkyô afin de présenter ce qui sera certainement un grand succès de cinéma, 四月の雪/ neige d'avril... Le beau Jun a donc décidé de prolonger les frimats de sa sonate d'hivers et faire neiger au printemps... Les Japonais aiment les saisons bien en place, mais ces dames sacrifieront bien quelques fleurs de cerisier pour craquer devant le belâtre enchanté...

Beaucoup plus curieux et inattendu, cette vedette incroyable et typiquement japonaise : ハードゲイ/ Hard Gay (prononcez ha-do guè- ). Oui, ça existe ! Dans un pays où on ne parle pas de sa sexualité, où celle-ci ne peut être que du domaine privé, il est tout à fait logique qu'elle n'apparaît alors que sous des formes extrèmes, outrancière et médiatique. Mais là où l'occident met en scène la tristounette "folle" ou la ridicule "drag queen", le Japon génère l'outrance (enfin) sexuée, extrème : le pédé cuir sado masochiste tout droit sorti d'un magazine de vente par correspondance ou d'une boutique spécialisée, avec toute la panoplie... Et quand je dit "sexué", il faut ajouter que l'énergumène ajoute les gestes (un déhanchement très évocateur) et tout le tralala (son slogan, フゥ~/ prononcez fuuuu~♪, fait des ravages dans les écoles). Vous pouvez aller admirer le personnage dans mes liens ou --->ici<--- car c'est unique! (un programme tous les samedis à 19 heures sur TF... euh, TBS). C'est unique au monde, et c'est 100% japonais !
A bientôt

jeudi 1 septembre 2005

Divers, varié, en attendant mieux (cliquez ici)


(ou : je n'ai pas que ça à faire....)
Quelques mails envoyés, reçus depuis dimanche. Nous sommes maintenant jeudi, il fait très chaud sur la ville, et je pense être enfin remis de la fatigue et du décallage horaire. Même si, d'ailleurs, j'ai constaté à quel point j'étais désormais habitué à cette différence de 7 heures. Ainsi, hier soir, bien que couché vers deux heures du matin, je me suis levé sans problème à dix heures. Du gachis ? Je devrais être levé sur le pied de guerre à 7 heures pour être dans un temple dès huit heures, foncer dans un autobus à dix pour être ailleurs à onze ? Manger en vitesse deux onigiri / おにぎり, boire la première bouteille de sencha / 煎茶 thé vert... Jamais ! Je l'ai déjà écrit cent mille fois, je suis un mauvais touriste. Ce que je n'ai pas vu les dernières fois, ce que je ne verrai pas cette fois-ci, eh bien, je les verrai la prochaine fois ! En attendant, je découvre à quel point cette ville m'est familière, comme elle s'est progressivement faite mienne. Kyôto est une ville triste, usée (le Japon a d'ailleurs une affinité très particulière avec l'usure, la rouille, le poli, la fissure, le cassé...), aux couleurs fletries, un peu comme si cette ville était un espace oublié, vidé du présent et qui se contentait de vivre à défaut d'exister... Etrange sentiment où se mêlent tristesse, mélancolie et moments de splendeur. On roule quelques minutes au mileu de ce désert urbain extrèmement provincial, extrèmement calme et soudain surgissent au hazard temples, jardins, portes de ville, femmes en kimono, sanctuaires, torii, arbres artistiquement taillés... étonnant. Dépaysant. Mon rapport à la ville se transforme au contact de Kyôto, de sa verdure foisonnante et luxuriante (luxe riant).
A peine arrivée je l'ai reconnue et je ne m'y perd plus. Je m'y retrouve, plus familier avec moi-même que nul part ailleurs. Alors je savoure ce temps, j'allume la télé, je somnole et m'habitue à ce rythme de vacances, en attendant mieux.
J'ai bien sûr acheté un vélo, dans une vieille boutique certainement aussi agée que le vieux monsieur qui me l'a vendu. JPY 4.000... On a combien de vélo à ce prix, EUR 30, à Paris ? Paris, qui ne me manque pas du tout.
Mon appartement est très très bien, j'y suis seul et j'avoue que mes 10 mètres carrés (6 tatamis), ma cuisine et ma salle de bain, pour EUR 450, charges comprises, ça me suffit très largement. Même pas de colocataire, l'autre chambre est vide. Un appartement à soi, à Kyôto, s'y promener nu le matin, le café à la main, les cigales en fond sonore, quel luxe !

Je me suis promené, quand même ! Je suis retourné à Fushimi, comme toujours j'y suis tenu, dire bonjour à Kitune et remercier mon protecteur le cheval. Promenade longue et vivifiante, bruits sonore de la nature, criquets, cigales, corbeaux, oiseaux divers et variés, insectes voraces qui vous attaquent les pieds, ces goinfres, mais que l'on chasse aisément en
marchant d'un pas ferme et décidé, chaton fatigué par ces attaques répétées et miaulant, お母さんお母さんどこにいるの?いたいよ!Je le caresse et je repars, une heure, deux heures de promenades qui monte, qui monte, quelle vue !, et puis ça monte encore, les arbres, les torii rouges, et ces renards de pierres qui nous observent -qui sait, peut être un esprit se cache t'il quelque part, à l'affut, sera t'il bon, ou nous jouera t'il un vilain tour ?
En nage je suis rentré chez moi. Ca, c'était hier. Avant hier, j'ai passé l'après midi et la soirée avec Yoshinobu, à Osaka. Nostalgie dans le quartier 新世界, construit au début du vingtième siècle et où était érigée une réplique miniature de la Tour Eiffel, du temps où l'on croyait au futur, et aujourd'hui remplacé par un quartier commerçant démodé (à la mode dans les années 50) dont le symbole est l'actuelle 津点画, réplique économique kitsch et sans grâce de cette fantastique et inattendue Tour Eiffel du Kansai... Mais je l'aime bien, cette Tsutenkaku, j'aime son charme kitsch 50's... Nostalgie, nostalgie. Qui dirait en parcourant les rues de cette ville qu'elle fut, il y a un peu plus de cent ans, la ville la plus riche du Japon ? Bien devant Tôkyô...
Fin de soirée dans un bar gay, où seul je n'aurais jamais osé rentrer : 20 mètres carrés à tout casser ! Quelques clients. J'ai pu chanter quelques chansons, 黒い花びら、私の城下町, les feuilles mortes... Yoshinobu m'a dit que je peux y retourner si je le souhaite, mais j'avoue quand même que les bars japonais ne me sont pas familliers. J'ai attrappé ce soir là mon dernier train sans encombre, je n'ai pas passé la nuit à 新大阪/ Marne la Vallée. Je l'aurais bien passée dans les bars d'un client de ce bar, environ 25 ans, très sympathique, mais ça, c'est une toute autre histoire. Ce jour là (c'était mardi), il a violamment plu toute l'après midi.
Alors, allons-y, avec ces mails.
Le 29, à des amis,
"temps tres tres chaud.grace matinee ce matin jusque onze heures trente. mais pris mon dej a sept puis recouche. super appart a moi tt seul.pas mal de depenses. je recherche un velo d'occaz'.hier journee tres remplie jusque tard. cette ville est tres grande.je ne recois pas le signal wifi jusque ma chambre :-( mais il y a un "salon" ou je peux aller pour l'avoir).bises"
Toujours le 29,
"Signal faible, mais signal tout de même : mon mac ne se connectait pas à cause... de l'heure! Eh oui, j'ai déjà eu ce problème. Bien, on va pouvoir bosser!
Côté fric, je vais pouvoir économiser pas mal car j'ai une vraie cuisine. J'ai claqué pas mal pour la bouffe hier (fait mes courses hier vers 19 heures). Ce midi, rebelotte (un "pack universel" pour mon mac : le bébé trouvait que le courant de mon adaptateur 110 n'était pas bon et ne le digérait pas... )
Promnade dans Kyoto en début d'après midi, très chaud, à la recherche d'un vélo d'occasion, puis rentré à la maison pour déjeuner vers 15 heures puis prendre mon médicament, essayer aussi le "pack universel" (en fait, l'adaptateur fait 100 v à 240, 50/60 hz, il faut y mettre un embout "prise" : le "pack", c'est des embouts anglais, japonais, américains, européens... 5000 yens (env 38 eur). Mais bon, comme ça je peux faire le tour du monde... ne !
Je retrouve Yoshinobu demain à Osaka. Ca c'est sympa. Je vais contacter aussi Megumi à Tokyo. Je crois que je vais réunir quelques personnes à Tokyo pour mon anniversaire. Pour Paris, je vais essayer de trouver un endroit (café) pour réunir un peu de monde aussi.
Aller, je vais ressortir m'achter un vélo puis, vu qu'il est trop tard, aller me faire bronzer dans le jardin d'un temple à defaut de le visiter.
Cette ville est une ville triste, un peu usée, trop calme, mais c'est une ville attachante, entourée de montagnes, parsemée de temples... C'est ici que je suis bien, et c'est ici que je désire vivre quand je serai un peu plus agé. Ca me fait du travail... Je n'ai qu'à devenir écrivain.
A plus,
Bises
Madjid
PS : nicolas, ton mail n'est pas passé sur mon portable... tjs cette histoire de codage...
Bises"
Le 30 au soir, séquence post alcool dans le train, attention, on s'accroche (je suis comme ça quand j'ai repéré quelqu'un...),
"retrouve Yoshinobu a Osaka. Ballade, restau, bar gay... Il a plu tte la journee, ca vient de se calmer. Faut que je me debrouille pour rester ici (bref j'ai bu). Je suis dans mon train qui me ramene loin de mes illusions(il y avait un mec pas mal dans ce bar). Mais va draguer quand tu es avec ton copain Yoshinob... mais mets y les pieds sans ton copain Yoshinobu dans ce bar de 20m carre... Je suis ici comme si je n'avais jamais quitte Kyoto, comme si c'etait la suite... Ma memoire a aboli le temps... les japonais sont mignons... pub : un appareil photo 16#9. Autours de moi on dors : il est presque une heure. Je vais recontacter Nova... Je ne sais plus ce qu'est Paris... Bise"
Vous inquiétez pas, l'alcool n'a qu'un effet passager, je vais beaucoup mieux !
Mon ami Alain, d'ailleurs, ne s'y est pas trompé,
"Il est des no-oo-tres, il a bu son verre comme les au-o-tres..."
... et Nicolas non plus,
"il est cuit là! a archiver ça! Nicolas"
Voilà. J'ai un peu rattrapé le vide de ces 3 jours, vous avez une idée de mon retour ici

Petit ajout : J'ai quelques problèmes d'upload avec mon FTP (je crois que la connection est bridée, ici), il va falloir attendre pour mon Podzine; à la place, je pourrai mettre quelques vidéos sur .mac. Il vous faudra le plug in h264, c'est à dire le plug in HD mp4. Pas que ce soit un choix particulier, mais cela me permet, par exemple, de faire tenir 17 mn en 40 Mo avec un son et une image de très haute qualité (pour ce niveau de compression). J'ai en effet très peu de place sur mon .
Mac (IDisk).
2ème petit ajout, au sujet de mon "auto censure" sur mon double blog, "suppaiku au Japon". Mon deuxième blog est plutôt destiné à mes collègues de travail, qui ne me sont pas intimes. Par ailleurs, je suis assez septique quant à l'attitude de mon employeur (Manpower) au cas où il apprenait 1) ma sexualité 2) mon statut séropositif. N'y voyez pas du tout donc une quelquonque honte, je suis outé depuis très longtemps dans mon entourage, mais plutôt une forme d'égoïsme : je ne travaille pas par passion mais par obligation. Mon travail me paie mes voyages, cette année il me permettra aussi de me payer mes études et mon prochain voyage. Je ne peux donc que vous encourager à ne lire que la version originale, ici même. Plus croustillante, non ?
A bientôt.