mercredi 30 novembre 2005

Dans 3 mois, je pars vivre au Japon. M-3/0

(samedi 27 novembre, bar gay LE COX vers 19h00)

Voici l'explication de ce long silence. Comme je n'aime pas parler pour ne rien dire, j'ai préféré garder le silence sur cette nouvelle qui m'est tombée dessus mercredi dernier. Depuis, je me suis habitué, j'ai retiré mon dossier de candidat avec l'entreprise qui m'engage, j'ai réglé le sujet le plus épineux, je vais me préparer en toute tranquilité.
Dans un mois, grande vente de mes encombrants : vélo, frigo, chaîne hifi, livres etc...
Que dire d'autre???
Je ne sais pas...
Passé un bon week end, avec notamment le vendredi soir une soirée "japon.org" chez Kintarou (cliquez). Samedi soirée encore, dimanche plus calme... ouf. Le travail est insipide.
Je reviendrai plus dissert, mais là, je vous écris pour vous dire que je suis bien là, et que mon silence était justifié. Partir vivre au Japon, à mon âge... ça perturbe, mais qu'est ce que ça fait du bien, alors....
Aimez vous le nouveau look du site ?

mardi 22 novembre 2005

De pire en pire...


Eh oui, l'homme sans visage a récidivé ! J'en ai reçu, de ses commentaires, et voici le résultat : me voici affublé d'une épouse médiatiquement très envahissante, symboliquement inabordable; qu'est ce que ses parents ont du être heureux de la caser, leur charmante fille de 38 ans... Booouuuuh, on me ridiculiiiiiiiiiiiiiz' !
Ah, pour information, le nom cité en katakana a changé, et votre serviteur est rebaptisé depuis hier soir, ce qui m'a confirmé dans l'idée que mon commentateur anonyme
-ne pouvait être que Français
-m'était proche puisqu'il utilisait ma transcription qui, d'après monsieur Niwa, sonne très bizarre.
Le plus intéressant est que la nouvelle transcription sonne beaucoup plus arabe "classique" que ma transcription tirée de l'adaptation de mon nom de famille (en fait mon statut...) par un militaire Français des "bureaux arabes" dans les années 1850/60. Me voici donc devenir ベンシーク. C'est marrant car monsieur Niwa a entendu la "longue" que le français ignore (en arabe, en effet, le nom (statut, en fait) Cheikh est une longue e alongé par i che-i-ku. Intéressant.
C'est sympa, porter un nouveau nom, plus fidèle à mon nom d'origine, et qui sonne tellement plus doux (là, la transcription sonne plus libanaise qu'algérienne!, pour le coup).
A Paris, c'est l'hivers qui arriva à toute allure. Il fait froid de chez froid.
Hier soir, cours. Qu'est-ce que je suis bien, moi, quand je vais à l'Inalco, alors. Je continue d'avoir mon même niveau correct à l'oral et je constate que ma compréhension du japonais est une compréhension globale et non détaillée. Finalement, comme en anglais (je parle couramment anglais). Je m'explique. Test d'audition. Une situation, 2 réponses au choix. J'écoute, je ne traduis même pas mais ce que j'entends me suggère une réponse, bonne. Flou dans la classe, on réécoute, cette fois, je me concentre, je cherche à traduire, plus confiant du tout en ma réponse, je me noie dans un flot de mots dont je perds la moitié en route et la fin, je n'ai rien compris. Bref, je comprends en écoutant mais il ne faut pas que je cherche à comprendre. Mon truc maintenant, à l'oral, c'est écouter, ne pas regarder l'image, et ne la regarder qu'après, au moment de répondre, me fier à ce que j'ai entendu, uniquement. Pour les dictées, pareil, et ça marche, je suis même parvenu à écrire (mal, je le concède) les kanjis (en fait les kanjis mal écrit ça va beaucoup plus vite que les kanas, même mal écrits).
Le cours de monsieur Niwa s'est avéré difficile. Pas dur en soi, mais comme je n'ai pas travaillé ma leçon de 200 correspondante, que j'ai oublié mes verbes transitifs/intransitifs, les ている/てある/ておく, c'est pas facile. Mais comme en revanche j'ai bien compris la leçon, c'est qu'une question de travail, et mon blog japonais va être un terrain d'entrainement fantastique, mieux, un véritable souffre douleur. C'est que ce blog japonais, je suis bien décidé à le faire souffrir, le torturer, ce sera le seul moyen de m'améliorer. Utiliser mes faibles moyens en japonais dans le but de progresser.
Dimanche, c'était Kunitoraya, tout simplement. Et c'était tout simplement super bon...



jeudi 17 novembre 2005

SCANDALEUX : ON SE MOQUE DE MOI (>_<)

(photo : Nakashima Yasu, 2003 / montage : TB aujourd'hui...)

Regardez moi ça, hein !!!! Je donnais RdV à TB et Rasen pour notre échange régulier (enfin, pas trop...) de ドラマ, et voilà ce que je reçois... Une publicité scandaleuse pour le restaurant de うどん de la rue Sainte Anne... Mais où va le monde, hein ? Tout ça parce que je suggérais que, ben oui, on n'avait qu'à aller "chez Toraya, tout simplement"... Ah, ces jeunes ne respectent plus rien, pas même leur ainé !
(He he, en tout cas, c'est nous qui allons nous régaler, chez Kunitoraya, "tout simplement" :-D )

mercredi 16 novembre 2005

Automne à Paris

Splendeur et misère des plateaux repars de la cantine BNP PARIBAS... Quand je dis que je rêve au moindre boui boui de Tôkyô, vous comprenez ce que je veux dire, j'espère... Et encore, je n'ai ni fait dans le "boeuf en sauce avec ses frites", le "filet de lieu et son citron" et autre "tarte au citron meringuée" directement sortie de son usine et bonne à digérer tout l'après midi... Car le plus étonnant dns ce choix absoluement foisonnant de menus proposés par les selfs, c'est la constance de la simplification du goût. Les légumes vapeur sur cette photo ont d'abord pris le goût de l'eau dans laquelle ils ont bouilli et rebouilli. L'omelette est parfumée à la sauce à la tomate qui hier accompagnait la langue, reconvertie ce jour en entrée "salade de langue" (ça ne s'invente pas...).
Je rêve d'un bon râmen, bien gras, avec ses tranche de porc un peu confits, son bouillon bien épais, ses nouilles qui "slurp" et qui tiennent au corp. Je fantasme de tempura qui croquent et que l'on trempe dans un bouillon clair avant de "slurp" les udons qui trempent dans le dashi bien bruyamment... Je me pâme en esprit devant un katsukare chû kara comme j'aime, avec la tranche de porc qui croustille à fond sous les dents, vite, de l'eau, c'est trop chaud, le kare me brûle, huuuuuuuuuuuuummmm'................................ Je serais prêt à tout pour me rassasier dans un kaiten sushi, celui de Ueno où j'ai pris l'habitude d'aller me suffit largement... Et que dire des brioches chinoises, niku-man, qui réchauffent les mains avant d'être dévorées... OOOOUUUUUIIIIIIIIIINNNNNNNNNNNN, JE VEUX MANGER ODEN quand j'en ai envie, sur le pousse, au coin de la rue, je veux me baffrer à n'en plus pouvoir de yakisoba, je veux me régaler de nikujaga, faire shabu-shabu, boire une grande lampée de bière après avoir fait nabe ! Mais regardez donc la gueule des plateaux de nos cantines...

Voici la part manquante des romans de Michel Houellebecq, l'opulence alimentaire, la pauvreté du goût. Mon entreprise paie EUR 7.50 et moi environ EUR 3 pour le plateau que vous avez vu... Je préfèrerais nettement qu'on me les file, moi, les 7.50 !!!! Bref, je ne mets jamais un grand entrain à aller à la cantine et c'est sans difficulté que j'ai pu me mettre au régime et perdre déjà 11 kilos. Legumes vapeur, poisson/oeuf, pomme et fromage 0% pour 4 heures. Salade légume en entrée. Mais pour 10.50, c'est un peu cher, vous ne trouvez pas ?
La cantine est un lieu vaste, impersonnel, avec des néons, des caissières alignées comme à un péage. Elle est aménagées avec 2 "puits de lumière" qui dès la première visite m'avait rappelées le centre commercial décrit par Baudrillard dans "la société de consommation". Encore heureux, on échappe à "la farandole des desserts", à "la valse des entrées", la "gironde des sauces"...
Soirée très calme hier soir : je ne suis pas allé en cours. Repos. Bref, beaucoup de boulot en vue, mais je m'en moque royalement. Ce week end, j'ai fini de recopier un par un mes kanjis jusque la leçon 18 (hier, ils ont du faire la 19), recherché du vocabulaire, trouvé des mots complémentaires, etc, à l'aide du dico de Kanjis que j'avais emmené à Londres. Ce soir, apprentissage, et recopiage à l'aide du livre de grammaire de Shimamori des 2 premières leçons de 200... A la place d'étudier, j'ai regardé Nobuta wo purodyusu, un dorama de cette saison, et je me suis couché de bonne heure après avoir fait quelques mails.
Ca y est, mon Podcast est dans Itunes ! Bref,je peux nfin m'y mettre, plus d'excuses possibles...
Sarkosi a grimpé dans les sondages. Hollande a gagné face à Fabius. Chirac a remis ses lunettes des années 70. Bush se fait recadrer par le Congrès. Il est en visite au Japon, et il a visité le Ginkaku-ji. En chaussettes (dixit Reuter). Le prix du billet d'avion validité 364 jours sur British Airways est EUR 650. Il fait gris, et ça sent maintenant vraiment l'automne. Il paraît que "ça se calme en banlieue". Ca tombe bien, à la télévision, ils n'attendent que cela pour pouvoir enfin parler de dindes, de marrons. Patricia Shoenberg, l'îdôle des classes moyennes "sociales" (elle est l'épouse de notre "ministre de la cohésion sociale" Jean Louis Borloo) pourra avec assurance nous dire, tout sourire, que "cette année encore, les Français ont dépensé près de EUR 200 pour les fêtes de fin d'année", sans bien même se rendre compte que pour certains, c'est le budget mensuel global... Les "banlieues" seront bien loin et le père noel pourra veiller de plus près aux parfums, au chapons de Loué et au foie gras. M'ouais, je sais plus trop si c'est l'automne, tout ça. Mais si j'apprenais que Lionel Jospin y allait... je revivrais cette soirée lumineuse comme un soir de mai, un soir de mai où nous avons repensé que tout était possible, que "c'est clair", baignés dans ce bleu ensoleillé, au Zénith. Bah, ça ne serait pas l'été, ce serait peut être un peu de printemps. J'ai parfois le sentiment que la France rentre dans l'hivers.

mardi 15 novembre 2005

Week end à Londres



C'était week end, et c'est formidable comme ça me fait du bien... Fatigué, alors, avant de partir, et fatigué, alors, être revenu.
Fatigué de la France usée et de son président qui ce soir a ressorti ses lunettes des années 70. J'ai halluciné, tout à l'heure, en l'appercevant à la TV nous faire son discours creux dont il est spécialiste. Patron, y'a l' feu ! Attendez, je vais mettre mes lunettes! On parle d'état d'urgence... Je ne sais pas très bien si les gens savent le sens des mot.
Enfin, bon, dans la France de 2005, plus rien n'est étonnant, pas même le pire président qui l'ai gouverné. Peut être ses lunettes de technocrate pompidolien...

(bar gay Bar Code, dans Soho, vers 23h30)

Vous pourrez trouver mon album Londres ici, pour les bars gays où j'ai pris des photos, ou encore là, pour des photos plus variées ou même là pour ici, pour mes éternels autoportraits
... Fait une rencontre sympa.
J'en ai marre de faire des rencontres sympas à l'étranger.
Marre d'être seul à Paris.

Allez, en me faisant chier dans un bar gay de Soho, j'ai écrit ce qui suit. Je suis content de l'avoir rencontré ce soir là, il tombait à pic.

(expo Araki, Barbican Gallery)

Ma vie est jalonnée de petites douleurs /
Qui viennent me voir de temps en temps /
Je les connais bien... /
J'ai appris à les accueillir / Et je les laisse s'exprimer... /
Ma vie est une montagne de solitude /
Ou je me suis longtemps caché /
Aujourd'hui le temps est passé /
Ces petites douleurs sont loin de moi... /
Mais mon corp que personne n'étreind /
Mais mes bras qui ne serrent personne /
Tout m' ramène, tout m'y conduit /
Et je m'y réfugie /
Je pense à l'un /
Je pense à l'autre /
Ma montagne se fait forêt, une forêt où je me cache /
Arbres, bars, hommes /
Aucuns noms, une masse... /
J'isole un corp ici dans ma mémoire, /
Et mon coeur saigne à n'en plus pouvoir /
J'isole un corp mais c'est le vide que je ressens /
C'est ma mémoire qui s'agite /
J'isole un corp et c'est mon coeur qui souffre /
Je suis terriblement seul /


Ben ouais, l'alcool, ça fait tourner les têtes... Mon ami Alain tardait à venir. Je suis content d'avoir fait ma rencontre plus tard, il est vraiment tombé à pic. C'est pour cela que je vous ai glissé sa photo. Je crois que je vais photographier mes amants, maintenant. Et promis, quand je rencontre le bon, j'arrête mes autoportraits, je ne m'entraine que pour lui.
C'est l'"effet 40 ans" ?

mercredi 9 novembre 2005

Urgence, maturation, réflexion : le piège de l'actualité

Gigano m'a écrit un commentaire que je vous invite à lire. Il m'a rappelé par la suite pour me dire qu'il n'avait pas lu que mes posts étaient extraits d'échanges sur le site Lejapon.org (on peut saluer, c'est méritoire, la très grande liberté de ton qui règne sur ce site). Cela ne change rien à la valeur des commentaires de Gigano, avec lesquels je partage bien des idées.
Et ce que m'a inspiré ce commentaire, ou plutôt ce qu'il m'a confirmé, c'est qu'il est de plus en plus dangereux de se laisser dicter ses préoccupations par les médias. J'ai arrêté de poster sur mon blog comme ailleurs justement pour cette raison, j'ai boycotté la TV, j'ai commencé à écouter mes collègues en évitant de participer (ou alors, justement, pour aller dans un autre sens, je m'expliquerai tout à l'heure), bref, j'ai entamé un retour à moi-même, loin de l'actualité et de l'urgence. Ces évènenements ne font finalement que nous rappeler que nous sommes de ce monde, et l'odeur de brûlé qui flottait sur la Capitale ce week end alors que je sortais de chez atomicdog n'en était que la tangible manifestation. Mais finalement, qu'y a t'il de si nouveau à cela ?
C'est d'abord aux quatre coins du monde, que le monde va mal. Ce n'est pas très nouveau, mais ce qui est nouveau, c'est la retransmission en mondiovision et en direct des conflits, guerres civiles et révolutions. A la peur irrationelle des temps anciens s'est substituée le fantasme de l'encerclement et du débordement. Qu'un juif soit agressé et l'on voit là une importation de l'extrémisme palestinien sur notre territoire. Que des jeunes mettent le feu à des voitures et c'est le tiers monde que l'on voit à nos portes, Algérie, Maroc, Côte d'Ivoire... Qu'un juif insulté réagisse un peu vivement, le voilà immédiatement suspecté d'être un agent du Mossad. Parout, l'actualité nous invite à ressentir notre chétif bonheur ou ce que nous appelons tel menacé par une menace planante, indéfinie, mais venant bien de bordures plus ou moins lointaines, lîmes imaginaires proches -la "banlieue", les "cités" - ou lointaines -"Pologne" et "Chine" du référendum, "Maghreb", "Islamisme" et "Poudrière Africaine" dont on sent le flou quand à la distance dès que l'on évoque ces ailleurs de proximité, "bandes ethniques"... Il est d'ailleurs intéressant de constater que cet "imaginaire des lîmes", pur produit de la société post moderne qui revisite ses fantasmes au gré des modes - la banlieue aujourd'hui décriée a été dans les années 80 sublimée, support de la "figuration libre", du "rap français" et territoire des "beurettes" qu'exaltaient les Mondinot, Goude, Guerlain et autres Gaultier quand ce n'était pas Kookai ou Touche pas à mon Pote -, cet imaginaire est revendiqué, porté comme identité positive par ceux qui y résident. Un garçon qui s'en sera sorti, aura étudié, trouvé un bon métier et se sera ouvert à la culture classique (entendre : Proust et les Milles et une nuits, Mozart et la musique des cafés du Caire chantée par Aicha Reddouane, Jean Novel et les maisons du Mzab...) sera regardé comme un "intelligeant" (entendre, un gars "pas pareil"") dans sa cité d'origine, un beur acculturé par les intellocrates des classes moyennes des grandes villes (et un alibi pour les frileux conservateurs). Je ne caricature pas, on m'a déjà dit que "toi, Suppaiku, c'est pas pareil", ce qui est une négation totale de mon histoire, de ma vie, de qui je suis. Je suis gay, j'aime la musique ancienne et cela ne m'empêche pas d'avoir grandi dans le 93, d'avoir eu un père Algérien licencié en 1978, ni d'être conscient que dans ma classe, en 2nde, première et terminale, j'étais le seul.
On agite la peur des cités comme on a agité longtemps la peur du pauvre, car il s'agit de la même peur. La ville a toujours eu peur de ses lîmes, ces bordures floues qui oscilent entre intégration à l'ensemble et lointains territoires qu'elle ne contrôle que partiellement. Le discours lepeniste n'a pas facilité le travail car il a incidieusement distilé l'idée que ces "territoires" "hors de la république", ces "zones de non droit" sont les avant postes d'un tier monde qui nous envahit irrémédiablement. Là encore, les jeunes de ces villes ont progressivement intériorisé cette vision et la revendiquent, la font leur, et ils la positivent. Leur vision est erronée (cette banlieue, c'est déjà Paris, et ils font parti de Paris), mais leur positivation est humaine : à force de leur dire que leur coin, c'est de la merde, ils sont bien obligés de répondre : et alors ?
Il est aberrant de ne pas avoir profité du recul démographique des 20 dernières années pour stabiliser les grandes agglomérations urbaines. Par stabiliser, j'entends tenir compte des 50 dernières années puisque les nouvelles lîmes ne seront guère amenées à changer désormais après avoir cru de manière incontrôlée pendant le baby boom et les 30 glorieuses. Agrandir Paris en créant le Grand Paris et en donnant aux communes des 3 départements qui la bordent le statut d'arrondissements, en transformant extérieurs et périphériques en boulevards urbains périphériques comme cela se voit au Japon (ces gigantesques artères sont des lieux idéaux pour des sociétés, des commerces, des quartiers vivants, qu'importe s'ils sont bruyants), en creusant des boulevards et de grandes avenues qui désenclavent ces quartiers bref, en engageant la suite des grands travaux que Haussmann entrepris au 19ème siècle pour agréger les anciennes lîmes, ces faubourgs qui faisaient tant peur aux bourgeois, mais qui étaient aussi des repères d'insalubrité (lire Balzac, Rousseau, Restif de la Bretonne...), d'épidémies endémiques, de grande pauvreté, de prostitution et d'insécurité récurente.
Alors j'en viens à Azzouz Beggag. Oui, Gigano, tu as raison. Beggag n'est pas à la droite au sujet de l'intégration ce que Françoise giroux fut à la droite au sujet du droit des femmes. Françoise Giroux a bougé des lignes, à initié avec Simone Vieil le droit à l'avortement, a fait avancer les premiers textes sur l'égalité professionels puis, déçue car peu aidée, à quitté Giscard et a soutenu Mittérand en 1981. Beggag en ce moment préfère dégueuler sur les socialistes et joue le bon immigré qui a bien travaillé à l'école; l'écrivain sensible et le sociologue de talent joue les "bonnes volontés" dans un pays qui ne reconnait toujours pas le million de mort Algériens de la guerre d'indépendance.
On a beaucoup critique Jospin au sujet de ses déclarations au sujet de l'esclavage. Eh bien, j'en ai été scandalisé, notamment quand ces condamnations venaient de la gauche "morale". Oui, c'est la gauche, qui a aboli l'esclavage, en 1793 et en 1848. Oui, c'est la gauche qui a porté la décolonisation; Mendes-France, Rocard et le PSU, Martinet et France Observateur, Servan-Schreber, tous étaient taxés d'anti France par une droite revancharde qui en voulait à Mendès d'avoir bradé le Vietnam après Dien Bien Fu. Oui, c'est la gauche qui a défendu le droit des femmes. Marie Curie fut la première femme à entrer dans un gouvernement, celui de Léon Blum, que la droite appelait d'ailleurs "le juif Blum". Oui, la droite a préféré Hitler au Front Populaire.
Beggag peut critiquer l'inaction des socialistes, mais alors il a la mémoire qui flanche. C'est la gauche qui, dès 1982, a initié une politique de la ville pour transformer des terrain vagues parsemés de barres en ensembles urbains avec des équipements, pour aider un tissus associatif qui vivotait et qu'elle a propulsé au rang d'acteur essentiel avant que la droite, à partir de 2002, ne lui coupe les crédits et ne supprime les emplois jeunes qui lui avait, en plus, donné de réels moyens. Le bilan est certe à discuter, il a pour le moins d'être conséquent. La droite sur ce terrain répond aux abonnés absents. Quand par hazard c'est un élu local que l'on nous cite en exemple, encore faut il rappeler que ses moyens, l'élu local les doit aux lois de décentralisation que la droite a critiqué et n'a pas voté, en accusant Gaston Deferre de vouloir diciser la France.
Je salue l'entrée d'un intellectuel comme beggag dans ce gouvernement. Mais il est avant tout pour moi un homme de droite, et rien d'autre.
A ce titre, je pointe ses gesticulations d'assistante morale, ses gérémiades sur les "14 ans de socialismes". Il est un nouveau genre de Malreau. Une merde politique à la réputation de talent. Mais le talent n'est pas le génie, comme l'écrivait Balzac. Il faudra un jour me montrer en quoi Malreau a un bilan de minis... euh, secrétaire d'état, avec son budget à 0.1%. Le bilan reste du côté de Jack Lang, à la tête d'un grand ministère doté dès 1982 de près de 1% du budget de l'état. Et Beggag ne sera jamais ce que Boutih sera quand il en aura les moyens.
Je constate à quel point Beggag n'est qu'un alibi à une politique qui consiste à couper les budgets sociaux, faciliter les licenciements, déréglementer la sécurité sociale, à une politique dont les effets seront particulièrement sensibles précisemment dans ces quartiers difficles. Et dont on ne mesure aujourd'hui que les prémices.
Revenons à "nos" "émeutes". Ja'i entendu des choses qui me font extrèmement peur, et qui méritent réflexion. Certains ont prôné des lois d'exception. Le gouvernement décrète la possibilité de couvre-feu. Doit on suspendre des libertés publiques pour quelques incendies ? Je pense qu'il serait sage de poser la question en ces termes. La liberté est un bien précieux que le monde nous envie. Doit on s'en séparer ?
Je trouve étonnant que des incendies suscitent l'indignation, quand la situation de précarité, avec ses vols et son lot d'insécurité, est le lot de beaucoup d'endroits dans un silence total, depuis de nombreuses années. Des filles sont régulièrement dans un silence total, avec l'indifférence de la police. Aucune structure d'accueil, aucun crédit affecté à la protection des mineurs que l'on va envoyer se faire violer/marier dans un pays qui n'est pas le leur. Le droit à l'avortement en France n'est pas garanti puisque des commandots font régulièrement pression sur les derniers médecins qui le pratiquent, les membres de ces commandots étant constament relaxés par les tribunaux sensés les juger. Les agriculteurs sont en moyenne responsables de bien plus d'incendies que lors des 10 derniers jours dans une indifférence totale (le Parlement de Bretagne, entièrement dévasté, les préfectures assiégées...). Les chasseurs chaque année ouvrent le feu sur des espèces menacées, enfraignant des traités et lois internationale que la France a pourtant ratifié, et menancent physiquement les personnes qui s'interposent, forces de l'ordre comprises, sans qu'il n'y ait d'interpellation...
Ce que cette "folie médiatique" m'a rappelé au sujet de ces troubles, c'est à quel point le traitement peut être différent dès qu'il s'agit de s'en prendre aux biens matériels. Une fille violée en réunion, une fille voilée de force dans son quartier ne suscitent guère d'indignation car on estime, finalement, qu'elle n'est pas tout à fait Française, et que, finalement, ça n'empêche pas de vivre le bourgeois dans sa chaumière.
Ce qui est à souhaiter au sujet de ces incidents, c'est qu'on regarde d'abord que si dans beaucoup d'endroit le calme est revenu, c'est parce que les habitants ont repris les choses en main : occupation des espaces publiques, visites en porte à porte. Toutes origines confondues. Ces personnes ont fait vivre leur espace civique. J'y vois là une force pour les années à venir : ces villes sont des villes et non des ghettos, même si s'y vit d'abord le chômage et la précarité. Leurs habitants sont des citoyens acteurs de leur espace social et politique. Il faudra leur donner le droit de vote.
J'espère ensuite qu'on privilégiera les intermédiations au niveau local. Il est préférable qu'un enfant qui traine à 11heures du soir soit ramené à la maison par un voisin que par un policier. Mais ledit voisin ne devra pas hésiter non plus à conduire un délinquant au commissariat. C'est pour cette raison qu'il ne faut pas durcir les lois. Montesquieu (Esprit des lois) rappelait que dans une démocratie, une loi doit être douce pour être applicable, car chacun est sensé la faire appliquer. Il faudra en revanche, et nous avons les brillants psychologues, sociologues et spécialistes de l'adolescence pour y contribuer, réfléchir à la création d'une politique de ressocialisation qui pourra passer par la création d'internats d'un nouveau genre, par exemple. On a beaucoup de travail à ébaucher, et peut être faut il étudier notre vieille Europe comme un pays défait par 30 années de restructurations économiques auquel il faut insufler une énergie au moins aussi forte que celle qui guida le Conseil National de la Résistance. La doite va continuer son travail de casse. La gauche à bout de soufle continue de refuser tout changement, refuse tout mouvement. Le seul espoir est de mettre en commun des savoirs pour élaborer dès aujourd'hui les possibles de demain. Pas un de ces trucs à 2 balles que les analphabètes de la politique appellent "vrai gauche", "gauche de la gauche". Non. Simplement une direction, une piste pour la social démocratie, pour répondre à des questions essentielles : comment réaliser la démocratie ? Comment établir l'égalité devant le savoir ? Comment établir l'égalité devant la maladie et devant la mort ? Avec pour postulat de base élémentaire, qu'il n'y a pas d'égalité possible sans liberté, que la liberté ne se divise pas, et qu'il ne peut y avoir de liberté sans connaissance ni esprit critique.
Après trois jours de repos médiatique, je suis contre le couvre feu. J'accuse ce gouvernement d'être le premier casseur de France en cassant, en direct et sous nos yeux Autoroutes de France, Electricité de France. En ayant arrêté depuis le 1er juillet le financement de la RATP sans transfert de crédit à la région. En pointant du doigt les travailleurs clandestins sans réclamer les dizaines de milliard d'Euros que les grandes entreprises (souvent privatisées à des copains) ne paient pas chaque année. Ce gouvernement a les résultats qu'il mérite, et on pourrait même se demander s'il ne les souhaite pas, tant ces troubles justifient sa politique répressive et finalement, ne gène aucun possédant puisque ce sont les pauvres qui s'en prennent aux pauvres...
J'accuse la gauche d'avoir renoncé au militantisme. D'avoir découragé les citoyens à s'engager en résumant la politique à du carriérisme, à des batailles d'appareil dominés principalement par de jeunes blanc bec sortis des grandes écoles et/ou protégés d'élus eux même cooptés. De se contenter d'une pensée moyenne ou "alter quelque chose" et d'avoir constamment refusé depuis vingt ans toute idée poil à gratter (les 32 heures, l'autonomie comme principe de transformation sociale, l'Europe Fédérale...).
Ces jeunes exités se sont engouffrés dans les brèches béante d'une société qui résume son horizon à un Loft, une Star Ac et des coupures pub, qui confie la socialisation et la citoyenneté à une équipe de foot "black blanc beur", qui voit de l'éducation dans un panneau de basket, et qui dans un grand nombre de domaines affiche le spectacle du clientélisme et de la corruption des "entrepreneurs" avec les politiques, des juges dessaisis et des affaires classées. Ces jeunes méritent d'être arrêtés, jugés, punis.
Jacques Chirac aussi. Il ne vaut pas mieux qu'eux. Il vaut pire.

vendredi 4 novembre 2005

Comme il y a eu d'autres posts...

J'ai reposté:

"Je pense que si j'avais vécu la nuit que Skydiver semble avoir vécu (je regarde pas la TV, ce que j'ai vu à la TV hier soir m'a halluciné), je pense que je parlerais comme lui, net, clair, précis. Des bandes ethniques, oui, comme celles qui ont cassé la figures à des lycéens lors des manifestations de mars 2005.

Le vrai racisme, la vraie incorrection politique, si tant est qu'il y ait en la matière une correction (je ne commenterais pas cette appellation d'un courant d'affirmation politique américain redigéré par les journalistes français pour donner naissance à ce qu'on appelle "politiquement correct" et qui se situe à 100 milliards d'années lumières des philosophes français, Derida, Deleuze, Aron, Barthe, etc, bref structuralistes et post structuralistes), c'est de couvrir les agissements de gars (eh oui, ces bandes sont d'abord des bandes machistes) qui ne sont rien d'autres que des voyoux.

Etre noir, ça ne défini pas un individu. Les gens d'origine Africaine valent mieux, ils valent la richesse de leur langues, la richesse de leur histoire, de leurs légendes et récits mythiques que ces bandes de jeunes ignorent par leur refus évident de tout travail, de tout effort, de toute culture.
Le rôle de la société de liberté est de rappeler ce qui fait la dignité de l'homme : l'ambition de s'améliorer soi-même. Par l'étude, par le savoir, par le travail, par la persévérence dans l'effort.
Si on les excuse un tant soit peu, quel exemple on donne aux enfants ? Si la société va mal, si peut être des révolutions restent nécessaires, ce ne sont pas des bandes fascistes qui les feront :ces garçons, ces voyoux, sont les mêmes que ceux qui terrorient les filles dans certains quartiers et les obligent à se voiler. Ils sont racistes.
Qu'ils soient le produit d'une société, oui, je le pense. Ils sont le produit de la colonisation, de la traite des noirs, des places publiques où nos "entrepreneurs" allaient chercher une main d'oeuvre docile dans les années 60, au Maroc, en Algérie, au Sénégal. Ils sont le produit de Le Pen qu'on a laissé s'installer avec le chômage de masse et la résignation à ce que la France ne soit que la caisse enregistreuse de "politiques d'ajustements structurelles", Le Pen, le premier à avoir parmi nous décidé de compter "sa" communauté, celle des "vrais" Gaulois. Ils sont le produit d'élites formatés qui ont grandi dans les mêmes quartiers, été dans les mêmes écoles et qui, devant la faillite de leurs propres politique, jouent la surenchère médiatique (Fabius le gauchiste, Sarko le karsherisateur).
Aucun discours exigeant, à droite ni à gauche, c'est à dire expression de principes simples, clairs mais aussi fermes vis à vis de leurs propres électeurs. La guerre civile n'est pas la révolution sociale, au contraire, même pour Marx : ces jeunes cassent tout mais à voir les vidéo clip de la chaine ZIK, ils ont juste envie d'argent, de filles en strings, d'encore de l'argent, de grosses voitures parce que vous comprenez, c'est dégueulasse, les "bourges izen ont et pas nous, pask'on est noir".
L'expression "niquer sa race" aurait du mettre la puce à l'oreille, moi, elle m'a toujours choqué car elle est la suite des "sale juif" et "sale "pd" qui pullulent dans "les quartiers".

Il faut être exigeant à l'égart des jeunes de banlieue, et particulièrement des quartiers défavorisés, et particulièrement ceux issus de l'immigration. Parce qu'ils le méritent, parce qu'il y a aussi une beauté africaine, maghrébine, et que la France a tout à gagner à ce qu'il y ait encore plus de talent, de variété sur son sol. Et que la France est un pays qui mérite d'être ouvert sur le monde pour porter son message. Car la France a (enfin, quand elle va bien) un message. Il s'appelle la Liberté.
Ces jeunes sont des ennemis de la liberté. Celle des filles, celle de leurs voisins, de leurs frères, des autres tout simplement. Ce sont des fascistes qui, comme l'école ne les intéresse même pas, ne savent même pas ce qu'est le fascisme.
Il est important de les appeler ce qu'ils sont pour casser leur discours.
Qu'il faille pointer ce que la société ait d'imprafait, je n'ai pas attendu ces émeutes pour le faire, et c'est ce qui me désole encore plus."

Je me suis dit...

Je me suis dis que je pouvais partager ici un post que j'ai posté ce jour sur le site Lejapon.org, dans l'izakaya, au sujet des "émeutes" des cités...
Je reviendrai ultérieurement.
"Je suis d'origine Algérienne, donc avec un père musulman. Pratiquant, de famille maraboutique (c'est dans ma famille que sont les "cheikhs" de mon village depuis 1 300 ans...). J'ai grandi en banlieue. Mon père était ouvrier et a perdu son emploi en 1978, on est alors devenu très pauvre... Ma mère, provinciale de l'ouest de la France, a fait des ménages dans sa jeunesse, elle a repris au moment où mon père, licencié, ne retrouvait pas de travail -trop agé.
J'ai grandi à partir de 8 ans dans une cité, à Bondy (93). Quand on s'y est installé, le premier dimanche, je suis allé jouer dehors avec mon frère, comme on avait l'habitude de le faire dans le vieux quartier de Epinay sur Seine où nous étions auparavant. Il y a une une bagarre, mon père est descendu nous chercher. A partir de là, nous n'avons plus eu le droit de sortir jouer après l'école, et nous avons reçu l'ordre de rentrer directement. Nos mercredis, c'était jouer à la maison, regarder la TV. Les rares fois où nous avons désobei, ce fut la paire de gifles, et privé de TV après les devoirs.
C'est que mon père tenait à ce que nous étudions : c'était le seul moyen de réussir, à ses yeux. Je crois que cet objectif de leur étucation a été ce qui les a le plus soudés dans les temps difficile de notre famille pauvre.

Je suis gré à des personnes comme Skydiver de rappeler que c'est dans ces quartiers difficiles que l'on souffre en premier chef de ces affrontements. Les étrangers, les pauvres ne sont pas des délinquants, et beaucoup parmi ceux de ma génération, malgré le racisme, malgré des conditions de vie difficiles (je vous recommande les romans de notre ministre à l'intégration Azzouz Beggag, qui a grandi dans un bidonville de Villeurbanne), ont réussi leur vie, travaillent, créent, sont chefs d'entreprise, artistes, stewards ( :lol: )...

Je ne parlerai donc au nom de personne, mais ce que j'ai par hazard apperçu à la TV hier soir m'a tétanisé. Violence urbaine, discours démagogue d'empapaoutés de classes moyennes patentés et certifiés présentateurs de journal TV (le "désarroi des banlieues"), discours largués de politiques qui ne voient que traitement social et/ou répression car ils sont incapables d'envisager un taux de croissance supérieur à 4%, d'imaginer une dynamique de créations d'entreprises et de richesses, d'avoir le courage de dire que ces jeunes qui cassent sont des malfrats qui terrorisent les populations en se cachant derrières des discours d'assistantes sociales à 2 balles qui ferment les yeux sur les familles dont les enfants cassent, volent, se battent et battent les autres (elles ont peur de se faire casser la figure elles mêmes, et puis de toute façon, elles sont généralement profondément incompétentes et relativement illétrées -ronds sur les i, fautes d'orthographes, pauvreté du vocabulaire et niveau Françoise Dolto vulgarisé par Télé-Loisir) et puis d'un coup décident qu'il faut retirer la garde des enfants à une famille laborieuse qui a du mal à s'en sortir en restant honnète (du vécu, une assistante sociale s'était immicée dans notre famille sous prétexte qu'on n'avait pas assez d'argent et que, peut être, un placement...).

Mais ce qui m'a le plus révolté est ailleurs. Ce sont les imams. Mon père était musulman. Et alors. De quel droit on m'amalgame, et tous ceux qui sont d'origine du Maghreb, à une religion ? La force de l'Etat, en France, ça a toujours été d'affirmer son existance indépendamment des Eglises. Louis 16 a t'il demandé aux prètres de précher le rétablissement de l'ordre après les journées de juin et juillet 1789 ? Cela veut il dire que désormais, l'état choisi les imams à la liberté des jeunes filles dont les parents volent le passeport pour les marier/vendre/offrir en viol à un époux qu'elles ne connaissent pas ? Plus que les émeutes, c'est la négation de l'individu citoyen et qui se construit par sa culture (pas celle de ses aieux, celle de sa curiosité et de ses connaissances), par ses actes et par ses choix, cet individu libre qui a fait la force de l'idée Française. Nous ne sommes pas ensembles Français par le sang, mais parce que nous aimons cette idée, la Liberté de nous choisir notre destin, et que nous nomons la France. Je ne suis pas gaulliste du tout, mais j'ai une certaine idée de la France, car la France est avant tout une grande idée.

La rabaisser au niveau des imams pour quelques centaines de voitures montre bien le délabrement moral des élites.
En cela, j'ai peur : on va encore plus amalgamer cité / délinquence / islam. On va devenir quoi, les gens comme nous, dans ce pays ? Elle va être où, notre place ? Vais-je avoir une place pour dire que j'aime le 18ème siècle français, les Lumières et Kant, que je suis homosexuel, athée, et que ça ne m'empêche pas d'avoir eu des parents pauvres, d'avoir vécu dans une cité du 93, d'avoir eu un père musulman pratiquant que je respecte sans partager ni la nationalité ni la religion ?

La France me fait penser à la Grande Bretagne du début des années 80, très bien racontée par Hanif Kureishi dans son livre Bouddha de banlieue (ed. C. Bourgois / réédité 10/18). Emeutes, chômage, droite bornée, gauche démagogue, patronat incapable et revanchard, esprit rentier des classe moyennes. Un pays fatigué.
Ca me donne vraiment des idées d'exil... Je suis trop vieux pour attendre que ça aille mieux, que je me dis."
Voilà, merci de m'avoir lu.
Suppaiku.