Mon copain et ex-collègue Mulgon Melga se réjouit de son blog qui avance, ah, le jeunôt ("beaux restes", que je l'appelle aussi, ça vous donne une idée de son âge, ouaf ouaf ouaf).
Il m'a écrit ces quelques mots ce matin :
"C'est très sympa de faire un blog, on a une idée, on la creuse, on fait une recherche, on s'instruit, on publie.
Je me limite à 2 posts par jour. Quand même."
Alors, je lui ai répondu, et je me suis dit que ça vous intéresserait peut être, vous êtes si curieux,
"Pour le blog, tu vas voir, c'est fonction de l'humeur en fait.
Moi, en ce moment, c'est impossible d'écrire, c'est comme si je n'avais rien à dire... Trop personnel, en fait. Et en même temps, je mûris d'autres directions à explorer dans mon auto portrait au quotidien. C'est au Japon, que je vais m'éclater.
Je recommence à écrire, surtout. Fiction. Et je pense à mon podcast. Bref, mon blog est à l'image d'une place un peu indéterminée... La mienne, entre Paris et Tokyo, une banque et une école, mon prochain contrôle médical où j'espère pouvoir lire, concernant le VIH : niveau inférieur au seuil de détection (j'étais juste au dessus la dernière fois...).
Je suis super content d'arrêter la banque mais ça me fiche une sacrée trouille de quitter ma sécurité middle class. J'exorcise mes dernière trouilles de fils de prolo immigré et je rentre dans le club très fermé de ceux "qui s'en foutent de l'argent". Encore un peu de mal à le raconter. Bref, un blog muet.
Depuis longtemps j'avais brimé l'artiste en moi, je le laisse s'exprimer mais il a perdu sa voix (voie).
Vivement le 1er janvier !"
C'est con, ce "vivement le premier janvier", mais ça traduit bien mon état d'esprit. Dès janvier, mes chefs vont commencer la valse des entretiens pour me trouver un remplaçant. Je vais donner ma TV, mon scope et des vidéos à Yoshinobu. Yoshinobu qui me fait penser à moi, finalement. Arrivé en France à 40 ans, super fauché, mais qui je crois n'a plus trop envie de retourner au Japon... Il a travaillé ces derniers mois pour Monsieur Kenzo (pas la marque, qui ne lui appartient plus, non, la nouvelle maison de couture L'Atelier des 5 sens, 五感工房(gokankôbô, atelier situé à son domicile vers la Bastille). 2 années difficiles avec beaucoup d'hésitation maintenant : rester ou partir, et si c'est rester, jusqu'à quand, à quel terme... L'approche des 45 ans est à cet égart un principe déterminant. On ne rentre pas "chez soi" à 47/48 ans... On reste en son nouveau "chez soi".
De mon côté, si je suis confiant professionellement - je suis devenu patient, j'ai repris goût à raconter et j'ai enfin appris à partager sans attendre en retour ET en étant prêt à accepter tout retour (bref, j'ai appris à accepter mon égo, à m'aimer ou me détester comme je suis sans plus me poser la question, et en plus à vous raconter tout cela en direct, avec le moins de retenue possible, sans chercher à vous plaire, en ne me souciant pas de vous, mes (amis) lecteurs, sans fausse pudeur... Bref, en me respectant moi même autant que je le puisse, en étant honnète... Quelle chance vous avez, que je ne cherche pas à vous plaire, vous me lisez sans cache, sans mensonge, et qu'importe que ce que je dise, ce que je fasse, ce que je pense, c'est moi, comme disait Barbara, si ça ne vous plaît pas, passez votre chemin !) -, oui, si je suis confiant professionellement, c'est bien entendu le VIH qui me tracsse ! Pas l'histoire de tomber malade, aujourd'hui, on ne tombe plus malade, mais c'est l'imbroglio des prises en charges qui me tracasse. Il y a les impôts, aussi, qu'il va falloir que je paie cette année. Bref, j'ai 6 à 8 mois "très sports", où il faudra que je sois rigoureux, organisé, ambitieux, travailleur et économe. A l'image de ce blog revenu au noir, au blanc et au gris, au simple et à l'austère.
C'est qu'en la matière, me voici devenu pionnier (ça m'est déjà arrivé, j'ai l'habitude : la nouveauté, c'est de tout laisser, abandonner mon confort de classe moyenne qui ne me laissait d'autres choix que consommer et vieillir en remboursant un crédit immobilier que j'aurais fini par prendre après avoir accepté d'être embauché, en prenant du poids et en oubliant une promesse que je me suis faite il y a 7 ans en abandonnant ma liberté de marginal intello pour la sécurité du travail, celle que ce ne soit que pour passer à autre chose car j'en avais un peu marre de vivre avec moins de 3 000 balles par mois...). Pas dans l'expatriation, mais dans l'expatriation avec pathologie lourde. Le VIH est aujourd'hui devenu une non maladie, juste un truc chiant. Moi, le VIH m'oblige à ingurgiter 5 gelules le matin, et basta. Pas d'effets secondaires, une efficacité redoutable. Et pourtant cela m'oblige à penser à moi en chaque instant. Pour ne pas contaminer l'autre. Pour ne pas me re-contaminer. Bien sûr. Mais aussi, pour assurer ma liberté d'esprit dans un pays étranger où je sais d'avance que ce ne sera pas évident. Mais ça va, je vais "isshôkenmei ganbaru". Dans le pire des cas, faudra que je sorte JPY 140 000 par mois (EUR 1 000 eh ouais, les "5 gelules et basta!" sont chères...) Bref, dans le pire méga giga pire des cas, ce n'est qu'un problème matériel. C'est la simplification de ce casse tête que je me fixe comme défi : y arriver, m'insérer dans le système des prises en charge (complexe au Japon car le VIH est mis à part dans le système social Japonais, en dehors des hopitaux et du système des 70% à la charge du patient), et m'en affranchir. Bref, c'est à mes yeux un effort militant. Mais ça va être compliqué. En attendant, durant un an, je vais utiliser le procédé utilisé couramment dans ces cas là, mais je me fixe une échéance maximale d'un an.
a me fait du bien de pouvoir vous écrire cela, il y a 3/4 jours je n'aurais pas osé écrire cela, c'était encore un peu noué. C'est qu'il est clair qu'indépendamment de l'histoire du suivi VIH, les impôts, les cotis' de sécurité sociale japonaise et mon "assurance volontaire", le loyer, je vais pas être riche, et je n'en ai plus l'habitude. D'un autre côté, c'est avec ce sentiment de "richesse" que je dois désormais me séparer. J'ai eu des sous mais je ne suis plus vivant quand, avec mes 3 000 balles, j'avais le temps de me ballader, acheter des poches d'occas' chez Joseph Gibert que je lisais le jour même, écrire, et surtout me ballader, mon PRAKTICA en bandoulière, photographiant ombres de la nuit, façades et ruelles sombres.
Sûr, je veux pas retrouver cette précarité totale, les petits boulots, et de toute façon je ne pars pas avec rien en poche. Mais tout de même ce ne va pas être facile, loin de là. Alors j'ai eu un noeud au bide pendant 15 jours.
Retour au simple, au basique.
Et soudain une image de Ginza qui me revient. Ginza en été, en automne, en hivers... et bientôt, les ombrelles sur Ginza un dimanche de printemps (désolé, l'ami Maru, mais j'associe Ginza à une certaine forme de nonchalance chic, gourmande, celle des lèche-vitrine de mon enfance avec ma mère, les "galeries farfouilletes"). Et puis la Chûô-sen, vers Ocha-no-mizu... le son des trains, des métros. Si tout cela doit avoir un prix, je suis prêt à le payer : ma liberté n'a pas de prix. Ou plutôt si : une baisse temporaire de pouvoir d'achat. Et en fait, je m'en tape. Je sais cuisiner ! Et je suis un as des pâtes !
Je suis content d'avoir amorcé l'aventure de ce blog il y a 1 an et demi déjà, je vais pouvoir vous faire partager mon paquetage, mes ventes, l'ouverture du compte en banque, l'achat du keitai, ma première fin de mois difficile, mes histoires de mecs... Ca me branche bien, vous raconter tout ça...
Bon, à part cela, bien ici la vie continue. Je suis allé voir ma mère ce week end pour Noël. Qu'en dire, si ce n'est que ma mère, non contente de se murer derrière l'éloignement et la distance d'une maison coincée dans la campagne loin de tout, se mure désormais dans un capharnaum que vous ne pouvez pas imaginer, poussiéreux, encombré, sale. Son jardin est à l'abandon, sa maison aussi, finalement, et c'est finalement sa vie qui est à l'abandon, comme si ce n'était plus qu'un mauvais moment à passer... Impossible de lui en parler. La vie n'a pas été facile, elle a tout donné pour les autres et il n'y a plus guère d'énergie pour elle. Je vais libérer Strasbourg Saint Denis, elle va vendre cette pièce qu'elle a acheté en se rationnant pendant des années il y a près de 50 ans, cette pièce qui moi m'a permis d'être ce que je suis aujourd'hui. Il y aurait beaucoup à raconter sur ce lieu qui d'émancipation à 18 ans est devenu prison à 25/26 ans quand, dépressif, je m'y enfermais, fumant des pétards toute la journée, vendant tout ce que j'avais acheté auparavant. Cette pièce de jeune rockeur des 80's, de jeune PD qui allait au Palace, au Club, au Boy's, au Broad, au Haute Tension, au Quetzal, au Scorpion, au Studio 54, les soirées avec Tim,... Cette pièce que j'ai partagé avec mon frère. Cette pièce qui m'a vu revivre quand je commençais mon analyse, qui m'a vu redevenir étudiant, agitateur politique, où des caméras de Canal Plus sont venues, cette pièce où j'ai pleuré la défaite de Jospin en 95. Cette pièces où j'ai écouté du jazz 30's dans les années 92/93, de la musique industrielle en 83, du psyché en 84, les soirées "émissions de radio" où on fumait de l'afghan avant de faire des mix psyché pour aller ensuite faire mon émission, "Mutation" (!), les réunions PS chez moi... Denis, mon seul vrai amoureux, que j'ai vraiment aimé, pour de vrai et m'a certainement vraiment aimé... Cette pièce où je suis revenu après mon retour de Londres... Maman va la vendre. Parce que j'en pars. C'est un gachis, mais c'est sa vie. C'est un gachis, mais c'est ma vie.
Je suis content d'en partir. J'y ai bien vécu, elle m'a émancipé de ma fatalité de fils de prolo qui "réussit", j'y ai appris la liberté, c'est à dire l'exigeance vis à vis de soi.
Mon médecin va faire la gueule mais il comprendra. J'ai désormais les mots pour expliquer que je peux quitter la France.
J'ai donc vu ma mère, ce petit bout de bonne femme qui a fait des ménages, épousé un Algérien, été exclu de sa famille, connu la pauvreté quand mon père a été licencié. Il est grand temps de l'écrire, je n'ai pas à le cacher. Mes parents ont, comme tous les pauvres, fait les marchés, c'est à dire ramassé ce que les primeurs laissent parce qu'ils ne l'ont pas vendu. Ce qui est étonnant, c'est à quel point cela me paraissait naturel quand j'étais adolescent, et à quel point j'ai été incapable de la raconter à mes amis, même les plus proches. C'est une douleur terrible, avoir des parents qui finalement, ont fait les poubelles pour nourrir leurs enfants. C'est Varda qui dit (Le glaneur et la glaneuse)qu'"il n'y a pas de honte, il n'y a que du tracas" (je ne crois pas me tromper dans la citation...). Peut être certains comprendront mieux comment je suis et comment je pense... J'ai été terriblement touché par Les confessions de Jean Jacques Rousseau : mais qu'allait faire ce SDF Suisse à la Cour, écrire des Opéras pour Louis XV, être protégé de Mme d'Epinay, faire pleurer Julie de l'Espinasse, et surtout écrire le roman qui a boulversé les aristocrates de l'Europe entière, La nouvelle Eloïse, dont les partis pris esthétiques résument le goût Français des 100 années qui suivent... Incroyable ! Je me suis senti ainsi moi-même complètement intrus des centaines de fois. Que vient faire un fils de pauvre d'origine Algérienne, au Salon "machin", au Sénat, dans une soirée privée de l'Hotel Georges V... et jusque dans cet Hopital du 5ème arrondissement, désormais... J'en ai de la chance, mais cette chance réside dans la volonté de mes parents. Et finalement, dans leur amour. Alors que ma mère vende cette pièce, c'est sa vie. Je peux bien la lui rendre... Je m'en vais vivre ailleurs, je comptais déménager. Ce travail au loin me facilite la tâche, il y a l'attrait du Japon.
Je suis revenu lundi soir. Pour la première fois, je n'ai pas ressenti de tristesse en quittant maman. Peut être suis je enfin satisfait de ma vie. J'ai compris tout le chemin parcouru par moi, je me suis senti solide. Content. Elle va être fière, ma môman, son "grand fils" est au Japon. Quand j'étais petit, c'est moi, qui était fier de ma maman.
Ne vous sentez pas gênés. Il y a des millions de gens qui vivent en faisant les marchés. Les pauvres. Etonnés ? Croyez vous qu'on puisse faire vivre une famille avec le RMI ? En leur temps, il n'y avait pas le RMI... Ca a vraiment été difficile. Mais on avait des cahiers, un survêtement pour le sport, et on a même trouvé le moyen de me faire faire de la flûte traversière... Je n'ai réalisé que très tard à quel point nos parents avaient souffert, en silence. Mon frère Malik beaucoup moins. Je ne l'ai réalisé que quand j'ai compris que je ne pourrai jamais le dire à ma psy. Parce que là, je dépasse le cadre du rapport à l'analyse, et je m'adresse aussi à l'individu. Peut être a t'elle compris, ce n'est pas bien grave. On exprime ses émotions comme on le peut. Aujourd'hui, je peux vous l'écrire car je n'en souffre plus.
Hier soir, j'ai revu une amie d'enfance, Zozo (son surnom), qui me ramène à ce temps là, et j'ai passé une très bonne soirée. D'une simplicité déconcertante. Du vin pas bon, des spaghettis trops cuits, une viande quelquonque, des cacahouettes. Mais beaucoup de chaleur à revoir Donata sa mère (la meilleur amie de ma mère). De l'émotion, pour tout dire, je me suis senti chez moi, à la maison. Comme chez ma mère, d'ailleurs, malgré le foutoir.
En rentrant le soir avec Zozo et son mari, vers 1 heure du matin, j'étais content, Paris était vraiment une ville belle, avec une qualité de lumière que je n'ai pas trouvé à Londres... mais retrouvé à Tôkyô.
Le fils de pauvres (au passage un très beau roman de Mouloud Ferraoun, Le fils du pauvre) se sent bien. Il est un peu patraque de beaucoup de chocolats, un peu stressé par le départ, un peu grippé courbaturé.
Pendant longtemps, la culture lui a servi à rattraper quelque chose, à prouver. La politique à exprimer une douleur. La littérature à se justifier.
Je vous avoue qu'aujourd'hui je me tape de tout cela ! Je suis décidé à me faire plaisir. Il ne me manque vraiment qu'une chose, c'est quelqu'un avec qui le partager.
Amicalement,
de Paris,
Suppaiku
jeudi 29 décembre 2005
mercredi 28 décembre 2005
Retour à plus de simplicité
Voilà l'année qui s'achève. Voici également une époque qui se termine. pour moi et, pour nous tous aussi, je le pense. Je décide donc de revenir à de la simplicité dans la présentation de ce blog. Noir, gris, blanc. J'espère que ce parti pris vous plaiera.
J'ai installé la pendule qui m'accompagnera bientôt, Tôkyô. En bas de page, le compte à rebour avant le départ. Je crois que je suis satisfait de ce résultat. C'est en gros ce que je voulais. Suppaiku aspire à du sobre, du simple, du gris, du terne, du calme. Il a besoin de remettre ses idées à plat. C'est la première condition pour se réenchanter, et ainsi pourra t'il bientôt non seulement vous distraire mais également, souhaitons le, vous émerveiller.
Supprimons le superflu, revenons à l'essentiel. Eteignons nos téléviseurs. Balayons nos yeux du trop vu, du skisvoit, de la mode et du clinquant..
En espérant que cette présentation, sobre et terne, vous plait.
De Paris,
Suppaiku
J'ai installé la pendule qui m'accompagnera bientôt, Tôkyô. En bas de page, le compte à rebour avant le départ. Je crois que je suis satisfait de ce résultat. C'est en gros ce que je voulais. Suppaiku aspire à du sobre, du simple, du gris, du terne, du calme. Il a besoin de remettre ses idées à plat. C'est la première condition pour se réenchanter, et ainsi pourra t'il bientôt non seulement vous distraire mais également, souhaitons le, vous émerveiller.
Supprimons le superflu, revenons à l'essentiel. Eteignons nos téléviseurs. Balayons nos yeux du trop vu, du skisvoit, de la mode et du clinquant..
En espérant que cette présentation, sobre et terne, vous plait.
De Paris,
Suppaiku
mercredi 21 décembre 2005
DÉPART pour Tokyo : J-49
J'ai acheté mon billet ce midi. Je pars par le vol JL 406 Japan Airlines du mardi 07 février 2006 à 18 heures, et j'arrive à Narita le mercredi 08 février 2006 à 14 heures heure locale (soit 6 heures du matin, heure de France). J'ai "acheté" un surclassement et je serai donc au pont supérieur (la classe...) dans un confortable fauteuil "Shell Flat" de la business class "Season". Je n'ai jamais été surclassé et n'ai (ainsi) jamais volé en Business et encore moins en First. C'est que ça coûte cher... Là, ça ne me coûte pas si cher, le prix d'un aller simple en classe économique sur Japan Airlines...Ca va aller très vite, désormais. Nous sommes désormais déjà bien lancé sur la fin de l'année, noël est ce week end et la nouvelle année dans moins de 2 semaines. Je n'en reviens pas. Et si je me retourne sur cette année, comme elle me semble longue et comme déjà lointaine. Il y a eu tant de "révolutions" dans ma vie cette année. Il y a presque 1 an, j'allais repartir pour Tôkyô (le 27 décembre) et y rester 1 mois (jusqu'au 25 janvier). Il y a eu Takeshi, la neige et puis une longue promenade dans la ville toute blanchie, la soirée à Shibuya avec Maruchan et Nahoko, Sopa et Maia, et puis Meiji Jingu et ce bar jusqu'à plus d'heure à Harajuku, le train au petit matin sur la nouvelle année et la ville à moitié ensommeillée. Il y a eu de nouveau Takeshi, et des sorties, et Tomo croisé par Hazard vers Iidabashi un soir où j'allais retrouver Megumi, elle a été très surprise elle aussi, O-hisashiburi desu... Des restaux, et puis le retour, ruiné, épongé, la déprime de février dans Paris, gelée et mois, que faire, où vais-je, à quoi ça sert tout ça, et puis des explications avec Takeshi, par mail, et puis le déclic, mon médecin, le travail en avril, rechangement de rythme, le temps des vraies décisions, ce week end à Londres où j'ai exprimé enfin où en j'étais : vivre ! Et vivre, comme une décision mûrement réfléchie. Retourner à la fac, mais aussi travailler, ne pas partir pour Londres quand Londres s'offrait, si facile en cette fin de printemps, mais rester, creuser mon sillon, me donner un an pour créer soit l'opportunité de partir au Japon, réussir mes études, etc, bref, ne pas attendre mais multiplier les possibilités et être prêt à prendre une décision. Retrouver le sens du temps. En un mot : accepter un traîtement.
Alors il y a eu un après "décision". Le travail plus pareil, l'été, le traitement qui marche bien et ne me tue pas, et il y a eu Londres de nouveau, mon bronzage à Hide Park après ces deux minutes de recueillement dans la City, une grande grande ballade sous le soleil... Août impatiente et de nouveau le départ, Kyôto sous une chaleur violente, le typhon, et les ballades à vélo pour aller nulle part, juste pour bien m'appercevoir qu'au Japon comme à Londres où à Paris, le tourisme ne m'intéresse plus, et puis re-Tôkyô, Megumi, Tomo, Marc et Nahoko, Toshiko toujours absente pour moi ou Megumi, Yoshinobu à Osaka, et Yoshi enfin, au hazard d'un soir où j'avais recroisé Karim pas vu depuis 25 ans, ainsi qu'un ex pas vu depuis 10 ans, la dernière fois au Palace... et jeté Masaru avec qui j'étais sorti il y a 2 ans (ça c'est pas ce que j'ai fait de mieux dans ma vie... mais comme je l'ai jeté cette année, tout va bien !!!).
Le retour, pas de déprime, juste envie de vivre là bas, alors retenter encore, et puis là ça marche... Yoshi qui me "visite" en rêve quelques fois, des yeux, un corp superbe... je m'en remets pas, de sa "présence" quand nous avons marché ensemble, bavardé... non, je ne m'en remets pas...
Il y a eu l'Inalco. Il y a eu les programmes de Pink TV. Il y a eu le bébé de Maria, les déjeuners chez elle avec Dulcinia, mon nouvel ordinateur iBook et mon NAD, mon nouveau mobile, il y a eu Camille bofbof, la vidéo de Hair Spray que j'ai enfin trouvée... On a enfin vu l'amie de Nicolas, Aram. Il y a eu les appels en visio avec Freddie et surtout ses parents que j'ai enfin revu après toutes ses années. Il y a eu mes CD4 qui ont fait un retour en force, il y a eu mon virus en cours de quasi disparition ("indétectabilité" qu'on appelle ça, c'est à dire que vu qu'il y en a peu, il ne peut pas suffisamment se reproduire et comme on prend des médicaments, ben, on reste à ce niveau très bas où le système immunitaire, réconstitué, peut enfin faire son travail...).
La fin d'année arrive, cela va être encore un nouveau rythme, celui des cartons et la mise en place de la fin de mon séjours en France. Le mois prochain, je vais commencer à mettre en place ce qui me suivra.
Je suis maintenant convaincu d'avoir une chance exceptionnelle. Vous ne trouvez pas ? Cette chance, je la dois à des parents vraiment très bien qui m'ont fait comme je suis, LIBRE.
L'année qui vient au Japon est placée sous le signe du caractère 恋/koi/amour.
Et il faut que j'aille vivre au Japon cette année là... Si je vous dis que je suis chanceux...
mardi 20 décembre 2005
よかった!!!東京です.
Le suspens s'est achevé ce midi. Je pars pour le Japon le 7 février 2006, destination Tôkyô. Ce soir, je suis passé faire une réservation : il y a de la place sur toutes les compagnies mais je dois confirmer tout cela avec mon employeur et, comme je compte prendre un surclassement, je pense qu'il vaut mieux s'y prendre à l'avance.
J'en reviens pas. Je vais vivre à Tôkyô...
J'ai le cerveau ratatiné par une prégrippe... je vous laisse donc sur ces quelques mots.
De Paris, Suppaiku
J'en reviens pas. Je vais vivre à Tôkyô...
J'ai le cerveau ratatiné par une prégrippe... je vous laisse donc sur ces quelques mots.
De Paris, Suppaiku
vendredi 16 décembre 2005
La voilà enfin de retour, la droite française !

La France est un pays bien curieux. Un observateur extérieur croira toujours que la vie politique et culturelle sont rythmées par des élection et ponctuée par des grèves. On l'excusera. Il ne nous connait pas... Les politiques de moyenne envergure le croient aussi, mais eux on ne les excuse pas, on se contente juste de ne pas voter pour eux.
En attendant que la gauche nouvelle n'émerge du magma infâme qui la caractérise, saluons le retour discret, peu remarqué, de la droite française. Les guignoleries chiraquiennes, les tartufades sarkosiennes, la bonhommie proutprout balladurienne, le rot Pasquaien, les caleçons giscaridens et le gouâtre pompidolien n'appardiendront tous bientôt qu'aux heures sombres et toujours plus noires de la décadence d'une droite qui, finalement, et malgré la domination du Grand Général, ne s'est jamais vraiment remise de son antisémitisme des années 30 et de sa collaboration avec le Régime Hitlérien. Il fut un temps où son programme politique se résumait au très célèbre "plutôt Hitler que le Front Populaire" qui résumait sa détestation profonde pour "le Juif Blum". On la croyait sortie définitivement en 44, elle a rapidement repointé le nez dès la création du RPF en 1946 et s'est réinstallé dans les fauteuils confortables de la 5ème République. Elle a su se faire discrète face à De Gaulle mais a vite rehaussé la tête. Ses "enfants" ont repris le flambeau discret dans les salons ouatés de l'énarchie. Elle a haït Mittérand jusqu'au trognon, elle a décidé de l'éffacé de nos mémoires.
Car Mittérand avait compris que pour exister, lui, il lui fallait la gauche. Et plus qu'aucun autre, il a su symboliser cette gauche pourtant déjà battue sur tous les fronts. Certains objecteront que Mittérand a fait une politique de droite. Pour ma part je ne le pense pas, et en tout cas, si ce fut une politique de droite, ce ne fut certainement pas une politique de droite à la française.
Mittérand incarne pour moi la ville, le cosmopolitisme; Mittérand qui veut garder le pouvoir soutient, encourage "touche pas à mon pote"; Mittérand reproche à Rocard de ne pas profiter de l'élection de 1988 pour ne pas faire passer le droit de vote des étranger et abroger la double peine. Mittérand dépénalise l'homosexualité; il fait la 5ème semaine de congé et réduit notre temps au travail de 52 heures dans l'année; Mittérand abroge la peine de mort et laisse passer le remboursement de l'IVG. Mittérand invente des concepts marketing pour ne pas privatiser, sa fameuse "société d'économie mixte". Mittérand sait exactement là où il faut appuyer pour que la droite ait mal, et ça marche. Pour lui, Le Pen n'est pas un danger car c'est la droite qui est le vrai danger. Car Le Pen est DANS la droite. Pas toute la droite, mais parmi elle.Les récentes émeutes ont définitivement tourné les pages des années Mittérand. J'en suis triste car avec c'est ma jeunesse, ma jeunesse dans une France drôle et ouverte, terriblement avide de modernité, qui s'en va. Mais tant mieux. Comme je l'ai écrit ici, je suis heureux d'avoir 40 ans. J'ai eu 20 ans sous Mittérand, moi...
Vive Mittérand !
Vive Mittérand !
J'aime Mittérand car Mittérand, plus qu'aucun autre détestait cette droite qui a relevé la tête cette semaine.J'aime Mittérand parce qu'il nous aurait empêché de voter pour Jacques Chirac, et qu'il aurait eu raison, et qu'aujourd'hui on aurait un vrai leader d'opinion.
J'aime Mittérand parce qu'il ne parlait pas de la grandeur de la France, mais nous faisait rêver à l'Europe.
J'aime Mittérand car plus qu'aucun autre il a su mettre en musique un cosmopolitisme positif : on oublie souvent que la politique de la ville est une création des années Mittérand et qu'elle commença par les opérations Banlieue 89.
J'aime Mittérand car c'est une femme noire ET chanteuse d'Opéra ET Américaine ET habillée en Bleu Blanc Rouge qui a descendu les Champs Elysées en chantant La Marseillaise lors des commémorations de la Révolution Française.
J'aime surtout Mittérand parce que la droite le déteste encore.
J'aime Mittérand parce que je ne l'ai jamais aimé, que je ne suis pas de sa famille politique mais qu'il est le plus gros mot que je puisse balancer à la figure de la droite.
A quoi cela sert il, de dire "vive Rocard", "vive Mendès" ? Autant dire de suite "j'adore perdre", la droite s'empressera de me dire que moi, je suis "d'une gauche honnète, respectable, pas comme Mittérand".
Vive Mittérand ! Vive Mittérand !
Mittérand, c'était bien ! Mittérand était bien mieux que De Gaulle ! Vive Tonton !
Vive la Grande Arche (pétitionnons : Tour François Mittérand), la Villette (pétitionnons : Le Parc François Mittérand), la Grande Bibliothèque François Mittérand, le Grand Louvre, la Pyramide (pétitionnons : place François Mittérand)...
Suppaiku deviendrait il Mittérandolâtre ?
Je (re)deviens droitophobe. Car la droite est revenue cette semaine, et c'est passé comme une lettre à la poste, sans que la gauche le voit venir ni ne soit en posture de condamnation.
Dosée, la gauche. Pas de sa faute, elle se meurt depuis plusieurs années malgré la perfusion des années Jospin.
La droite a renvoyé Sarkosi à ce qu'il est : un cataplasme proteïforme de droite destiné à patienter durant la post mittérandie.
Plus besoin de Sarkosy. Désormais, le loup est sorti du bois, Sarko devra se contempter de Matignon. Car du haut de sa hauteur, la droite est réapparue, blanchie et lavée.
Les faits.
La gauche demande, avec raison, l'abrogation l'article 4 de la loi du 23 février 2005 Eh bien non, quand ce débat serait enfin à notre porté, notre premier ministre a décidé de nous asséner le coup de grace : il a ressucité la droite.
La vraie, la bien française.
Il a ressucité le parti de l'anti-France et le parti de la France.
Lui, il est "fier d'être Français". Sous entendons : la gauche en a donc honte.
Mittérand avait réussi, à force d'obstination, à nous sortir de la ritournelle gaulliste de la "vraie France". Pour le 10ème anniversaire de sa mort, De Villepin vient de nous la ressortir.
De quoi est il donc si fier, l'énarque aristocrate qui a grandit dans les salons des missions diplômatique est les chambres des ambassades ?
Je ne commenterai pas plus sa position. Je prends acte que voilà, nous sommes faits, le piège du 21 avril vient de se refermer sur nous. Je n'ai aucune foi en cette pétition que je vous invite à signer, parce que ça ne mange pas de pain.
Je pense en revanche que les questions que cet article de loi soulèvent sont les questions qui vont refaçonner la gauche qui reviendra aux affaires car y répondre nous permettra de défaire le clan de ceux qui sont si "fiers d'être Français".
Moi, je ne suis pas "fier d'être Français".
Car je n'ai rien à prouver à personne.
Moi, je suis Français, tout simplement. Je suis fier d'être du pays de Versailles, de la Tour Eiffel car je suis heureux d'y voir les visages réjouis des touristes. Je suis heureux d'être Français car dans mon pays on s'est battu pour avoir la Sécurité Sociale, et dans mon pays il y a eu de grands écrivains qui sont lus dans le monde entier. Quel bonheur, avoir grandi dès l'enfance dans cette culture riche, oui, quel bonheur. Mais je ne m'en sens pas supérieur pour autant. Je ne me sens pas fier car je ne vois pas de quel exploit nous pouvons nous réclamer aujourd'hui, collectivement, nous, la France.Je pense en attendant que nous devrions mettre à plat notre histoire. Pas pour réparer mais pour élargir le champs du "vivre ensemble". Que chacun sache pourquoi tel et tel sont ici. Enrichir notre histoire, notre vision de nous, créer la France de demain à partir du peuple qui la compose dans toute sa diversité historique et culturelle, créer la culture de cette nouvelle France ouverte aux vents du monde dans le creuset de ses villes cosmopolites. Quelle chance nous aurons quand nous aurons fait cela. Car avec cet effort, avec l'aide de nos écoles publiques gratuites laïques et obligatoires, avec l'aide de notre sécurité sociale qui existe pour assurer notre égalité devant la vie, la maladie, la vieillesse et la mort, nous sommes bien mieux que les Etats Unis où malgré des mobilisations fantastiques les inégalités généralisées n'aident pas à l'émergeance d'une réelle culture créolisée. La France est à elle seule l'horizon que l'Europe se cherche. Avide de liberté, un rien rigolarde et fière de sa culture, conquérante.
Cette France, je l'aime. Seule la France peut être fière d'elle même, car la France est déjà comme ça, nouvelle et créole. Mais elle ne le sait pas encore. Mais si la France peut être fière de sa réalité, elle se doit d'être consciente de ses propres souffrances. C'est avec l'argent de l'esclavage que Bordeaux est une ville "magnifique". Bordeaux saigne la Guadeloupe et la Martinique... On ne répare pas, mais il faut oser se regarder en face. Et regarder cela, c'est inviter, enfin, la Guadeloupe et la Martinique à leur vraie place, à la place de la France. La France d'aujourd'hui est AUSSI une France Noire, Antillaise et Africaine de l'Ouest africain. C'est ce pays qu'il nous faut regarder comme il est en nous disant que cette complexité d'un pays à la fois bourreau ET victime, c'est notre devenir, c'est notre sens commun. C'est ce qui fait notre vivre ensemble.
Monsieur de Villepin est fier d'être Français.
Grand bien lui en face.
Moi, je suis simplement heureux d'avoir été un jeune Français d'origine Algérienne, homosexuel, et d'avoir eu 20 ans sous Mittérand. En ce temps là, il y avait une icône qui symbolisait notre époque, notre modernité. C'était une Africaine nommée Grace Jones. Et pour le coup, je suis très fier d'avoir aimé cette icône là.Monsieur de Villepin, je vous laisse votre fierté et je vous prie de vous la mettre où je pense.
Mais il est vrai qu'au prix où vous bradez nos autoroutes, vous pouvez être fier...
De Paris, Suppaiku
Merci de m'avoir lu
dimanche 11 décembre 2005
Ca n'a l'air de rien...
(café Le Centre Ville cet après midi. Noël approche)... mais le temps passe... Déjà dimanche... Mais où vais je donc me retrouver au Japon ? Et quand ? ...
Dehors il fait très froid, je n'ai pas du tout envie de sortir, juste envie d'hiverner. Brrrr
A partir de demain, je ressors le vélo et je retourne à la piscine.
J'ai eu maman au téléphone : elle va vendre Strasbourg...
J'ai encore quelques jours de répis, après c'est ma saison e-bay qui commence. Je commence à avoir un peu peur. Je vais me retrouver seul. Tout seul. L'anglais que j'ai rencontré il y a un mois qui m'écrit toujours... Et à Tôkyô ou Ôsaka personne...
Doutes...
Normal... mais doutes... pourquoi m'infliger ça...
... que je pense...
Et puis je ceuse un peu et je ressens un désir profond, un vaste horizon après plusieurs année errantes et sans but, puis d'autres de tatonnements, et puis ces 3 années de souffrance rentrées, comme implosées. Bof, ça fait une vie, tout ça, mon bon monsieur...

C'est à priori cette semaine que je suis fixé.
Quelle durée, mon séjour ? Si je n'aime pas, un an me suffira. Si j'aime, je donne au moins trois ans.
Trois ans...
Ce soir j'ai fainéanté après avoir quitté Yoshinobu (conversation du samedi après midi rue Montorgueil). J'ai regardé brother Beat et Nobuta wo produce. Sinon, en ce moment je lis Saikaku, Le grand miroir de l'amour mâle (Piquier). Je ne fais pas du tout de japonais ni ne vais à l'Inalco. Pas très raisonnable...
J'ai peur de reprendre le stylo.
Dans mon Olympus, une TMax400.
Si j'avais un mec, je crois que je ne photographierais que lui. Le décors, la ville, les voitures, le ciel ne seraient que des trucs qui le rendent présent, là. Ca doit être intéressant, photographier un mec comme on peut photographier une ville déserte, la nuit. Ca doit être beau.
jeudi 8 décembre 2005
La brune et moi, ou un ultime message du punk
Soirée au Palais de Tôkyô, donc. Sorti vers 18h15 du métro Iena, tourné dans le quartier à la recherche d'une banque et d'un papetier pour y acheter une cartouche agendaire, il était 18h55 quand je suis arrivé devant le batiment de ce musée d'art d'aujourd'hui, totalement calé sur notre époque, une friche.
Les sociologues, urbanistes, architectes et historiens de la pensée devraient s'interroger sur l'importance que prennent les friches, de nos jours. Une friche est un territoire qui n'est ni en devenir ni même chargé de passé. C'est un espace "en considération", c'est là parce que ce n'est pas ailleurs, il y a eu et il y aura éventuellement une occupation humaine, animale ou végétale. C'est l'espace de l'indécision. La France ressemble terriblement à une friche : tout possible y est certainement probable si c'est ainsi qu'on le souhaite...
Le Palais de Tokyo se présente donc comme un grand squatt officiel. Le commerce comme partout y est présent et la jeune et moins jeune bourgeoisie débraillée mais emplie de la culture du temps présent ainsi que de l'aisance propre à sa classe sociale s'y retrouve. Elle doit sa plaire dans cet espace où elle est trouve si belle en son miroir... Qu'on ne s'y trompe pas, je n'ai rien contre cet endroit, je continue de privilégier le fond sur la forme. Mais je trouve la forme finalement terriblement datée. PaliKao, c'est si loin... Mais la jeune et moins jeune bourgeoisie aime se sentir encore jeune et spontannée, écartée de toute convention. Au final, elle s'y vautre, dans la convention, dans cette espace qui ne ressemble à rien, si ce n'est à elle même.
Mais quand donc les trentenaires décideront ils de grandir ????? Je repense à ce face à face Fienkelkraut/jesaispuki (rédacteur aux Inrockuptibles et réalisateur sur FC) sur France Culture un matin... le vide de ce gars face à Fienkelkraut... Avoir une culture riche du présent ne donne aucune profondeur, c'est du vide. Elle a raison, Badinter : le féminisme n'est pas né en 68, tout comme les luttes de ci ou ça. Il y a toujours un avant dans la transgression, une histoire du décallage, du rêve, du refus ou des idées. Ce lieu sans forme est à l'image de la pensée de cette "élite" Inrockuptable : il n'y q aucun fond, aucune sincérité, aucune franchise, que de l'emballage. Et Finkelkraut a raison de dire qu'on ne dit pas de Ramadan le dizième de ce qu'on a dit sur lui. J'aimerai bien me le taper, tiens, Fienkelkraut, ses manières, sa suffisance bourgeoise hétérosexuelle payé pour lire des livres et avoir un point de vue sur tout... Mais j'irais franchement, justement, pas en le traitant de facho comme ça a été fait, mais en lui disant que c'est un coincé des fesses et que s'il voit des émeutes partout, il a qu'à arrêter la TV ! Que demander le mariage gay, l'adoption, ce n'est pas communautariste, c'est au contraire généraliser l'égalité. Que l'esclavage moderne puis/et la colonisation sont au centre des relations que le nord a tissé avec le sud et qu'ils sont la source de la haine "anti blanche" qui le scandalise tant (moi aussi d'ailleurs), sans que sont discours sirupeux et pédant n'y fasse rien : c'est trop facile de dire aux gens de se calmer... Il a raison de dire qu'être un enfant de déporté ne le conduit pas pour autant à haïr la France, mais il oublie que la création d'Israel a agit comme une réparation, mais quel aurait pu être le désarroi des juis survivants s'ils avaient du rester vivre au milieu de leurs bourreaux. Les noirs antillais vivent aujourd'hui encore dans une sous France faite de chômage, de RMI et d'exode forcé vers la métropole. C'est cela l'égalité de Monsieur Finkelkraut ? Voilà, Finkelkraut n'est pas un facho, ce n'est qu'un penseur bourgeois new look, coincé et étroit. Mais je n'ai rien lu qui me révolte en ses propos. Juste des propos de vieux con. Et quelques vérité aussi, une exigeance d'élévation du niveau de connaissance culturelle dans les quartiers difficile, d'émancipation par l'école, un respect de l'Afrique comme terre de civilisation et le refus de voir les Africains comme des victimes qui sont des sentiments que je partage et que je tiens de mon père, l'Algérien debout fier que ce soient les Algériens eux même qui aient gagné leur indépendance.
Face à lui, un de ces légumes du temps présent, plein de bon sentiments, un de ces gars qui aiment les noirs parce qu'il faut les aimer, qui voient en eux des victimes d'une société forcément dégueulasse qu'il faut changer, c'est d'ailleurs pour cela qu'il s'occupe d'un magazine de rock...
J'étais entouré de "comme ce type", hier soir. Des jeunes trentenaire venus voir un film qu'il fallait voir dans un lieu où il fallait le voir autours d'une exposition où il fallait aller et avant un vernissage où il y aurait forcément "tout le monde" (il y avait en effet un vernissage après). Je ne sais pas, mais moi, avoir revu Anoushka, Edith Nylon, Marquis de Sade, je sais pas mais c'était du rock, tout ça. Ben non, ces "djeunes" ils ne savent pas bouger. Ont ils compris à quel point cette "bande de naze" qui joue de la musique de bab devant Anoushka la punkette leurs ressemblent ? Même coupe de cheveux, même pantalons en velour, même rifs de guitare électrique... Non, ils ont vu u film sorti du passé qui viendra nourrir leur présent, "trop drôle"... C'est qu'une bande de vieux.
En sortant, j'aurais rêvé que ce film passe à Vault en Velin, à Sarcelle ou aux 4000 à la Courneuve, les types auraient hurlé, craché sur le film, traité Anoushka de "salope", mais ils auraient aussi fini par rire, elle aussi elle pique dans les magasins, elle aussi, elle gueule, elle se défonce, elle se fait chier et elle retrouve ses potes au Halles parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, et elle aussi, elle veut son groupe, chanter du rock (eh ouais, pas du rap!). Mais peut être dans le lot du public, un petit nombre aurait dit : "respect!". Parce que quand on voit un nanar aussi bien ficelé, traduisant le climat d'une époque avec autant d'énergie, moi, je lui dis "respect" au réalisateur de cette "brune et moi"... Ce n'est pas un film sur le "rock", c'est un film punk. Ca rime à rien, c'est que du fun, de l'envie, à l'image des fringues en emballage plastique d'un des groupes... C'est pas du skissfait, c'est du comme on veut pourvu que ça bouge et que ça casse tout. C'est jeune. C'est de l'énergie. Le contraire de ces fumeurs de joints de l'est parisien cultivé...
Ca faisait 25 ans que j'avais pas eu envie de pogotter comme hier soir.
Merci d'avoir réalisé ce film.
Et à vous, merci de m'avoir lu.
Suppaiku, de Paris.
Les sociologues, urbanistes, architectes et historiens de la pensée devraient s'interroger sur l'importance que prennent les friches, de nos jours. Une friche est un territoire qui n'est ni en devenir ni même chargé de passé. C'est un espace "en considération", c'est là parce que ce n'est pas ailleurs, il y a eu et il y aura éventuellement une occupation humaine, animale ou végétale. C'est l'espace de l'indécision. La France ressemble terriblement à une friche : tout possible y est certainement probable si c'est ainsi qu'on le souhaite...
Le Palais de Tokyo se présente donc comme un grand squatt officiel. Le commerce comme partout y est présent et la jeune et moins jeune bourgeoisie débraillée mais emplie de la culture du temps présent ainsi que de l'aisance propre à sa classe sociale s'y retrouve. Elle doit sa plaire dans cet espace où elle est trouve si belle en son miroir... Qu'on ne s'y trompe pas, je n'ai rien contre cet endroit, je continue de privilégier le fond sur la forme. Mais je trouve la forme finalement terriblement datée. PaliKao, c'est si loin... Mais la jeune et moins jeune bourgeoisie aime se sentir encore jeune et spontannée, écartée de toute convention. Au final, elle s'y vautre, dans la convention, dans cette espace qui ne ressemble à rien, si ce n'est à elle même.
Mais quand donc les trentenaires décideront ils de grandir ????? Je repense à ce face à face Fienkelkraut/jesaispuki (rédacteur aux Inrockuptibles et réalisateur sur FC) sur France Culture un matin... le vide de ce gars face à Fienkelkraut... Avoir une culture riche du présent ne donne aucune profondeur, c'est du vide. Elle a raison, Badinter : le féminisme n'est pas né en 68, tout comme les luttes de ci ou ça. Il y a toujours un avant dans la transgression, une histoire du décallage, du rêve, du refus ou des idées. Ce lieu sans forme est à l'image de la pensée de cette "élite" Inrockuptable : il n'y q aucun fond, aucune sincérité, aucune franchise, que de l'emballage. Et Finkelkraut a raison de dire qu'on ne dit pas de Ramadan le dizième de ce qu'on a dit sur lui. J'aimerai bien me le taper, tiens, Fienkelkraut, ses manières, sa suffisance bourgeoise hétérosexuelle payé pour lire des livres et avoir un point de vue sur tout... Mais j'irais franchement, justement, pas en le traitant de facho comme ça a été fait, mais en lui disant que c'est un coincé des fesses et que s'il voit des émeutes partout, il a qu'à arrêter la TV ! Que demander le mariage gay, l'adoption, ce n'est pas communautariste, c'est au contraire généraliser l'égalité. Que l'esclavage moderne puis/et la colonisation sont au centre des relations que le nord a tissé avec le sud et qu'ils sont la source de la haine "anti blanche" qui le scandalise tant (moi aussi d'ailleurs), sans que sont discours sirupeux et pédant n'y fasse rien : c'est trop facile de dire aux gens de se calmer... Il a raison de dire qu'être un enfant de déporté ne le conduit pas pour autant à haïr la France, mais il oublie que la création d'Israel a agit comme une réparation, mais quel aurait pu être le désarroi des juis survivants s'ils avaient du rester vivre au milieu de leurs bourreaux. Les noirs antillais vivent aujourd'hui encore dans une sous France faite de chômage, de RMI et d'exode forcé vers la métropole. C'est cela l'égalité de Monsieur Finkelkraut ? Voilà, Finkelkraut n'est pas un facho, ce n'est qu'un penseur bourgeois new look, coincé et étroit. Mais je n'ai rien lu qui me révolte en ses propos. Juste des propos de vieux con. Et quelques vérité aussi, une exigeance d'élévation du niveau de connaissance culturelle dans les quartiers difficile, d'émancipation par l'école, un respect de l'Afrique comme terre de civilisation et le refus de voir les Africains comme des victimes qui sont des sentiments que je partage et que je tiens de mon père, l'Algérien debout fier que ce soient les Algériens eux même qui aient gagné leur indépendance.
Face à lui, un de ces légumes du temps présent, plein de bon sentiments, un de ces gars qui aiment les noirs parce qu'il faut les aimer, qui voient en eux des victimes d'une société forcément dégueulasse qu'il faut changer, c'est d'ailleurs pour cela qu'il s'occupe d'un magazine de rock...
J'étais entouré de "comme ce type", hier soir. Des jeunes trentenaire venus voir un film qu'il fallait voir dans un lieu où il fallait le voir autours d'une exposition où il fallait aller et avant un vernissage où il y aurait forcément "tout le monde" (il y avait en effet un vernissage après). Je ne sais pas, mais moi, avoir revu Anoushka, Edith Nylon, Marquis de Sade, je sais pas mais c'était du rock, tout ça. Ben non, ces "djeunes" ils ne savent pas bouger. Ont ils compris à quel point cette "bande de naze" qui joue de la musique de bab devant Anoushka la punkette leurs ressemblent ? Même coupe de cheveux, même pantalons en velour, même rifs de guitare électrique... Non, ils ont vu u film sorti du passé qui viendra nourrir leur présent, "trop drôle"... C'est qu'une bande de vieux.
En sortant, j'aurais rêvé que ce film passe à Vault en Velin, à Sarcelle ou aux 4000 à la Courneuve, les types auraient hurlé, craché sur le film, traité Anoushka de "salope", mais ils auraient aussi fini par rire, elle aussi elle pique dans les magasins, elle aussi, elle gueule, elle se défonce, elle se fait chier et elle retrouve ses potes au Halles parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, et elle aussi, elle veut son groupe, chanter du rock (eh ouais, pas du rap!). Mais peut être dans le lot du public, un petit nombre aurait dit : "respect!". Parce que quand on voit un nanar aussi bien ficelé, traduisant le climat d'une époque avec autant d'énergie, moi, je lui dis "respect" au réalisateur de cette "brune et moi"... Ce n'est pas un film sur le "rock", c'est un film punk. Ca rime à rien, c'est que du fun, de l'envie, à l'image des fringues en emballage plastique d'un des groupes... C'est pas du skissfait, c'est du comme on veut pourvu que ça bouge et que ça casse tout. C'est jeune. C'est de l'énergie. Le contraire de ces fumeurs de joints de l'est parisien cultivé...
Ca faisait 25 ans que j'avais pas eu envie de pogotter comme hier soir.
Merci d'avoir réalisé ce film.
Et à vous, merci de m'avoir lu.
Suppaiku, de Paris.
mercredi 7 décembre 2005
Point de chute : mystère...
Ben dites donc, j'ai envie d'écrire, aujourd'hui...
2 sujets possibles (et pourquoi pas les 2...). Oh, le premier, ça ira vite... Va pour les deux alors.
J'ai été surpris la semaine dernière : l'adresse de mon blog (celui ci) était connue à mon travail... Ca fait bizarre, on se sent un peu épié, après, et puis quelqu'un m'a fait remarquer que quand on écrit, il faut s'attendre à être lu. C'est peut être cela, la gloire. En tout cas, je n'ai plus su écrire par la suite et cela n'a fait qu'accroître cet étrange "silence radio". J'avais été très frustré finalement lors de la publication de ma pièce de théatre, un peu comme si elle avait été kidnappée par quelqu'un d'autre (un éditeur). Je n'en ai tiré aucune satisfaction. Dans le cas du blog, c'est un peu le contraire, je vais explorer des nouveaux territoires de liberté. Je suis lu. Anonymes et amis, amis et collègues se confondent dans le silence qui m'entoure, et leur anonymat n'a pour seul équivalent que ma propre subjectivité. Vous me lisez, mais je reste seul maître de qui je suis vraiment dans ce blog. Mon amie Frédérique me disait ce week end qu'elle aimait me lire, qu'elle découvrait d'autres visages que celui qu'elle connait. C'est complexe, une personne, et le travail d'écriture d'un blog est l'occasion de se révéler un peu mieux aux autres en cultivant le mystère.
Non, Suppaiku ne passe pas non temps à broyer du noir. Non, il ne passe pas son temps à penser au Japon ni à regarder des doramas. Il ne fréquente pas que des intellectuels droit sortis des classes moyennes urbaines et s'il le fait, c'est qu'éventuellement ce sont ces amis, des rencontres faites au fil de son histoire. Suppaiku aime écrire, et il aime parler de lui. Peut être d'abord à lui-même. J'ai écrit mon journal durant des années, et je suis frustré devant ces cahiers épais à petit carreaux, dont 2 grand format de 2/300 pages, écrits tout petit et sur lesquels certains jours j'écrivais 2, 3, 4 pages et même plus. Si je devenais célèbre, quelle souffrance pour mes biographes, cette masse de pattes de mouches où je passe mon temps à parler de moi, en long, en large et en travers de ma psychothérapie dont ils étaient les contemporains. Mais quelle bonheur de savoir qu'ils sont là, et que ce qui est en moi, ma vie, mon histoire, ont laissé une trace tangible, existante. C'est un peu grace à eux que vous lisez mes longues pages, j'ai gardé cette habitude de me parler à moi même et de me raconter. J'ai juste aussi appris à parler d'autre chose et de confier mes réflexions sur le monde à mon confessional quotidien, ce blog... Je le parcours parfois et je constate à quel point j'ai retrouvé le fil, le goût d'écrire. J'aimerai juste revenir à mon stylo, un peu plus souvent car, croyez moi, si on écrit sur un clavier, on fait vraiment l'amour, avec un stylo. Une étrange lutte car le stylo est un autre palpable, il fait mal, il donne des crampes, on l'attrape, on le vide, on raie... Le stylo est le vrai compagnon de l'écrivain. Je ne pense pas pouvoir écrire vraiment avec une clavier.
Je regrette le temps de mon gros cahier de 300 pages petits carreaux, de ces pattes de mouches qui venaient recouvrir chaque ligne, l'une après l'autre et que je commençais en septembre, et que j'achevais durant l'été suivant, le tout entrecoupé de quelques semaines de silence, comme sur ce blog, journal improbable et fragile. Je revois Pantin, la cuisine, je revois Télégraphe, la cuisine aussi à 6 heure du matin et moi qui écris sans pouvoir m'arrêter. Je revois Asnières, le salon et ma grande table, la chambre et son ordinateur. Une photo de la maison de Goethe apperçue dans un livre sur Weimar, une table comme la mienne, quelques livres, et soudain j'avais pensé que j'avais encore bien du travail, mais que déjà cela ressemblait terriblement à la direction prise...
Serait il temps que j'écrive, alors ? Ce serait amusant, de vous confier ma lutte avec moi-même... Mais je me fais une telle idée du roman... Ne pas parler de soi, surtout ne pas faire un journal, mais donner la vie, donner DE la vie, non pas à un mais à d'autres, des autres, bref aller encore plus loin dans mon observation du monde, se moquer de soi, s'en fiche, jusqu'au trognon, ne pas être snob, bêcheur, con, égoïste et profiter de chaque instant car MA vie aussi, est un roman. Non pas ce journal, essai aléatoire et subjectif de traduction d'un instant T (pourquoi donc faut il que l'instant soit "T", pourquoi pas "I", tiens, oui, l'instant "I", ou "P" pour Présent), mais le fil, le récit... Va bien falloir que je finisse "La recherche...", que je finisse enfin "La mise à mort" (Aragon : ce roman m'étouffe, trop beau, trop parfait... je sais pas, en fait il me faisait mal, comme si ce que j'allais y lire allait anéantir quelques certitudes... je ne comprends pas, je n'ai jamais été stalinien ni n'ai jamais trahi en 1936... pourtant, ce roman... la nappe Vichy, le miroir... mais quelle douleur, quelle douleur... quelle puissance, l'écriture...).
Ah la la... Allez, je continue ce blog, allez y, lisez, lisez... Mais attendez vous à être surpris quand j'écrirai mon premier roman, vous ne m'y retrouverez pas, ou alors aché, entre les lignes, à jouer avec vous et à essayer de vous faire du bien, du mal, je ne sais pas : c'est mon stylo qui me dira, à l'heure où les jetseteux vont se coucher, c'est à dire, à l'orée du jour, quand tout est silence...
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Mon deuxième sujet, vous voyez, je n'ai pas perdu mon fil, c'est la detination. Je vais être nommé à Ôsaka ou bien Tôkyô. C'est étonnant. J'ai beau vouloir, désirer, aimer Tôkyô, une petite voix continue de dire au fond de moi "mais Ôsaka, Ôsaka! que vas tu faire à Tôkyô, à part attendre le tremblement de terre, aller dans des saunas, à Shinjuku... A Ôsaka aussi, il y a du sexe, mais il y a aussi Kyôto, il y a Nara, le Kansai, les montagnes et la mer, le curry chez Spicy, tranquille avant une ballade le long de la Kamo, il y a les décibels qui gueulent entre dendentown et Nanba, entre Nanba et Shinsaibashi, à Dotonbori (en tout plusieurs kilomètres de néon, bruit, boutiques...), le calme et puis cet espèce de noeud qui ressemble à rien, Umeda, avec autoroutes, et une couche, deux couches, une bretelle, un carrefour, un pont pour piétons coincé entre plusieurs routes et un tobogan qui descend, des trains, une gare, deux gares allez, on vous en fait trois pour le même prix, Ôsaka, c'est gourmant, on vous en met tappuri (plein), et puis le centre commercial, euh non, les centres commerciaux, et un deux trois, tout ça sous "la gare" d'Umeda, avec une grande roue rouge qui dépasse au dessus, et un de ces mondes...... Je peux pas m'empêcher d'avoir une petite nostalgie pour cet asile de fous appelé Osaka. C'est amical. Bordélique, bruyant, c'est la banlieue tout autours, mais c'est fichtrement souriant. Et puis Kyôto, la nature verdoyante du Kansai tout de suite accessible... Tôkyô, c'est comme Paris. Plongé dedans j'aurai de vastes territoire urbains à explorer. Tôkyô, c'est comme Paris. C'est intime, pas besoin d'aller dans le quartier du voisin, autours de la gare, il y a tout, et il y a toujours quelques rues commerçantes, et puis le calme de ces rues de pavillons, de petits immeuble, vélos, plantes vertes et jardins.
Dans mon fort intérieur je crois n'avoir aucune préférence réelle. Juste un "faible" pour le charme évident de Tôkyô.
Pas d'hésitation quand au départ, donc. Une envie, un besoin de retrouver ce rythme que je connais bien, de m'y glisser et voir ce que ça fait, vivre à ce rythme. Y avoir des voisins, même si ceux ci me regardent bizarrement. Normal, je mets du beurre partout et je ne lave pas la salle de bain, je mets des chaussures dans ma maison et je vole les vélos. Terrible désir de regarder les cerisiers fleurir. Socialement, c'est à dire à un jour fixé d'avance, comme des millions d'autres, entassés dans les quelques mètres carrés disponibles qu'on salopera de nos sacs à déchets. Et puis solitaire, comme cette année la lune de septembre, sur mon vélo. Les cerisiers, en fleur, ça ne se partage pas. Peut être avec un peu d'inspiration, un stylo, une pellicule... Impatience à retrouver la chaleur moite, et qu'importe si on sue, et on sue, et on sue encore.
Tôkyô, Ôsaka. Un faible pour l'une mais beaucoup de tendresse pour l'autre. Encore quelques jours pour être fixé.
Merci de m'avoir lu.
De Paris, Suppaiku
2 sujets possibles (et pourquoi pas les 2...). Oh, le premier, ça ira vite... Va pour les deux alors.
J'ai été surpris la semaine dernière : l'adresse de mon blog (celui ci) était connue à mon travail... Ca fait bizarre, on se sent un peu épié, après, et puis quelqu'un m'a fait remarquer que quand on écrit, il faut s'attendre à être lu. C'est peut être cela, la gloire. En tout cas, je n'ai plus su écrire par la suite et cela n'a fait qu'accroître cet étrange "silence radio". J'avais été très frustré finalement lors de la publication de ma pièce de théatre, un peu comme si elle avait été kidnappée par quelqu'un d'autre (un éditeur). Je n'en ai tiré aucune satisfaction. Dans le cas du blog, c'est un peu le contraire, je vais explorer des nouveaux territoires de liberté. Je suis lu. Anonymes et amis, amis et collègues se confondent dans le silence qui m'entoure, et leur anonymat n'a pour seul équivalent que ma propre subjectivité. Vous me lisez, mais je reste seul maître de qui je suis vraiment dans ce blog. Mon amie Frédérique me disait ce week end qu'elle aimait me lire, qu'elle découvrait d'autres visages que celui qu'elle connait. C'est complexe, une personne, et le travail d'écriture d'un blog est l'occasion de se révéler un peu mieux aux autres en cultivant le mystère.
Non, Suppaiku ne passe pas non temps à broyer du noir. Non, il ne passe pas son temps à penser au Japon ni à regarder des doramas. Il ne fréquente pas que des intellectuels droit sortis des classes moyennes urbaines et s'il le fait, c'est qu'éventuellement ce sont ces amis, des rencontres faites au fil de son histoire. Suppaiku aime écrire, et il aime parler de lui. Peut être d'abord à lui-même. J'ai écrit mon journal durant des années, et je suis frustré devant ces cahiers épais à petit carreaux, dont 2 grand format de 2/300 pages, écrits tout petit et sur lesquels certains jours j'écrivais 2, 3, 4 pages et même plus. Si je devenais célèbre, quelle souffrance pour mes biographes, cette masse de pattes de mouches où je passe mon temps à parler de moi, en long, en large et en travers de ma psychothérapie dont ils étaient les contemporains. Mais quelle bonheur de savoir qu'ils sont là, et que ce qui est en moi, ma vie, mon histoire, ont laissé une trace tangible, existante. C'est un peu grace à eux que vous lisez mes longues pages, j'ai gardé cette habitude de me parler à moi même et de me raconter. J'ai juste aussi appris à parler d'autre chose et de confier mes réflexions sur le monde à mon confessional quotidien, ce blog... Je le parcours parfois et je constate à quel point j'ai retrouvé le fil, le goût d'écrire. J'aimerai juste revenir à mon stylo, un peu plus souvent car, croyez moi, si on écrit sur un clavier, on fait vraiment l'amour, avec un stylo. Une étrange lutte car le stylo est un autre palpable, il fait mal, il donne des crampes, on l'attrape, on le vide, on raie... Le stylo est le vrai compagnon de l'écrivain. Je ne pense pas pouvoir écrire vraiment avec une clavier.
Je regrette le temps de mon gros cahier de 300 pages petits carreaux, de ces pattes de mouches qui venaient recouvrir chaque ligne, l'une après l'autre et que je commençais en septembre, et que j'achevais durant l'été suivant, le tout entrecoupé de quelques semaines de silence, comme sur ce blog, journal improbable et fragile. Je revois Pantin, la cuisine, je revois Télégraphe, la cuisine aussi à 6 heure du matin et moi qui écris sans pouvoir m'arrêter. Je revois Asnières, le salon et ma grande table, la chambre et son ordinateur. Une photo de la maison de Goethe apperçue dans un livre sur Weimar, une table comme la mienne, quelques livres, et soudain j'avais pensé que j'avais encore bien du travail, mais que déjà cela ressemblait terriblement à la direction prise...
Serait il temps que j'écrive, alors ? Ce serait amusant, de vous confier ma lutte avec moi-même... Mais je me fais une telle idée du roman... Ne pas parler de soi, surtout ne pas faire un journal, mais donner la vie, donner DE la vie, non pas à un mais à d'autres, des autres, bref aller encore plus loin dans mon observation du monde, se moquer de soi, s'en fiche, jusqu'au trognon, ne pas être snob, bêcheur, con, égoïste et profiter de chaque instant car MA vie aussi, est un roman. Non pas ce journal, essai aléatoire et subjectif de traduction d'un instant T (pourquoi donc faut il que l'instant soit "T", pourquoi pas "I", tiens, oui, l'instant "I", ou "P" pour Présent), mais le fil, le récit... Va bien falloir que je finisse "La recherche...", que je finisse enfin "La mise à mort" (Aragon : ce roman m'étouffe, trop beau, trop parfait... je sais pas, en fait il me faisait mal, comme si ce que j'allais y lire allait anéantir quelques certitudes... je ne comprends pas, je n'ai jamais été stalinien ni n'ai jamais trahi en 1936... pourtant, ce roman... la nappe Vichy, le miroir... mais quelle douleur, quelle douleur... quelle puissance, l'écriture...).
Ah la la... Allez, je continue ce blog, allez y, lisez, lisez... Mais attendez vous à être surpris quand j'écrirai mon premier roman, vous ne m'y retrouverez pas, ou alors aché, entre les lignes, à jouer avec vous et à essayer de vous faire du bien, du mal, je ne sais pas : c'est mon stylo qui me dira, à l'heure où les jetseteux vont se coucher, c'est à dire, à l'orée du jour, quand tout est silence...
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Mon deuxième sujet, vous voyez, je n'ai pas perdu mon fil, c'est la detination. Je vais être nommé à Ôsaka ou bien Tôkyô. C'est étonnant. J'ai beau vouloir, désirer, aimer Tôkyô, une petite voix continue de dire au fond de moi "mais Ôsaka, Ôsaka! que vas tu faire à Tôkyô, à part attendre le tremblement de terre, aller dans des saunas, à Shinjuku... A Ôsaka aussi, il y a du sexe, mais il y a aussi Kyôto, il y a Nara, le Kansai, les montagnes et la mer, le curry chez Spicy, tranquille avant une ballade le long de la Kamo, il y a les décibels qui gueulent entre dendentown et Nanba, entre Nanba et Shinsaibashi, à Dotonbori (en tout plusieurs kilomètres de néon, bruit, boutiques...), le calme et puis cet espèce de noeud qui ressemble à rien, Umeda, avec autoroutes, et une couche, deux couches, une bretelle, un carrefour, un pont pour piétons coincé entre plusieurs routes et un tobogan qui descend, des trains, une gare, deux gares allez, on vous en fait trois pour le même prix, Ôsaka, c'est gourmant, on vous en met tappuri (plein), et puis le centre commercial, euh non, les centres commerciaux, et un deux trois, tout ça sous "la gare" d'Umeda, avec une grande roue rouge qui dépasse au dessus, et un de ces mondes...... Je peux pas m'empêcher d'avoir une petite nostalgie pour cet asile de fous appelé Osaka. C'est amical. Bordélique, bruyant, c'est la banlieue tout autours, mais c'est fichtrement souriant. Et puis Kyôto, la nature verdoyante du Kansai tout de suite accessible... Tôkyô, c'est comme Paris. Plongé dedans j'aurai de vastes territoire urbains à explorer. Tôkyô, c'est comme Paris. C'est intime, pas besoin d'aller dans le quartier du voisin, autours de la gare, il y a tout, et il y a toujours quelques rues commerçantes, et puis le calme de ces rues de pavillons, de petits immeuble, vélos, plantes vertes et jardins.
Dans mon fort intérieur je crois n'avoir aucune préférence réelle. Juste un "faible" pour le charme évident de Tôkyô.
Pas d'hésitation quand au départ, donc. Une envie, un besoin de retrouver ce rythme que je connais bien, de m'y glisser et voir ce que ça fait, vivre à ce rythme. Y avoir des voisins, même si ceux ci me regardent bizarrement. Normal, je mets du beurre partout et je ne lave pas la salle de bain, je mets des chaussures dans ma maison et je vole les vélos. Terrible désir de regarder les cerisiers fleurir. Socialement, c'est à dire à un jour fixé d'avance, comme des millions d'autres, entassés dans les quelques mètres carrés disponibles qu'on salopera de nos sacs à déchets. Et puis solitaire, comme cette année la lune de septembre, sur mon vélo. Les cerisiers, en fleur, ça ne se partage pas. Peut être avec un peu d'inspiration, un stylo, une pellicule... Impatience à retrouver la chaleur moite, et qu'importe si on sue, et on sue, et on sue encore.
Tôkyô, Ôsaka. Un faible pour l'une mais beaucoup de tendresse pour l'autre. Encore quelques jours pour être fixé.
Merci de m'avoir lu.
De Paris, Suppaiku
Suppaiku Podzine n°1 en ligne ! (cliquez)

Ca faisait longtemps, que je n'avais pas écrit sur ce blog, et encore la dernière fois, cela n'avait à mon avis guère été concluant. Rassurez vous, je vous offre ici un Podcast dans le même genre, c'est à dire absoluement inintéressant, raté, mal ficelé. Comme mon dernier post et cette absence prolongée.
Bah, on fait comme on peut, hein...
Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce blog raté, incomplet, insatisfaisant à souhait ? Ben, parce que je suis humain, pardi ! Je me sens bizarre en ce moment. Imaginez, dans 3 mois, je vous écrirai du Japon. C'est que je n'ai pas grandi dans la dentelle, ce n'était pas évident, pour moi, de réaliser cela, comme ça... C'est un peu ce que je pensais, un soir où je marchais dans Kyomizu-dera. Journée douce d'octobre l'an dernier, chemin fait et refait et puis soudain une immense émotion, des larmes, une envie de remercier la terre entière, et mes parents en particulier. Mes parents qui ne sont jamais partis en vacance, et avec qui je partais en famille, mais jamais ensemble. L'Algérie avec mon père, ma mère restant "à la maison" avec mon frère, et la Sarthe avec ma mère et mon frère, mon père restant seul alors, "à cause du travail"... Alors le Japon, où je torpille en un mois l'équivalent de 5 à 6 mois de la retraite de ma mère... Ca me fait bizarre, là, de partir y vivre, un sentiment de bonheur confus, pas possible. Impossible, irréalisable. C'est pourtant pas la mère à boire...
Expatrié, j'ai déjà fait, mais c'était à Londres, de l'autre côté du Channel. Mais pour moi qui n'avais jamais vraiment bougé, c'était comme une aventure, un départ vers l'inconnu. Ce sont aujourd'hui des souvenirs impérissables qui m'attachent à cette ville. Maintenant, je prends mon train en vitesse et hop, bonjour London. Aucun plan en poche, je suis à Londres comme chez moi, qu'il y pleuve ou qu'il y fasse beau. J'y sors, j'y bois, j'y baise aussi. Là bas, j'ai une quarantaine fringante, marrante, et j'y retrouve l'énergie que Paris et la France ont perdu depuis quelques années. Et encore, le sursaut de la fin des années 90 n'était il qu'un erzatz, alimenté par la nostalgie de ce qui fut.
Tiens, ça me fait penser que j'ai croisé Hedi Slimane, ce matin, en sortant de chez moi. l était plutôt hagard, visiblement la nuit avait été longue... Il a de beaux restes, le bel Hedi, et ça me fait plaisir de le croiser encore. Je l'aimais bien, Hedi, du temps de notre jeunesse. On s'est croisé pendant 2/3 ans au Palace, au Studio 54 (rue de Ponthieu vers 86/87) ou encore au Boys ou même au Club. Il était sorti avec un grand suédois qui me plaisais bien, Hans. C'est l'été où j'ai beaucoup vu Tim, Bernard et les 2 soeurs Loisel, Barbara avec qui on se faisait des rollmops, et puis la Turkheim, les soirées Lagrèse au Palace, et puis la Nicole, Lei Bowerie... C'était la toute fin des 80's, vers 86 mais il y avait encore un peu d'énergie. Ce n'était plus ni scouille (Dodo et Ben Radi Paris scouille t'il ? Les humanoïdes associés), ni Moderne, ni FlaaaAAAaaash'! (l'Acide rendez vous, en 84 au Taboo, avec la bande à Numa Roda-Gil, Chachnil et Nina Childress ex Kluss/Lucrate Milk, les Psycho-billy...), mais c'était bien rigolo quand même, et c'est dans cette ambiance mi-house mi-acide qu'on retrouvait le petit groupe qui tournait autours de hans et dans lequel était Hedi. Très différent des autres, ma fois, il était. Timide mais amusant, pas snob du tout et pas du tout "pétassier" comme beaucoup dans ce groupe. Tout fin. Je dois avoir quelques photos de lui qui trainent à la maison. Bon, bref, je l'ai croisé ce matin, il m'a pas vu, et ce n'est pas grave du tout. Pour ceux qui ne connaissent pas, Hedi est le directeur artistique Dior hommes.
Bon, bref, je suis tout chose parce que je pars. Et qu'il y a un certain courage à partir à l'étranger quand on est séroposif, surtout au Japon. Mais j'ai assuré mes arrières et cela ne posera aucun problème. Ce serait d'autant plus bête qu'avec une charge quasi indétectable (et encore, je pense que désormais elle l'est) et plein d'anticorps, cela n'est plus qu'un problème technique, un peu comme le diabète mais en beaucoup moins contraignant. Je vous raconterai tout cela, bien sûr, mais c'est vrai que cela concourt aussi à cette angoisse qui se dissipera sitôt arrivé.
J'ai hésité avant d'accepter le poste, en fait. Justement à cause de cela. Il a fallu que je fasse maintes recherches pour trouver une solution solide et convenable, peu coûteuse et qui me laisse du temps, c'est à dire une année pour choisir. Je détaillerai une fois sur place. Ce sera un peu militant de ma part, raconter cela. Aujourd'hui le VIH n'est plus la maladie mortelle qu'il fut, mais un mal chronique qui n'handicape même pas mais qui contraint car il faut le maintenir sous surveillance; examens plus ou moins réguliers et médicamens y pourvoient, ces derniers permettant une quarantaine de combinaisons, c'est à dire pas mal de stratégies. J'ai eu la "chance", toute relative bien sûr, de débarquer dans la maladie à ce stade et de n'avoir pas à souffrir ni des effets secondaires violents des premiers traitements, ni des déformations physiques qu'ils entrainaient ni du tatonnement des médecins qui expérimentaient finalement en même temps que leurs patients. Bref, j'estime qu'on peut se permettre de partir et que si on le souhaite, IL FAUT LE FAIRE. On se soigne pour retrouver la liberté, pas parce qu'il faut se soigner. On se soigne pour vivre (entendre : exister, faire, se manifester et recevoir la manifestation des autres), pas pour continuer d'être (entendre : végéter, se soumettre à son donné biologique, le coeur qui bat et l'appétit à midi).
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Je reviens de la cantine. Dehors, un temps superbe. Ciel bleu, soleil.
J'ai entendu ce matin que Lionel Jospin appelait les socialistes à faire leur devoir d'inventaire sur la période 97/2002. Je continue de le trouver "réglo", Jospin. C'est pas que je sois toujours d'accord, c'est du domaine du "contrat de confiance". Son bilan n'était pas "bon", il était "honnète" et pour la social démocratie, c'est cela qui est important. Le "bilan" du premier septennat de Mittérand était "bon", mais profondemment malhonnète, il cachait mal des renoncements, des mensonges et il n'offrait en plus aucune perspective, si ce n'est empêcher la droite de revenir au affaires. Celui du gouvernement de Jospin ne portait pas ces renoncements et ces mensonges car il n'avait jamais promis la lune. Il y a eu des trucs ratés, bien sûr, mais la société elle même, c'est à dire les salariés, les associations, n'ont pas non plus été très brillants. La crise des chômeurs, en 1998 a par exemple montré que ce gouvernement, quand il y avait mobilisation, savait mieux écouter. Moi, à l'époque, j'ai reçu un chèque de 3000 Francs. J'étais RMIste. Ca n'a rien résolu, mais comme par ailleurs il y avait de la croissance, des créations d'emploi réel -le programme minimum de la social démocratie-, cela m'a aidé et j'ai pu par ailleurs me glisser dans cette reprise de l'économie. Le bilan Jospin, c'était moins de chômage, les 35 heures, des avancées significatives des libertés, cela présageait d'autres améliorations. Ce fut aussi une non-régularisation des sans papiers et juste un assouplissement des règles d'immigrations sans réelle remise en cause. Ce furent des privatisations conduites au nom d'engagements européens pris par Alain Juppé sans remise en cause. Mais tous les jours je constate que les concessions de ce gouvernement n'étaient en rien comparable à la guerre sociale que le patronat appelait de ses voeux et qui est à l'oeuvre aujourd'hui. Apprentissage à 14 ans, dénonciation du "coût de la retraite des fonctionnaires" qui viendrait "alourdir la dette de près de 800 milliards d'Euros" (une pure manipulation médiatique à la Thatcher), durcisemment tous les 6 mois des conditions d'immigration, suspiscion généralisée à l'égard des mariages mixtes, baisse des impôts de ceux qui en paient et parmi eux ceux qui en paient le plus, déficit budgétaire abyssal qui engraisse les banquiers, non respects d'engagements internationaux, retour de la "politique africaine", contrôle toujours plus étroit des médias... La différence est nette.
Je ne reprocherai jamais aux socialistes d'en faire peu, pourvu qu'ils le fassent et qu'ils ne promettent pas d'en faire plus. C'est cette qualité que j'ai toujours aimé chez Lionel Jospin. C'est ce défaut majeur que j'excècre chez les socialistes et dans la gauche de la gauche qui entretient l'illusion qu'un "vote de gauche" suffira à "tout changer". Parce que c'est faux. Je préfèrerais nettement un gouvernement Jospin dans un pays plus syndiqué qu'un gouvernement "de gauche" dans le pays apathique qui est le nôtre. Car ce dernier renoncerait à tout sans limite quand le premier trouverait dans le syndicalisme une garantie de succès qui est la clef de sa réelection. Ca marche comme cela en Scandinavie depuis très longtemps.
J'ai peur que les socialistes français ne soient tentés, eux, de retourner à la langue de bois. Déjà aujourd'hui, ils sont incapables de faire la longue liste de ce qui nous fit aimer Jospin. A la soupe, qu'ils vont...
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Ce soir, projection d'un film au Palais de Tôkyô, "La brune et moi", réalisé en 1979 par toute la bande parisienne de l'époque, Taxi girl, Anoushka, Edyth Nylon, Ici Paris, etc... toute la bande du Palace quoi. J'y vais. Je m'attends à sortir avec un de ces coups de blues... Imaginez : 26 ans ont passé, Mittérand n'est pas l'avenir, on sort de Raffarin et on est collé de Sarkosy/Villepin/Chirac.
Plus personne n'aimera Paris comme nous l'avons aimé avant longtemps.
Paris ne scouille plus.
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