samedi 29 avril 2006
C'est parti !
Mon blog est une oeuvre littéraire (de très mauvaise qualité je le reconnais). Les liens, les conseils divers n'y ont donc pas leur place et je créé donc ce blog complémentaire qui contient des liens, des conseils et des albums spéciaux, notamment le liens vers mes archives vidéos (voyage à Kyôto 2005, podcasts...). Cette page va progressivement se fournir. Mais le travail est assez important, ça suivra son rythme...
C'est parti !
Mon blog est une oeuvre littéraire (de très mauvaise qualité je le reconnais). Les liens, les conseils divers n'y ont donc pas leur place et je créé donc ce blog complémentaire qui contient des liens, des conseils et des albums spéciaux, notamment le liens vers mes archives vidéos (voyage à Kyôto 2005, podcasts...). Cette page va progressivement se fournir. Mais le travail est assez important, ça suivra son rythme...
C'est parti !
Mon blog est une oeuvre littéraire (de très mauvaise qualité je le reconnais). Les liens, les conseils divers n'y ont donc pas leur place et je créé donc ce blog complémentaire qui contient des liens, des conseils et des albums spéciaux, notamment le liens vers mes archives vidéos (voyage à Kyôto 2005, podcasts...). Cette page va progressivement se fournir. Mais le travail est assez important, ça suivra son rythme...
vendredi 28 avril 2006
Et bien sûr, c'est "grand soleil" aujourd'hui...
Le soleil vu de ma fenêtre, il y a 5 minutes, ou plutôt le beau ciel bleu. Ma maison est une vieille bicoque mais le vis-à-vis est correct pour ce quartier de Tôkyô, très central et très dense. Vous appercevez le balcon de mon voisin, environ 10 m2 quand même... et pas de vis-à-vis. Moi, ce sont les grandes fenètres qui encerclent ma chambre, les grands placards...Fantastique soleil ce matin, qui a remplacé le ciel gris, la pluie et le froid des deux derniers jours, de mon week-end...
Bref, hier, journée de week-end semblable à un dimanche à Paris : ménage, lessive et courses... Pas trop envie de sortir par ce sale temps et choper la crève. J'ai préféré ressortir le gros colis plein de négatifs que je m'étais envoyé avant de quitter Paris. Dedans, plus de 5.000 photos sous formes de négatifs, plus de 20 ans d'une vie. Beaucoup de photos de Paris, d'objets, de bâtiments, de rues désertes, de rues désertes la nuit, sous la pluie, des portraits de celles et ceux que j'ai rencontrés, de mes amis. Un ensemble de photos que je ne regardais jamais de peur d'avoir mal autrefois et que j'ai regardé avec tendresse, curiosité et amusement des fois.
Etonnant, tous ces négatifs et toutes ces planches contact. J'ai photographié quelques planches hier soir. Résultat décevant, la teinte brillante gène l'autofocus de mon Lumix...Ainsi, ce portrait de Tarikavalli, il y a vingt ans presque exactement. Ce devait être en juin 86... J'en ai profité pour lui envoyer avec un petit commentaire. Elle a peu changé, finalement. Avec l'âge, les traits se dessinent, s'affirment. Il ne se déforment que plus tard.
Tarikavalli et moi nous connaissons depuis le lycée, depuis la première en 1981 exactement. On pourrait presque dire que nous nous sommes connus sur un air de Siouxsie and the Banshees, mais là, vous ne comprendriez pas, trop compliqué. La Tos, Cap, Freddy, Chichoun, Yazid, le Centre et Les Tos, Frémin, Marion, Tétèque, Marylène, Eric... Ouaaahhhh.... Là, c'est dommage, j'ai très peu de photos car c'est Tarika qui en avait beaucoup. Ah, le lycée. C'est loin. Sur cette photo, Tarika a vingt et un an. Elle démarre la danse, va bientôt danser à Strasbourg et en Espagne dans un ballet contemporain, et n'a pas encore rencontré son maître, Amala Devi, qui en fera Tarikavalli, la brillante danseuse de Baratha-Natyam (excusez-moi, je ne trouve plus l'adresse de son nouveau site...) qu'elle est devenue. Enfin, je suis content, mes négatifs sont en train de prendre l'air pour la première fois depuis longtemps.
l'autre vue. Ciel très clair, brise légère, c'est très agréable.J'écoute les Pizzicato5. J'aime bien. Je dois dire que l'album Pizzicato 5TM, sorti en 2000, ne m'avait alors guère convaincu, mais je trouve que finalement, avec le temps, il passe bien. Quand je sors, je commence à ramasser les flyers. Je constate que Towa Tei est toujours aussi actif en tant que DJ et producteur, tant dans le milieu gay que straight. C'est qu'il va falloir que je me mette à sortir et que je vois un peu ce qui se passe à Tôkyô.
on a besoin de peu de choses, finalement, pour être heureux, et mon vieil Olympus OM10 est un ami fidèle...Je prends mon temps, me direz vous. Peut-être, mais bon, vous savez, quand on a connu les Bains Douches, Le Palace, Le Rose Bonbon, Palikao, L'Opéra-night, l'Acid-Rendez-vous au Taboo, qu'on a vu les premiers concerts des Rita Mitsuko en 82 et 84 (merdique, leur première partie des Virgin Prunes, en 84 à l'Eldorado, quel public de merde, alors... mais quelle révélation 3 mois plus tard en première partie des Smiths, là, il y avait tout le monde : Chachnil et ses boys, ceux qu'on a vu pendant un mois à la TV dans la pub de Philippe Gauthier pour Bolino, toute droit sortie d'un DimDamDom psychédélique, avec look Beattles, Courrège et spirales... vite retirée !), Nina Childress, tout droit revenue de Lucrate Milk après une disparition de 2 ans et transformée en Emma Peel, Le Musulmans Fumants et Vive La Peinture, Les Aristochattes menées par Catherine Benguigui super rigolote déjà et qui chantait avec un nounours des sortes de ballades rock and roll à la Françoise Hardy, Nouma Roda Gil qui lançait l'acid-Rendez-vous, c'est qu'on en avait ras la casquette des batcaviens "gothics", on a tous craqué quand Morrisey nous a lancé des roses..., mais en gros, les Rita, c'est ce soir que ça a vraiment commencé, c'était exactement ce que nous voulions entendre !)...

j'ai un univers très simple, une grande nostalgie teintée d'humour pour tous ces objets de mon enfance et cette esthétique des magazines de ma mère que je feuilletais. Ici, je découvre leur pendant japonais, la même esthétique. Le bonheur commercial des années 50 est factice, mais c'est un bonheur qui a confiance en l'avenir. J'aime son esthétique, terriblement cool derrière son maquillage et ses permanentes, ses bigoudis et sa laque. Et ses TV pesant 60 kilos et qui chauffaient comme des radiateurs... L'innocence.
Et puis la house, les soirées Pyramides au Palace, les bals musettes au bord de la Marne, la terrasse du Soleil vers 88 à Ménilmontant... Les années 90 m'ont rendu suspicieux. Tant mieux, j'ai lu Balzac, Sartres, Flaubert, Gide, Weber, Mme de Scudéry, Voltaire ou Montesquieu, j'ai fait de la politique et je suis même passé à la TV ! Bref, j'ai fait autre chose que sortir, et j'avoue n'avoir guère apprécié l'entrée dans l'ère des videurs avec oreillette, et des "d'la night" qui se la pètent avec leurs "carrés VIP"...
on retrouve de drôles de choses quand on fouille dans de vieilles boîtes de négatifs, comme cette photo de l'été 86... Dimanche, j'ai étudié ce poême de Paul Fort avec un étudiant. "Le bonheur est dans le pré/ cours-y vite, cours-y vite/ il a filé"... Bonjour, Timothée.J'ai perdu l'habitude de sortir, souvent déçu. J'aime pourtant bien les musiques électro jouées en direct par des DJ/claviers... On verra bien à Tôkyô, il y a des soirées qui me semblent pas mal. Mais bon, je me fais ma place, je perfectionne mon japonais et on verra bien, chaque chose en son temps, j'ai pas 20 ans, ça presse pas, et être un vieux jeune de 41 ans n'est absoluement pas tasse thé : à cet âge là, on est définitivement ce qu'on fait de sa vie et pas de là où on sort... Enfin, c'est ma façon de voir. Moi, je laisse la jeunesse aux jeunes, j'aime les regarder, je n'aime pas leur ressembler. J'ai toujours eu la hantise du "Oh, mais tu fais jeune"... Je préfère faire moins jeune, ne pas danser, être sérieux; quand on me demande mon âge, mes jeunes voisins comprennent et soudain, alors, me trouvent très jeune (physiquement) : je préfère. C'est mon côté "grande dame", excusez-moi. Je cultive encore cet art de la pose, tout droit sorti des années 80... quand je sors, je m'habille, moi !
Bon, faut que j'arrête d'écrire des bétises. Ca commence à bien faire... !De Tôkyô, soudain redevenu réaliste,
Suppaiku
jeudi 27 avril 2006
Dans la famille "soleil", je voudrais n'importe qui...
Crêperie Le Bretagne dans mon quartier hier soir. Jun a 28 ans. Les crèpes était délicieuses : bretonne (épaule fumée grillée, oeufs, crème, beurre, fromage...); puis confiture de rhubarbe et glace vanille (moi)/ compote de pomme et glace cannelle (lui), le tout arrosé d'un pichet de cidre absoluement délicieux, brut, pas trop sucré ni transparent...Sale temps, comme il fallait s'y attendre : je suis en congé ! Ce matin, c'était même encore mieux que ça : pluie à verse, à torrent ! Ce qui il y a deux semaines m'aurait mis le moral à zéro m'a finalement laissé de marbre. J'en ai profité pour envoyer un long mail à mon frère. J'ai hier d'ailleurs inauguré l'exercice avec mon ami Alain. Je n'ai guère pris le temps jusque cette semaine d'écrire des mails à mes amis. Tout au plus des mails groupés, mais aucun à chacun d'eux individuellement, hormis peut être Nicolas, mais Nicolas et moi en avons depuis longtemps pris l'habitude grace à i-mode que nous utilisions pour être en contact dans notre vie de tous les jours. Mais j'ai la chance d'avoir des amis qui ne sont pas de geeks, à croc aux nouvelles technologies et qui vous encerclent de mails... Ouf ! Cela étant, je ressens le besoin maintenant de leur écrire, ce que j'ai donc commencé à faire. C'est bien pour faire le point. C'est aussi pour cela que je nourris ce blog un peu plus assiduement.
on dirait pas le Japon, hein... Si l'envie vous prend de manger une bonne crèpe à Tôkyô, passez donc par le restaurant Le Bretagne, à Iidabashi/飯田橋 ou Omotesandô/表参道... Et leurs cidres sont délicieux...Compter (une galette sarazin salée, une galette sucrée, un demi pichet de cidre, un café) environ 4,000 yen par personne (EUR 30). Menu à 3,600 yen, sans le cidre (avec salade et café).
Bon, cela étant, ici, le sale temps ne m'invite guère à sortir et j'avoue ne pas avoir grand chose à raconter. J'ai invité Jun au restaurant hier soir, pour ses 28 ans. Faut que je me mettes à faire des crèpes, c'est trop bon et je suis expert, en la matière ! J'adore ça, en plus. Il a reçu un appel de sa soeur, pour son anniversaire. Nous sommes passés à la maison, ensuite et je lui montré des photos : c'est que j'ai tout rentré dans i-Photo hier (le sale temps, ça sert aussi à ça), avec priorité de modification dans Photoshop CS. En matière de stockage, i-Photo est vraiment un truc très pratique, bien pensé et les fonctions de retouche ont un gros avantage : elles ne sont pas permanentes car les originaux ne sont pas modifiés et on peut toujours les rappeler. J'ai encore quelques CD à y insérer, et après je vous fait de nouveaux albums qui remplaceront les albums actuels. Je vous prépare également une refonte de mon site, celui-ci sera dorénavant centré autours de mon blog puisque ce blog est la partie la plus fréquemment actualisée.
Pas de télé hier, juste cette soirée tranquille avant que je ne raccompagne Jun à la gare de Iidabashi/飯田橋 qu'il rentre chez lui. Il travaille le jeudi, lui... Je suis rentré, et j'ai encore un peu travaillé, commencé à sélectionner des photos. Le travail sera long et difficile, je ne veux plus de ce "catalogue", mais juste quelques belles photos, ou alors des choses qui ont retenu mon attention... comme la rouille, si présente au Japon. Avec toute cette pluie...
machine à laver japonaise. Chargement au dessus, mais pas de tambour à axe horizontal : ici, l'axe est vertical, comme sur les Calorettes des années 70... L'eau n'est pas chaude, elle est froide, toujours froide. Les lessives sont adaptées. On m'a expliqué que nous lavons à l'eau chaude à cause du calcaire, et qu'ici, par conséquent, il n'y en aurait pas besoins...Aujourd'hui j'ai flemardé, siesté. J'aère mon futon, il est près de 17 heures, et je m'apprête à aller chercher mon linge à la laverie.
Ah, oui, tiens... J'ai longtemps trouvé que le linge blanc grisait, dans les machines japonaises. Eh bien non. Non seulement elles laves aussi bien que les "nôtres" à 90° en lavant à l'eau froide, mais en plus, si on sépare bien le blanc de la couleur, le blanc ressort bien blanc... J'émets juste une réserve sur le lavage avec axe verticale : ça noue le linge et ça le froisse plus qu'avec nos machines à tambour horizontal. Mais pour ce qui est du lavage, je révise ce que j'ai écrit ici ou là à ce sujet !
Bon, allez ! C'est l'heure, 時間だぜ!
De Tôkyô, rompu aux tâches ménagères,
Suppaiku
mercredi 26 avril 2006
Mercredi nuageux, comme toujours !
Edith Piaf, le retour... ou comment Edith Piaf se retrouve enversaillée, enmariantoinettisée, enchocolatisée et enfrancisationnée par le Japon... "Hymne à l'amour, la Légende d'Edith Piaf"... Tout un programme... Le mec, c'est Charles Dumont ? Yves Montand ?J'en ai un peu assez, de mes "week-ends" de semaine avec la pluie, le vent... C'est un printemps pourri que nous traversons, pas de chance ! Enfin, il fera beau quand je serai au travail... Rageant !
J'ai reçu deux messages au sujets de NOVA et je préfère y répondre dans ce post plutôt qu'en commentaire. Tout d'abord, Kenji (je suppose le webmestre de Comme ça du Japon où j'ai indexé mon blog) qui constate que ma description est différente de ce que l'on a coutume d'entendre. Je pense que cela tient à mon âge, 41 ans cette année, et par conséquent à ma propre expérience.
N'en déplaisent aux apologistes aveugles du Japon tout beau tout propre tout gentil, il y a à Tôkyô de vrais SDF qui vivent comme des poubelles, sales, seuls, dans l'indifférence générale d'une société d'égoïstes qui ne pensent qu'à eux et il y en a même beaucoup. Et il y a pas mal de graphitis, de graphs, de bombages...J'ai connu pas mal d'entreprises et par conséquent cela me donne du recul : NOVA, ce n'est pas l'enfer loin de là. Le salaire est correct, même si les augmentations se font rares (comme dans toutes les entreprises !). Les chefs sont polis, travaillent comme leurs employés, même s'ils se réservent parfois les heures sans élèves (qu'ils occupent toutefois à faire toute leur paperasse de chefs). Les big-boss sont invisibles et quand ils sont là, ils sont corrects même s'ils sont souvent distants et ne conversent qu'avec les chefs (mais après tout c'est leur boulot). Bref, ce que je décris, chacun peut le vivre dans son entreprise et je ne vois pas en quoi c'est si terrible que cela ! Pour ma part j'ai un manager du sud-ouest de la France, direct mais avec un bon fond qui se sent rapidement et qui aide à faire passer le côté "direct". Et pour avoir rencontré the big chef lors de ma première journée, je ne vois pas trop de différence. Il a des responsabilités, point. Dans l'équipe qui s'occupe du Kantô il y a une réelle volonté de recadrer, j'aurais presque envie de dire professionaliser le travail : je ne peux pas être contre, j'ai entendu des remarques sur NOVA venues de Japonais et ne puis que souscrire à ce projet. Je sais que ça fait grincer des dents, mais vraiment, en deux mois, je n'ai pas entendu quoi que ce soit de redoutable et mes collègues récemment arrivés et ayant eu leur "évaluations" de 6 mois n'ont pas encore essuyé de ces histoires qui innondent les forums.

Célèbre parmi les célèbres, la ligne Yamanote, 山手線, hier, vers 18 heures 30 du côté de Harajuku, 原宿.
J'insiste au passage sur un point : il y a un réel esprit d'équipe entre les enseignants, je crois que tout le monde sait s'apprécier; j'ai assez peu rencontré cela. Et hier, en quittant Shibuya, le manager m'a remercié d'être venu les aider chaque mardi à Shibuya ! Je ne faisais que mon travail, et je n'ai guère eu l'habitude de chefs qui remercient (sauf, je le concède, à BNP Paribas où Pablo et Odile ont été des "supérieurs" extrèmement reconnaissant de mon travail).
Toutefois, un bémol : il s'agit du travail dans le Kantô (Tôkyô, Yokohama), et non dans le Kansai (Ôsaka): les deux équipes sont différentes et je ne sais pas comment se passe le travail dans le "centre multi-média" : j'ai entendu dire que c'est éprouvant, difficile et fatiguant comme tout travail en call-center, avec en plus la contrainte du travail la nuit, et un autre type d'encadrement. Mais critiquer NOVA à Tôkyô, c'est, pour moi, cracher dans la soupe.
Hier, 18h45, station de train Harajuku 原宿, au carrefour à côté de la station de métro Meiji-jingu mae, 明治神宮前. Au loin, ma grande copine, la Docomo.Il y a eu aussi un message de TB. Bonne question... Oui, il y a des débutants complets. La méthode utilisée est une méthode globale, il faut une totale confiance de l'élève envers son professeur afin qu'il comprenne de suite les situations et surtout ne cherche pas à comprendre mot à mot ce qu'il est en train d'apprendre. Tous les élèves de niveau débutant que j'ai vu chercher à traduire se gaufrent totalement et feront sempiternellement les mêmes fautes de grammaire à l'avenir, puisque la méthode globale est d'abord une méthode qui met en place des mécanismes et non du vocabulaire. J'ai fait hier une leçon de débutant avancé (elle avait environ 15 leçons : j'aime la France, je connais Paris, je m'appelle X...) et j'ai donc fait une leçon sur les articles.
Les chaussures à ruban sont en force, ce printemps... A Shibuya, bien sûr. Et pour le coup, je regrette comme cela m'arrive souvent, de n'être pas à Kyôto, car chez les filles de Namba, le orange doit être la couleur des plus timides...C'est un truc incroyable, la méthode globale, c'est une mayonnaise dans laquelle on n'a plus qu'à rajouter des ingrédients. Le principal est que la mayonnaise ait pris, et c'était le cas. La fille n'a pas fait une seule faute "un/le" si fréquente... Elle ne sait certainement pas pourquoi mais elle a compris qu'il y a des contextes différents. Je connais des élèves avancés, passés par l'Institut de notre cher Maruchan, et qui font des fautes basiques : même le meilleurs cours de grammaire du monde ne leur fera pas changer ce qui est du domaine du mécanisme et de la représentation intuitive. Ils connaisent "défini/indéfinis" mais ils n'ont pas inscrit, au fond de leur cerveau la situation type. Hier, j'ai gesticulé dans tous les sens, mais durant 15 minutes où je lui ai fait décrire des images, elle n'a pas fait une seule faute. Bref, si les enseignants continuent avec cette élève comme ils ont commencé, elle ne fera pas de faute de ce type, car elle comprendra la différence fondamentale entre "une voiture est dans une rue" et "la voiture est dans la rue".
Shibuya, version soft, légèreQu'on ne s'y trompe pas, NOVA n'est pas l'Institut Franco-Japonais et n'a pas vocation à le remplacer. Mais j'ai constaté chez des élèves qui vont à l'un et l'autre une très grande complémentarité. A l'un les cours magistraux, le cadrage stricte, le "bon usage" (titre d'un célèbre dictionnaire de grammaire), dans de vraies classes de trente élèves, avec des manuels et du travail ainsi qu'une progression ordonnée. A l'autre la conversation, la compréhension intuitive, et encore la conversation de 1 à 4 personnes, souvent 2 en fait, de niveau à peu près équivalents. J'ai demandé à une élève qui va à l'Institut, elle a été claire : elle vient à NOVA pour parler, elle va à l'Institut pour la grammaire. Elle progresse vite, elle vient beaucoup donc elle parle plutôt bien et a un bon accent, un débit naturel.
Il y a aussi les élèves NOVA 100% ! Et pour vous avouer, j'ai été assez surpris : ils ne sont pas mauvais du tout, ça a juste pris plus de temps, mais leur débit est souvent plus naturel que ceux qui ont étudié ailleurs. Bien sûr, il y a ceux pour qui la mayonnaise a pas pris, et par conséquent ne prendra jamais, à moins qu'ils n'arrêtent, puis ne reprennent un jour, autrement, dans un autre cadre, sous un autre angle.
Shibuya version plus hard, bouche, nez, yeux métalisés. Ici, look de semaine car le week end, le métal est encore plus violent...Je commence à faire des leçons de niveau avancé et je suis finalement très heureux d'avoir eu un professeur de français qui a renoncé à nous faire étudier le latin, puis le grec pour nous donner un rab de 3 heures de grammaire par semaine... On a beaucoup souffert mais finalement je constate que je connais bien notre grammaire, que je suis à l'aise avec les conjugaisons et qu'avec mes élèves, des explications sur l'antériorité d'une action dans le passé ou le futur coulent de source et même m'intéressent, les exemples se bousculent dans ma tête. Les textes littéraires du manuel sont intéressants et j'aime beaucoup la description de tableau : normal, j'ai été formé à cela ! Bref, je devrais parvenir à être un bon enseignant pour les niveaux avancé car je ne suis pas mauvais en grammaire, loin s'en faut, mais j'ai surtout cette culture générale qui alimente une explication, la rend digeste et attrayante. J'ai ainsi convaincue une élève de 15 ans, à la lecture d'un extrait du Cid, de s'intéresser à Chikamatsu (elle me l'a dit la semaine après). Nous avions parlé pendant une vingtaine de minute, de la différence entre "drame" et "tragédie".
Oubliés généralement par la presse essentiellement hétérosexuelle, les "mecs de Shibuya" ne sont pas mal non plus...Je ne comprend d'ailleurs pas pourquoi le manuel dit que Le Cid est un drame, puisque c'est une tragédie (c'est d'ailleurs la spécialité de Corneille et une emprunte de cette époque, puisque même l'Opéra s'appelle Tragédie Lyrique). Réduire le Cid au drame (le meurtre du père de Chimène) est un non sens historique; la force de cette pièce réside dans sa force tragique : Don Diègue est obligé de tuer le père de Chimène, et Chimène est condamné à venger son père tué par l'homme qu'elle aime et qu'elle désirait épouser. Voilà le tragique. Que ce manuel parle de drame est d'une bétise... Enfin !
Bon, à part cela, il fait moins moche qu'hier, mais ça devrait se gâter cet après midi... Normal, je suis en week end !
Cela ne m'empêche pas d'avoir ouvert l'une de mes fenètres en grand et d'être installé devant.

La meilleurs décision prise depuis mon homesickness, cette installation du bureau devant la fenètre... Je peux écrire facilement. Parfait pour travailler.
J'ai un peu froid, mais j'aime bien. L'autre fenètre est également ouverte, j'y ai étendu mon futon.
Cette nuit j'ai très bien dormi; normal, après le travail j'ai pu me promener, aller vers Harajuku, ressentir l'énergie de la jeunesse comme elle n'existe plus en France. Voilà qui redonne du sens à mon séjour au Japon, et à Tôkyô plus particulièrement. C'est un sentiment qui n'existe plus, qui a disparu, en France, la jeunesse. Ici, elle est envahissante et entre Shibuya et Harajuku, quelle énergie, quelle vitalité. Pas le genre traine savattes geiniard à la française, non, des jeunes avec des couleurs, des tenues rafistolées, personnalisées bref, de vrais looks, des genres de trucs que j'aurais porté en France si j'avais eu leur âge, des trucs que j'ai porté d'ailleurs, un peu comme eux, sans modèle, sans demander la permission à personne.
Boutique de fringue dans Shinjuku. Ca, c'est des fringues de filles !C'est ça qui m'énerve chez les "accrocs du Japon". Ils sont en extase devant tel ou tel look et s'habillent comme des schtars... Ca, je pige pas. Mais il y avait les mêmes au Lycée, déjà, ceux qui "flashaient" sur mes looks. Et s'habillaient comme tout le monde, avec même la petite touche mode qui en faisait de véritables ringards... Je préférait nettement les babs, les hord ou les vrais "kyfon" (de Funky), au moins ils faisaient un trucs, ou même les rien du tout qui ne prétendaient à rien. Mais les "genre"... beurk ! A Harajuku, peu de "genre" (souvent occidentaux, d'ailleurs), mais du typé, du corsé. Note particulière pour un couple, lui superbe costume et chapeau, elle soubrette poupée tout en dentelle avec une sucette dans la bouche. Parfait ! Je suis rentré vers 20h30 (il faisait super froid), me suis préparé un Curry accompagné de poulet fumé (je ne suis pas convaincu du mélange...) que j'ai mangés en regardant un peu la télévision. Je n'aime vraiment pas Kitano : là, c'était une espèce d'émission à la TF1-22h30; un public, des invités-toujours-les-mêmes et des reconstitutions de drames familiaux genre "dépression nerveuse d'une femme au foyer" ou "défiguré après avoir négligé une otite".... Il y avait aussi un dorama-vérité sur la vie de Sonoko, dont le visage blanc et surlifté orne la façade d'un immeuble à Ginza : elle a bâtit un empire en faisant de la nouvelle cuisine japonaise, diététique après que son fils ne soit mort des suites d'un régime amaigrissant à la mode dans les années 70 (amphétamines et vomissement). Le dorama n'a pas cherché à reproduire le visage de Sonoko et c'est tant mieux car cela aurait plutôt tourné au film d'horreur.
Portrait de Sonoko, à Ginza. Le vrai était pire que ça, mais dans le même genre...Elle se colorait en effet le visage en blanc, ses cheveux avait un côté en plastique ( voir l'actrice plus haut qui joue Piaf, même genre...) et surtout, un lifting final qui ramassa les derniers plits qui avaient échappés aux 50 liftings qui avaient précédés, si vous voyez ce que je veux dire... Pathétique, mais c'est ça aussi, le Japon...
De Tôkyô,
frigorifié par les 15° ambiants,
Suppaiku
mardi 25 avril 2006
Mon travail à NOVA
Depuis le temps, un peu plus de deux mois, il fallait bien que je vous parle de mon travail, de mon école. Et que je la nomme enfin puisqu'à aucun moment je n'ai dit qu'il s'agissait de NOVA.
NOVA est la première école de langues étrangères au Japon. Elle est bâtie autours du concept de 駅前留学/Etudes à l'étranger à la sortie de la gare. Bref, les écoles sont situées à la sortie des principales gares du Japon. Il y en a plus de 500 ! Pour le français, toutefois, il n'y en a pas tant et l'enseignement est concentré dans les deux grandes villes du Japon, Ôsaka - qui a vu naître NOVA- et Tôkyô. NOVA a été pionnier dans le domaine et continue de l'être en fournissant des cours en visio-conférence ainsi que par téléphone mobile, par mail. Un cours dure 40 mn, l'élève prend rendez-vous quand il le souhaite et n'est limité que par les capacités de l'école ou l'emploi du temps des enseignants, en aucun cas il n'est astreint à suivre tel ou tel cours. Le matériel est des plus classiques, il s'agit du Nouveau Sans Frontières. La créations de situations permet de mettre l'accent sur la conversation. Les enseignants sont Français natifs et sont sensés ne s'exprimer qu'en français. Ils sont recrutés dans leur pays d'origine. Voilà pour la présentation "sur le papier".
La réalité n'est finalement pas très éloignée de cette présentation. Elle n'en est que la (les) conséquences(s). Je ne m'apesentirai pas sur les histoires de personnes, de chefs et autres managers : j'ai une longue expérience professionelle et on rencontre les mêmes contraintes partout, les mêmes chefs, les mêmes exigences; de plus je n'ai pas encore assez d'expérience pour en dire quoi que ce soit. En ce qui me concerne, en tout cas, je n'ai rien à dire de spécial et je trouve même, au contraire, que j'ai été bien accueilli, bien orienté, que ma formation, quoi que rapide, a été sympathique et bien structurée et que mes objectifs ont été clairement défini en fonction d'une contrainte énorme qui m'a sauté au yeux tout de go : 40 mn, c'est horriblement court. Or, l'élève a payé et il est hors de question de le laisser sur sa fin. Il veut parler, il doit donc parler. Il veut apprendre, il doit donc apprendre. Il veut progresser, il doit donc progresser.
D'un enseignement un peu à taton, j'imagine, et qui a laissé la réputation d'un certain manque de sérieux, l'enseignement du français, en tout cas dans le Kantô (Tôkyô et Yokohama), est en passe de devenir très structuré. A une phase de progression rapide de la demande en enseignement (les années 90) succède une phase de rude concurrence entre plusieurs écoles/entreprises (ECC, Berlitz, AEON et autres École Sympa ou École de Paris...) qui coincide avec l'arrivée de nouveaux managers soucieux de recadrer. Bref, depuis plusieurs années, les enseignants ont beaucoup moins de libertés, beaucoup plus de contraintes et cela fait grincer des dents, alimente des débats dans des forums. Pour ma part, je ne suis pas loin de partager le soucis de ces managers. 40 minutes, c'est quand même très court... Pour ma part, je tente de me mettre dans le moule, un moule qui n'est pas sans me rappeler CORTAL, ou je fus conseiller financier. Là, j'avais 7 mn pour "réussir un appel" : 1 mn de présentation, 3 mn de mise à plat, de bilan; 2 mn de proposition/ validation (l'entenoir) et une minute pour finir, glaner une ou deux autres infos utiles !!!!! Chez NOVA, on a 40 minutes, réparties un peu différemment mais avec un même objectif et une même technique : ne pas fatiguer, satisfaire, garder le sourire. Pas facile car les Japonais sont des Japonais...
C'est là, à mon avis, le vrai problème. J'ai lu énormément dans les forums au sujets des chefs, des conditions de travail, etc... Cela relève de la non expérience professionelle des posteurs à mon avis, car il y a franchement nettement pire, avec des salaires inférieurs ! Non, le vrai problème, ce sont les Japonais. Posons-nous une question : qu'est-ce qui motive un Japonais, une Japonaise à apprendre le français ? L'anglais, c'est clair, c'est utile, c'est professionel. Le français... Bref, beaucoup de nos étudiants étudient le français sans trop savoir pourquoi, comme un loisir, un gage d'élégance voir un acte de rébellion : il y en a un qui, quand il se présente, affirme qu'il "déteste les Américains et le nattô/納豆(graines de soja fermentées)"... Il y a ces femmes plus ou moins élégantes qui viennent prendre un cours avant d'aller au salon de thé, "je suis exténuée, je sors de ma leçon de français", doit être un visa très chic dans un cercle d'amies entretenues par des maris travailleurs et justes bons à payer les factures... Il y a des étudiants, plus intéressants bien sûr et d'autres et encore d'autres comme un monsieur qui me fait penser à Tora san, un personnage de cinéma des années 60 et issus des quartiers populaires... mais que vient faire ce monsieur, à Ginza, à apprendre le français... Mystère...
Ils ne sont pas méchants, nos élèves, non. Plutôt gentils, souriants et polis. Ils souffrent d'un manque cruel d'imagination, parfois, ce qui est une contrainte énorme pour le cerveau et le stress du professeur. Il sont parfois bornés, comme cette femme au foyer qui hier, m'a affirmé que le soleil était rouge quand je lui disais que les enfants en France, le coloriaient en jaune : je lui ai montré une photo, il est blanc bien entendu, et non, elle me dit, en japonais et en me tutoyant que je me trompe : il est rouge ! Mon travail à NOVA est impuissant face à 150 années d'endoctrinement nationaliste, je suis sorti exténué après qu'elle se soit bloqué commeune vieille pendule sur une histoire de couleur : elle ne rit jamais, à une vie morose (sic !) de femme au foyer, ne voit jamais son mari, mais là, pour le coup, elle s'est tordue de rire ! J'ai du assister, impassible, au spectacle d'une idiote malpolie (elle m'a parlé sans forme de politesse d'usage...) et bornée qui s'est moquée des enfants de France (d'occident et même d'Afrique, je pense, et même de Chine... qui peut soutenir que le soleil est rouge, franchement ???), qui a bloqué là dessus, en a remis des tartines, m'a demandé en se bidonnant la couleur de la lune pour les enfants, etc ! Non, la lune est jaune et le soleil est rouge. Je me suis vengé dans la conversation, avec le prix des denrées. Elle a halluciné sur le prix des fraises, que l'on achète au kilo pour 300 yen, ou les pommes de terre qu'on achète 100 yen le kilo... Elle avec ses 3 pommes de terre japonaise à 150 yens... Mais bon, ils ne sont pas tous comme ça loin s'en faut et les classes de français regorgent aussi d'élèves curieux, intéressants et un peu originaux. Mais certains ont des vies d'une tristesse...
Une collègue a des phases de cauchemard, j'avoue en avoir moi aussi. J'ai mal dormi cette nuit. Je suis parvenu à me calmer de l'insomnie qui a suivi en me répétant "Suppaiku, ce sont des hallucinations, ça va, tu es fatigué..." et je suis parvenu à m'endormir. Mais un moment, après m'être extirpé d'un rêve bizarre et avoir ressenti quelques palpitations, je me suis mis à être à l'affût d'un tremblement de terre... C'est grave, docteur ? Non, ce n'est que du stress, du home-sickness et cette grosse conne d'emmerdeuse avec son soleil rouge à la mort moi le noeud !
Je ferai donc un gros reproche à ceux qui passent leur temps à accuser NOVA à tort et à travers. Je les accuserai de ne pas être honnête avec NOVA et avec eux même. Le deal est clair dès le départ : NOVA recrute, fait les formalité; c'est la seule entreprise à le faire ! Sur le marché, le deal est honnète, c'est le moins mauvais salaire de ce type d'école. On n'est pas vadrouillé à droite à gauche et les heures non enseignées sont payées ! Il y a des méga contraintes en ce qui concerne les cours mais j'avoue que si je pouvais faire comme je veux, je ne suis pas sûr que mes élèves apprécieraient toujours. Pour le reste, ben oui, mais NOVA est une entreprise comme une autre, rien de plus et rien de moins. Bref, j'ai lu beaucoup sur NOVA mais très peu sur les Japonais. Or, c'est un public difficile, des enfants gâtés qui se font une représentation du monde extérieur forgée par la publicité, le tourisme et la xénophobie officielle et auquelle l'enseignant doit se conformer. Le simple fait d'avoir dit que j'étais Parisien a fait brillé beaucoup d'yeux, et pas seulement ceux des femmes ! Je ne crois pas que l'on aurait ce type de phantasme avec des Américains, des Anglais, Allemands ou Latino-américains. Bref, je mettrais au rang de difficulté majeure les étudiants eux même, et c'est, aussi, ce qui me conduit à souscrire au "carcan" pédagogique NOVA : plus le cadre est strict, moins je regarde l'étudiant comme un ami, moins je risque d'être déçu et donc, stressé. Hier, avec la pouf' et son soleil, je lui aurais demandé de m'expliquer "chigau yo!", je lui aurai donné un autre mot, et basta ! Faut toujours que je joue à l'humaniste, moi, pas étonnant que je m'en prenne plein la tronche... On me le refera pas !
Sinon, mon école est très clean, les staff japonais sont gentils, mes collègues sont sympa et coopératifs, drôles. Je n'ai rien à dire de spécial sur NOVA ce qui, en ce qui concerne un employeur, est une première. Je trouve le deal très honnète ! Après, on est toujours libre de faire autre chose, voilà ce que j'aurais envie de dire aux détracteurs... mais là, il n'y a plus grand monde.
Je finirai donc sur une note mi-figue, mi-raisin. J'aime mon nouveau métier, je suis heureux quand je réussis à faire un cours conforme au schémas NOVA car c'est vrai que l'élève alors est content, il a causé ses 15/20 mn et moi je me suis reposé pendant ce temps là. Ce week end, j'ai fait raconter un conte en français, le gars était épuisé, j'avais l'impression de lui avoir vidé le cerveau. Moi, j'étais relax... Quand je suis sorti, il m'a dit que c'était très dur, très fatigant mais il avait un sourire jusqu'aux oreilles et il m'a dit "à bientôt" ! Que demander de plus... ?
Bon, allez, il fait un sale temps sur Tôkyô mais je dois aller donner un cours, à Shibuya. J'aime bien ce petit changement de lieu, ce mois-ci, et suis un peu triste que ces mardi à Shibuya s'arrêtent... Bah, il y en aura d'autres...
De Tôkyô,
Suppaiku
NOVA est la première école de langues étrangères au Japon. Elle est bâtie autours du concept de 駅前留学/Etudes à l'étranger à la sortie de la gare. Bref, les écoles sont situées à la sortie des principales gares du Japon. Il y en a plus de 500 ! Pour le français, toutefois, il n'y en a pas tant et l'enseignement est concentré dans les deux grandes villes du Japon, Ôsaka - qui a vu naître NOVA- et Tôkyô. NOVA a été pionnier dans le domaine et continue de l'être en fournissant des cours en visio-conférence ainsi que par téléphone mobile, par mail. Un cours dure 40 mn, l'élève prend rendez-vous quand il le souhaite et n'est limité que par les capacités de l'école ou l'emploi du temps des enseignants, en aucun cas il n'est astreint à suivre tel ou tel cours. Le matériel est des plus classiques, il s'agit du Nouveau Sans Frontières. La créations de situations permet de mettre l'accent sur la conversation. Les enseignants sont Français natifs et sont sensés ne s'exprimer qu'en français. Ils sont recrutés dans leur pays d'origine. Voilà pour la présentation "sur le papier".
La réalité n'est finalement pas très éloignée de cette présentation. Elle n'en est que la (les) conséquences(s). Je ne m'apesentirai pas sur les histoires de personnes, de chefs et autres managers : j'ai une longue expérience professionelle et on rencontre les mêmes contraintes partout, les mêmes chefs, les mêmes exigences; de plus je n'ai pas encore assez d'expérience pour en dire quoi que ce soit. En ce qui me concerne, en tout cas, je n'ai rien à dire de spécial et je trouve même, au contraire, que j'ai été bien accueilli, bien orienté, que ma formation, quoi que rapide, a été sympathique et bien structurée et que mes objectifs ont été clairement défini en fonction d'une contrainte énorme qui m'a sauté au yeux tout de go : 40 mn, c'est horriblement court. Or, l'élève a payé et il est hors de question de le laisser sur sa fin. Il veut parler, il doit donc parler. Il veut apprendre, il doit donc apprendre. Il veut progresser, il doit donc progresser.
D'un enseignement un peu à taton, j'imagine, et qui a laissé la réputation d'un certain manque de sérieux, l'enseignement du français, en tout cas dans le Kantô (Tôkyô et Yokohama), est en passe de devenir très structuré. A une phase de progression rapide de la demande en enseignement (les années 90) succède une phase de rude concurrence entre plusieurs écoles/entreprises (ECC, Berlitz, AEON et autres École Sympa ou École de Paris...) qui coincide avec l'arrivée de nouveaux managers soucieux de recadrer. Bref, depuis plusieurs années, les enseignants ont beaucoup moins de libertés, beaucoup plus de contraintes et cela fait grincer des dents, alimente des débats dans des forums. Pour ma part, je ne suis pas loin de partager le soucis de ces managers. 40 minutes, c'est quand même très court... Pour ma part, je tente de me mettre dans le moule, un moule qui n'est pas sans me rappeler CORTAL, ou je fus conseiller financier. Là, j'avais 7 mn pour "réussir un appel" : 1 mn de présentation, 3 mn de mise à plat, de bilan; 2 mn de proposition/ validation (l'entenoir) et une minute pour finir, glaner une ou deux autres infos utiles !!!!! Chez NOVA, on a 40 minutes, réparties un peu différemment mais avec un même objectif et une même technique : ne pas fatiguer, satisfaire, garder le sourire. Pas facile car les Japonais sont des Japonais...
C'est là, à mon avis, le vrai problème. J'ai lu énormément dans les forums au sujets des chefs, des conditions de travail, etc... Cela relève de la non expérience professionelle des posteurs à mon avis, car il y a franchement nettement pire, avec des salaires inférieurs ! Non, le vrai problème, ce sont les Japonais. Posons-nous une question : qu'est-ce qui motive un Japonais, une Japonaise à apprendre le français ? L'anglais, c'est clair, c'est utile, c'est professionel. Le français... Bref, beaucoup de nos étudiants étudient le français sans trop savoir pourquoi, comme un loisir, un gage d'élégance voir un acte de rébellion : il y en a un qui, quand il se présente, affirme qu'il "déteste les Américains et le nattô/納豆(graines de soja fermentées)"... Il y a ces femmes plus ou moins élégantes qui viennent prendre un cours avant d'aller au salon de thé, "je suis exténuée, je sors de ma leçon de français", doit être un visa très chic dans un cercle d'amies entretenues par des maris travailleurs et justes bons à payer les factures... Il y a des étudiants, plus intéressants bien sûr et d'autres et encore d'autres comme un monsieur qui me fait penser à Tora san, un personnage de cinéma des années 60 et issus des quartiers populaires... mais que vient faire ce monsieur, à Ginza, à apprendre le français... Mystère...
Ils ne sont pas méchants, nos élèves, non. Plutôt gentils, souriants et polis. Ils souffrent d'un manque cruel d'imagination, parfois, ce qui est une contrainte énorme pour le cerveau et le stress du professeur. Il sont parfois bornés, comme cette femme au foyer qui hier, m'a affirmé que le soleil était rouge quand je lui disais que les enfants en France, le coloriaient en jaune : je lui ai montré une photo, il est blanc bien entendu, et non, elle me dit, en japonais et en me tutoyant que je me trompe : il est rouge ! Mon travail à NOVA est impuissant face à 150 années d'endoctrinement nationaliste, je suis sorti exténué après qu'elle se soit bloqué commeune vieille pendule sur une histoire de couleur : elle ne rit jamais, à une vie morose (sic !) de femme au foyer, ne voit jamais son mari, mais là, pour le coup, elle s'est tordue de rire ! J'ai du assister, impassible, au spectacle d'une idiote malpolie (elle m'a parlé sans forme de politesse d'usage...) et bornée qui s'est moquée des enfants de France (d'occident et même d'Afrique, je pense, et même de Chine... qui peut soutenir que le soleil est rouge, franchement ???), qui a bloqué là dessus, en a remis des tartines, m'a demandé en se bidonnant la couleur de la lune pour les enfants, etc ! Non, la lune est jaune et le soleil est rouge. Je me suis vengé dans la conversation, avec le prix des denrées. Elle a halluciné sur le prix des fraises, que l'on achète au kilo pour 300 yen, ou les pommes de terre qu'on achète 100 yen le kilo... Elle avec ses 3 pommes de terre japonaise à 150 yens... Mais bon, ils ne sont pas tous comme ça loin s'en faut et les classes de français regorgent aussi d'élèves curieux, intéressants et un peu originaux. Mais certains ont des vies d'une tristesse...
Une collègue a des phases de cauchemard, j'avoue en avoir moi aussi. J'ai mal dormi cette nuit. Je suis parvenu à me calmer de l'insomnie qui a suivi en me répétant "Suppaiku, ce sont des hallucinations, ça va, tu es fatigué..." et je suis parvenu à m'endormir. Mais un moment, après m'être extirpé d'un rêve bizarre et avoir ressenti quelques palpitations, je me suis mis à être à l'affût d'un tremblement de terre... C'est grave, docteur ? Non, ce n'est que du stress, du home-sickness et cette grosse conne d'emmerdeuse avec son soleil rouge à la mort moi le noeud !
Je ferai donc un gros reproche à ceux qui passent leur temps à accuser NOVA à tort et à travers. Je les accuserai de ne pas être honnête avec NOVA et avec eux même. Le deal est clair dès le départ : NOVA recrute, fait les formalité; c'est la seule entreprise à le faire ! Sur le marché, le deal est honnète, c'est le moins mauvais salaire de ce type d'école. On n'est pas vadrouillé à droite à gauche et les heures non enseignées sont payées ! Il y a des méga contraintes en ce qui concerne les cours mais j'avoue que si je pouvais faire comme je veux, je ne suis pas sûr que mes élèves apprécieraient toujours. Pour le reste, ben oui, mais NOVA est une entreprise comme une autre, rien de plus et rien de moins. Bref, j'ai lu beaucoup sur NOVA mais très peu sur les Japonais. Or, c'est un public difficile, des enfants gâtés qui se font une représentation du monde extérieur forgée par la publicité, le tourisme et la xénophobie officielle et auquelle l'enseignant doit se conformer. Le simple fait d'avoir dit que j'étais Parisien a fait brillé beaucoup d'yeux, et pas seulement ceux des femmes ! Je ne crois pas que l'on aurait ce type de phantasme avec des Américains, des Anglais, Allemands ou Latino-américains. Bref, je mettrais au rang de difficulté majeure les étudiants eux même, et c'est, aussi, ce qui me conduit à souscrire au "carcan" pédagogique NOVA : plus le cadre est strict, moins je regarde l'étudiant comme un ami, moins je risque d'être déçu et donc, stressé. Hier, avec la pouf' et son soleil, je lui aurais demandé de m'expliquer "chigau yo!", je lui aurai donné un autre mot, et basta ! Faut toujours que je joue à l'humaniste, moi, pas étonnant que je m'en prenne plein la tronche... On me le refera pas !
Sinon, mon école est très clean, les staff japonais sont gentils, mes collègues sont sympa et coopératifs, drôles. Je n'ai rien à dire de spécial sur NOVA ce qui, en ce qui concerne un employeur, est une première. Je trouve le deal très honnète ! Après, on est toujours libre de faire autre chose, voilà ce que j'aurais envie de dire aux détracteurs... mais là, il n'y a plus grand monde.
Je finirai donc sur une note mi-figue, mi-raisin. J'aime mon nouveau métier, je suis heureux quand je réussis à faire un cours conforme au schémas NOVA car c'est vrai que l'élève alors est content, il a causé ses 15/20 mn et moi je me suis reposé pendant ce temps là. Ce week end, j'ai fait raconter un conte en français, le gars était épuisé, j'avais l'impression de lui avoir vidé le cerveau. Moi, j'étais relax... Quand je suis sorti, il m'a dit que c'était très dur, très fatigant mais il avait un sourire jusqu'aux oreilles et il m'a dit "à bientôt" ! Que demander de plus... ?
Bon, allez, il fait un sale temps sur Tôkyô mais je dois aller donner un cours, à Shibuya. J'aime bien ce petit changement de lieu, ce mois-ci, et suis un peu triste que ces mardi à Shibuya s'arrêtent... Bah, il y en aura d'autres...
De Tôkyô,
Suppaiku
lundi 24 avril 2006
Ouf, le "week end" est enfin passé...
samedi soir, avec Jun, visite de l'aquarium à Shinagawa/品川の水族館Finalement, ça passe vite, le week-end à Ginza. Le temps n'a pas été aussi beau que celui originalement prévu mais tout de même les températures sont définitivement de saison. Le soir, il fait à peu près jour jusque 19 heures... Il y a un côté Londres dans cette heure calée sur le soleil mais on s'y fait, c'est le rythme de cette ville. Je dois vraiment me mettre dans la tête que le Japon est un pays où on se lève plus tôt... Mais culturellement, c'est encore un peu dur à comprendre, je crois...
okonomiyaki dans mon quartier, à Kagurazaka : le restaurant Kurumi : tout simplement délicieux. De l'okonomiyaki de Hiroshima/神楽坂道りのくるみという店で、美味しい広島風のお好み焼きが食べれるComme vous le voyez, j'écris un peu plus souvent dans ce blog. C'est que le rythme fini par rentrer. Je suis donc placé désormais devant un certain dilemne. Il me serait possible de travailler 3 heures de plus par semaine, et ainsi gagner un peu plus (mes 2 prochains mois vont être un véritable calvaire financier, comme prévu, donc je réfléchis beaucoup au sens de ma vie !). Ca aurait des effets sur ma paie de juillet (Je ne travaillerais plus qu'à partir de juin).
Mais suis-je venu au Japon pour gagner de l'argent ? Et si oui, est-ce dans une entreprise ou autrement ? Graves questions quand on sait que j'ai quand même une vie à vivre, des obligations financières à moyen terme... En quittant la France, j'ai fait le premier pas vers autre chose, vers l'épanouissement d'une partie de moi-même longtemps mise en sommeil. Aurai-je le courage d'aller jusqu'au bout ou cèderai-je à l'appel du gain... Si tel était le cas, BNP P n'est pas très loin...
en revenant du travail, dimanche soir, une vitrine qui me ramène à l'enfance, à mon premier contact avec le Japon, des images à la télévision, un mariage...Je réfléchis, même si ma décision -ne pas céder- est dèjà prise. Une indissible angoisse me prend alors, et je pourrais écrire durant des heures, et des heures, et des heures. Et je réalise alors que je n'ai déjà pas beaucooup de temps, qu'il y a le travail. Et cela me confirme que je ne peux travailler 3 heures de plus... Que j'aime ce travail principalement regroupé sur 3 jours... Que l'année qui s'annonce va être assez difficile mais que j'ai une opportunité en or. Je vis au Japon et mon travail ne me prend, finalement, que 3 jours pleins, fatigants certes mais trois jours tout de même. Et que les 2 demi-journées sont très vivables et agréables. J'ai des collègues sympas et même ces chefs souvent décrits comme "redoutables" sont des chefs comme les autres, qui font leur travail, et que je n'ai qu'à faire le miens. Si ceci me permet de voir le Japon, sentir le Japon, raconter le Japon, parler le Japon, si cela me permet de garder le fil au fond de moi, de pouvoir le suivre sans le rompre, alors, que de grandes choses, et quelle chance ! Je vous vois assis devant vos ordinateurs gris, à Paris et vos loyers si chers, je me dis que ça vaut bien le coup que je me serre un peu la ceinture. Je suis libre, et je suis au Japon.
Je vais partir travailler de 13h20 à 17h40. C'est presque les vacances, non ? Et il fait beau, chaud...
Une collègue m'a offert un Omamori, お守り. Un omamori de sagesse. Ca marche !
De Tôkyô, sage,
Suppaiku
vendredi 21 avril 2006
Spécial Bonus 2 (cliquez)
Les sociétés sont différentes mais les produits sont les mêmes... Spéciale dédicace à mon ami Atomicdog ! Il y a aussi, au Japon, des Atomicdog comme toi dont les belles mères achètent ce genre de produit... Je continue mes recherche et posterai bientôt mon produit préféré...
De Tôkyô,
pressé de filer sous le soleil avant d'aller travailler,
Suppaiku
De Tôkyô,
pressé de filer sous le soleil avant d'aller travailler,
Suppaiku
jeudi 20 avril 2006
Spécial Bonus !
Comme le temps s'est mis au beau, que je suis sorti, je vous offre quelques brins de soleil du côté de chez moi. Vous êtes gâtés, aujourd'hui : 2 posts la même journée et plein de photos... !
La "vallée au poisson", 魚谷... ? En fait, un izakaya, 居酒屋, un endroit où on boit en grignottant et en rigolant bien fort. Jolie devanture, sous le soleil..."C'est le monsieur du blog... !", que j'ai entendu...
Temps variable mais lumineux et clément. Je décide d'aller me promener au parc Yoyogi, 代々木公園。Le parc est accessible de Harajuku、原宿、 jusque Yoyogi、代々木. Il est immense et inclus le sanctuaire Meiji、明治神宮, celui où je suis allé pour la nouvelle année il y a un peu plus d'un an. A l'entrée du parc vers Yoyogi, on apperçoit ma grande copine la Tour Docomo.
L'entrée est des plus classique : c'est un parc, mais c'est aussi un sanctuaire. Je ne sais pas pourquoi, je pense à Tottoro !Je gare mon vélo. Je suis content, le lieu est assez désert, la promenade sera agréable. Parmi les visiteurs, les inévitables touristes venus voir le sanctuaire. Toujours je me pose la question : mais que pense un Américain devant un sanctuaire Shintô... Voit-il le diable ?
C'est exactement ce que je recherchais. Cette odeur de...Je marche. Il ya des arbres, des lanternes. Surprenant. Je suis entre le plus gros noeud ferrovière au monde, Shinjuku, à une station de train, à 30 minutes à pied en prenant son temps, et le quartier le plus "djeunz" du Japon, Shibuya, avec ses filles aux maquillages métalliques et aux cheveux blonds, ses gars coiffés à l'identique, blond, gonflé/crêpé, leurs pantalons qui trainent par terre...
...cette odeur de... cette odeur que je connais tant...Ici, je suis entouré de chênes immenses et de variétés d'arbres que je ne connais pas. Je m'en veux immédiatement de n'être venu me promener à Yoyogi. Tout cet oxygène me fait du bien, et ne plus entendre les voitures me repose. Seuls les corbeaux, nombreux, énormes, rompent le silence.
...cette odeur, c'est l'odeur de Kyôto, l'odeur du Japon ancien, l'odeur du bois, des arbres, des feuilles en décomposition dans la moîteur de l'été. Et je me rends compte soudain que j'ai chaud.J'arrive à l'entrée du sanctuaire Meiji. Je suis en terrain connu, au milieu de mes amis. Ici, je suis entouré de la forêt. Et même si la ville n'est pas loin, elle sait se faire petite, elle sait se faire oublier.
Le corp central du sanctuaire est immense. Je m'y dirige tranquilement. Je suis ici chez moi.Le temps de dire un petit coucou aux esprits qui habitent ces lieux, je repars que, "oh, c'est le monsieur du blog". C'est la première fois que cela m'arrive. Ca méritait bien le titre de cette journée, non ? Ca fait plaisir, en tout cas...
Je ne peux jamais résister à l'éternel auto-portrait que je dédie, comme toujours, à mes amis. Je vais bien, comme vous pouvez le voir !
Alors que je vous écris, dehors, une pluie battante se déchaine sur Tôkyô. Je suis rassuré sur un point : si je reste longtemps au Japon, je risque plus de mourir d'un violent tremblement de terre qu'autre chose et en tout cas, je ne mourrai pas de soif comme cela pourra être la cas en Europe de l'Ouest...Joke ! Mais je peux vous garantir qu'au Japon, la pluie, ben... c'est vraiment la pluie !
J'ai quitté le sanctuaire tranquillement.Il faisait bon, je me suis dirigé vers une allée qui me conduirait à l'entrée du Parc, à Yoyogi.
Dehors, la pluie vient de s'arrêter, un soleil vif a percé quelques secondes. Il doit bien faire 21/22°. Je viens de sursauter : ça vient de secouer assez fort, j'ai même cru que c'était un gros tremblement de terre. Faut que j'arrête de faire des blagues avec ça...
Oui, c'est vraiment étonnant, un tel parc, à côté de Shinjuku...J'en suis sorti en pensant à Kyôto. Il y a quelque chose à Kyôto qui me manque terriblement ici, c'est la présence de la nature, sa force. Son odeur. Et les maison en bois.
Ce portique, 鳥居, torii, est le plus grand du Japon. Comme tous les torii, il délimite un espace réservé aux "divinités", un espace du sacré. Il est en cypré du Japon, 猪木, même si l'arbre, vieux de 1500 ans, a été importé de Taiwan. Il a été élevé en 1979 et est une réplique du Torii élevé en 1920 pour ce sanctuaire dédié à l'empereur 明治, Meiji.Deux américaines, que l'on voit arriver, me demandent de les photographier.
Deux Chinois, ou Taiwanais je ne sais, me demandent aussi. Je suis un gentil garçon, utile.
Le divinités du Japon aiment l'alcool, on leur en offre donc de grandes rassades afin de les satisfaire.Bon, la secousse de tout à l'heure, c'était à Ibaraki.
De plus en plus de ciel bleu...
J'ai quitté Yoyogi vers 18h30 : Jun passait à la maison vers 19h45...
Special note : Je me suis pas mal occupé de vous, hier, et je vous ai ainsi rédigé mon blog mardi, mercredi et aujourd'hui encore ! Je plains celui et/ou celle qui voudra un jour tout lire dans ce journal.
Tout d'abord un petit bonjour à Nicholas qui m'écris je pense pour la deuxième fois du Texas. Et puis un autre bonjour à tous ceux qui me lisent souvent, épisodiquement, à tous les coins du monde et même, comme je l'ai découvert, en Algérie ! Je suis très surpris d'être si lu des Etats-Unis car j'écris en français mais je tiens à saluer tous ceux, celles qui de ce pays dont j'admire tant la constitution et l'esprit de liberté qui l'anime, qui me lisent. Thanks to all of you. I hope you can enjoy my site, writen in french.
Pour les autres, je me contenterai du français. Et je les remercie.
De Tôkyô,
avec gratitude,
Suppaiku
mercredi 19 avril 2006
Décidemment...
Une nouvelle marque de lessive sur sa gondole promotionelle à 渋谷, Shibuya devant le 109. Photo interdite mais photo volée ! Remarquez les enzimes gloutons sans porte jarretelles et le agents blanchissant à bout pointus.Je suis frappé par la malédiction des week-ends... Il a fait un temps superbe hier encore, bien chaud bien bon, et il fera un vendredi magnifique mais... une perturbation a décidé de nous passer dessus aujourd'hui et demain, histoire de dire bonjour en passant, et voilà le ciel couvert pour aujourd'hui et, il fallait au moins ça, pluvieux pour demain matin ! Cela étant, aujourd'hui encore, il s'agit plus d'une crème épaisse "à la japonaise" que de réels gros nuages menaçants, et de fait la température est très agréable. Par moment pointe une ombre quand je vous écrit assis à mon bureau désormais installé face à une fenètre, signe que la luminosité est plus forte, qu'un peu de soleil perce.
Le journal Courrier, reprise japonaise de la formule de Courrier international. Hier, au BOOK1st de 渋谷, Shibuya où j'ai acheté des livres de japonaisJ'ai reçu ce matin des news de mon frère. Qu'est-ce que c'est bien, le net, quand même... Mon frère a perdu sa chatte il y a deux semaines. Elle avait dans les quinzes ans, et quinze ans, dans la vie d'un homme, c'est long. Il m'a aussi envoyé une chanson de Félix Leclerc, Le p'tit bonheur. Quand ma chatte est morte, je ne me souviens que d'une chose, qui a suivi immédiatement. Le vide, la fatigue, une énergie à zéro. Du chagrin, non, pas tout de suite, j'étais sonné, j'avais assisté à l'agonie de Siouxsie, je l'avais carressé, je sentais sa vie qui partait et la paralysie qui la gagnait petit à petit, et puis les yeux se sont voilés, il n'y avait plus de souffle. Là, j'ai pleuré beaucoup mais ensuite, le vide. A plat, Suppaiku... Ce n'est pas pleurer, qui est le pire dans la vie, c'est quand on a arrêté de pleurer ! Empêcher un enfant de pleurer, un adulte, c'est abominable. C'est au fond de soi qu'on décide d'arrêter de pleurer, quand on est prêt à faire face à sa douleur, quand on se rend. Le silence de la mort est terrible. Siousxie m'a visité bien souvent, le moindre bruit, la nuit, quand je n'étais que dans un demi sommeil, me l'a bien souvent ramené. Les fantômes existent, ils peuplent nos pauvres têtes fatiguées. Il lui est arrivé de me visiter aussi dedans mes rêves, avec Négrita la chatte noire de mon enfance, avec mon père, aussi. Il y a des gens que ça effraie mais, si le rêve n'est pas désagréable, c'est bien, c'est qu'il reste le meilleurs de chacun. Moi, j'aime bien voir Siousxie dans mes rêves, elle se met en boule à côté de moi, elle me console encore un peu comme seuls les chats savent faire. En silence. Sans rien demander. Et parfois en ronronnant très fort.
Jeunes scouts Japonais, station de métro 九段下, Kudanshita, hier matin. L'élite de demain.Côté forme, ça va bien. Grosse fatigue encore hier soir mais essentiellement due au fait que je me réveille le matin vers 5 heures trente : il fait jour ! Devrais-je me lever si tôt ? J'ai acheté de quoi me remettre à faire du japonais sérieusement. Et je suis décidé à appliquer ce que j'applique à mes étudiants. Je repars à zéro ! Ca fait un bail que je n'ai pas écrit (à la main s'entend) un kanji, cela fait un bail que j'ai oublié toute la masse de vocabulaire qui accompagne les quelques 700/800 kanjis que je suis sensé connaître. De plus, à force de parler ici, beaucoup d'ailleurs, je commence à être envahi de doutes affreux grammaticaux. Bref, faut ramasser tout ça ! Je me suis rabattu sur le 日本語初歩 car hormi le fait qu'il est rédigé par la Fondation du Japon (donc conforme au 日本語能力試験, dont je vise désormais le grade 2 -j'ai eu le 4 et le 3), j'en ai les bandes son. J'ai donc le livre ainsi que le cahier de kanjis et le cahier d'exercices... Je vais souffrir environ 15 leçons car franchement c'est niveau maternelle pour moi.
Un bonne raison, parmi d'autres, de bien travailler le japonais. Ici, samedi dernier dans un restaurant à 下北沢/ShimokitazawaMais toutefois, j'ai été frappé de constater qu'à partir de le 15ème/20ème leçon, ce n'était pas inutile... J'ai aussi acheté un dictionnaire Kodansha adapté aux étudiants, avec les 1,945 常用漢字. En anglais bien sûr, mais vraiment très bien fait. Mon objectif est d'apprendre beaucoup de vocabulaire quand je réviserai les kanjis que je connais déjà et non bêtement faire des lignes de 水/みず/スイ : eau car franchement ce n'est guère passionnant et c'est bon, je le sais, merci ! Mais c'est aussi cela, réviser en repartant à zéro quand on a déjà un certain niveau...
Hier, j'ai encore travaillé à l'école de Shibuya. Noir de monde. A ma sortie, je me suis promené. Temps agréable, doux, printanier. Shibuya est un quartier petit, resserré au pied d'une colline. C'est une petit/gros noeud ferrovière où se croisent compagnies privées et l'ancienne compagnie publique JR, devenue dans la région JR東日本/Est du Japon. Il y a donc toute la floppée de centres commerciaux qui vont avec une grosse gare au Japon et sans lesquels ce pays ne serait pas ce qu'il est.
Hier, station Shibuya, vers 20 heures.A la sortie du train, généralement bondé, et qui déverse son contenu sur le quai vite saturé, on est rapidement frappé de l'apoplexie シュークリーム/choux à la crème. Une odeur, violente, de beurre et de sucre, de vanille et de cuisson vous prend vite et vous coince en un cruel dilemne : j'en veux un, mais qu'est-ce que ça pue, alors ! Les Japonais, habitués à être racollé, agrippés, à recevoir des mouchoirs publicitaires et être sollicités tous azimuts par des haut-parleurs, des néons et des jeunes en anorak qui vous courent après si à tout hazard vous vous êtes enquis d'un moindre renseignement sur le karaoke/internet fibre optique 100Mbp/ restaurant / etc, trouvent cette odeur normale, juste "publicitaire" (sic, une élève hier) et se contentent donc de les acheter par 6 (pour le prix de 5), par 12 (pour le prix de 10) voir par 18 (pour le prix de 14) ou par 30 (pour le prix de 20). Cette odeur que je trouvais sympathique, rassurante et familière il y a 3 ans lors de mon premier séjour m'est tout simplement devenue insupportable ! Vous ne pouvez pas imaginer, dans cette gare, la puissante odeur de beurre des gaufres, des choux à la crème, des crèpes et des boulangeries viennoiseries, mêlées aux odeurs de café cappuccino des Starbucks et autres Doutor, Velocce...
Mardi la semaine dernière, Shibuya sous la pluie.La force de Shibuya, c'est la jeunesse. C'est elle qui permet de digérer l'odeur de beurre, de la relégué au rang de décors avec tout le reste. Une jeunesse nombreuse, visible et arrogante pour le pays le plus agé du monde, le plus vieillissant. Une jeunesse conquérante dans un pays où l'enfant est surprotégé en même temps qu'il grandit, seul, enfant unique généralement, entouré d'objets et dans l'indifférence sentimentale de l'égoïsme parental (absence paternelle, solitude maternelle). A l'école, on a un père qui a découvert par hazard en le croisant dans l'ascenceur que son fils prenait des cours d'anglais dans la même école que lui depuis trois ans... Un enfant de 10 ans ! La famille, au Japon, est bien souvent devenu un masque social, un emballage. Devenus adultes, les "jeunes" sont avant tout des consommateurs égoïstes, hyper-individualistes. Ici, on brûle sa jeunesse par tous les bouts, et c'est certainement à Shibuya que c'est le plus visible.
Ils ont bien raison, ma fois, on n'est jeune qu'une fois.
De Tôkyô, à 40 ans et quelques,
Suppaiku
(bon, il serait peut être temps de faire du japonais, non mais...)
PS : J'ai lu que France-Soir faisait faillite et que les journalistes et salariés faisaient grève... Que l'on s'émeuvait. Jusqu'aux "jeunes" qui ont envahi le quotidien économique La Tribune de se réclamer de la "lutte" des salariés du quotidien.
Communiqué de presse 001 de Suppaiku : C'est avec une très grande joie et un bonheur indescriptible que j'apprends que le plus gros torche-cul de la planète après News of the world fait faillite. Ce journal raciste, xénophobe et fouille merde, mal écrit, juste digne de l'autre tête de cul de Philippe Bouvard, véritable torchon créé par je ne sais quel designer pour habiller l'autre conne d'Amanda Lear pour aller aux Grosses Tête sur cette radio de merde appelée RTL, ce journal a enfin crevé et j'en suis très heureux. J'aimerais juste que, comme ses journalistes l'ont réclamé pendant des années en tirant à boulet rouge sur Mitterrand, on ait supprimé les aides sociales et autres "aides aux assistés" afin qu'ils crèvent tous de faim à côtés de leurs poubelles de naguères. C'est bien fait !
mardi 18 avril 2006
Ouf, c'est enfin le printemps !
Hier soir, j'ai vu une publicité avec Koizumi Jun'ichirou. Fond vert derrière lui, il était souriant, décontracté. Il est celui qui avait promis un nouveau Japon, il a tenu ses promesses. Enfin, c'est le message officiel. Ou plutôt le message du 自民党, le Parti Libéral Démocrate, son parti. Il s'agit certainement de préparer le naufrage du parti d'opposition, le 民主党, le Parti Démocrate du Japon, désormais dirigé par un "ancien" homme de droite naguère membre du Parti de Koizumi... Quand je vous disais que Maehara Seiji était pas si mal, hein... On voulait pas me croire, ben voilà, ceux qui ont aidé à le renverser ont pris le parti, unis à ceux qui étaient prétenduement de gauche. Pour le coup, je suis déçu par Kan Naoto. Je serais curieux de savoir qui a inventé ce fameux mail qui a conduit au Hara-kiri, au suicide collectif de toute la - jeune, très jeune - direction du Parti Démocrate.
C'est vrai que Maehara était un modéré, partisan de la révision de la constitution. Mais j'aimais son radicalisme au sujet de la corruption de la société japonaise, sa critique des dépenses publiques tournées vers le clientélisme. J'aimais ses visites dans le monde entier, cherchant à insérer la Parti Démocrate du Japon dans un ensemble plus grand, celui du "progressisme" international. J'aimais ses offensives tous azimut contre Koizumi, ses critiques radicales des politiques familiales et sociales de la droite japonaise. J'aimais ce discours sur "les salariés", grands sacrifiés des restructurations et des politiques clientélistes. J'aimais le jeunesse de ces hommes et ces femmes dont l'élégance ressemblait à celle des salariés de classe moyenne que l'on croise, éméchés en costumes et tailleurs pastels, le vendredi soir à Shinjuku. J'ai aimé jusqu'à leur connerie de mail : ils ne se sont pas démontés quand ils ont compris que c'était un piège qui leur avait été tendu (deux de mes élèves m'ont présenté cette histoire sous cet angle, ça m'a confirmé). Tous, jeunes hommes et jeunes femmes ont fait front, ont continué de critiquer Koizumi et sa politique, Koizumi et son système, jusqu'au bout, jusqu'à leur démission, acte de bravoure collectif mais qui fait suite aux critiques à peine voilées des "barons" du Parti, ceux de la "gauche", d'abord, écartés l'an dernier par Maehara et son équipe, puis ceux de la "droite" qui finalement, tous alliés, ont renversé la jeune et bouillante direction.
Je pense que Maehara voulait prendre le pouvoir. Je crois que c'est finalement ce qui lui a été reproché. Ici, le pouvoir est pour les vieux. Pour des hommes comme cette vieille baderne de droite qui vient de prendre la tête du parti. Pour des loser à la Rocard comme Kan Naoto qui a participé à l'éviction de la jeune direction. "Faut laisser faire les spécialistes", disait Ferré, répondant par une chanson amère à ceux, "spécialistes" et "critiques" qui lui reprochaient d'avoir osé dirigé Coriolan, de Beethoven...Désormais, Koizumi n'a plus qu'à imposer un successeur d'environ 45/50 ans qui prendra sa place à la fin de l'année et le tour sera joué. Son parti sera "rajeuni" et l'opposition en sortira encore plus ratatinée. Il n'y aura plus, avec la complicité des médias, qu'à favoriser l'expression de la très bouillante leader socialiste du 社民党 pour achever le travail. C'est une vraie pro de la critique, elle a été assez active dans l'histoire du mail, elle aussi, pour dire que les deux partis se valent, avec ses 10%... Pas que je n'approuve pas sur le fond les critiques socialistes mais je pense vraiment que dans un pays comme le Japon, le principal n'est pas d'avoir raison, c'est, comme en France, dégager la droite. Une droite qui, ici, entretient la crainte du monde extérieur, favorise une agriculture coûteuse et une économie concentrée entre quelques groupes surpuissants. Je ne pense pas que Maehara eut changé tout, mais en favorisant un certain pluralisme, une ouverture sur le monde, une forte féminisation à l'image de son équipe, une réforme sociale "à l'Européenne", on pouvait espérer quelque mieux. Les barons ne veulent pas de cela. On peut deviné qui a tendu le piège au bouillant député Nagata, qui se cache derrière ce journaliste qu'il estimait "de confiance" comme il le confessait sans jamais dévoiler sa source (moi, je ne me serais pas gèné !). Enfin... Je vois d'avance Koizumi blaguer avec le nouveau pachiderme du Parti Démocrate, sur son évolution et ses capacités à changer le Japon...

Comme Barbara, "moi, j'm'en balance", finalement. Le temps est désormais plus agréable et même la pluie ne nous écarte pas du printemps. Les températures sont clémentes et aujourd'hui ont devrait faire dans les 23°. Il y a du soleil depuis hier, il y en aurait encore demain d'après la météo, bref, c'est bien agréable tout cela. J'ai une nouvelle casquette que j'ai achetée lors d'une promenade samedi soir dans le quartier de 下北沢, Shimokitazawa, à l'ouest de Shibuya/Shinjuku. Un quartier jeune, dynamique, celui que l'on peut voir dans Tokyo eyes, le film.
Et comme le temps est plus clément, je commence ma -très lente- digestion de mon Homesickness. J'en ai pour un moment car c'est profond, je crois. Ce voyage qui durera des années, c'est un aboutissement, c'est aussi un moment charnière car je voulais être ici pour faire certaines choses et c'est le moment, maintenant, de les faire. Bah, je ne suis pas en retard sur mon planning, c'est juste que le temps passe et que j'en prends plus conscience ici qu'à Paris où mes habitudes masquaient cette marche irrémédiable du temps. Mais quand même, et c'est important, ma déprime n'est absoluement pas Houellebecquienne ! J'y ai pensé un moment, mais finalement non. Ce n'est pas un train train engluant, sorte de Nausée Sartrienne. Il y a de la Nausée, bien sûr, mais c'est plus une crainte d'ancienne nausée. C'est plutôt l'impuissance qui précède l'action, le bon, par quel bout je commence... ?
J'ai passé un bon week end, et Jun est toujours là... Je ne sais toujours pas quoi en penser mais je me dis aussi que pour le coup, je pense trop. On verra bien s'il suit mon rythme ou non, c'est tout. En attendant, nous visiterons 鎌倉, Kamakura, dans deux semaines...
De Tôkyô, circonspect,
Suppaiku
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