mardi 31 octobre 2006

En attendant que mon riz soit prêt...


Et voici le plus beau : mon cuiseur de riz, le premier objet que j'ai acheté spécialement pour mon nouvel appartement. San'yô. Il est petit. Je l'ai acheté d'occasion car le cuiseur de riz japonais est cher. Le miens, neuf, vaut environ 10,000 円, soit environ 70€... Je l'ai payé 6,300円. Il est équipé d'un programmateur, on peut choisir différent types de cuissons (riz complet, riz blanc, yaourt, etc...), il garde la chaleur sans brûler et l'御釜/ okama/ récipient (au passage, okama veut aussi dire "folle", "tante", "pd"...) est dans une espèce de fonte épaisse, lourde et anti-adhésive... On n'arrête pas le progrès et je suis bien loin de mon cuiseur "Tiger" chinois à 20€ chez Tang Frères...

Je me prépare du riz (du 新米/shinmai/riz nouveau). Je vais le manger avec du カレー/karee/le curry japonais. Connaissez-vous l'origine du カレー? L'Inde, me répondrez-vous ! Eh non, l'Angleterre, mes chers Watson ! A la fin du 19ème siècle, lors de la guerre Nippo-chinoise, les soldats Japonais mangeaient des ration de curry anglaises. Bref, une adaptation industrielle à des fins strictement militaires du célèbre assortiment d'épices indien. Les Japonais ont adoré et on a rapidement préparé des curry, alors appelés "karé", à l'anglaise. Le kare japonais a donc une texture épaise très éloignée de la texture crémo-liquide du curry indien, et le goût du kare "traditionnel" est plutôt doux, un peu sucré. Pourtant, le goût pour le voyage et l'exotisme ont conduit les grandes marques et "la" ville du kare, Yokohama (il y a un musée du kare...), a proposer de plus en plus de variétés toutes plus ou moins influencées par le grand cousin Indien. Ainsi, les kare "ordinaires" sont ils désormais vendus moins de 100円 quand on trouve ces "nouveaux" kare pour plus de 300/400円... Je parle bien entendu des kare "tout prêt" en sachet. C'est d'ailleurs jusque la manière de préparer le kare qui se modifie puisqu'on trouve de plus en plus de "poudre スパイシー, épicées" à la place de ces espèces de tablettes de chocolat à rajouter à l'eau.
Le miens, assez épicé, je vais l'accompagné de トンカツ/tonkatsu/ porc pâné. On dit alors カツカレー/ Katsukare. C'est un grand classique. Certains joueront au fines bouches, il n'empêche : il y a plétore de restaurants de kare et certains proposent des カツカレー véritablement délicieux. Moi, j'adore le カツカレー...


Couverure du troisème tome de journal de Fabrice Néaud.

Mon collègue Martin (allez donc visiter son site, ici ) m'a prêté des bandes dessinées : des BD de Chaland, dont je ne me souvenais plus mais dont les graphismes ont, avec ceux de Floc'h et de Serge Clerc, bercé mes 16/17 ans; et le journal de Fabrice Neaud. J'en parlerai ultérieurement quand j'aurai achevé la lecture du tome III, un véritable pavé. Une oeuvre qui, comme mon blog, explore les voies difficile du récit à la première personne, sans tomber dans le piège de l'auto-fiction. Ce n'est pas un roman, c'est un journal intime partagé, dessiné. Ca dose l'autre tétard de Guillaume Dustand (c'est toujours facile, utiliser un pseudo, quand on est fils de grand bourgeois et de jouer à la victime qui assume...). C'est un récit fragile. C'est une homosexualité douloureuse, celle de la province. Une homosexualité dans la marge et loin des strass et de la reconnaissance. C'est intelligent, c'est bien raconté et je ne peux en le lisant m'empêcher de penser à mon ancien voisin Guillaume. Je suis différent de Fabrice Neaud, je vois les choses différemment, ma psy m'y a d'ailleurs vraiment aidé, je me suis libéré de ce dégout de moi-même que de nombreux gays peuvent avoir en eux. Mais ces albums sont de grands récits, et je reconnais des personnes, une époque. Ces années 90 grises que nous avons traversé, de Bérégovoy en Balladur, la crise et le chômage. Au point où j'en suis de la lecture, il n'y a pas le SIDA, et cette absence me fait craindre le pire dans la suite de l'histoire. J'ai en effet appris avec mon analyse n'est pas ce qui est dit, mais ce qui est tu (intéressant pour des récits à la première personne...). IIIème tome et pas un mot. Juste des allusions (un énorme ganglion ici, des capotes par là)...
Bon, à par cela, j'ai un peu modifié ce blog : remis les liens, corrigé une erreur pour mes albums photos et créé un nouveau blog qui accueillera mes recherches sur l'époque de "la bulle".
De Tôkyô,
avant de me régaler en écoutant Hamasaki Ayumi (ha ha ha ha...)
Suppaiku

Amis de bulle, bonjour ! (cliquer)


(vidéo : dorama jikô keisatu/事項警察/affaires classées... ou, dans un épisode, ce qu'il reste de la bulle... )


photo : EN HOMMAGE...

lundi 30 octobre 2006

Un autre post, un autre podcast (cliquez)

Il n'y a pas très longtemps, le Monde Diplômatique titrait sur le Japon en le présentant comme un pays qui avait su sortir de la crise sans appliquer les recettes de la mondialisation libérale. Je dédie ce cliché à l'éternel tétard Ignacio Ramonet et à son fils qui n'est pas un pistonné ni un fils de, mais qui s'est fait lui même, sans aucune relation...

Je reçois ce matin un mail de Dul qui déplore à mots couverts mon absence sur ce blog. Je lui dédis ce post !
Dul, comme bien d'autres, est devenue à croc aux doramas. C'est drôle, j'ai lu son mail et j'ai repensé qu'il y a encore peu de temps, c'est par la petite lucarne de mon ordinateur que je gardais, entretenais, développait le contact avec le Japon. Bien du temps est passé, et c'est encore très présent, ne serait-ce que quand je constate l'écart, logique, entre les fictions et la réalité de ce pays à l'histoire si lointaine, aux traditions si différentes sur lesquelles se plaquent des pans entiers de modernité parfois encore très mal digérée dans un climat général d'indiférence à la culture et à l'histoire de ce pays et d'intérêts aiguisés pour tout ce qui touche aux autres pays...
Tenez, cette photo de "poussin" au carrefour 109 (prononcer Tokyu/十九/ときゅ/10-9 et non hyaku-kyû : Tokyu est une ligne de chemin de fer/ grands magasins...) à Shibuya. Vous avez vu Kimi ha petto avec Koyuki (la jeune universitaire perdue de Kairô/回路 de Kurosawa Kyôshi et également jeune femme dans The last machin-choz keujépavu) et Matsumoto Jun (chanteur du groupe "janizu" Arashi) ? Koyuki en nounours au parc d'attraction... Hehehehe....


Puisque je parle Shibuya, autre carrefour, le 渋谷交差点, quasi-mythique celui là avec son chien Hachiko au point que l'abréviation de ce sus nommé Shibuya Kôsaten est 八交 (croisement Hachi), mais qui n'en est pas moins dominé par un 109-2. Une foule fantôme, nombreuse, pressée et compacte s'y croise anonymement dans le vacarme incessant des 3 grands écrans qui le dominent. J'ai toujours du mal à mettre des images sur ce que mes étudiants les plus âgés me racontent de cet endroit il y a une quarantaine d'années. Des champs, de petites maisons...

L'automne est désormais installé. Au Japon, c'est une saison bien marquée : on bascule quasiment d'un coup dans un temps frais certe, mais sec essentiellement. Cela ressemble un peu à l'automne en France mais je pense que c'est sans le risque d'averse qui caractérise cette saison chez nous, dans le nord pour le moins. Nous sommes allés nous promener samedi matin dans le parc du Palais Impérial, au coeur de Tôkyô.

Arbres en fleurs, essences variées...

Un parc magnifique, un réel poumon dans cette Capitale mais finalement, comme Gosho à Kyôto, certainement pas l'endroit le plus intéressant à visiter. Les essences d'arbres sont certes variées et composent de véritables festivals de couleurs mais on est loin de la richesse d'un Koishikawa kôrakuen/小石川後楽園, à Suidôbashi/水道橋, par exemple. Malgré cette réserve à caractère "esthétique", il fut très agréable de traverser ce parc sous un soleil chaud tempéré par un vent frais. On est loin des grandes suées de l'été.
Mes week-ends ont changé depuis un certains temps puisque mon planning a changé lui aussi. Beaucoup de nouveaux changements, d'ailleurs. Un téléphone fixe, la sécurité sociale, un appartement... Me voilà bien dans mes murs, bien chez moi et qui s'interroge : ne serait-il pas le moment de partir travailler à Shibuya, Kichijôji ? J'aime garder ces portes ouvertes. Et n'en déplaise aux détracteurs, NOVA n'est pas le grand méchand loup et beaucoup de choses sont toujours négociables en matière d'horaires, de lieu de travail. Ainsi, concernant un enseignant, on m'a dit qu'il avait ses samedis et dimanche (les 2 ! rare chez NOVA) car il avait une vie de famille. Peu d'entreprises se montrent aussi conciliantes. Je ne dis pas que c'est un paradis, non, mais pour une entreprise qui utilise une main d'oeuvre étrangère "flexible", il y a quand même une pointe d'humanité. J'ai entendu des choses bien pires sur d'autres écoles...


Nouveaux week-end. Je quitte le vendredi plus tôt, vers 17h40 et ne reprends que vers 13h20 le samedi. Je quitte en revanche plus tard le samedi soir, à 21 heures. Samedi, nous sommes alés dîner de Gyôza -raviolis grillés- à Kanda. Ce fut difficile, toutefois, de trouver un restaurant ouvert à cette heure là. Les Japonais sont des couche-tôt. Ou en tout cas, les gouvernements réactionnaires ont veillé à maintenir les horaires de la société rizicole : lever du soleil à 3 heures et coucher à 19h en été... Imaginez en hivers...

Ces nouveaux weeks sont un peu "déphasant" car j'ai un lundi plein : auparavant, mes journées pleines me synchronisaient avec le week-end, du vendredi au dimanche, si bien que la semaine commençait par des demi-journées, je me sentais en phase. Mon lundi est désormais une journée pleine. C'est un peu bizarre, comme sensation. Cela étant, je gagne une soirée de vendredi et un samedi matin, ce qui permet de belles promenades avec Kaikai. C'est moi qui ai négocié : il fallait une personne le samedi en soirée, j'ai donc demandé cette soirée du vendredi. Le responsable du Kantô est une personne réglo.
Sinon, la vie dans mon quartier est agréable, même si je suis loin de tout. Je peux découvrir la ville tranquillement. J'ai trouvé une belle occasion avec cet appartement, vraiment. Son "loft", ses 5 mètres de hauteur sous plafond, un beau volume. Et même si c'est un peu loin, cela reste Tôkyô.


Quelques traces du Japon, ici, un joli ensemble automnal dans le métro, ce week-end...

Je suis allé à la mairie la semaine dernière. J'ai pris la Sécurité Sociale d'Etat, puisque NOVA ne donne pas facilement la Sécurité Sociale d'Entreprise, la réservant au personnel "fixe". Certains se bagarrent pour l'avoir... J'ai opté pour une solution plus individualiste, la Sécu d'état, puisque cette possibilité existe, et qu'elle est moins coûteuse. Hormis le chômage et les congés maladies qui ne sont pas couverts, la couverture maladie est, elle, quasi identique. La première année est peu coûteuse (30,000 円), proportionnelle aux revenus par la suite. Je pense que je paierai environ 20,000円 par mois. Ca le vaut...
A chaque visite à la mairie, on me forçait la main. Je trouve rétrospectivement que j'ai été idiot de ne pas le faire avant, mais on entend tellement de choses contradictoires à ce sujet.
Bien, c'est l'heure de me préparer.
J'espère, Dul, que ces quelques lignes t'auront fait plaisir. Merci, au passage, à mon fidèle lecteur Mulgon Melta, qui est devenu papa il y a un mois maintenant, et merci pour ses commentaires. Merci à TB et Rasen qui réagissent au quart de tour à ma moindre réapparition, merci à Nicolas, bien sûr, et à AtomicDog le Lillois. Merci à Jean François "Capgran" qui m'a laissé un message qui m'a fait très plaisir. Et merci à mes fidèles lecteurs posteurs, comme Jean-Pierre de Tôkyô. Merci à JM du site lejapon.org parcequ'il a créé le site pivot, le site référence quand on veut vraiment parfaire sa connaissance de ce pays, et qu'il est un carrefour. Merci au passage au fidèle lecteur Maruchan !

Merci et bonne chance à Tarikavalli qui entame sa carrière au Portugal.

Bon, à demain ! Promis, je reposte plus souvent... !
De Tôkyô, reconnaissant

Suppaiku

jeudi 19 octobre 2006

Un deuxième podcast vidéo en ligne (cliquez ici)

Dimanche dernier, mon premier dimanche libre depuis mon arrivée au Japon... J'ai ressorti la caméra vidéo et je vais ainsi vous faire quelques petits films que j'incluerai dans un flux RSS. De petits podcasts vidéo en quelque sorte ! ごゆっくりどうぞ (goyukkuri, dôzo) comme on dit par chez moi.
Nous sommes allés nous promener vers Enoshima et Kamakura. La vidéo vous présente une maison traditionnelle du Kantô (la région de Tôkyô) à Fujisawa. Je l'ai trouvé intéressante, l'ai filmée et je vous la présente. On peut trouver de telles "maisons musée" un peu partout finalement. C'est important qu'il y en ait car comme je l'ai déjà écrit, les Japonais sont assez ignorant concernant leur propre histoire, soit simple désintérêt, soit difficulté à la saisir tant celle-ci est invisible : les tremblements de terre et la guerre ont entrainé des pertes irréparables, la croissance économique ayant comme partout ailleurs "fait le reste".
Le film est réalisé à partir de la cuisine. On peut voir cette grosse bouilloire suspendue à un gros poisson en fonte : ici de l'eau chaude permettait de servir du thé tout au long de la journée, de tenir une soupe chaude. Le grand feu quand à lui permettait de cuisiner, préparer le riz. La maison, quoi qu'ancienne, porte les traces du temps et des "modernisations successives", comme l'électricité (les abats-jours de style années 30 par exemple).
Hier, je me suis acheté une vraie poêle, une cocotte minute (appelé ici un cuiseur rapide de nabe) et un aspirateur. Passionnant, non ?
Bon, je vous laisse, je travaille aujourd'hui.
De Tôkyô,
occupé
Suppaiku

mardi 17 octobre 2006

Le train-train qui s'installe : bonheur japonais


Première soirée avec Kaikai dans mon appartement, ambiance camping, le soir de mes 41 ans. juste après être allé visité le IKEA de Funabashi.
Incroyable comme IKEA est ici une sorte de délivrance face à ces objets de qualité médiocre que l'on trouve chez MUJI. Je crois même pouvoir affirmer sans me tromper qu'IKEA est moins cher au Japon qu'en Europe.


Mon quartier me plaît bien, mon appartement aussi. Même si Kasai est excentré, cela reste très raisonnable et je peux me rendre à mon travail en 45 minutes de vélo ce qui reste somme toute raisonnable. Ce que j'aime le plus, à Kasai, c'est revoir le ciel. Cela me faisait un peu cette sensation, à Londres. Je crois que le manque de beauté architecturale, ces néons omniprésents le soir (qui sont au demeurant un des chermes de Tôkyô), tout cela créé une sorte de fatigue nerveuse que seul la tranquilité des quartiers excentrés apaise véritablement.


IKEA, à Funabashi. Une révolution, ici ! Les foules s'y presse et lors de ma visite en pleine semaine, à la foule ravie, enchantée qui se pressait de "kawai" en "chou kawai", je ne doutais pas qu'il s'agit bel et bien d'un succès à l'opposé de l'échec retentissant de Carrefour. Ici, on trouve tout ce que l'on peut attendre de l'Europe. C'est ce que les clients recherchent. Chez Carrefour, la déception fut grande car l'organisation du magasin "à l'Européenne" se doublait d'une "quasi" absence de produits Européens. Les Japonais n'ont pas bien compris. IKEA est le symbôle même de la tentation du Japon : être un pays occidental comme un autre.

J'eu certe préféré l'ouest, plus jeune, mais mon quartier est agréable, près de la baie de Tôkyô. Ainsi, franchissant le grand pont suspendu qui passe sur la rivière Ara, je profite du vent marin, de son odeur et de sa vigueur. Cela aussi, ça m'a aidé à choisir d'habiter ici. Ma première sensation fut ainsi le métro, devenant aérien, puis la baie, fantastique ouverture, clarté.
Depuis un mois, il n'y a pas grand chose de changé, hormis, donc ce déménagement qui m'installe un peu plus dans mon nouveau pays. J'y trouve mes repères et mes habitudes, mon train-train quotidien, tout ce qui m'est nécessaire pour crééer. C'est intéressant de voir à quel point la gaijin house ne me correspondanit pas, je m'y sentais en transit, provisoire. Je suis et je reste un fils d'immigré : c'est important, pour moi, au fond, de me sentir posé, installé, même si c'est aussi quelque chose que je me suis longtemps refusé.


Nouveau quartier, nouvelles promenades. En fait, l'éloignement a du bon. Je saute sur mon vélo et me voilà traversant tous ces quartiers délaissés de l'est. Par ici, la mer se fait plus présente. Les rivières, les canaux sont nombreux, la ville basse, celle des marchants et même des pêcheurs est encore visible par endroit. C'est moins riche mais plus tranquille et des morceaux du Japon d'après guerre sont encore visibles. Il y a aussi de fantastiques parcs, immenses comme celui qui borde le Musée d'Ert Contemporain.

J'ai tout fait moi même, pour m'installer ici. Electricité, gaz, internet. Il a fallu appeler la Hotline de Yahoo (mon fournisseur ADSL), ce fut un peu difficile (c'est un call center, le gars répétait tout au moins trois fois pour une fois répéter (particule finale : ne), puis une autre fois pour la vraie validation (fini par deshou ka) puis, après validation il a tout répété. J'avoue qu'à la troisième validation, j'ai patiné et je lui ai demandé de répéter (je ne comprenait pas ce qu'il voulait, à tout répéter comme cela). Il s'est excusé de ne parler que japonais (sic) et il a tout recommencé. Je me suis alors rappelé de CORTAL et j'ai acquiessé à tout ce qu'il demandait. J'ai pu raccrocher), mais j'y suis arrivé. Un agent du gaz est venu et j'ai enfin reçu hier ma première facture d'électricité qui me confirme que Sakura House sont vraiment des voleurs.


Promenade à Enoshima et Kamakura, dimanche. Mon premier dimanche libre depuis mi-février. Une promenade agréable (album à venir)


Dans mon quartier, il y a plein de supermarchés et même une sorte d'hypermarché, JUSCO. Je dis une sorte car c'est très différent tout en étant similaire. Hormis le fait que c'est bruyant (des magnétos diffusent des pubs dans chaque rayon, en boucle, une horreur !), il y a des magasins dans le magasin. Cela étant, passé un certain étonnement, cela ressemble quand même à un supermarché de chez nous, bref, on y trouve tout. C'est moins cher qu'à Kagurazaka, et les promos sont un peu à l'anglaise : des lots avec une partie de "gratuit". J'ai un congélateur, cela est donc intéressant. Ceux qui me connaissent le savent, je suis un malade des supermarchés. J'adore mon JUSCO !
L'actualité française me semble lointaine. Vers chez nous, c'est l'essai nucléaire de la Corée du Nord qui nous inquiète le plus. C'est que c'est 500 kilomètres de chez moi... Ou alors le nouveau premier ministre, Abe Shinzô. Nos tremblements de terre, réguliers ces temps-ci (j'ai pu tester le côté "élastique" de ma maison il y a trois jours) ou ces typhons immenses qui heureusement dévient tous vers le nord en nous frôlant.
Cela étant, si je puis me permettre et comme la campagne interne au Parti Socialiste a commencé, je vous reconfirme mon choix avec ma première "affiche/fond d'écran" (cliquez pour agrandir) . Je réitère mon soutien à Ségolène Royal. La fleur n'est pas un hazard bien évidemment, je l'ai photographié dans un magnifique jardin de Kamakura.
Bonne journée, de Tôkyô
Suppaiku

lundi 16 octobre 2006

C'est reparti ! De Edogawa-ku !

Bonjour à vous. En exclusivité, moi, qui frappe sur mon ordinateur et qui boit du café!
Vous ai-je manqué ? Désolé, il y a eu ce mois de septembre qui m'a empêché d'écrire sur ce blog : je n'avais plus le net ! Et ça, je peux vous l'assurer, ce n'est pas facile tous les jours : on s'y habitue, à ces petites choses là !
Pourtant, j'ai pensé à vous, comme vous pouvez le voir sur cette vidéo, , réalisée le 20 septembre alors que je venais tout juste de rendre les clefs de Kagurazaka. Sentiment de solitude (finie la colocation, bonjour les factures) et de joie devant ce studio qui semblait n'exister que pour moi, avec son parquet, son "loft" et ce soleil si fort (exposé plein sud) que je suis obligé de baisser les stores. Ne croyez pas que ce soit un défaut, pour moi, baisser les stores dans un appartement, c'est une qualité essentielle, celle-là même qui m'a de suite fait tomber amoureux de l'endroit. Je baisse les stores et soudain, je regrette, je regrette que mes amis ne soient pas là avec moi à cet instant, on ouvrirait un rosé bien frais, on mangerait des fromages. Je repense à ces soirées chez Nicolas, chez Stéphane, la terrasse Porte de Bagnolet, Alain que l'on va chercher Gare de Nord, mes courses à vélo à travers Paris, Alésia, Gambetta, Strasboug-Saint-Denis, et ces litres et ces litres de rosé que l'on a pu boire au moindre rayon de soleil qui nous faisait baisser les stores, fenêtre ouverte, juste ce qu'il faut pour s'imbiber du sud nécessaire... Tout cela n'existe plus puisque chacun a déménagé depuis, qui dans le nord, qui en banlieue, et jusque Tarikavalli partie vivre au Portugal. Fidèles à leur maison Fredérique ici, et Alain là, à Londres. Mais je pense à tous et ma mémoire les réuni, stores baissés, soleil filtré qui entre et réchauffe le parquet. Nous sommes tous des enfants du sud, dans ma bande.
J'ai eu 41 ans le 21 septembre, après avoir passé ma première nuit chez moi, à Kasai. Amusant, non ? L'an dernier, je passais la nuit dans un hotel d'Osaka, avec une accélération folle du temps, comme une promesse d'avenir à l'aube de ma vieillesse (j'aime être honnète avec ce que représente réellement mon âge : à 40 ans, on est mûr). L'année s'est donc achevée à Kasai, dans un certain désordre, celui d'un déménagement/ emménagement. En un an, j'avais accompli une révolution totale. Le train train s'était installé mais je m'étais déplacé entre temps de façon vertigineuse. En me couchant le soir, j'ai eu un sentiment de travail bien fait, de chemin parcouru, de promesse tenue. Et j'ai compris alors que mes 41 ans seraient l'âge d'un travail important sur moi-même et sur ma place, sur mon travail et mes désirs. Vivre au Japon pour de vrai, cela commence par un appartement et un travail, et je les ai. Mais cela n'a de sens que si je réalise quelque chose avec. J'y travaille mais c'est certainement la part la plus difficile. J'ai beaucoup à faire cette année, donc. Après la promesse vient le temps de la fidélité avec moi-même... A 41 ans, la jeunesse est passée. On n'a plus de compte à rendre à personne, ce que l'on fait seul parle, il n'est plus question de s'illusionner sur quoi que ce soit. Je me content de ce que j'ai donc, et je ne fais que ce que je fais.
Je vis à Tôkyô, j'enseigne le français, j'ai un petit ami. J'écris, je photographie : je capte les traces du temps qui passe.
Je m'emporte parfois contre les gens ici. On ne se refait pas ! Je suis et je reste un Français rouspétard, lucide. Les "amoureux transis" du Japon sont soit des fachos qui s'ignorent, soit des aveugles ou encore des touristes enchantés. Ce pays est blindé de défauts et, comme il est peu démocratique, ceux-ci ne disparaissent que très lentement. Un exemple :l'absence de chauffage dans les appartements sous prétexte qu'ici il n'en est pas besoin (donc, on se les gèle de décembre à avril, on se ruine en climatisation qui ne chauffe rien et provoque des allergies, en kotatsu qui ne chauffe que les pieds et provoque des incendies, chauffages d'appoint que l'on finit par acheter et qui donne à de modernes appartements une touche "années 60"...). Mais que veut on, le Japon n'est pas l'Occident, donc il n'y fait pas froid (vérité officielle rabachée par mes étudiants).
Je suis gentil, j'ai choisi un exemple mignon.
Mon copain croyais que j'aimais les gaijin house... Il a été surpris que je veuille déménagé, mais il a avoué qu'il n'aimerais pas habiter dans une maison de ce genre qu'il réserverait plutôt à de vieux hommes célibataires...
Bon, ma lucidité rouspétarde passée, je vous avoue aussi que je n'imagine même pas pouvoir rentrer en France pour le moment.
Le Japon est bardé de défauts, il est aussi rempli de qualités. Ils sont 50 à faire le travail qu'une seule personne pourrait faire, ils s'y affaire avec des allures de Titanic, et c'est parfois pesant. Mais ils le font avec le sourire et il m'arrive souvent même de sentir une gentillesse non feinte mais dissimulée comme hier soir cette jeune fille à la boulangerie d'un centre commercial de Yokohama visiblement ravie, enchantée de vendre une baguette à un Français. Ou ce monsieur, hier encore à Yokohama, à l'entrée d'un jardin rempli de roses et me baragouinant dans du japono-anglais que les roses étaient écloses et que c'était magnifique à regarder. J'en oublie alors ces tétards qui ne veulent pas s'assoir à côté de moi dans le métro aux heures de pointe et qui préfèrent rester debout ! Et ces deux monsieurs à l'agence immobilière, surpris que je parle japonais, et encore plus que je l'ai appris en France et qui, quand je sortais, se sont tous les deux levés et se sont inclinés pour me dire au revoir, politesse japonaise rarement servie aux étrangers quand ils ne sont pas des touristes.
Bref, si dans ce blog il m'est arrivé d'être très virulent, je rappelle aussi que c'est d'abord parce que j'y aime beaucoup de choses que je suis critique avec les Japonais. Je suis Français, et en France on dit que "qui aime bien châtie bien". Les post-ados qui trouvent super tous ces jeunes qui font des baitos sous payés sans se plaindre ni rechigner à mettre parfois des costumes débiles n'ont qu'à commencer eux même à travailler dans des macdo pour payer leur voyage plutôt que se plaindre du coût élevé des billets d'avion ! Mais c'est si facile de trouver du charme à la vie des autres, aussi minable soit-elle, pour combler l'absence de vie dans sa propre existence. Vivre par procuration. J'ai vu Tôkyô ces jeunes occidentaux de 20/30 ans habillés cosplay. Ridicule. Le beurre et l'argent du beurre. Rentrés en Occident, le retour au terne et à leur vie d'Otaku. Mais bosser à Macdo, ça jamais...
Incapable de voir les difficultés de ces jeunes qui n'ont d'autre choix ici que ces boulots mal payés. Le Japon est une société très dure avec les Japonais. Tout le monde ne vit pas dans les classes moyennes et les jeunes comme les plus agés se sont réellement appauvris avec la crise, la précarité s'est réellement installée.
Le vrai miracle est qu'il gardent encore le sourire, et que celui-ci soit même teinté de sincérité. Alors mon coeur s'emballe, et je pardonne beaucoup à ces idiots qui ne s'assieds pas à côté de moi dans le métro aux heures de pointe.
De Tôkyô,
de retour,
Suppaiku

vendredi 13 octobre 2006

Ouf ! J'ai enfin internet !

Fin des travaux ! J'ai le net ! A bientôt !
Comme je le disais à des amis dans un mail,
"Rapidement (il est tard ici) pour signaler que je vais bien !!! J'ai enfin internet depuis cet après-midi dans mon nouvel appartement. Je ne savais pas à quel point on pouvait s'accoutumer à un truc pareil... ! Enfin, me voici revenu à la civilisation.
Je ne tarderai pas à vous recontacter avec de plus amples nouvelles, ainsi que revenir sur mon blog qui "poireaute" depuis près d'un mois.
Comme le temps passe... Entre temps, me voilà à 41 ans...
Bise à tous !"
Passe fichtrement vite, le temps...
De 江戸川区
Suppaiku