lundi 25 décembre 2006

Nicolas


J'ai reçu un cadeau de Noël, aujourd'hui 25 décembre. Versailles Rive Gauche. Je crois qu'aucun film ne raconte mieux ma génération que ce film qui sort enfin en DVD. Un vrai cadeau de Noël... sous mon sapin pour la photo, et rapidement consommé avant de blogger.

C'est étrange, peut-être, donner un prénom à un post sur un blog. Les "consommateurs de Japon" seront peut-être déçus mais, comme je l'ai mainte s fois expliqué, je ne réalise pas un blog sur le Japon. Je vis au Japon, c'est différent.
Pour la première fois depuis plus de 25 ans, il y avait où je vivais un sapin. J'en avais envie. Un truc de gosse. Mon sapin. Au Japon certe je l'ai fait en plastique. Je suis allé chez ドンキホーテ/Don Kihôte/Don Quichotte (un magasin plein de trucs importés, meubles, casserolles, électro-ménager et nourriture, à prix souvent discountés), j'ai acheté le sapin de 90 cm vendu avec quelques décorations minables. J'ai jeté le "merry Xmas", le "gros ruban", gardé les 2 boules et "la" guirlande ainsi que la guirlande électrique. Et j'ai acheté plein de boules rouges, une guirlande rouge et or, des petites boîtes dorées ainsi que du papier vert "métalisé". Mon sapin n'est pas le roi des forêts, il est juste un rêve réalisé. Cette année je n'ai pas organisé de réveillon, je travaillais dimanche, je travaillais lundi et Kaikai également. Mais ça m'a fait plaisir d'en avoir un. Car après l'appartement, je me suis (ré)équipé : un nouveau lit, du linge de maison, des rideaux... ce qui vous explique mon silence ces dernières semaines. J'ai été très occupé chez moi à réorganiser tout cela, aller chez Ikéa. Ce cycle d'achat s'est achevé par l'achat du sapin et du lecteur Divix de salon.
J'ai donc maintenant un vrai chez moi. C'est un peu petit, 24 m2 en tout mais c'est très bien agencé. Je fais beaucoup la cuisine, gâteaux, petits plats et dernièrement des soupes de légumes à la crème fraîche. Je n'ai pas fêté Noël, ici, on n'en ressent pas du tout la nécessité. Comme je l'ai écrit ce matin à des amis, c'est un peu comme une "sortie de chrétienté", vivre ici.

C'est Noël, et à Noël, au Japon, on mange du Poulet. Je suis gentil avec mon blog, je lui épargne la version des magasins de hamburgers....

Noël est réduit à une simple fête commerciale pour les amoureux qui vont en couple au restaurant manger du poulet rôti. Ca sent le poulet partout, et c'est l'âge d'or de KFC qui vend des barquettes de pilons de poulet frits. MacDonald, Lotteria et MosBurger ne sont pas en reste et proposent eux aussi leur Variation sur le thème de la friture de poulet... Bien entendu, on peut également acheter du poulet de Noël à Seven Eleven ou AM/PM et autres Family Mart...
J'ai travaillé pour la première fois de ma vie un 25 décembre. On s'y fait très bien.
Ce soir, en rentrant du travail, ma boîte aux lettes débordait. Je ne crois plus au Père Noël depuis longtemps. Pour être exact depuis le cours préparatoire. J'avais été très rapide en écriture et j'avais donc élaboré une liste de 3 pages de cadeaux. Les 3 magnifiques cadeaux que je reçu cette année là (un théatre de marionnettes, un mini projecteur d'images et un train électrique ainsi que des chocolats) n'y purent mais : le compte n'y était pas et ce que les rumeurs qui circulaient à l'école devaient être vraies : le Père Noël n'existait pas.
J'ai entendu cette semaine une émission passionnante sur le sujet, dans l'émission La Nouvelle Fabrique de l'Histoire, sur France Culture (les Podcasts, c'est fantastique). Et c'est vrai que le Père Noël avec son habit rouge est un produit américain, une image destinée à Coca Cola...
Autrefois, il y avait par exemple Saint-Nicolas.

Nicolas, hiver 2002/2003, un café-bar à côté de chez moi à Bonne Nouvelle. Pour les accrocs de Photoshop et de numérique, le "flou" n'est pas du flou mais une pellicule TriX 400 poussée doublée d'une vitesse très lente car il faisait très sombre. J'aime pousser le TriX car cela accentu son côté moelleux, ce fameux "flou". Regardez le grain... Juste une petite erreur de focale mais dans le noir, sans auto-focus... Moi, je le trouve très beau, Nicolas, sur ce portrait.

C'est mon Saint Nicolas qui m'a fait mon cadeau de Noël : ai-je été si sage, l'ai-je donc tant mérité ? Je ne l'attendais pas, mon cadeau, qu'est-ce que ça m'a fait plaisir...
Nicolas, comme tous mes amis, c'est un peu un morceau de ma vie. C'est un bon "bout de chemin", comme on dit.
J'avais très mal vécu la fin de ma "première jeunesse" et dès 1991/92, à la faveur de la dépression économique, j'avais commencé à m'enfermer chez moi. Je ne travaillais plus, je fumais beaucoup, je ne sortais que le soir et j'érais dans des lieux de drague où je m'ennuyais à mourir le plus souvent. Cela dit, ces leux représentais l'un de mes derniers liens avec le réel. Le reste du temps, j'allais chez mon frère à Bondy, où nous avions grandi. Là, je crois que nous formions une belle paire, tous les deux...
En 1992, je pense que j'étais suffisament mûr pour le suicide. Je ne m'aimais plus. Je n'avais plus d'argent et je vendais tout ce que j'avais pour manger et donner à manger à Siouxsie. Plus de disque, plus d'appareil photo, plus de livres. A-social et désocialisé, je m'étais enfermé dans l'urgence et j'étais donc incapable d'envisager d'en sortir. Plus de téléphone, une coupure d'électricité, les huissiers, l'interdit bancaire. Je n'ai évité la rue que grace à Bonne Nouvelle... J'ai toujours eu un ange pour veiller sur moi : j'ai énormément de chance. J'ai juste du apprendre à me donner la main et ne pas attendre qu'on me la tende, ce qui fut fort long... C'est moi qui m'en suis sorti, tout seul.
Ce qui ne veut pas dire qu'on ne m'a pas aidé. Mais cette aide, j'ai du apprendre à la demander, ce qui n'a pas été facile, recroquevillé au fond de moi comme je l'étais.
Je suis allé voir Madame Salamon. Je n'oublierai jamais cette femme, cet appartement, ce salon, ce petit cabinet où, assis face à une porte fenêtre juste derrière elle je lui ai parlé, parlé, parlé, et où elle a pris le temps de m'écouter afin de m'aider à dénouer moi même les noeuds que j'avais fait et sur lesquels je commençais à tirer. Une année entière entre l'automne 92 et l'automne 93 où j'ai senti l'énergie se libérer, m'envahir et la vie me remplir comme jamais auparavant. Pour la première fois peut-être j'ai ressenti alors vraiment ce que veut dire "vivre". Je me suis remis à lire, et à écrire, et à écouter de la musique, plein de musique. Je suis devenu RMiste, ce qui était un énorme progrès, et puis j'ai pris mon travail CES dans le cirque Barbarie, pas un truc ringard mais en fait une compagnie théatrale...
Et c'est ainsi que revivifié après de vacances où j'ai arrêté de fumer et où j'ai écouté France Culture en permanence, j'ai pris la décision de reprendre mes études.

Non, ce n'est pas ma photo qui est belle, ce sont les Japonais qui savent mettre le nature en scène...


La rentrée à Tolbiac fut une immense douche froide. Militants ringards, étudiants amorphes, graphitis anti-sémites dans les toilettes. Et c'est ainsi que "Spont'Ex" est né. Une première manifestation contre un truc sans intérêt de Balladur et des regards qui se croisent, une chanson vite écrite, comme des esquisses de quelque chose à venir : j'avais 28 ans. Un jour, j'arrivais en retard au cours de Moderne en amphi N, je suis monté à l'étage. Mon désir de réussir me tranformais en sténographe : d'une fine écriture, sur de petits carreaux je parvenais à écrire presque mot pour mot ce que disait le professeur. Certains trouvent cela inutile, ce que je sais c'est que grace à cela je n'ai quasiment jamais relu mes cours car je les connaissais en fait déjà par coeur... A côté de moi, je remarquais la même écriture, et un garçon frêle, fragile. Je le trouvais "séduisant". Non pas d'une séduction charnelle, plutôt une attirance pour une fragilité, une tension sous jacente que peut-être alors je partageais. C'était Nicolas, "mon" Saint Nicolas. Plus tard, lors d'une manifestation je croisais le regard d'une jeune "petite" fille de 1,45m vaguement rockeuse mais avec des couleurs... C'est Aurélie. A Nous trois nous avons formé un attelage aléatoire. Je ne sais qui supportait la fragilité des 2 autres mais je pense que nous nous sommes fait mûrir réciproquement tous les 3. Il y eu certainement entre nous des sentiments variés (je n'aime pas ambigu car je ne pense pas qu'il y eu de l'ambiguité, plutôt des sentiments variés qui nous dépassaient) mais qui nous apprirent à mieux nous connaître et à forger des amitiés solides. Nous ne voyons plus Aurélie partie vivre à Montpelliers mais j'avoue garder pour elle des sentiments intacts, un peu comme une cousine proche. Je suis heureux d'avoir de ses nouvelles.
Nicolas et Aurélie ont de suite accroché à Spont'Ex. Nous partagions le même désir de lutter politiquement tout en pensant, ce qui dans le paysage de 1993 était fort rare mais marque en même temps ceux qui dans notre génération ont décidé de faire de la politique. Nous parlions de Sartres, Camus, Beauvoir. Nous avons fini par être un petit groupe, varié, divers, différents. Et réussir à étudier, parfois brillament !
Je raconterai un jour quand le Président Nicolas scannera la production Spont'ex...
Il y a eu Spont'Ex, et il y a eu Montesquieu. Il y a eu Bonne Nouvelle, Pantin, Pelleport ou Asnières, Lewisham et Bonne Nouvelle, il y a eu Iidabashi et désormais il y a Kasai. Et il y a toujours Nicolas. Que son cadeau arrive le 25 décembre dans ce pays où Noël n'existe pas me touche profondément. A travers ce geste, ce sont mes amis que je reçois. J'ai des amis d'une qualité que vous ne pouvez pas imaginer. Les plus anciens ont accompagné ma convalescence nerveuse avec une fidélité remarquable, et ils ont tous eu les mots que je pouvais attendre d'eux quand en 2003 j'ai du leur annoncer la "tuile" qui me tombait dessus... Je me permettrais donc de célébrer, en ce jour de Noël, ces amis qui malgré la distance sont bel et bien là. Ces jours sombres de dépression nerveuse sont loin. J'ai trouvé en chemin Nicolas qui m'accompagne encore, et avec qui j'ai refait le mon, l'ai défait, me suis saoulé, me suis amusé. Et puis ces denières années il s'est fait plus rare et nous l'avons tous vus, ravis et un peu étonnés, grandir, mûrir et comme se bonifier, quittant cette fragilité d'avant. Nicolas a rencontré celle avec qui il vit.
Dans mon groupe d'amis presque tous ont cette année vécu un évènement important... Ce Versailles Rive Gauche du bout du monde est un petit morceau d'eux, un petit morceau d'une mauvaise année, 1992, embellie par les ans et l'amitié.
Joyeux Noël
De Kasai,
Suppaiku

lundi 18 décembre 2006

Imprégnation (cliquez)

William Sheller, Epures, 2004
(en écoute, mon hôtel , cliquez sur le titre de ce post)
Comme une lente maturation. Un album qui se digère avec le temps, au rythme d'une lente imprégnation de textes (cruellement) justes. Le plus bel album de chanson française que j'ai entendu depuis des années.
東西線、2006年火曜日12月13日9時10
(le fichier disponible en cliquant sur le titre n'est pas destiné à la commercialisation : je le joins à titre informatif)

Imprégnation (cliquez)

William Sheller, Epures, 2004
(en écoute, mon hôtel , cliquez sur le titre de ce post)
Comme une lente maturation. Un album qui se digère avec le temps, au rythme d'une lente imprégnation de textes (cruellement) justes. Le plus bel album de chanson française que j'ai entendu depuis des années.
東西線、2006年火曜日12月13日9時10
(le fichier disponible en cliquant sur le titre n'est pas destiné à la commercialisation : je le joins à titre informatif)

Imprégnation (cliquez)

William Sheller, Epures, 2004
(en écoute, mon hôtel , cliquez sur le titre de ce post)
Comme une lente maturation. Un album qui se digère avec le temps, au rythme d'une lente imprégnation de textes (cruellement) justes. Le plus bel album de chanson française que j'ai entendu depuis des années.
東西線、2006年火曜日12月13日9時10
(le fichier disponible en cliquant sur le titre n'est pas destiné à la commercialisation : je le joins à titre informatif)

lundi 11 décembre 2006

さようなら、ボーヌヌヴェール...


J
'ai habité 8 boulevard Bonne Nouvelle pendant plus de 20 ans... J'en rêvais avant même d'y habiter. Ma mère avait acheté cette petite pièce de 15 m2 vers 1960. Elle faisait des ménages et était logée. Elle a économisé pendant plusieurs années pour s'acheter ce petit bout d'indépendance. Elle en parlait souvent à la maison quand j'étais petit, elle y avait placé de nombreux espoirs qui furent déçus par la suite. Elle voulait vendre cette pièce et prendre un crédit pour acheter une maison. Mon père a préféré ouvrir un commerce qui les a endettés pendant des années, logeant un "cousin" à Bonne Nouvelle. Ma mère m'a progressivement inspiré, sans peut-être même s'en appercevoir elle-même, d'aller m'y installer dès mes 18 ans. Un moyen de se la réapproprier. Je suis allé m'y enfermer...
J'y ai emménagé à 18 ans et une semaine. Je l'ai brièvement quittée, de 1995 à 2000, vivant alors d'abord en colocation à Pantin, puis à Pelleport et enfin à Asnières, mon premier Paradis. Et puis pour Londres, dans le Dockland chez Alain, puis vers Lewisham à côté du parc de Greenwish, pendant 6 mois. Et j'y suis enfin revenu. Ma présence ainsi que celle de mon frère de 1993 à 2001 ont empêché ma mère de réaliser son voeux : la vendre.


décembre 2002, une série d'auto-portraits dans l'époque la plus idiote de ma vie, je ne commente pas, mais j'en porte encore les séquelles...

Bonne Nouvelle est vendu aujourd'hui. Maman va revoir Paris pour la première fois depuis 1992. Je ne sais ce qui va se passer dans sa tête. J'espère qu'elle ne ressentira pas de regret pour cette vente qui me semble être désormais une très cruelle erreur, la réalisation hors contexte d'un rêve vieux de 40 ans.
Pour moi, Bonne Nouvelle est un souvenir profond, un souvenir vieux comme moi. C'est mapremière maison, j'y ai vécu mes 6 premiers mois. J'y avais placé mes espoirs de jeune homme déphasé qui ne savait pas/plus trop ce qu'il désirait dans la/sa vie.
Au revoir, Bonne Nouvelle
De 葛西
Suppaiku

jeudi 7 décembre 2006

Les grands absents...


Samedi dernier sur le quai du métro. J'adore le prendre en photo. Ca le fait rire.

J'ai toujours, depuis mon plus jeune âge, nourri le rêve de vivre un jour au Japon. Le rêve est devenu réalité depuis 10 mois ! Comme le temps passe... Je ne veux pas jouer au bilan à 10 mois de mon départ, mais le temps gris, la proximité des fêtes de fin d'année me font penser à ce qui fut naguère mon quotidien, et à songer à ce qu'il en est aujourd'hui. On appellera cela comme on voudra, c'est tout de même un peu un bilan...
Si je devais résumer ma pensée, le nom de ce post serait le plus adapté : "les grands absents". Entendez, mes amis. J'ai écrit il y a deux-trois jours un très long message à mon ami Nicolas. Ce long mail m'a fait beaucoup de bien, m'a aidé à y voir plus clair concernant quelques questions, et je me suis apperçu que cela faisait très longtemps que je ne m'étais confié, que je n'avais parlé de moi, de ma vie et de mes interrogations : je suis quelqu'un qui s'interroge beaucoup comme vous devez le savoir... Et j'ai finalement pensé, après avoir ressenti le bien être qui suis la confidence, que ma vie sociale est limitée au travail et à mon ami. Non que mes collègues me déplaisent, au contraire, l'ambiance entre nous est bonne. Il ya a eu un automne assez difficile pourtant, avec un nouveau plan de cours et quelques tensions mais cela est inhétant à toute entreprise et je crois qu'au contraire cela a un peu rapproché l'équipe. NOVA n'est pas la méchante société dépeinte ici où là. Non que mon ami ne me plaise pas : j'y suis attaché, je passe par des étapes variées dans l'échelle des sentiments. Il m'est arrivé de penser que ce serait simple de le tromper, je croise parfois des garçons vraiment mignons. C'est finalement cette extrème simplicité de la trahison qui m'en empêche. Entendez par là que je ne peux m'empêcher de voir le visage de Kaikai, ressentir sa présence. Et je me trouve stupide d'avoir pensé un truc pareil, en même temps que je trouve cela amusant. Je me suis habitué à le voir près de moi, à recevoir ses mails et à leur répondre, à le titiller. Je crois qu'il s'est habitué à mes sautes d'humeur, à mon côté taciturne et pas bavard quand je suis en colère (je n'élève jamais la voix, c'est une habitude que j'ai fini par perdre, je me tais... ).


浜離宮公園 / Parc Hamarikyû.

Mais qu'en est il des "copains". Avoir gagné un "ami" avec Kaikai, un de plus que ceux que les ans m'ont apporté, c'est énorme. Mais en dehors, personne. D'où une certaine sensation d'enfermement que Kaikai ne m'aide pas à briser. Il est à l'image de nombreux jeunes japonais qui n'a pas d'amis : son père était mûté d'une ville à une autre tous les 2 ans. Fufuoka, Mie, Kôbe, Shizuoka, Nagoya, Tôkyô... Il est gay et n'est pas outé à son travail (c'est quasiement inenvisageable au Japon, dans une entreprise ordinaire). Il habite Chiba, non par choix mais parce que son travail est dans Chiba-ken... Kaikai et la vie sociale, ça fait deux. Bref, c'est souvent à moi que revient l'initiative d'aller dans tel ou tel endroit. Il m'arrive de le ressentir comme un boulet, oui, vraiment. Si j'étais seul, je pourrais... j'irais... c'est un peu ce qu'il m'arrive de penser. C'est une pensée idiote car, c'est bien connu, "c'est toujours de la faute de l'autre". Je pourrais changer de copain, aussi. Vous comprenez cette idée qui me vient à l'esprit, maintenant.
Bref, c'est à moi, dans ces noubreuses soirées et journées où je suis seul de mettre le nez dehors et de réaliser certains de mes projets, notamment associatifs (non pas créer une association, mais plutôt être volontaire dans une association gay/ prévention VIH)... J'ai besoin de voir de nouvelles têtes, de pouvoir parler un peu de moi. Certains me diront d'aller dans des bars, des clubs, etc... Désolé, j'ai donné dans ma jeunesse, et j'ai depuis longtemps conclus qu'ils sont les pires remèdes contre la solitude, au contraire. Sortir, c'est bien avec du monde. Seul, c'est plutôt triste. Et fréquenter le milieux des gays étrangers de Tôkyô, ça me déprimerait encore plus. Je n'ai pas quitté Paris, Londres à côté, pour retrouver "les mêmes" à 10,000 km... Kaikai et moi sommes à un tournant. Cela fait près de 10 mois que nous nous connaissons. Et nous allons passez les fêtes de fin d'année ensembles, à Kyôto, pendant une semaine. Je doute des fois, ce n'est pas toujours facile pour moi, une relation longue, à l'étranger, mais nous construisons cette relation pas à pas, comme toute relation.
Ce n'est pas à lui de trouver ma place au Japon. C'est à moi de me la faire. Et sa présence à mes côtés est un puissant encouragement.


Tarte normande. Crème aux oeufs riche en lait, vanille et crème et pommes. C'était mercredi la semaine dernière. Vendredi, c'était tarte aux poires et hier tarte aux pommes à la frangipane.

Depuis un certain temps, et c'est certainement le fruit de sa présence, je m'envisage dans la durée. Il y a quelques jours, par exemple, une élève m'expliquait son budget. Mettre de côté, prévoir ci ou ça. Il y a une semaine, je lisais dans un journal le budget d'une mannequin. Un collègue me parlait de sa façon d'économiser. Je n'ai jamais fait de budget que pour mes vacances au Japon, plus par crainte de me retrouver à court que par prévision. Et encore, je profitais allègrement du système d'avance à la semaine chez Manpower et de ma "facilité de caisse" à la banque. Ici, aucune de ces facilités. Je claque l'argent au fil du mois. En écoutant cette élève, je me suis apperçu que pour mes parents, le "budget" était un produit de la nécessité, de leur pauvreté. Leur situation les empéchait de prévoir l'avenir, si ce n'est pour l'envisager dans un "plus tard", aléatoire, incertain. Bref, ce n'est même pas que je n'ai jamais voulu faire de budget, c'est tout simplement que je n'ai pas appris, et que finalement les seules fois, c'était pour éviter une catastrophe. Jamais pour "devenir". Depuis quelques temps, cette idée germe en mo et l'autre jour, en écoutant cette femme, ce fut comme une évidence. D'ailleurs, samedi, je disais à Kaikai "quand j'aurais 80 ans"... J'aurais un jour 80 ans. Mince... C'est la première fois de ma vie que je pensais ça. Me voilà mine de rien arrivé à 41 ans. Un conseil, comme ça en passant, si vous n'avez jamais pensé à votre avenir, pensez-y ! Ca a l'air bête, mais si j'y avais pensé plus tôt !!! Enfin, je ne me plains pas, je me suis trouvé un travail sympa, un appartement sympa, un copain adorable dans le pays de mes rêves.


J'ai habité Bonne Nouvelle pendant plus de 20 ans dans cette pièce qui appartenait à ma mère et que j'ai vidé sans appel au cours du mois de janvier pour la quitter définitivement le 6 février. L'acte de vente sera signé le 11 décembre. C'est peut-être un des évènements les plus important de toute mon existance. Je vous expliquerai un jour. En tout cas, désormais, je n'aurai plus aucune raison d'attendre quoi que ce soi de la vie. Je termine ma conversion existentialiste cette semaine.

Comme je l'ai déjà dit, écrit et répété, je n'écris pas ce blog pour parler du Japon, car d'autres le font bien mieux que moi. Ce long mail à Nicolas m'a fait énormément de bien et m'a ramené à ce qui compte, finalement. Moi ! Et puis j'ai des lecteurs qui aiment bien, comme Nicholas au Texas, qui me laisse des messages très gentils.
Ces derniers temps mes sentiments dans le métro se sont inversés. Je me suis senti étranger. Non pas que les Japonais me l'aient fait sentir, cette fois, c'est moi qui me suis senti en trop, pas dans mon élément. Tôkyô offre parfois la triste sensation d'être surpeuplée, bref, qu'est-ce que je suis venu en rajouter une couche ? N'y a t'il pas un côté "voyeur" à venir d'installer comme ça, dans un pays étranger ? De quel droit a t'on imposé au fil de l'histoire, au nom de l'Universalisme des valeurs (l'emballage, au passage hérité de l'islamo-christianisme - je ne site pas le judaïsme car il n'est pas prosélyte) et du Commerce (la vraie motivation), à des peuples qui n'avaient rien demandé à personne d'ouvrir leurs frontières, d'accepter des étrangers... Ne suis-je pas moi même un représentant de ce basculement, de cet expansionnisme qui ne dit pas son nom ? Et la réaction des Japonais à l'égart des "blancs originaires des pays développés" n'est-elle pas de cet ordre, "qu'est-ce que vous venez fout' chez nous ?" ? Je crois que je vais finir par être indifférent à certaines marques du racisme japonais : s'intéresser à un pays, une civilisation qui n'est pas la sienne n'est-ce pas une certaine forme de racisme. Entendre une ségrégation comme inversée. Pourquoi donc j'aime le Japon ?


Les paysages urbains sont radicaux. Il n'y a pas la place d'étaler tout : les Japonais aiment l'habitat individuel. Les routes sont donc de véritables empilements de niveaux. Ici, au sud de Kasai, à environ de 2 kilomètres de chez moi. En front de mer ! Après tout, c'est mieux de mettre des autoroutes en zone de risque élevé de tsunami...

J'aime acheter mon pays à la boulangerie Kaiser à Matsuya. Quand j'arrive, les vendeuses préparent ma baguette, elles sont souriantes. J'aime aller chez mon teinturier : elle me complimente sur mon niveau de japonais, elle est souriante. J'aime les jeunes de 渋谷/Shibuya qui se retrouvent en bande, les cheveux gris, la face blanchie sur la peau bronzée. Kaikai les trouve crétin et complètement à côté de la plaque. Moi, je les trouve jeunes, tout simplement. Bizarrement jeunes, mais jeunes. Ils sont absoluement indifférents à la présence des autres, étrangers ou Japonais. Après tout, qu'est-ce que le Japon a de mieux à leur offrir qu'une superficialité totale vantée par une publicité omniprésente et dont ils sont l'illustration extrème, totale. J'aime beaucoup me promener à 渋谷/Shibuya. J'aime la jeunesse de 下北沢/Shimokitazawa. Une jeunesse qui n'a non plus rien à faire des étrangers ou des Japonais et qui se contente de déambuler avec nonchalance dans ce quartier résidentiel et tranquille, qui n'est pas sans rappeler l'est parisien. J'aime le son de cette langue qu'il m'arrive de comprendre désormais dans le métro, ce qui provoque parfois mon sourire. J'obtiens des fois un sourire en retour. Ca a l'air bête, mais comme les Japonais sourient peu dans le métro, ça fait beaucoup de bien. J'aime mes élèves qui me racontent parfois leurs soucis ou leurs joies au hazard d'une "application" (15 à 20 mn de conversation où le professeur s'efface au profit de l'/des étudiant/s. Ils m'en apprennent beaucoup sur le Japon, mais aussi sur la France.


表参道 / Omote Sandô, la décoration de Noêl. Kaikai, très conservateur, n'a pas beaucoup aimé. Pour lui, Noêl, c'est un sapin. Point. Il a fini par convenir que c'était pas mal. J'aime bien Omote-Sandô mais quand même, ce déballage de tout ce que l'Occident offre de luxe, de cher... Kaikai est d'accord. Ici, je ne peux rien m'acheter. Mais on peut s'y ballader, c'est un boulevard, et il n'y a pas les rabateurs bronzés à cheveux long des karaoke.


Je commence à aimer le bruit partout. Normal, je peux m'en reposer dans mon quartier. J'aime bien les lumières de Tôkyô le soir, c'est comme Paris, en plus beau. Je commence à comprendre cette magie dont on m'a parlé à propos de New-York. Il y a des quartiers que j'aime, où j'aime marcher, comme le quartier de 神田/Kanda. Il y a ceux qui rechargent la batterie, comme 渋谷/Shibuya, 原宿/Harajuku. 六本木/Roppongi toujours pas. Et puis il y a ces quartiers où il m'arrive d'aller, comme 門前仲町/Monzennakachô, 吉祥寺/Kichijôji... Ou encore 横浜/Yokohama (mais là, ce n'est plus Tôkyô. C'est immense, Tôkyô.
J'ai recommencé, timidement, à étudier.
J'aime mon quartier, même s'il n'est pas encore à la mode (je ne suis pas encore célèbre, mais quand je le serai, tout le monde voudra habiter par ici ! ;-))
Je vous abandonne après ce long post. Ca m'a fait du bien, écrire, vous écrire. Il est 17h24, je n'ai rien visité. Normal, j'ai le temps...
De Tôkyô,
une petite laine sur le dos,
Suppaiku

BONUS : des photos !
cliquez !
vers Monzen Nakachô
Shimokitazawa, fascinante, la gare
Ginza, un fleuriste
Hamarikyû Kôen
Une soirée à El Flamenco pour mon anniversaire

mercredi 6 décembre 2006

Glacial... !

Il fait froid dehors.
Bon, je ne m'attarde pas, je me suis promené et comme tous les mercredis, Kaikai est passé à la maison bref, peu de temps en ce jour de congé...
Pour me faire pardonner, le générique de l'émission みんなの歌/ minna no uta, émission de chanson proposé par la N.H.K.. Chanté par 宇多田ヒカル/ Utada Hikaru.
De Tôkyô,
avant de dormir,
Suppaiku (quel fainéant)

mardi 5 décembre 2006

Le retour de 藤原紀香 (cliquez sur le titre)

C'est déjà la fin de saison, côté doramas. Je n'en ai presque pas vu. Tout au plus ai-je fini par suivre la série du jeudi soir, Damens Walker dont je vous offre le générique (cliquez sur le titre! J'ai beaucoup compressé, désolé). C'est en effet THE série du retour pour l'actrice (et ancienne idole au début des années 90) Fujiwara Norika. On la voit partout à la télévision. Elle a choisi ce moment pour se marier et présenter sa "nouvelle tête", avec cheveux courts, nettement moins femme au foyer que la précédente (les publicités Toshiba, très "ancienne idôle", pour le coup).




Ôoku bientôt en salle...
仲間由紀恵/ Nakama Yukie, telle qu'elle apparaîtra dans le film 大奥/ Ôoku, suite cinéma du célèbre dorama retraçant les générations successives de maîtresses, femmes et mères des Shôguns 徳川/Tokugawa.

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un "grand film", plutôt un film du dimanche soir, mais bon... Je sais qu'il y a des fans de Nakama Yukie qui lisent mon blog ! Alors, si vous cliquez ici, vous aurez dirctement accès à la bande-annonce. Bon, c'est sôr, quand on voit Nakama Yukie dès la première image, on s'attend à ce qu'elle sorte une carte de son chignon et on guette pour voir si, à tout hazard le professeur Ueda n'apparaîtrait pas... Ca gâche un peu. Mais ce qui est fantastique dans chaque série Ôoku, et le film ne fait pas exception, c'est la richesse des costumes, des décors, le nombre de figurants. La série devrait d'ailleurs reprendre pour une nouvelle saison, début janvier si mes informations sont exactes.


Certaines choses ne s'inventent pas... Ce Père Noêl gonflé sort et rentre dans sa cheminée. Je ne commente pas ... Vers chez moi, à Kasai.

Bon, à part ça, j'ai continué aujourd'hui de rafraîchir mes conseils pour organiser son voyage au Japon sur le site qui leur est spécialement consacré, Les bons conseils de Suppaiku. C'est pas fini, ça prend du temps mais ce sera bien mieux que ce que j'avais fait jusqu'ici : comme je l'y explique, c'est le passage d'un site ordinaire au "2.0". La formule "blog" me permet de recevoir des commentaires et des conseils pour l'enrichir sans l'impersonnalité du wiki. Ca reste mon style, ma prose, et mes photos. Le dialogue était impossible dans l'ancienne forme. Je vous invite en tout cas à me dire ce que vous en pensez, au fur et à mesure que j'avancerais dans la re-rédaction, l'actualisation des articles eux mêmes (jusqu'ici, l'introduction ainsi que la partie "billet d'avion"). A noter que les liens fournis sur ce blog sont réactualisés. J'opte pour un nombre minimal de liens, et j'opte pour les portails qui ouvrent sur d'autres liens. D'autres sites recherchent une certaine forme d'exhaustivité, ce n'est pas mon but : quand j'ai préparé mon premier voyage, la plétore de site n'était d'aucune aide pratique.


浜離宮公園/ Le parc Hamarikyû vers 築地/ Tsukiji. Après des mois de tatonnement, j'ai enfin compris qu'il ne sert à rien de vouloir cacher les bâtiments, à Tôkyô. Les couleurs d'automne n'en sont finalement pas moins belles.

Moi, je prépare mon voyage d'une semaine à Kyôto pour la fin de l'année. Il paraît qu'il y neige souvent...
Je vous laisse, il est plus de 2 heures, je suis fatigué.
De Tôkyô,
Suppaiku