jeudi 29 mars 2007

Excusez moi...


Je vais parfois vous saoûler parfois avec ces élections...
C'est ma première campagne hors de France... Je dois y trouver ma place !
De Tôkyô,
Modeste,
Suppaiku

Sous le grand soleil... enfin !


Si vous venez au Japon, si vous prenez un téléphone, évitez DOCOMO : cher et interface extrèmement pauvre. J'ai résilié mon abonnement. Bref, j'ai gardé mon téléphone environ deux mois et il ne m'aura au final servi qu'à recevoir des mails quand j'étais en France ! Heureusement, je n'avais pas résilié chez AU. Après avoir résilié DOCOMO, j'ai utilisé mes points AU et j'ai acheté un nouveau téléphone. Un Sony-Eriksonn, le S44W.

Ca y est, c'est vraiment le printemps, et cette année j'ai plus de chances que l'an dernier : mes week-end sont ensoleillés. Je n'en ai guère profité hier, préférant rester à la maison : ça fait beaucoup de bien, aussi.
La grande aventure de la dernière semaine, ça a été la réinitialisation de mon ordinateur. J'ai été, je crois avec certitude, haqué et "colonisé". J'ai donc patiemment fait un "grand ménage" puis tout réinstallé. Vous savez quoi ? J'ai gagné 10 Go ! Bref, mon disque dur était squatté. Il faut se méfier du Wifi... J'ai donc nettoyé puis installé un pare-feu pour limiter les dégâts à l'avenir...


Mon nouveau joujou a un écran 3 pouces. Je suis heureux de revenir à l'interface AU, à ezweb et aux émoticons colorés et animés (ceux de i-mode/docomo sont d'une tristesse...). J'avais pris l'habitude d'utiliser le lapin pour "Kaikai" (ceux qui connaissent Murakami Takashi comprendront), mais il n'y a pas de lapin avec DOCOMO. Bref, dès le départ, mon NEC m'a mis mal à l'aise... Ca tient à peu de choses, hein !

A part cela, mercredi la semaine dernière était férié : nous sommes allés nous promener à Kamakura. Il a fait très beau (je vous préparerai un album... patience...). Nous avons visité encore un autre quartier de la ville et découvert de nouveaux temples. Cette ville à proximité de Tôkyô est une merveille et je ne peux que conseiller sa visite quand vous passez par chez nous.
Les cerisiers n'étaient hélas pas encore en fleur : c'est cette semaine que cette grand-messe recommence. Moi-même j'attends cela et c'est encore une surprise quand j'apperçois ces ciels de fleurs blanches et roses. C'est vraiment très joli. Les cerisiers passés, la ville deviendra verte jusqu'à cet automne et nous nous orienteront irrésistiblement vers les températures et le climat humide de l'été japonais. Avril est une saison de rêve, bordée de fleurs et de douceur.


Le grand truc de mon Sony c'est la télé "one-seg", c'est à dire la télé numérique. Pas par internet, non, la vraie TV, en 16/9 et en stéréo, qu'on peut enregistrer sur le disque dur du téléphone. Gratuite. La radio FM bien sûr, mais aussi "one-seg", la radio du futur. Il y a aussi tous les gadgets habituels, comme le lecteur de documents, le lecteur de vidéos et de musique, les cartes de crédit et de transport intégrées, deux vrais haut-parleurs et une prise casque stéréo, un navigateur web, 3 megapixels et l'auto-focus... Ordinaire, quoi ! Je l'aimais vraiment pas, mon NEC... AU est moins cher tant pour les "packets" que pour les communications. Quelqu'un a posté une fois à propos de Willcom. Mais je ne donne pas mon argent aux familles Bush et Ben Laden (Carlyle Investissment).

Je suis la campagne électorale, le soir tard, principalement.
Je m'étonne que les propos de Ségolène sur la nation puisse choquer. Je ne comprends pas la gauche. J'ai regardé la vidéo, Ségolène me semble clair et fidèle.
Bien sûr, il y a les ateliers de couture ou le drapeau à la maison, mais j'aurais envie de dire que c'est par ces petites touches un peu rétro que je l'aime bien, c'est sa part d'honnêteté : elle a toujours été comme ça. C'est difficile pour moi d'être totalement émancipé de mon milieu social et culturel d'origine, je sais très bien que je n'aurai jamais l'aisance des riches, des bien nés, et je ne cherche pas à la partager. Je suis produit pas mon histoire. Je regarde Ségolène avec les mêmes yeux : pas facile d'être fille de militaire, de militaire violent et de porter plainte contre son père, tenir tête contre un milieu d'extrème droite et s'en émanciper totalement. Il reste un truc, un peu raide, provincial, coincé, qui fait sa personnalité. Celle d'une femme qui s'est peu engagé pour les femmes mais dont la vie raconte leur lutte mieux que d'autres.

Eugène Delacroix, la liberté guidant le peuple.

J'ai donc regardé cette vidéo de Marseille. Hormis le discours, un très brillant discours de gauche, intelligent, aux ambitions limitées certes mais fermes, décidées, hormis les constats simples mais justes, hormis cette volonté martelée d'être la candidate de ceux qui doivent attendre le plus d'une mandature de gauche (ce que la gauche avait oublié depuis près de 20 ans), je n'ai pas été choqué, au contraire, des propos sur la Marseillaise ou le drapeau.
Que le parti des Versaillais et des fossoyeurs de La Commune Libre de Paris aient récupéré et l'hymne, et le drapeau de la révolution, qu'ils en aient fait les symboles de l'ordre en est une chose. Mais il ne faut pas oublier que le drapeau Bleu-blanc-rouge est un drapeau trempé du sang du Roi et baigné du sang du peuple pour défendre sa liberté contre les tyrannies. Il ne faut pas perdre de vue que La Marseillaise a d'abord été un chant révolutionnaire, que la prise du Palais d'hivers à Moscou s'est fait, d'abord, au son de La Marseillaise et non de l'Internationnale comme on pourrait le penser. Et que jusqu'aux révolutionnaires Russes ou Espagnols, jusqu'aux résitants sous l'occupation face au nazisme, on espérait et on croyait en ses mots simples : morts aux tyrans et à tous ceux qui parmi nous font cause commune avec eux ! que "leur" sang "impur" abreuve nos sillons. C'est pourtant clair, non... Olivier Besanceneau qui a presque comparé Ségolène à Le Pen, à l'unisson de la presse de droite, a t'il seulement écouté le discours (disponible sur youtube). A t'il entendu le rappel historique du chant, et du drapeau ? A t'il oublié qu'il a été le premier candidat, en 2002, à appeler à voter Jacques Chirac ?

(photo ND/Roger Viollet) La Libération de Paris et ses drapeaux Bleu-blanc-rouge aux fenêtres. Pour rappel, La Marseillaise et le drapeau tricolore ont disparu de 1940 à 1944.

Ségolène a fait un bref rappel historique et a "délepenisé" ces deux symboles. Elle a rappelé que pour la gauche, la Nation, ce n'est pas d'où on vient, mais où on va. Que La Marseillaise est un chant de la liberté contre l'Oppression et qu'il n'y avait pas de République sans amour de la Liberté, l'Égalité et la Fraternité. Le quinquénat Chiraquien a commencé, avec la bénédiction de toute la gauche et de l'extrème gauche (à l'exception de Lionel Jospin et Lutte Ouvrière), par un gigantesque hold-up de la République organisé par le Parti de l'Ordre et de la Conservation. Bernadette Chirac place de la République sous les "youyou" de la foule, ça a été pour moi l'image politique la plus violente jamais vue : cette femme raciste, intégriste, hautaine, égoïste, voleuse, avec sa tête de cocue de grande famille péroxydée, avec sa particule dont on ne sait avec quel argent tiré de quelle fange et le travail de gamine de je ne sais quelle usine elle a été achetée, devant un peuple abruti de télé et de peurs orchestrée qui l'acclame comme sa libératrice, un soir de mai 2002. Je n'ai jamais eu aussi honte de moi, politiquement, m'être laissé conduire à voter pour ceux dont les ancêtres ont fait tirer sur les Communards mes frères, ont gagné de l'argent en vendant des hommes et fait travailler les enfants tous les jours de la semaine y compris leurs sacro-saint dimanche, on trainé dans la boue celui qu'ils appelaient le "juif Blum" en préférant "hitler au Front Populaire"... La liste serait longue, mais comment ne pas être révolté aussi par cette gauche qui s'était indigné des propos de Jospin sur l'esclavage et la République quand il ne faisait qu'énoncer une vérité : c'est la gauche qui a abrogé l'esclavage, qui a fait la République...

1990, une affiche pour SOS Racisme. La France métissée de Ségolène Royale. Cette France présidente.

Ségolène remet le logiciel à l'heure. Dans le drapeau Bleu-blanc-rouge de Ségolène, il y a des enfants du Maghreb et d'Afrique Noire. Sa République est "métissée" (sic). Sa Marseillaise est un chant "pour la liberté, pour la dignité" et c'est cela, le vrai message universel de la france...
Allez, tapez sur Ségolène ! Envoyez lui des têtes de noeuds, des apprentis Delors à la Eric Besson. Elle a Delors avec elle, elle a la Social-Démocratie Européenne derrière elle. N'en déplaise à Bayrou et son tracteur orange. Vous me donnerez encore plus envie de voter pour elle. Son programme est modéré, certe, mais elle le défend avec l'ardeur d'une guerrière qui sait que même cette "modération" là, les élites n'en veulent pas. Elle n'a que le peuple pour la pousser. Modestement, aujourd'hui, je lui dis encore, vas-y Ségolène !

1989, bicentenaire de la Révolution. L'aventure de La Marseillaise. La cantatrice Jessye Norman avance, déclame La Marseillaise drapée d'un drapeau Bleu-blanc-rouge. Auparavant ont défilé les peuples (les "tribues") du monde entier car Jean Paul Goude a replacé l'hymne dans sa dimension planétaire. La Marseillaise est le chant de la libération du peuple Français : c'est le chant de tous les peuples opprimés.
La droite a hurlé à la dépense.
Le monde entier a regardé, écouté la France, ce jour là. Elle avait le visage d'une chanteuse noire qui chantait la liberté après avoir brisé ses chaînes.


De Tôkyô,
avec Ségolène,
Suppaiku

Post scriptum : les paroles
Note : les "étrangers" de cette chanson sont les Français qui, (un peu comme Johnny Hallyday et quelques autres...) ont quitté le territoire car ils refusaient la révolution et ont de l'étranger préparé la guerre contre la République. Cette chanson est le chant de l'armée de Marseille qui part au front défendre la Révolution.
Il y a même un couplet de la fraternisation : Français, en guerriers magnanimes, Portez ou retenez vos coups ! Epargnez ces tristes victimes, A regret s'armant contre nous.
Les responsables des guerres ne sont pas les peuples, "réduits à l'esclavage" mais "Mais ces despotes sanguinaires".

Paroles et musique de Rouget de Lisle (1760-1836)

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Egorger vos fils et vos compagnes !

Refrain
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !

1
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
(au Refrain)

2
Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
(au Refrain)

3
Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !
(au Refrain)

4
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Epargnez ces tristes victimes,
A regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
(au Refrain)

5
Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
(au Refrain)

6
Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre
(au Refrain)

lundi 26 mars 2007

Vous savez quoi ? J'écoute Vivaldi !!!

Un peu tard le matin, le soleil brille sur Tôkyô, il fait doux. Dans mon quartier les cerisiers fleurissent et j'ai découvert que la rue qui mène à la maison en est bordée : quelle chance cela va t-être dès ce milieu de semaine !
La semaine commence bien. Je suis en train de prendre mon petit déjeuner, assis sur le tapis devant mon canapé. En fond sonore, des concertos de Vivaldi, Carmignola au violon avec l'Orchestre Baroque de Venise.
Depuis l'enfance, Vivaldi a été comme un refuge, sa musique m'exprime mieux que moi même je ne le ferai jamais. Il est bavard, cassant, terriblement vivant, débordant. Dedans l'enfance, les "saisons" achetées au hazard sur les boulevards avec ma mère, j'avais alors peut-être 9 ans, et que nous lisions sur l'espèce de mammouth à lampe que mes parents avaient acheté d'occasion pour avoir un peu de musique à la maison et qui fut remplacé un peu plus tard par un électrophone stéréo : il m'arrivait de m'installer religieusement au milieu des deux enceintes pour essayer de saisir quelque chose en plus, je rêvais devant les chaînes "hifi" du Conforama et un jour je tombais sur une brochure avec des photos d'un matériel qu'il n'y avait pas au Conforama et qui parlaient d'"audiophilie", de matériel qui permet de mieux retrouver la sonorité des instruments... J'ai commencé à faire de la flûte traversière à 11 ans avec monsieur Labvros Caravassilis. On m'a offert pour un noêl les concertos Op. 10 et le noêl d'après les concertos pour Piccolo, les deux interprétés par Maxence Larrieu. Monsieur Caravassilis me reprochait de trop bouger quand je jouais. C'est moi pourtant qui avait raison, mais ça, à l'époque, je ne pouvais pas le savoir...
La musique de Vivaldi, à l'époque, c'étaient quelques enregistrements, souvent interprétés par I Musici ou I Solisti Veneti. Karajan aussi s'y était essayé. Une musique élégante. Pourtant, ce que j'y aimais n'était pas cette élégance et cette douceur des violons. C'était plutôt la présence d'une guitare cachée au milieu de l'orchestre et, si souvent, cette cassure d'une mélodie pleine d'entrain, ces 10 à 15 secondes de fragilité ou de tristesse profonde qui m'arrachait des larmes : je sentais au coeur de cette musique une infinie violence de sentiments que pourtant l'interprétation s'efforçait de gommer...
Jamais je n'ai fait mal à quelqu'un comme j'en ai fait à Monsieur Caravassilis qu'en ne me rendant pas au concert de fin d'année. Je jouais en trio, il a attendu jusqu'au bout : il me faisais confiance. Jamais moi-même je ne me suis fais aussi mal que ce jour là, mais je ne l'ai compris que plus tard. Ce qui m'est arrivé depuis n'est rien en comparaison, peut-être même cela est il l'effet de cela... Allez savoir... J'allais avoir 18 ans...
Le jeune rocker a au tournant de ses 20/21 ans, vers 1986, mis la main sur une chaîne "hifi" des années 70. J'habitais seul. Il n'étais plus très rocker et avait envie de varier ses plaisirs.
Je me suis acheté des disques parmi lesquels des concertos de Bachs (2, 3 et 4 clavecins). Une interprétation en béton : Raymond Leppard ! Faisant la rencontre d'un gars qui aimait la musique, je l'invite chez moi et je mets le disque sur la platine. Il me demande de retirer immédiatement le disque, me dit qu'il préfèrerait encore que ce soit du piano. J'allais rentrer de plein pied dans une guerre qui faisait rage et dont j'ignorait tout vu mon jeune âge et mon origine socio-culturelle.
Le lendemain, je m'aventurais chez Joseph Gibert décidé à trouver, d'occasion, un de ces enregistrements "sur instruments anciens", assez sceptique. J'achetais un disque avec une couverture vulgaire, argentée, un Éole soufflant son vent dévastateur. Trevor Pinnock, The English Concert. Il y avait un Diapason d'Or, un Choc de la Musique, un R de Répertoire. C'était l'oeuvre que je connaissais le mieux dans ma piètre culture musicale : les 4 saisons, Vivaldi.
Je mis le disque sur la platine. Ma première réaction a été de détester, vraiment. Non, mais qu'est ce que c'est que ces sagouins qui accélèrent à tout bout de champs (40 minutes le tout au lieu des classiques 50 minutes...), et ces sons qui grinçaient dans tous les sens... Pourtant, alors que je raccrochais mon téléphone après une conversation où je faisais part de ma déception après un mauvais achat, quel ne fut pas mon choc en découvrant que l'on pouvait exprimer un orage, le vent, la chaleur et la violence. Je restais sans voix, je me mis à pleurer, j'étouffais vraiment : pour la première fois, j'écoutais ce que j'avais toujours entendu dans cette musique et que les interprètes s'étaient évertués à me dissimuler dans tant d'interprétation édulcorées.
Vivaldi était un compositeur violent.
Voilà, j'avais mis un pied dans un territoire nouveau qui allait donner un sens à ma vie. C'est de ce choc que j'ai puisé d'abord une curiosité vague pour une époque, puis l'énergie de reprendre des études à l'Université, quelques 7 ans plus tard, après m'être imprégné de cette culture du 17ème et du 18ème siècle, la culture Baroque.
Aujourd'hui, des oeuvres de Vivaldi, j'en ai plus que de raison ! C'est qu'il en a écrit, de la musique, et c'est que les interprètes baroques ne se privent pas. C'est ainsi que le label Opus 111 enregistre une "intégrale Vivaldi", un projet ambitieux qui coure sur pas moins de 10 ans : concertos, sonates, opéras, oratorios et messes...
Vivaldi est aujourd'hui ma maison. Il continue de me surprendre. Il était à la fois farceur, tendre et cruel et, comme le veux le style de son temps, inattendu. Très loin de cette "élégance" de répondeur téléphonique. Les instruments anciens, mais aussi l'interprétation "à l'ancienne" restituent ces sentiments à merveille, ce qui est assez logique, finalement.
J'écoute Vivaldi, du dehors rentre un grand soleil. J'ai ouvert la fenêtre, le bruit du métro et des voitures emplit la maison, le vent fait bouger les rideaux. J'écris. Un violoncelle gambade allègrement en racontant ses histoires à ses copains les violons qui ne manquent pas de répondre, objecter et parfois soulever quelques questions hardues. Ce n'est pas grave : c'est un concerto et c'est donc le violoncelle qui aura le dernier mot !
De Tôkyô,
le disque terminé,
Suppaiku

mercredi 14 mars 2007

Pour le plaisir d'écrire...

... et de vous poster encore quelques photos prises ces derniers jours...
Je vous rappelle que je travaille mon album photos, ICI
... et que vous pouvez cliquer sur les photos ci-dessous pour en avoir un agrandissement.


Visite à Tôkyô de TB (lejapon.org) pour sa première fois. A la découverte de Shibuya... Il est arrivé à Sapporo puis est passé à Aomori. Il a quitté Tôkyô dimanche pour Nagoya (il y a retrouvé Icebreak) avant de continuer par Kyôto jusque finir ce week-end vers Miyajima... Peut dépaysé disait-il... Les doramas, ça vous blase un homme ! Cela étant, il remarquait fort judicieusement que s'il connaissait le Japon par les images, les sons et encore plus les odeurs ne lui étaient pas familiers. Je lui ai dit, et Heiho son acolite de voyage a confirmé, c'est souvent au moment où le Japon semble le plus ordinaire (entendre, toutes les apparences d'un pays occidental développé) qu'on a des chances d'être le plus surpris...







Elle est partout, à Shibuya. Une horreur. Non seulement on a le sentiment que le chirurgien esthétique aabusé du bistouri pour "ouvrir" l'oeil, mais sa présence (subie) dans le métro, sur les immeubles et dans les oreilles lui donne un aspect de "big brother" (euh... big sister) qui vous précipite au bord de l'écoeurement. Ayumine se contente pas de ne pas avoir de voix : elle n'a pas de visage. Vous la voyez là, la mine "rajeunie" par un maquillage, des scalpels et une coupe de cheveux ainsi qu'une pose qui "suggèrent" plus qu'ils ne rappellent son premier album, et dans une semaine elle appara^tra avec une autre visage, ici "vamp", là "putain" ou encore caissière de supermarché, star de cinéma hollywoodien, le visage sans cesse recomposé. Blonde cinq ans, elle a été brune l'an dernier avant de poser chatain ici et reblonde par là... Elle ne m'est pas antipathique; je la trouve juste effrayante...





Ginza. Exit le grand panneau Vodafone, la société ayant quitté le Soleil levant après le rachat du réseau par le conglomérat financier SoftBank (propriétaire entre autre de Yahoo...). Bienvenue à Ricoh! Ginza reste Ginza. Un quartier finalement sans trop d'intérêt, qui tourne en rond sur lui même entre restaurants et boutiques de luxe. Pourtant, j'aime finalement y travailler. Le dimanche y est agréable et j'aime le côté "élégant". Ca me repose un peu de la foule grise, morne et sans sourire du métro de Tôkyô.









Tôkyô-Dôme, sa "grande roue". Simplement le truc le plus spectaculaire que je connaisse. Pour 1,000 yen, une chute verticale de 80 mètre dans le vide ! Waouw... Temps globalement ensoleillé sur Tôkyô.











Izakaya jeudi dernier avec Heiho, TB et Capray (lejapon.org). Oden : des oeufs et divers sortes de boulettes et légumes cuits dans un bouillon, que l'on mange avec de la moutarde. Le plat d'hivers par excellence. Léger comme tout, mais qui réchauffe. Un de mes plats préférés au Japon avec les sobas. J'ai loupé mon dernier train !











Rabatteurs à Shibuya. Ca fait parti du fond sonore et du paysage, ces gars et ces filles qui vous proposent restaurants, bars, discothèques, verres de contact et autres karaoke à la sortie des gares ! Ils vous sautent dessus avec leur sourire charmeur, leurs formules de politesses toutes les mêmes et vous accompagnent quelques pas le temps de détailler le package (boisson ou repas à volonté, réduction, etc...). Un peu plus loin, en rentrant dans le quartier proprement dit, d'autres rabatteurs parfois moins sympathiques apparaissent : rabatteurs africains pour les peep shows, jeunes gars en costard et cheveux long décolorés qui suivent les filles en proposant soit un bar à Hosts, soit du travail dans un bar à Hostess... Et puis les éternels rabatteurs des magasins, ici pour les téléphones portables, là pour un fournisseur internet, plus loins pour les 100 yens de rabais sur le menu Hamburger special de chez ... ! Un pays de sons, bruyant. On s'y fait... Je trouve même un certain charme à toute cette animation. Je prends le métro et en 20 minutes je retrouve la tranquilité reposante de mon quartier.



Au Japon, peu de risques de se faire voler son porte-feuille. Alors il n'est pas rare de voir un salarié qui, après avoir un peu trop bu à la sortie du travail avec ses collègues, s'avachit sur un banc voire même par terre et commencer à dormir. Moi, ça m'amuse beaucoup. Quand j'étais petit, ma mère me disait que c'était mal élevé de dormir devant les gens. Les Japonais sont extrèmement mal élevés !!!!!

De Tôkyô,
regonflé,
Suppaiku

mardi 13 mars 2007

De Tôkyô, AN II / 東京に2年目を

Mon séjour à Paris n'aura duré que 2 semaines. C'est bien court, deux semaines. Juste le temps de se poser qu'il faut aller ici, et là, et puis encore là que déjà il pleut et qu'il fait dire au revoir, au risque de remuer (d'avoir remué) un peu plus de tristesses et de souvenirs mals éteints. On ne m'y reprendra plus, à jouer les Parisiens, tiens ! Je ne suis plus Parisien. Je le suis dans l'âme, mais c'est quoi, l'âme, sans le corp ? Je suis Tôkyôïte. C'est à Tôkyô que je fais mes courses, désormais. À Maruetsu, Jusco ou Y's Mart, parfois au Hanamasa de Ginza pour le vin, souvent Kayser pour le pain. C'est où Monoprix ? Où se cache "mademoiselle" Agnès ? C'est dans le métro de Tôkyô (東京メトロ) que je voyage chaque jour, et elle n'est pas orange, ma carte. Elle est quelquonque, plutôt blanche. Le mois prochain, elle sera un peu rose, ressemblera à une carte de crédit et s'appellera PASMO (ça démarre demain). Navigo, je le prend où ? C'est dans Edogawaku que son mes habitudes et c'est sur une petire rue d'où j'apperçois la ligne Tôzai que donne le balcon de mon appartement. Il est où, mon appartement, à Paris. SdF, je vous dis, que je me suis senti !


Shibuya

Bien sûr, oui, Paris, c'est joli, et patati et... Mais j'ai finalement préféré Lille que je visitais pour la première fois, et je me dis que la prochaine fois, je m'installerai peut être à Londres, à Lille ou ailleurs. Mais pas à Paris. Pas dans cette ville où je me suis senti prisonniers d'habitudes anciennes et de réflexes stériles, forcément stériles. Toutes les routes me mènent à Bonne Nouvelle, qu'y puis-je, même si je ne m'y rends pas. Et qu'est-ce, Paris, sans vélo ?
Mes principaux souvenirs sont des souvenirs des enfants de ... avec qui j'ai passé, finalement, une partie non négligeable de mon temps. Des enfants intelligents, éveillés, curieux, vivants. C'est ça, les vrais délices de la nouveauté, ne rien attendre, ne rien programmer, se laisser surprendre par le hazard. Et pourquoi aurait-il fallu que je coure à droite à gauche, ces conversations incessantes m'ont dépaysé comme aucune Tour Eiffel ne le fera jamais ! Autre souvenir, un saut chez ma mère en voiture, la pluie, et Freddie pour moi tout seul pendant ce temps. On s'est pas mal vu ces quelques jours, trop peu bien sûr, mais je l'ai retrouvé telle qu'elle est. Alain, Stéphane, Nicolas, Freddie, et puis Véro, Jean Claude, Nicole... Mon frère, ma mère... Une valse, oui, ils étaient tous là. Il en manquait une, juste une. Je suis si inquiet pour elle...
Tiens, ça me fait penser, Manuel m'a laissé un message inquiet : rassure-toi, je suis toujours à Tôkyô ! Et je t'invite à me laisser ton email, je l'effacerai aussitôt des commentaires. Ca me ferais plaisir d'avoir des nouvelles de toi !
Je suis parti surclassé, je suis revenu ordinaire ! Cela étant, comme l'avion était un moderne 777-300, le confort était très correct. Bref, Japan Airlines, c'est correct. J'ai plein de points sur ma carte de fidélité. Que vais-je en faire ?


Vous savez quoi ? Il m'arrive de trouver de la beauté dans les formes les plus insolites de cette ville. Ici, un train qui traverse un immeuble et que l'on domine d'un parking... Je trouve cet endroit un des plus romantique de la capitale...

J'ai écrit ce mail à quelques amis, il traduit bien ma sensation "après voyage".
" Comme vous le savez j'ai repris le travail dès mon retour. Gros avantage, pas le temps de rester digérer le décallage horaire. Inconvénient, une sensation de journées interminables au début. Cela étant, on s'y fait vite et, pour tout vous dire, j'étais heureux de reprendre ma vie, mes habitudes et revoir mes collègues. J'ai eu un training mardi matin : désormais je suis formé à l'évaluation des élèves. Ce matin, ça a été le training pour un nouveau livre, donc une nouvelle pédagogie en perspective.
Je m'apperçois de ce que j'ai vraiment gagné ici, professionnellement s'entend. Je ne pourrais plus retravailler en banque... J'aime bien l'ambiance des salles de profs, finalement, et j'aime bien les élèves. Rien que pour ça, le Japon, ça valait le coup.
J'étais très heureux de vous revoir, et c'est marrant, je vous ai retrouvé comme si je vous avais laissé une semaine avant. Deux semaines qui ont passé vite et cela m'invite à réfléchir à mon prochain séjour qui sera très différent. Mes collègues rentrent dans leur famille, ce n'est pas mon cas donc Paris n'est peut être pas la meilleurs solution. J'y réfléchirai, j'ai le temps, et certainement avec vous. On a tout le temps d'y réfléchir.
Ca fait une semaine déjà que je suis revenu : impression que ça fait bien plus longtemps. Comme je l'avais confié à Nicolas, ce serait seulement à mon retour de France que je me sentirais installé ici : voilà, c'est fait. Ce ne sont pas des vacances, ici."


Un "café" Excelsior, à Shibuya, mercredi 7 mars vers 20 heures

Ben oui. J'habite bien ici. Et c'est vrai que j'aime bien l'ambiance au travail, que mon quotidien ne me déprime pas comme à Paris. La banque, je ne pouvais plus. Pas la banque en elle-même, non, cette incessante répétition du même devant l'ordinateur. Et encore avais-je de la chance, j'ai toujours eu des collègues agréables. Odile, Vincent. Et Mulgon Melta, sacré voyage en Chine, qu'il a fait, son bout de choux sous le bras !
Tôkyô va bientôt prendre sa plus belle couleur de l'année. Une couleur entre blanc et rose, avec beaucoup d'étonnement et d'émerveillement dans les yeux. La couleur fleur de cerisiers. Elle sera assortie (à mon avis ça va se passer ce week end) de la sortie des vêtements printemps-été chez les filles et chez les femmes. Nouvelles couleurs et nouvelles coupes de cheveux. Comme je travaille à Ginza, je serai aux premières loges pour assister à la métamorphose des beautés du Japon.


On les attend avec impatience... A l'entrée du parc de Ueno, trois malheureux cerisiers fleuris prématurément.

J'ai passé une année assez passive ici. J'ai laissé venir des rythmes que je ne connaissais pas et qui sont assez différents des rythmes que je connaissais. Les cerisiers, il faut avoir vu pour comprendre. Il y en a jusque l'excès, on en vomirait presque, et pourtant, c'est avec une certaine tristesse que l'on observe la chute des pétales de fleurs et la pousse si rapide des feuilles qui les remplassent...

Je vous laisse, il est tard...

PASSEZ DONC FAIRE UN TOUR DE TEMPS EN TEMPS SUR MON NOUVEL ALBUM PHOTO "MOIS APRÈS MOIS".
J'AI DÉJÀ RÉALISÉ UN ALBUM QUI REPREND MON SÉJOUR DE FÉVRIER 2006 À JUILLET 2006, LA SUITE ÉTANT À VENIR... BONNE BALLADE ! cliquez ICI !

De Tôkyô,
prêt pour une nouvelle année,
Suppaiku

Le collectif "Urgence Sociale"

Bon, vous le savez désormais, je suis un "Rocardien", j'aurais envie de dire "historique". Avec un père Algérien, c'est presque une marque de naissance, le rocardisme. Mendès, le PSU, la guerre d'indépendance et les porteurs de valises... Mai 68, Charletty, les "luttes", quoi. Michel Rocard a beau avoir été le symbole d'une gauche parfois trop consensuelle, il n'en porte pas moins une histoire dont il est le symbole et la synthèse à la fois. Pas facile d'être réformiste en France où cette "tradition" est quasiment absente, et pour le moins toujours rejetée : regardez Jospin. Le meilleurs premier ministre qui n'ait jamais été donné par la gauche à la France. Black-boulé.
A 50 jours du premier tour, on a un peu le sentiment que c'est cuit et que la mayonnaise médiatique ait fonctionné à plein régime. Qu'à un simili-De Gaulle (Chirac) succède un erzatz de Giscard (Bayrou), dans une France où les grands médias, comme en 1974, sont contrôlés par des amis du pouvoir. Ségolène, là-dedans, est un peu comme Mitterrand à cette époque, une intruse à qui on dispute toutes les qualités comme les singes comptent les poux. Lamentable. J'admire son courage car ils ne la lâcheront pas. Jusqu'au bout. L'Etat VEUT Bayrou. Nicolas Sarkosy comme Ségolène Royal ne l'ont hélas pas encore vraiment compris, ou faignent de ne pas le voir. De grands patrons, des syndicalistes et de hauts fonctionnaires suivent Bayrou. Et la déclaration de Jacques Chirac va plutôt dans le sens de Bayrou - qui se garde bien de taper sur le bilan.
Les Français ? Ils ont décidé de continuer à faire joujou. Comme en 1995 (les pommes), comme en 2002 (leuvintéhun'avuril). Cette fois-ci, les middle-class sont prises d'une tentation giscardienne. Tous bourgeois "modérés", et allez donc ! Bayrou, le nouvel avatar d'une gauche "réaliste"...
Désolé de décevoir, mais la "gauche réaliste" est bel et bien à gauche. Et de la même manière que Jacques Delors colle à Ségolène Royal (je vous l'ai déjà dit, Ségo était Deloriste "trans-courant"), Michel Rocard, le grand oublié du grand messe du rassemblement des éléphants, est derrière Ségo, mais "à sa façon".
Je vous invite à découvir donc, la "façon" rocardienne de soutenir Ségolène Royal en visitant le site de "URGENCES SOCIALES", soutenant la candidature de Pierre Larrouturou (délégué National Europe au Parti Socialiste). Il se présente mais appelle à voter Ségolène Royal. Vous verrez que les questions qu'ils soulèvent sont d'un tout autre niveau que les niveau ambiant. Et vous concluerez comme moi qu'un bon "rocardien" ne suivra pas Bayrou.
Parce que nous, la gauche réaliste, nous avons le gène de l'histoire : la politique centriste de la SFIO a conduit à 8 années de guerre en Algérie. Et c'est contre cette guerre que Michel Rocard, Alain Savary puis Mendès France ont conduit le PSU. Alors Bayrou, sans avoir rien contre lui ni son intelligence ni son "ouverture" d'esprit, on connait bien. Qu'il veuille travailler avec la gauche, sur sa politique européenne, les institutions, nous n'aurions rien contre... Mais nous, travailler avec lui, c'est absoluement impossible !! C'est presque génétique...
JE SOUTIENS LA CANDIDATURE DE PIERRE LARROUTUROU CAR JE PARTAGE SON CONSTAT !
ECOUTEZ PIERRE LARROUTUROU
VOTEZ SEGOLENE ROYAL

Le collectif "Urgence Sociale"

Bon, vous le savez désormais, je suis un "Rocardien", j'aurais envie de dire "historique". Avec un père Algérien, c'est presque une marque de naissance, le rocardisme. Mendès, le PSU, la guerre d'indépendance et les porteurs de valises... Mai 68, Charletty, les "luttes", quoi. Michel Rocard a beau avoir été le symbole d'une gauche parfois trop consensuelle, il n'en porte pas moins une histoire dont il est le symbole et la synthèse à la fois. Pas facile d'être réformiste en France où cette "tradition" est quasiment absente, et pour le moins toujours rejetée : regardez Jospin. Le meilleurs premier ministre qui n'ait jamais été donné par la gauche à la France. Black-boulé.
A 50 jours du premier tour, on a un peu le sentiment que c'est cuit et que la mayonnaise médiatique ait fonctionné à plein régime. Qu'à un simili-De Gaulle (Chirac) succède un erzatz de Giscard (Bayrou), dans une France où les grands médias, comme en 1974, sont contrôlés par des amis du pouvoir. Ségolène, là-dedans, est un peu comme Mitterrand à cette époque, une intruse à qui on dispute toutes les qualités comme les singes comptent les poux. Lamentable. J'admire son courage car ils ne la lâcheront pas. Jusqu'au bout. L'Etat VEUT Bayrou. Nicolas Sarkosy comme Ségolène Royal ne l'ont hélas pas encore vraiment compris, ou faignent de ne pas le voir. De grands patrons, des syndicalistes et de hauts fonctionnaires suivent Bayrou. Et la déclaration de Jacques Chirac va plutôt dans le sens de Bayrou - qui se garde bien de taper sur le bilan.
Les Français ? Ils ont décidé de continuer à faire joujou. Comme en 1995 (les pommes), comme en 2002 (leuvintéhun'avuril). Cette fois-ci, les middle-class sont prises d'une tentation giscardienne. Tous bourgeois "modérés", et allez donc ! Bayrou, le nouvel avatar d'une gauche "réaliste"...
Désolé de décevoir, mais la "gauche réaliste" est bel et bien à gauche. Et de la même manière que Jacques Delors colle à Ségolène Royal (je vous l'ai déjà dit, Ségo était Deloriste "trans-courant"), Michel Rocard, le grand oublié du grand messe du rassemblement des éléphants, est derrière Ségo, mais "à sa façon".
Je vous invite à découvir donc, la "façon" rocardienne de soutenir Ségolène Royal en visitant le site de "URGENCES SOCIALES", soutenant la candidature de Pierre Larrouturou (délégué National Europe au Parti Socialiste). Il se présente mais appelle à voter Ségolène Royal. Vous verrez que les questions qu'ils soulèvent sont d'un tout autre niveau que les niveau ambiant. Et vous concluerez comme moi qu'un bon "rocardien" ne suivra pas Bayrou.
Parce que nous, la gauche réaliste, nous avons le gène de l'histoire : la politique centriste de la SFIO a conduit à 8 années de guerre en Algérie. Et c'est contre cette guerre que Michel Rocard, Alain Savary puis Mendès France ont conduit le PSU. Alors Bayrou, sans avoir rien contre lui ni son intelligence ni son "ouverture" d'esprit, on connait bien. Qu'il veuille travailler avec la gauche, sur sa politique européenne, les institutions, nous n'aurions rien contre... Mais nous, travailler avec lui, c'est absoluement impossible !! C'est presque génétique...
JE SOUTIENS LA CANDIDATURE DE PIERRE LARROUTUROU CAR JE PARTAGE SON CONSTAT !
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Bon, vous le savez désormais, je suis un "Rocardien", j'aurais envie de dire "historique". Avec un père Algérien, c'est presque une marque de naissance, le rocardisme. Mendès, le PSU, la guerre d'indépendance et les porteurs de valises... Mai 68, Charletty, les "luttes", quoi. Michel Rocard a beau avoir été le symbole d'une gauche parfois trop consensuelle, il n'en porte pas moins une histoire dont il est le symbole et la synthèse à la fois. Pas facile d'être réformiste en France où cette "tradition" est quasiment absente, et pour le moins toujours rejetée : regardez Jospin. Le meilleurs premier ministre qui n'ait jamais été donné par la gauche à la France. Black-boulé.
A 50 jours du premier tour, on a un peu le sentiment que c'est cuit et que la mayonnaise médiatique ait fonctionné à plein régime. Qu'à un simili-De Gaulle (Chirac) succède un erzatz de Giscard (Bayrou), dans une France où les grands médias, comme en 1974, sont contrôlés par des amis du pouvoir. Ségolène, là-dedans, est un peu comme Mitterrand à cette époque, une intruse à qui on dispute toutes les qualités comme les singes comptent les poux. Lamentable. J'admire son courage car ils ne la lâcheront pas. Jusqu'au bout. L'Etat VEUT Bayrou. Nicolas Sarkosy comme Ségolène Royal ne l'ont hélas pas encore vraiment compris, ou faignent de ne pas le voir. De grands patrons, des syndicalistes et de hauts fonctionnaires suivent Bayrou. Et la déclaration de Jacques Chirac va plutôt dans le sens de Bayrou - qui se garde bien de taper sur le bilan.
Les Français ? Ils ont décidé de continuer à faire joujou. Comme en 1995 (les pommes), comme en 2002 (leuvintéhun'avuril). Cette fois-ci, les middle-class sont prises d'une tentation giscardienne. Tous bourgeois "modérés", et allez donc ! Bayrou, le nouvel avatar d'une gauche "réaliste"...
Désolé de décevoir, mais la "gauche réaliste" est bel et bien à gauche. Et de la même manière que Jacques Delors colle à Ségolène Royal (je vous l'ai déjà dit, Ségo était Deloriste "trans-courant"), Michel Rocard, le grand oublié du grand messe du rassemblement des éléphants, est derrière Ségo, mais "à sa façon".
Je vous invite à découvir donc, la "façon" rocardienne de soutenir Ségolène Royal en visitant le site de "URGENCES SOCIALES", soutenant la candidature de Pierre Larrouturou (délégué National Europe au Parti Socialiste). Il se présente mais appelle à voter Ségolène Royal. Vous verrez que les questions qu'ils soulèvent sont d'un tout autre niveau que les niveau ambiant. Et vous concluerez comme moi qu'un bon "rocardien" ne suivra pas Bayrou.
Parce que nous, la gauche réaliste, nous avons le gène de l'histoire : la politique centriste de la SFIO a conduit à 8 années de guerre en Algérie. Et c'est contre cette guerre que Michel Rocard, Alain Savary puis Mendès France ont conduit le PSU. Alors Bayrou, sans avoir rien contre lui ni son intelligence ni son "ouverture" d'esprit, on connait bien. Qu'il veuille travailler avec la gauche, sur sa politique européenne, les institutions, nous n'aurions rien contre... Mais nous, travailler avec lui, c'est absoluement impossible !! C'est presque génétique...
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