mercredi 16 mai 2007

Copie de ma réponse à un message de TB

TB m'a laissé ce message :
"Moi, je vois la situation plutôt comme ça :
— Dans les grandes lignes la gauche fonctionne (ou dysfonctionne) de la même manière dans tous les pays industrialisés. Pour des raisons sociologiques : les militants s'inscrivent dans un certain profil culturel et économique, ils partagent les mêmes représentations et font les même erreurs. La droite aussi est homogène et pour le coup Sarkozy a complètement effacé les différences apparentes entre la droite française (soi-disant gaulliste) et la droite étrangère, en particulier anglo-saxonne. Par là dessus, la mécanique propre au fonctionnement des partis (ou de n'importe quelle sorte de hiérarchie) amène aux postes de direction des gens qui combinent charisme, ambition et surtout entregent — tous traits sans rapport avec l'intérêt de leur parti, et encore moins de leur base électorale. De ce point de vue, les défaites des sociaux-démocrates montrent qu'il faudrait plutôt « réactualiser le logiciel » partout. Mais je ne vois pas pourquoi une telle chose arriverait.
— Au train où vont les choses on s'achemine vers une situation explicitement à l'américaine, c'est à dire avec des partis de gouvernement qui se différencient par leur degrès de libéralité en matière de droits civils et par une politique sociale plus ou moins de l'ordre de la charité. Mais sur le plan de l'organisation économique — et donc de la démocratie réelle — ils seront également conservateurs. On y est pratiquement déjà, sans doute depuis le milieu des années 1980.
— Ce qui est cocasse, c'est que Sarkozy a gagné en tenant un discours qui, pour incohérent qu'il soit quant au fond, est un modèle de réthorique politique. Suivant l'exemple de la droite américaine, il a tracé verbalement une frontière entre « nous », les vrais gens, et « on », l'ennemi à combattre. ÇA c'est l'essence même de la politique ! Définir pour qui on roule et contre qui on se bât — même si c'est en des termes sans rapport avec une quelconque réalité sociale. Et puis il a promis du changement. Il y a des gens qui ont voté pour cela, la promesse d'un changement, n'importe lequel, malgré l'arrivisme évident du candidat de l'UMP et le passif de son parti. Pendant ce temps les sociaux-démocrates tiennent un discours mesuré, ménagent tous les groupes sociaux possibles et imaginables, et promettent une sage continuité agrémentée de quelques menus réglages techniques du système. C'est peut-être une politique plus raisonnable, mais ce n'est pas ça, cette non-vision sans idéal, qui peut faire vibrer un électeur. Même de gauche. Je suis désolé de le dire, mais l'idée d'une démocratie fondée sur l'intelligence de tous est une vaste connerie. Expliquer honnêtement les subtils effets de telle nouvelle taxe ou de tel amendement institutionnel n'a aucune chance d'éveiller l'intérêt de le plupart de nos concitoyens. Ce n'est pas mépriser les gens que de reconnaitre qu'ils n'ont pas en général le bagage intellectuel et culturel qui leur permettrait de saisir la politique à son échelle technique, bien au contraire. J'aimerais que les classes moyennes instruites acceptent l'idée qu'elles ne sont pas le modèle représentatif de la population dans son ensemble. On a beau être issu d'une famille de la classe laborieuse et n'être soi-même qu'un travailleur sans patrimoine significatif, il n'empêche que l'accés aux études supérieures et à la culture suffit à nous placer hors du prolétariat. Dès qu'on sort de son milieu pour discuter politique avec des gens qui n'ont pas du tout le même vécu culturel, on se prend en pleine figure le fossé des représentations et des modes de raisonnement, voire du simple usage de la langue (comparons simplement « garantir le pouvoir d'achat » et « gagner plus »). Les sociaux-démocrates sont prudents, timorés même, ils ont des idées compliquées sur tout et le culot de rien — en tout cas, c'est l'air qu'ils se donnent sans s'en rendre compte. C'est bien gentil d'expliquer que les gouvernements socialistes font plus de croissance, ce qui devrait créer le plein d'emploi un jour si les dinosaures ne sont pas revenus d'ici là, mais quand on est dans la mouise (avec ou sans emploi), qu'est-ce qu'on en a à foutre ? Idem du SMIC à 1500 euros : quand on ne gagne même pas le SMIC, et tout aussi bien quand on gagne un peu plus que le SMIC, est-ce parlant ? À côté de cela, n'importe quel discours vigoureux parait attirant. Surtout s'il est facile à comprendre. Pendant que la gauche de gouvernement s'excuse de demander pardon et fait sincèrement allégeance aux fumeuses « réalités économiques », la droite produit ces « réalités », un vaste retour en arrière qu'elle fait passer avec succès pour la modernité. Non seulement les sociaux-démocrates perdent la bataille des idées, mais il ne la mènent même pas. En tout cas pas en des termes accessibles au plus grand nombre, ce qui dans des institutions basées sur le suffrage universel revient exactement au même.
— Sur l'Europe fédérale, le truc qui ferait des Européens une super-nation représentée par un exécutif démocratique, la première puissance économique du monde (en PIB) et un géant politique, ça n'intéresse à peu près personne. Les classes dominantes, politiciens compris, sont très contents de l'Europe-marché, une superstructure technocratique qui met la politique économique à distance des électeurs tout en préservant les sinécures nationales. Quant aux populations, certes elles se sont largement faites à l'idée d'une Europe symbolique et économique, mais de là à réclamer une Europe proprement politique reléguant nécessairement l'identité nationale au même plan que celle des régions et des départements, il y a un chemin que je n'imagine pas nous voir parcourir de mon vivant. Cela dit, d'ici à mon centième anniversaire, j'ai le temps de devenir plus optimiste."

Je lui ai écrit (rapidement, à minuit...), cette réponse :

Quand tu dis que la gauche ne mène pas la bataille des idées, c'est justement sur le terrains de nouveaux territoires à conquérir, et l'Europe Fédérale en est un. Ce n'est pas "Le" truc, c'est un nouveau moyen, non encore exploré, pour la social-démocratie.
Je ne parle pas de cette Europe Puissance dont rêvent les Fédéralistes en générale.
Je parle d'un nouveau territoire d'expérimentation pour la démocratie sociale, et qui est à même de placer nos "libéraux", c'est à dire nos Néo-cons devant leurs propres contradictions.
L'Europe est une échelle pertinente pour créer aujourd'hui de nouvelles avancées démocratiques, et j'y inclus de nouvelles avancées sociales.
Cette Europe de la Social-Démocratie, c'est une Europe qui se place à hauteur du Capital, et qui utilise, enfin, les rares outils institutionnels élaborés par les différents traités.
La multiplicité des syndicats sociaux-démocrates à travers l'Union, la multiplicité des partis sociaux-démocrates à travers l'Union est ridicule. C'est cela que j'appelle le "changement de paradigme". Ce n'est pas une mise à jour de je ne sais quel logiciel. C'est repenser l'outil à la base. Si notre objectif de socialiste est toujours la réalisation de la démocratie sociale, alors, nous devons recréer l'outil qui correspond à la réalité présente : non plus un outil national, mais qui colle à la réalité de l'Union.
Cela peut paraitre abstrait, mais il m'est avis que l'oeuvre de Marx le paraissait tout autant. Mais s'il est un point, parmi d'autres, où Marx s'est montré pertinent, c'est bien en ce qui concerne l'outil. Si on veut faire du politique, nous devons penser à l'outil adéquate, adapté.
C'est de cette nouvelle organisation du politique (du PSE vers les partis nationaux et non, comme actuellement, des partis nationaux vers le PSE) que nous produirons justement ces politiques qui parlent et ne ressemblent pas à du jargon policé destiné à enrober le vide des politiques proposées. Un premier mai Européen, avec ses mots d'ordres européens, son "grand défilé", venu de toute l'Europe, à l'appel d'un syndicat Européen, je pense que cela créé du sens, et plus que tout, de la durée. Penser les partis nationaux comme les outils d'un seul et même parti politique Socialiste Européen, cela créé du sens. C'est parce que nous sommes dans la logique inverse que la majorité socialiste européenne n'a rien produit de 1998 à 2001. Chaque parti à joué son propre pays, et non le "socialisme".
Les inégalités à compenser dans l'Union, les problèmes majeurs que seront l'eau, l'énergie et le réchauffement dans les 50 ans appellent pourtant des décisions fortes en matière de normes que seul un pouvoir politique cohérent à l'échelle de l'Union pourrait adopter, un pouvoir qui n'hésiterait pas à utiliser l'arme des "nationalisations" si cela s'avérait nécessaires si la survie de l'espèce en dépendait (et cela sera nécessaire pour l'eau et l'énergie). Non par dogme comme ce fut le cas, mais juste pour assurer le prima d'une décision démocratiquement élaborée sur une décision discrétionnaire dictée par le profit.
Cela peut paraître très gauchiste, mais Jacques Delors n'a jamais été très loin de cette idée. Je ne vais plus loin que sur un point : je pense que ce ne sera possible qu'avec la "fusion" des parti socialistes actuels et le prima du Parti des Socialistes Européens. Que l'heure est venue pour les socialistes Européens de discuter entre socialistes Européens. Car les courants d'idées et les différentes options traversent les frontières. Et parce que c'est de cette fusion/synergie que le courant de l'écologie politique pourra réintégrer positivement sa famille d'origine qu'est la social-démocratie. C'est à cette condition que l'on pourra envisager le salaire minimum européen, le temps de travail européen, d'autres politiques internationales, etc
Bref, c'est seulement ainsi que les socialistes auront autre chose à proposer que que ce qu'ils font aujourd'hui.
La chute du mur a mis fin non pas à la guerre froide. Elle nous a rendu l'Europe d'avant 1914, avec les mêmes défis, les mêmes contradictions, et 80 ans d'histoires où se sont accumulées les urgences et les défis. Mais où se sont aussi écrites des réussites importante et engrangée l'expérience. Je crois que les socialites portent aujourd'hui la responsabilité de reprendre la marche démocratique dans un monde où le culte de l'argent vide le projet démocratique de toute substance et de tout contenu, jusqu'au suicide final de notre espèce.
Ca peut paraître archaique à certains. Mais je sais que Michel Rocard -qui ne croit plus, lui, à l'Europe ni à grand chose d'ailleurs-, voit les défis à peu près à ce niveau là...
Je ne limiterai jamais la politique à "une politique". Ce n'est pas comme cela que je fais, en tout cas pas en dehors des élections. Je pense qu'une élection est le moment où on récolte. Mon principal reproche à leur égart est que les socialistes ont, depuis près de 30/40 ans, cessé de semer. Il n'est pas étonnant alors, qu'aujourd'hui, ils n'aient plus rien à proposer.
L'Europe est un fantastique chantier de réinvention de la social-démocratie.

jeudi 10 mai 2007

Les incertitudes de la social-démocratie, par Thomas Ferenczi

Article paru dans Le Monde, daté 11 mai 2007

Un article qui pose bien la problématique.

"Si la gauche se porte mal en France, elle n'est pas non plus très vaillante dans le reste de l'Europe. Il y a un an, elle semblait portée par des vents favorables. Ceux-ci ont aujourd'hui tourné. La défaite de Ségolène Royal, le 6 mai, n'illustre pas seulement l'échec des socialistes français, elle correspond aussi à un recul de la social-démocratie dans de nombreux Etats de l'Union européenne. Le succès d'Angela Merkel en Allemagne, en septembre 2005, a annoncé cette évolution, même si la nouvelle chancelière ne l'a emporté que de justesse et si les deux principaux partis ont choisi de travailler ensemble au sein d'une grande coalition.


En Grande-Bretagne, les conservateurs, sous l'impulsion de David Cameron, redressent la tête. Certes le Parti travailliste est encore au pouvoir, mais sa popularité est en chute libre. A Berlin comme à Londres, l'Etat-providence est l'une des cibles de la droite. Mme Merkel a fait campagne pour que son rôle soit sensiblement réduit. M. Cameron appelle à une réforme qui "encourage la responsabilité" et remette les gens au travail. Les concessions de Gerhard Schröder et de Tony Blair au néolibéralisme n'ont pas suffi à désarmer les critiques.

La "droitisation" de l'Europe s'est exprimée de la manière la plus symbolique en Suède quand la social-démocratie, en septembre 2006, a été battue par les "nouveaux conservateurs" de Fredrik Reinfeldt, au nom du renouvellement du vieux modèle scandinave, longtemps considéré comme un exemple en Europe. Comme Nicolas Sarkozy en France, le chef de la droite suédoise a plaidé pour la revalorisation du travail, dénoncé l'assistanat, promis plus d'emplois. Une fois élu, il s'en est pris aux jeunes chômeurs qui refusent les offres proposées par les agences spécialisées.

Deux autres pays nordiques sont également gouvernés par la droite. En Finlande, les centristes au pouvoir ont rompu leur alliance avec les sociaux-démocrates, après les élections de mars 2007, pour s'unir aux conservateurs. Au Danemark, le libéral Anders Fogh Rasmussen a éliminé en novembre 2001 son homonyme socialiste, Poul Nyrup Rasmussen, en durcissant le ton à l'égard des étrangers, comme l'a fait Nicolas Sarkozy, pour attirer les électeurs de l'extrême droite. Il a été reconduit en février 2005 alors que les sociaux-démocrates ont encore perdu des voix.

La social-démocratie a subi un important revers aux Pays-Bas en novembre 2006 avant d'accepter d'entrer dans le gouvernement de coalition dirigé par le chrétien démocrate Jan Peter Balkenende. Elle a été écartée du pouvoir en République tchèque après sa défaite de juin 2006. En Pologne, elle est hors jeu. Il y a certes des exceptions en Europe : la gauche gouverne en Espagne, en Italie, au Portugal, en Hongrie mais aussi, depuis janvier, en Autriche, au prix d'une coalition avec les démocrates chrétiens. Chaque Etat a ses particularismes, liés à son histoire nationale, à sa culture politique, à ses choix idéologiques. Mais la crise touche presque tous les partis socialistes.

Dans la plupart des pays européens, la demande d'ordre et d'autorité provoquée par les bouleversements du monde favorise la droite. Le modèle social-démocrate n'y répond en effet qu'imparfaitement. Ses bases sont désormais fragilisées. Traditionnellement il reposait sur deux piliers : un compromis entre le capital et le travail, un accord entre la classe ouvrière et les classes moyennes. Or la mondialisation a mis le premier en péril tandis que la montée des inégalités a rendu le second plus aléatoire. C'est cette difficulté que doivent résoudre les sociaux-démocrates s'ils veulent reconquérir le soutien de l'opinion. Une partie d'entre eux a déjà beaucoup avancé dans leur travail de rénovation, d'autres, comme les Français, n'en sont qu'au tout début."

Thomas Ferenczi


Un article intéressant dont je tire 2 conclusions :
- La défaite française n'est pas isolée, il ne s'agit donc pas seulement d'un "logiciel" qu'il faudrait "réactualiser";
- Les alliances au centre ne sont pas des voies nouvelles mais s'apparentent généralement plutôt à des voies de survies, certainement empruntées par l'existance de mode de scrutins qui les permettent (proportionnelle).
Je partage ce tableau, assez sombre finalement.
Mais également encourageant : la crise de la Social-Démocratie est une crise de sens. Elle accompagne une "crise de civilisation" plus profonde, celle ouverte par les possibilités infinies de l'économie de marché alliée à l'économie de désir suscitée par nos sociétés de consommation avides de profit (pour les uns), et d'affirmation de soi (pour les autres).
Repenser la Social-Démocratie aujourd'hui n'échappera pas à une retour à ses sources : une réflexion sur la liberté et sur le pouvoir bref, sur la Démocratie. Ce qui un temps était donné comme des moyens (résoudre les problèmes vitaux) s'est mu peu à peu en horizon indépassable (la "défense du modèle de protection sociale").
L'Europe offre un champs d'expérimentation idéal à une nouvelle conquète de la démocratie. L'avenir de la Social-Démocratie passe par une inversion du paradigne actuel (de la nation vers l'Europe) à un nouveau paradigme (d'une nation fédérée Européenne vers les états qui la compose).

Tôkyô, mercredi 10 mai 2007


Jun a eu 32 ans fin avril. Rigolo : un petit mensonge, il s'était rajeuni de 2 ans... Nous sommes allés dans un restaurant de 門前仲町/Monzen Nakachô, Le Petit Nice. On a pris un plat et un dessert plus un kir et un verre de vin : 10,000円 pour 2 (environ 60 eur) : qui a dit que les restaurants français sont chers, à Tôkyô ? J'aime de plus en plus ces quartiers de l'Est, entre 茅場町/Kayabachô et 木場/Kiba, sur la 東西線/ligne Tôzai que j'emprunte régulièrement. Ce sont des quartiers à forte mixité sociale "à la japonaise". Petites maisons entassées, un musée de la 下町/ "ville basse", la rivière 墨田/Sumida dont le simple nom évoque mon enfances et les rêves de Japon que je nourrissais alors.

Ben non, je ne suis pas jeune. Que d'eau a coulé, et comme je les envie, quelque part, toutes celles et tous ceux qui ont dansé et chanté dimanche soir. Quelle énergie, quelle force. Mais alors aussi, quel potentiel de déception et de désespérance. Et quelle rapidité certaine, aussi, pour baisser les impôts des plus riches et alléger les protections des plus fragiles. J'ai lu hier une chronique signée Jacques Attali où il ne cache pas son admiration pour Nicolas Sarkosy. C'est rassurant, quelque part, de le savoir entouré de gens comme Attali. Mais c'est aussi décourageant, voir que finalement les opinions, les engagements ne comptent pas, qu'on peut ainsi passer de l'un à l'autre bord avec la même aisance.

Ah, ça, il fallait en être, durant la golden week : 新マルビル/ Shin Maru Biru (un nouvel immeuble haut devant la gare de Tôkyô avec son grand centre commercial). Il paraît même que samedi il fallait attendre une heure...

Ici, c'est enfin vraiment le printemps. Il fait chaud, le ciel est désormais plus souvent bleu que gris, et on commence ici ou là à ressentir l'humidité qui fait le fond du climat en été. Je crois que je suis venu ici car j'aime cette sensation ainsi que la luminosité de cette saison au Japon. L'élection est passée et je vais devoir guérir de la France. Je ne ferai pas de procuration pour les législatives. Je rêve au fond de moi qu'ils perdent tous, que l'on passe enfin à quelque chose de neuf. Sans ni le centre, ni le PC ni les verts. Quelque chose qui soit vraiment nous, les socialistes. Européen, audacieux socialement, à l'avant-garde des combats démocratiques. Pas un parti qui protège, mais un parti qui avance, qui invite. Ce n'est pas le centre qui nous sauvera : il a déjà bien du mal à se sauver lui-même. C'est une grande idée et la fierté dans nos audaces. Audaces quant à l'ouverture sur le monde. Ouvert aux métissages. À la culture. Ayant foi en l'éducation. Profondemment Européen. Fédéralement Européen, et le vivant à travers le Parti des Socialistes Européens dont il pourrait être un moteur.
Alors, vous savez, ces histoires d'alliances...

Shin Maru Biru encore : une décoration simili années 30, très clinquante, j'aurais presque envie de dire "nouveau riche". Toutefois assez réussie grace à de beaux volumes soulignés par de belles perspectives.

Oui, bien que le gris s'installe au dessus de moi, c'est bel et bien la belle saison. Il fait gris mais il doit bien faire 25°... La semaine dernière, c'était la golden week. Pour moi, peu de changements côté travail mais pour Jun, quelques jours fériés qui nous ont permis de nous voir quasiment tous les jours. Nous sommes allés nous promener à 高尾山/Takao-san. Mésaventure fort ennuyeuse, j'y suis allé en sandale (je n'avais pas compris que ça montait vraiment...) et une lanière à craqué arrivé au sommet. Ca fait des souvenirs, ai-je dit à Jun, qui ne paraissait guère convaincu. Mais cela nous a quand même fait rire après que j'eusse bricoléune lanière à l'aide de sacs en plastique. Plus tard, à une halte à un bureau d'information j'ai pu rafistoler mes sacs en plastique avec des morceaux de scotch : je suis rentré à Tôkyô avec un vrai pied de SDF. Hormi donc cet épisode, je ne puis que recommander la visite à Takao. Je pense que le meilleurs moment est à la fin de l'automne pour y voir les feuilles d'érables rouges et y appercevoir le Fuji.

Promenade vers 神田/Kanda, au "centre-est" de Tôkyô. Les maisons anciennes disparaissent les unes après les autres. Ce n'est pas un mal car ce vieux bois rongé par les ans et l'humidité fait courir un réel danger en cas de 地震/tremblement de terre. Ce qui est triste, c'est ce qui les remplace. Il y a pourtant parfois de belles maisons, en béton lavé, bois et verre blindé mais elles sont hélas trop rares. On préfère construire une maison préfabriquée grisatre ou un de ces immeubles "élastiques" de 5 étages avec structure en métal et escaliers extérieurs, grisâtres eux aussi.


Il y a du côté de Kiba un grand parc qui suit le Nouveau Musée d'Art Contemporain de Tôkyô. Nous y sommes allés un matin de grand soleil, avant que je n'aille au travail. Plein soleil ! J'adore cet endroit. C'est un de ces parcs "post-modernes" des années 80, à la fois espace de loisirs, poumon de verdure, espace de rencontre et promenade. Il y a dans ce cas de la quasi-forêt par moments ainsi que de petits chemins, des bancs bien-sûr, de mini-champs de fleurs, plantées presque au hazard.

Un de ces ponts traversant le grand parc de Kiba, 木場公園. Le quartier est tout aux alentour peuplé de canaux et de ponts qui la nuit composent un paysage poêtique que j'ai découvert à l'époque de mon déménagement quand je le traversais tard, la nuit.
Qu'est-ce qu'il fait beau, alors... J'ai vu que de votre côté, à Paris, ce n'était pas mal non plus...

Et comme nous sommes dans l'est, dans ce que furent les anciens quartiers de pêcheurs qui approvisionnaient la ville jusque 日本橋/Nihon Bashi, des canaux avec leurs ponts métalliques que des travaux récents ont mis en valeur et le jour et la nuit à l'aide de couleurs et d'éclairages.

Le même pont, d'un autre pont qui surplombe le canal et une avenue. Le Parc est en fait séparé en deux, mais l'organisation permet une continuité de la promenade. Le canal est extrèmement apaisant.

C'est incroyable comme cette ville, partout inorganisée à l'extrème, réussi à abriter autant d'espaces profondemment harmonieux, apaisant et équilibrés. Pas un équilibre général, comme à Paris, mais plutôt un ensemble de petits équilibres. J'avoue apprécier particulièrement l'arrondissement de 江東区/Koto Ku.
Au fait, si quelqu'un pouvait m'expliquer pourquoi on dit qu'au Japon il y a 47 "préfectures" gouvernés par des "préfets". Que Tôkyô est une "capitale" gouvernée par un Préfet ? Je trouve ces noms dénués de sens, en tout cas en Français. Pour moi, il y a 47 départements avec pour chacun une ville Préfecture où réside le Préfet élu. Tôkyô est, comme Paris, une Capitale et donc à ce titre cumule la qualité de département et de ville. Monsieur Ishihara est donc le Maire de Tôkyô. J'ai tort ? Le maire de Paris est bien ET Maire de Paris ET Président du Conseil Général.

Les parcs japonais me font penser à leurs musées. Ou est-ce plutôt l'inverse? En Europe, on mettra un lieu en valeur par une abondance d'espace. Ici, l'espace est économisé à l'extrème, on privilégie la promenade. Les chemins se font sinueux et présentent à chaque fois une vision, un paysage nouveau. Il en est de même dans les expositions temporaires où l'on a l'impression de suivre un labyrinthe étroit, un entortillement permanent.
Ici, le Parc du Palais Impérial. On se croirait en forêt. On suit de petits chemins bien balisées, la nature autours est comme sauvage, mais sorti de ce sous bois, on s'apperçoit que cette longue marche ne nous aura fait avancé que d'une
centaine de mètres. On est dépaysé pourtant...

Nous avons également profité du temps pour aller revoir le Parc Impérial entre 九段下/Kudanshita et 大手町/Ôtemachi. Par endroits, une quasi-forêt, et pourtant, totalement artificiel, et minuscule. Le parc est envahi de toutes ces nuances de verts que j'aime au Japon.




高尾山/Takao. Un 天狗/Tengu.

L'origine du Tengu est assez mal connue (surtout par moi-même). Il apparait toujours toutefois dans les espaces limitrophes, ces zones de "négociation" (A. Berque) entre la nature et l'humain que sont les bordures des forêts. J'ai lu ainsi que les Tengu pourraient trouver leur origine dans des moines hermites qui couraient les montagnes et les forêts, territoires incertains peuplés de bêtes fantasmagoriques, des démons et des divinités. Ces moines par moment revenaient parmi les humains, rendus sauvages par leur éloignement et leur vie parmi les bêtes, provoquant un sentiment d'effroi mêlé de respect. Il aurait alors fallu se concilier cet être redouté qui devenait alors protecteur d'une communauté, intercesseur. On m'a dit également que l'origine de la représentation du 天狗 serait chinoise.


Takao. Racines puissantes d'arbres multi-séculaires.

Il y a en tout cas à Takao un temple qui lui est consacré. J'écris temple, mais je serait assez mal placé pour dire s'il s'agit d'un temple ou d'un sanctuaire tant l'environnement emprunte au 神道/shintô et les rituels au 仏教/bouddhisme.
Takao est une promenade que je conseille à chacun d'entre vous qui fera une visite ici. Les arbres sont magnifiques, puissants, et hormi le chemin "principal" bétonné et sécurisé, il y a plusieurs chemins de forêts, plus "naturels" où seules les racines des arbres servent de marches à la montée ou la descente, abrupte parfois. Les forêts de pins sont magnifiques et parfument l'air. Le sommet est, en revanche, comme toujours pour les endroits où "il faut aller" au Japon, un endroit qui concourt pour le prix de l'endroit le plus inintéressant du monde, avec de fortes chances de réussite.


Dimanche 22 avril, vers 10h00. Je viens de voter à l'ambassade, quartier de 広尾/Hiroo. Après un café en terrasse au Segafredo et les croissants de Burdigala, promenade dans le grand parc. Je vois ce vélo et je ne peux m'empêcher de penser à mes amis Nicolas et Stéphane. Yves Montand, "à bicyclette". Il fait chaud, Nicolas a mis du rosée au frigo, il y a une salade de tomates, un melon, des fromages. C'était il y a longtemps. Dans une autre époque. Alors j'ai pris cette photo...

Le Parc de Hiroo. J'ai honte de faire des photos, au Japon, des fois. On me dit "elles sont belles, tes photos!".
Mais non, banane, mes photos, elles sont inintéressantes! Ce sont les jardiniers Japonais, les génies. Moi, je sors mon truc digital, je cadre, j'appuie.
Mais regardez ce pêcheur au bord de son lac. C'est Hokkusai, mais on est au XXIème siècle. Moi, j'ai rien fait. C'est ce jardin qui est beau, sa variété d'essence qui fait tant de couleurs, ce lac. C'est presque à vous décourager de faire de la photo, un truc pareil, en fait...

Golden week, encore. Comme à Nantes, "La folle journée". Pour Tôkyô, une semaine de concerts à des prix inimaginables ici.
De grands artistes.
Et comme le Japonais (enfin... la Japonaise) est gourmand(e), une miriade de stands de nourritures du monde dans l'allée qui borde le Forum International, vers 有楽町/Yûrakuchô. Terrasse, beau temps. Une ambiance nonchalante comme ça manque parfois dans cette ville toujours pressée dans ces quartiers centraux.
Allez, je vous laisse. Il n'a pas plu, finalement.
De Tôkyô,
Suppaiku

mercredi 2 mai 2007

J'ai laissé ce message sur le site des jeunes UdF...

Je n'aurais jamais cru que, socialiste, je m'inscrirais un jour sur un forum UdF. Comme quoi tout arrive, et je ne doute plus désormais que l'UdF, enfin, le Parti Démocrate, ne s'allie un jour avec le Parti Socialiste. Et que, tout comme je ne me renierai pas en vous écrivant ici, aucune de ces 2 organisations ne se reniera.
On peut "faire un bout de chemin ensemble" (Ségolène Royal) sans trahir ni ses électeurs, ni ses convictions. Tout est affaire de priorités.
J'ai toujours été, et je le suis toujours, contre une alliance électorale entre les 2 organisations : cela a été expérimenté sous la IVème république et cela n'a pas marché. Le tropisme du centre incline vers la droite; le tropisme du Parti Socialiste incline vers la gauche. Une alliance aboutirait obligatoirement à un gommage de divergences profondes qui encouragerait les extrèmes. En 1958, le centre (MRP) et les socialistes, non seulement ont fini par produire l'une des pire politique qui soit à force de se renier, mais en plus, ils se sont tous deux retrouvés coincés entre De Gaulle et un Parti Communiste à 30% !
Et pourtant, je pense profondément que nos 2 partis unis ont, de 1946 à 1958, en pleine guerre froide, réussi à faire vivre le rêve et les idéaux de la résistance. Le centre et les socialistes doivent être fiers d'avoir malgré tout, en 12 ans, remis debout un pays ruiné par la guerre, la collaboration et la faillite des élites. De Gaulle a hérité d'un pays électrifié, avec des trains qui marchent, la DS, la Caravelle et un taux de croissance supérieur aux pays voisins.
La IVème n'est pas morte des indépendances. Elle est morte d'elle même, parce qu'elle reposait sur le rêve de la résistance : un pays uni. La guerre froide et la désertion gaullienne à partir de 1946 ont rompu ce rêve et ont conduit ce régime à la paralysie.
Nous devons revenir à cette histoire si nous voulons envisager de reconstruire la France. Non plus le pays, cette fois, mais d'abord le contrat, ce qui nous lie, ce qui fait société.
Je suis contre une alliance.
Je suis pour une "union libre", comme pour un couple non marié. Un contrat renouvelé à chaque nouvelle étape, en toute transparence, comme la discussion de samedi dernier l'a ébauchée.
Je m'explique.
Nous faisons en commun le constat que la Vème république asphysie la démocratie en concentrant les pouvoirs. Les socialistes comme vous partagent le constat qu'il faut changer de république.
Nous faisons le constat que rien, plus rien n'est désormais faisable sans repenser à l'Europe, à ses institutions et à ses ambitions. Nous savons également qu'il n'est de réel projet européen sans horizon plus ou moins fédéral (et je reconnais à François Bayrou, de ce côté là, un très grand courage et une réelle constance). J'ai compris que François Bayrou avait changé lors du débat de 2005, à ses yeux qui brillaient quand il regardait Cohen Bendit parler de l'Europe Fédérale : l'admiration était visible; or, pour "admirer" Cohen Bendit, il faut, pour un homme venu de la droite, avoir rompu intérieurement avec la droite. Les propos récents du candidat du pouvoir de droite sortant sur mai 68 montrent que ce n'est pas le cas de ce côté là... Oui, l'Europe est une ambition commune que prouve d'ailleurs l'existance d'un Parti Démocrate Européen et du Parti des Socialistes Européens. Qui d'ailleurs travaillent souvent ensembles.
Nous sommes également conscients que le marché tout seul ne sauvera pas la planète, bien au contraire. Je vous invite d'ailleurs si ce n'est fait à voir sur Dailymotion le débat entre Corinne Lepage et Bruno Rebelle : il est clair que la présidente de Cap21 ne votera pas pour Nicolas Sarkosy.
Quel gachis ce serait si nous ne nous unissions pas cette fois-ci pour faire ce bout de chemin ensemble...
Ne pourrions-nous pas envisager, par exemple, de transformer la prochaine législature en assemblée constituante, afin de passer à la VIème République ? Voilà un objectif clair qui ne trahisse ni les uns ni les autres et où nos capacités de dialogue seront plus importantes que nos organisations respectives. Au même moment, enclencher au gouvernement les nécessaires ruptures en terme de politiques environnementales. Et enfin, lancer un message clair et résolument tourné vers l'Europe pour renouer avec le fil rompu de la présidence Mitterrand et de la mandature Delors.
Une fois la nouvelle constitution adoptée, l'assemblée, comme toute constituante, serait dissoute et une nouvelle majorité devrait voir le jour sous ces nouvelles institutions. A l'issue de ces nouvelles élections, une nouvelle majorité verrait le jour.
Pas d'alliance, donc. Mais une union sur des objectifs clairs.
Ce n'est pas de l'anti-Sarko. C'est une réelle alternative basée sur de réelles convergences.
Qu'importe si après le Parti Démocrate repenche vers la droite ou décide de continuer l'aventure avec la social-démocratie ou en arbitre. Là n'est pas la question. Nous aurions juste, à un moment clef de notre histoire, pris nos responsabilités et réellement, en quelques mois, offert par le dépassement de nos réelles divergences la plus profonde transformation que notre pays ai pu connaitre depuis près de 50 ans.
Je le regrette pour les militants de l'UMP, pour leur candidat ainsi que pour les militants et élus UDF qui suivent Nicolas Sarkosy, mais cette ambition passe d'abord par la victoire de Ségolène Royal.

Je finirai ce message en vous parlant de la candidate elle même. Allez faire un tour sur mon blog : j'y ai activement fait campagne pour elle, malgré que ce ne soit pas l'objectif de ce blog que j'écris depuis 3 ans, dont plus d'une année au Japon. J'y ai parlé de vous, aussi, et de François Bayrou. Mais j'avoue avoir été plus souvent critique à l'égart des socialistes qui allaient vers vous qu'envers vous. Allez faire un tour en 2005, vous verrez que ce que je dis sur ce "bout de chemin" date du référendum. Indépendance et critique n'a jamais voulu dire chez moi reniement : je respecte vos idées autant que les miennes.
Je vous écris cela car vous remarquerez que depuis une semaine, en fait, je n'ai rien écrit. Le score de Ségolène Royal, bien que très bon finalement, n'était pas à la hauteur de ce que j'espérais : la France veut-elle de son Thatcher ? J'ai été abattu. Vas-y, Ségo, et bonne chance. À plat, Suppaiku...
Je vous écris aujourd'hui car finalement je suis épaté par ce "petit bout de bonne femme". Elle m'a reconvaincu : elle est solide. Oui, elle a dit des bétises. Mais je constate qu'on lui en a toujours tenu plus rigueur qu'à aucun autre candidat. Oui, par moment, on a pu sentir des flottements sur telle ou telle proposition : elle n'a pourtant jamais cédé sur le fond. Oui, elle n'est pas compétente en économie, mais est-ce le rôle d'un président de la république, que tout savoir ? Elle n'est pas compétente mais elle connait l'urgence pour la question de la dette (c'est elle qui a soulevé la question lors du discours du 11 février à Villepinte), la nécessité de doper les investissements des entreprises. Ne croyez vous pas que ce soit plutôt le rôle de son ministre de l'économie ? Car sur le fond, si vous lisez attentivement son programme, si vous alliez ensuite sur le site du Labour, vous découvririez beaucoup de similitudes avec la politique de... Tony Blair. Emplois tremplins et Contrat première chance (1998 : "New Deal"), encadrement militaire pour les jeunes récidivistes ("tough on crime") et investissement massif dans les causes de délinquences ("tough on cause of crime"), revalorisation des bas salaire (1999 "creation of a minimum wage" / 2007 "minimum wage rised up to 50% since its introduction in 1999")... Labour

J'arrête ici.
Ségolène Royal est solide. Sa politique est en harmonie avec les politiques socialistes et social-démocrates mises en oeuvre en Europe, parfois avec des centristes. Malgré la difficulté de la tâche, elle continue sa campagne avec une droiture qui me conduit aujourd'hui moi-même à reprendre ma campagne, à vous écrire, par exemple. Regardez-là telle qu'elle est, lisez le Pacte Présidentiel tel qu'il est, en cherchant, en tant que force politique indépendante, vous pouvez apporter à une France Présidente, dont la discussion honnête de samedi dernier nous a laisser entr'appercevoir un avant goût.
Osez.

J'ai laissé ce message sur le site des jeunes UdF...

Je n'aurais jamais cru que, socialiste, je m'inscrirais un jour sur un forum UdF. Comme quoi tout arrive, et je ne doute plus désormais que l'UdF, enfin, le Parti Démocrate, ne s'allie un jour avec le Parti Socialiste. Et que, tout comme je ne me renierai pas en vous écrivant ici, aucune de ces 2 organisations ne se reniera.
On peut "faire un bout de chemin ensemble" (Ségolène Royal) sans trahir ni ses électeurs, ni ses convictions. Tout est affaire de priorités.
J'ai toujours été, et je le suis toujours, contre une alliance électorale entre les 2 organisations : cela a été expérimenté sous la IVème république et cela n'a pas marché. Le tropisme du centre incline vers la droite; le tropisme du Parti Socialiste incline vers la gauche. Une alliance aboutirait obligatoirement à un gommage de divergences profondes qui encouragerait les extrèmes. En 1958, le centre (MRP) et les socialistes, non seulement ont fini par produire l'une des pire politique qui soit à force de se renier, mais en plus, ils se sont tous deux retrouvés coincés entre De Gaulle et un Parti Communiste à 30% !
Et pourtant, je pense profondément que nos 2 partis unis ont, de 1946 à 1958, en pleine guerre froide, réussi à faire vivre le rêve et les idéaux de la résistance. Le centre et les socialistes doivent être fiers d'avoir malgré tout, en 12 ans, remis debout un pays ruiné par la guerre, la collaboration et la faillite des élites. De Gaulle a hérité d'un pays électrifié, avec des trains qui marchent, la DS, la Caravelle et un taux de croissance supérieur aux pays voisins.
La IVème n'est pas morte des indépendances. Elle est morte d'elle même, parce qu'elle reposait sur le rêve de la résistance : un pays uni. La guerre froide et la désertion gaullienne à partir de 1946 ont rompu ce rêve et ont conduit ce régime à la paralysie.
Nous devons revenir à cette histoire si nous voulons envisager de reconstruire la France. Non plus le pays, cette fois, mais d'abord le contrat, ce qui nous lie, ce qui fait société.
Je suis contre une alliance.
Je suis pour une "union libre", comme pour un couple non marié. Un contrat renouvelé à chaque nouvelle étape, en toute transparence, comme la discussion de samedi dernier l'a ébauchée.
Je m'explique.
Nous faisons en commun le constat que la Vème république asphysie la démocratie en concentrant les pouvoirs. Les socialistes comme vous partagent le constat qu'il faut changer de république.
Nous faisons le constat que rien, plus rien n'est désormais faisable sans repenser à l'Europe, à ses institutions et à ses ambitions. Nous savons également qu'il n'est de réel projet européen sans horizon plus ou moins fédéral (et je reconnais à François Bayrou, de ce côté là, un très grand courage et une réelle constance). J'ai compris que François Bayrou avait changé lors du débat de 2005, à ses yeux qui brillaient quand il regardait Cohen Bendit parler de l'Europe Fédérale : l'admiration était visible; or, pour "admirer" Cohen Bendit, il faut, pour un homme venu de la droite, avoir rompu intérieurement avec la droite. Les propos récents du candidat du pouvoir de droite sortant sur mai 68 montrent que ce n'est pas le cas de ce côté là... Oui, l'Europe est une ambition commune que prouve d'ailleurs l'existance d'un Parti Démocrate Européen et du Parti des Socialistes Européens. Qui d'ailleurs travaillent souvent ensembles.
Nous sommes également conscients que le marché tout seul ne sauvera pas la planète, bien au contraire. Je vous invite d'ailleurs si ce n'est fait à voir sur Dailymotion le débat entre Corinne Lepage et Bruno Rebelle : il est clair que la présidente de Cap21 ne votera pas pour Nicolas Sarkosy.
Quel gachis ce serait si nous ne nous unissions pas cette fois-ci pour faire ce bout de chemin ensemble...
Ne pourrions-nous pas envisager, par exemple, de transformer la prochaine législature en assemblée constituante, afin de passer à la VIème République ? Voilà un objectif clair qui ne trahisse ni les uns ni les autres et où nos capacités de dialogue seront plus importantes que nos organisations respectives. Au même moment, enclencher au gouvernement les nécessaires ruptures en terme de politiques environnementales. Et enfin, lancer un message clair et résolument tourné vers l'Europe pour renouer avec le fil rompu de la présidence Mitterrand et de la mandature Delors.
Une fois la nouvelle constitution adoptée, l'assemblée, comme toute constituante, serait dissoute et une nouvelle majorité devrait voir le jour sous ces nouvelles institutions. A l'issue de ces nouvelles élections, une nouvelle majorité verrait le jour.
Pas d'alliance, donc. Mais une union sur des objectifs clairs.
Ce n'est pas de l'anti-Sarko. C'est une réelle alternative basée sur de réelles convergences.
Qu'importe si après le Parti Démocrate repenche vers la droite ou décide de continuer l'aventure avec la social-démocratie ou en arbitre. Là n'est pas la question. Nous aurions juste, à un moment clef de notre histoire, pris nos responsabilités et réellement, en quelques mois, offert par le dépassement de nos réelles divergences la plus profonde transformation que notre pays ai pu connaitre depuis près de 50 ans.
Je le regrette pour les militants de l'UMP, pour leur candidat ainsi que pour les militants et élus UDF qui suivent Nicolas Sarkosy, mais cette ambition passe d'abord par la victoire de Ségolène Royal.

Je finirai ce message en vous parlant de la candidate elle même. Allez faire un tour sur mon blog : j'y ai activement fait campagne pour elle, malgré que ce ne soit pas l'objectif de ce blog que j'écris depuis 3 ans, dont plus d'une année au Japon. J'y ai parlé de vous, aussi, et de François Bayrou. Mais j'avoue avoir été plus souvent critique à l'égart des socialistes qui allaient vers vous qu'envers vous. Allez faire un tour en 2005, vous verrez que ce que je dis sur ce "bout de chemin" date du référendum. Indépendance et critique n'a jamais voulu dire chez moi reniement : je respecte vos idées autant que les miennes.
Je vous écris cela car vous remarquerez que depuis une semaine, en fait, je n'ai rien écrit. Le score de Ségolène Royal, bien que très bon finalement, n'était pas à la hauteur de ce que j'espérais : la France veut-elle de son Thatcher ? J'ai été abattu. Vas-y, Ségo, et bonne chance. À plat, Suppaiku...
Je vous écris aujourd'hui car finalement je suis épaté par ce "petit bout de bonne femme". Elle m'a reconvaincu : elle est solide. Oui, elle a dit des bétises. Mais je constate qu'on lui en a toujours tenu plus rigueur qu'à aucun autre candidat. Oui, par moment, on a pu sentir des flottements sur telle ou telle proposition : elle n'a pourtant jamais cédé sur le fond. Oui, elle n'est pas compétente en économie, mais est-ce le rôle d'un président de la république, que tout savoir ? Elle n'est pas compétente mais elle connait l'urgence pour la question de la dette (c'est elle qui a soulevé la question lors du discours du 11 février à Villepinte), la nécessité de doper les investissements des entreprises. Ne croyez vous pas que ce soit plutôt le rôle de son ministre de l'économie ? Car sur le fond, si vous lisez attentivement son programme, si vous alliez ensuite sur le site du Labour, vous découvririez beaucoup de similitudes avec la politique de... Tony Blair. Emplois tremplins et Contrat première chance (1998 : "New Deal"), encadrement militaire pour les jeunes récidivistes ("tough on crime") et investissement massif dans les causes de délinquences ("tough on cause of crime"), revalorisation des bas salaire (1999 "creation of a minimum wage" / 2007 "minimum wage rised up to 50% since its introduction in 1999")... Labour

J'arrête ici.
Ségolène Royal est solide. Sa politique est en harmonie avec les politiques socialistes et social-démocrates mises en oeuvre en Europe, parfois avec des centristes. Malgré la difficulté de la tâche, elle continue sa campagne avec une droiture qui me conduit aujourd'hui moi-même à reprendre ma campagne, à vous écrire, par exemple. Regardez-là telle qu'elle est, lisez le Pacte Présidentiel tel qu'il est, en cherchant, en tant que force politique indépendante, vous pouvez apporter à une France Présidente, dont la discussion honnête de samedi dernier nous a laisser entr'appercevoir un avant goût.
Osez.

J'ai laissé ce message sur le site des jeunes UdF...

Je n'aurais jamais cru que, socialiste, je m'inscrirais un jour sur un forum UdF. Comme quoi tout arrive, et je ne doute plus désormais que l'UdF, enfin, le Parti Démocrate, ne s'allie un jour avec le Parti Socialiste. Et que, tout comme je ne me renierai pas en vous écrivant ici, aucune de ces 2 organisations ne se reniera.
On peut "faire un bout de chemin ensemble" (Ségolène Royal) sans trahir ni ses électeurs, ni ses convictions. Tout est affaire de priorités.
J'ai toujours été, et je le suis toujours, contre une alliance électorale entre les 2 organisations : cela a été expérimenté sous la IVème république et cela n'a pas marché. Le tropisme du centre incline vers la droite; le tropisme du Parti Socialiste incline vers la gauche. Une alliance aboutirait obligatoirement à un gommage de divergences profondes qui encouragerait les extrèmes. En 1958, le centre (MRP) et les socialistes, non seulement ont fini par produire l'une des pire politique qui soit à force de se renier, mais en plus, ils se sont tous deux retrouvés coincés entre De Gaulle et un Parti Communiste à 30% !
Et pourtant, je pense profondément que nos 2 partis unis ont, de 1946 à 1958, en pleine guerre froide, réussi à faire vivre le rêve et les idéaux de la résistance. Le centre et les socialistes doivent être fiers d'avoir malgré tout, en 12 ans, remis debout un pays ruiné par la guerre, la collaboration et la faillite des élites. De Gaulle a hérité d'un pays électrifié, avec des trains qui marchent, la DS, la Caravelle et un taux de croissance supérieur aux pays voisins.
La IVème n'est pas morte des indépendances. Elle est morte d'elle même, parce qu'elle reposait sur le rêve de la résistance : un pays uni. La guerre froide et la désertion gaullienne à partir de 1946 ont rompu ce rêve et ont conduit ce régime à la paralysie.
Nous devons revenir à cette histoire si nous voulons envisager de reconstruire la France. Non plus le pays, cette fois, mais d'abord le contrat, ce qui nous lie, ce qui fait société.
Je suis contre une alliance.
Je suis pour une "union libre", comme pour un couple non marié. Un contrat renouvelé à chaque nouvelle étape, en toute transparence, comme la discussion de samedi dernier l'a ébauchée.
Je m'explique.
Nous faisons en commun le constat que la Vème république asphysie la démocratie en concentrant les pouvoirs. Les socialistes comme vous partagent le constat qu'il faut changer de république.
Nous faisons le constat que rien, plus rien n'est désormais faisable sans repenser à l'Europe, à ses institutions et à ses ambitions. Nous savons également qu'il n'est de réel projet européen sans horizon plus ou moins fédéral (et je reconnais à François Bayrou, de ce côté là, un très grand courage et une réelle constance). J'ai compris que François Bayrou avait changé lors du débat de 2005, à ses yeux qui brillaient quand il regardait Cohen Bendit parler de l'Europe Fédérale : l'admiration était visible; or, pour "admirer" Cohen Bendit, il faut, pour un homme venu de la droite, avoir rompu intérieurement avec la droite. Les propos récents du candidat du pouvoir de droite sortant sur mai 68 montrent que ce n'est pas le cas de ce côté là... Oui, l'Europe est une ambition commune que prouve d'ailleurs l'existance d'un Parti Démocrate Européen et du Parti des Socialistes Européens. Qui d'ailleurs travaillent souvent ensembles.
Nous sommes également conscients que le marché tout seul ne sauvera pas la planète, bien au contraire. Je vous invite d'ailleurs si ce n'est fait à voir sur Dailymotion le débat entre Corinne Lepage et Bruno Rebelle : il est clair que la présidente de Cap21 ne votera pas pour Nicolas Sarkosy.
Quel gachis ce serait si nous ne nous unissions pas cette fois-ci pour faire ce bout de chemin ensemble...
Ne pourrions-nous pas envisager, par exemple, de transformer la prochaine législature en assemblée constituante, afin de passer à la VIème République ? Voilà un objectif clair qui ne trahisse ni les uns ni les autres et où nos capacités de dialogue seront plus importantes que nos organisations respectives. Au même moment, enclencher au gouvernement les nécessaires ruptures en terme de politiques environnementales. Et enfin, lancer un message clair et résolument tourné vers l'Europe pour renouer avec le fil rompu de la présidence Mitterrand et de la mandature Delors.
Une fois la nouvelle constitution adoptée, l'assemblée, comme toute constituante, serait dissoute et une nouvelle majorité devrait voir le jour sous ces nouvelles institutions. A l'issue de ces nouvelles élections, une nouvelle majorité verrait le jour.
Pas d'alliance, donc. Mais une union sur des objectifs clairs.
Ce n'est pas de l'anti-Sarko. C'est une réelle alternative basée sur de réelles convergences.
Qu'importe si après le Parti Démocrate repenche vers la droite ou décide de continuer l'aventure avec la social-démocratie ou en arbitre. Là n'est pas la question. Nous aurions juste, à un moment clef de notre histoire, pris nos responsabilités et réellement, en quelques mois, offert par le dépassement de nos réelles divergences la plus profonde transformation que notre pays ai pu connaitre depuis près de 50 ans.
Je le regrette pour les militants de l'UMP, pour leur candidat ainsi que pour les militants et élus UDF qui suivent Nicolas Sarkosy, mais cette ambition passe d'abord par la victoire de Ségolène Royal.

Je finirai ce message en vous parlant de la candidate elle même. Allez faire un tour sur mon blog : j'y ai activement fait campagne pour elle, malgré que ce ne soit pas l'objectif de ce blog que j'écris depuis 3 ans, dont plus d'une année au Japon. J'y ai parlé de vous, aussi, et de François Bayrou. Mais j'avoue avoir été plus souvent critique à l'égart des socialistes qui allaient vers vous qu'envers vous. Allez faire un tour en 2005, vous verrez que ce que je dis sur ce "bout de chemin" date du référendum. Indépendance et critique n'a jamais voulu dire chez moi reniement : je respecte vos idées autant que les miennes.
Je vous écris cela car vous remarquerez que depuis une semaine, en fait, je n'ai rien écrit. Le score de Ségolène Royal, bien que très bon finalement, n'était pas à la hauteur de ce que j'espérais : la France veut-elle de son Thatcher ? J'ai été abattu. Vas-y, Ségo, et bonne chance. À plat, Suppaiku...
Je vous écris aujourd'hui car finalement je suis épaté par ce "petit bout de bonne femme". Elle m'a reconvaincu : elle est solide. Oui, elle a dit des bétises. Mais je constate qu'on lui en a toujours tenu plus rigueur qu'à aucun autre candidat. Oui, par moment, on a pu sentir des flottements sur telle ou telle proposition : elle n'a pourtant jamais cédé sur le fond. Oui, elle n'est pas compétente en économie, mais est-ce le rôle d'un président de la république, que tout savoir ? Elle n'est pas compétente mais elle connait l'urgence pour la question de la dette (c'est elle qui a soulevé la question lors du discours du 11 février à Villepinte), la nécessité de doper les investissements des entreprises. Ne croyez vous pas que ce soit plutôt le rôle de son ministre de l'économie ? Car sur le fond, si vous lisez attentivement son programme, si vous alliez ensuite sur le site du Labour, vous découvririez beaucoup de similitudes avec la politique de... Tony Blair. Emplois tremplins et Contrat première chance (1998 : "New Deal"), encadrement militaire pour les jeunes récidivistes ("tough on crime") et investissement massif dans les causes de délinquences ("tough on cause of crime"), revalorisation des bas salaire (1999 "creation of a minimum wage" / 2007 "minimum wage rised up to 50% since its introduction in 1999")... Labour

J'arrête ici.
Ségolène Royal est solide. Sa politique est en harmonie avec les politiques socialistes et social-démocrates mises en oeuvre en Europe, parfois avec des centristes. Malgré la difficulté de la tâche, elle continue sa campagne avec une droiture qui me conduit aujourd'hui moi-même à reprendre ma campagne, à vous écrire, par exemple. Regardez-là telle qu'elle est, lisez le Pacte Présidentiel tel qu'il est, en cherchant, en tant que force politique indépendante, vous pouvez apporter à une France Présidente, dont la discussion honnête de samedi dernier nous a laisser entr'appercevoir un avant goût.
Osez.

J'ai laissé ce message sur le site des jeunes UdF...

Je n'aurais jamais cru que, socialiste, je m'inscrirais un jour sur un forum UdF. Comme quoi tout arrive, et je ne doute plus désormais que l'UdF, enfin, le Parti Démocrate, ne s'allie un jour avec le Parti Socialiste. Et que, tout comme je ne me renierai pas en vous écrivant ici, aucune de ces 2 organisations ne se reniera.
On peut "faire un bout de chemin ensemble" (Ségolène Royal) sans trahir ni ses électeurs, ni ses convictions. Tout est affaire de priorités.
J'ai toujours été, et je le suis toujours, contre une alliance électorale entre les 2 organisations : cela a été expérimenté sous la IVème république et cela n'a pas marché. Le tropisme du centre incline vers la droite; le tropisme du Parti Socialiste incline vers la gauche. Une alliance aboutirait obligatoirement à un gommage de divergences profondes qui encouragerait les extrèmes. En 1958, le centre (MRP) et les socialistes, non seulement ont fini par produire l'une des pire politique qui soit à force de se renier, mais en plus, ils se sont tous deux retrouvés coincés entre De Gaulle et un Parti Communiste à 30% !
Et pourtant, je pense profondément que nos 2 partis unis ont, de 1946 à 1958, en pleine guerre froide, réussi à faire vivre le rêve et les idéaux de la résistance. Le centre et les socialistes doivent être fiers d'avoir malgré tout, en 12 ans, remis debout un pays ruiné par la guerre, la collaboration et la faillite des élites. De Gaulle a hérité d'un pays électrifié, avec des trains qui marchent, la DS, la Caravelle et un taux de croissance supérieur aux pays voisins.
La IVème n'est pas morte des indépendances. Elle est morte d'elle même, parce qu'elle reposait sur le rêve de la résistance : un pays uni. La guerre froide et la désertion gaullienne à partir de 1946 ont rompu ce rêve et ont conduit ce régime à la paralysie.
Nous devons revenir à cette histoire si nous voulons envisager de reconstruire la France. Non plus le pays, cette fois, mais d'abord le contrat, ce qui nous lie, ce qui fait société.
Je suis contre une alliance.
Je suis pour une "union libre", comme pour un couple non marié. Un contrat renouvelé à chaque nouvelle étape, en toute transparence, comme la discussion de samedi dernier l'a ébauchée.
Je m'explique.
Nous faisons en commun le constat que la Vème république asphysie la démocratie en concentrant les pouvoirs. Les socialistes comme vous partagent le constat qu'il faut changer de république.
Nous faisons le constat que rien, plus rien n'est désormais faisable sans repenser à l'Europe, à ses institutions et à ses ambitions. Nous savons également qu'il n'est de réel projet européen sans horizon plus ou moins fédéral (et je reconnais à François Bayrou, de ce côté là, un très grand courage et une réelle constance). J'ai compris que François Bayrou avait changé lors du débat de 2005, à ses yeux qui brillaient quand il regardait Cohen Bendit parler de l'Europe Fédérale : l'admiration était visible; or, pour "admirer" Cohen Bendit, il faut, pour un homme venu de la droite, avoir rompu intérieurement avec la droite. Les propos récents du candidat du pouvoir de droite sortant sur mai 68 montrent que ce n'est pas le cas de ce côté là... Oui, l'Europe est une ambition commune que prouve d'ailleurs l'existance d'un Parti Démocrate Européen et du Parti des Socialistes Européens. Qui d'ailleurs travaillent souvent ensembles.
Nous sommes également conscients que le marché tout seul ne sauvera pas la planète, bien au contraire. Je vous invite d'ailleurs si ce n'est fait à voir sur Dailymotion le débat entre Corinne Lepage et Bruno Rebelle : il est clair que la présidente de Cap21 ne votera pas pour Nicolas Sarkosy.
Quel gachis ce serait si nous ne nous unissions pas cette fois-ci pour faire ce bout de chemin ensemble...
Ne pourrions-nous pas envisager, par exemple, de transformer la prochaine législature en assemblée constituante, afin de passer à la VIème République ? Voilà un objectif clair qui ne trahisse ni les uns ni les autres et où nos capacités de dialogue seront plus importantes que nos organisations respectives. Au même moment, enclencher au gouvernement les nécessaires ruptures en terme de politiques environnementales. Et enfin, lancer un message clair et résolument tourné vers l'Europe pour renouer avec le fil rompu de la présidence Mitterrand et de la mandature Delors.
Une fois la nouvelle constitution adoptée, l'assemblée, comme toute constituante, serait dissoute et une nouvelle majorité devrait voir le jour sous ces nouvelles institutions. A l'issue de ces nouvelles élections, une nouvelle majorité verrait le jour.
Pas d'alliance, donc. Mais une union sur des objectifs clairs.
Ce n'est pas de l'anti-Sarko. C'est une réelle alternative basée sur de réelles convergences.
Qu'importe si après le Parti Démocrate repenche vers la droite ou décide de continuer l'aventure avec la social-démocratie ou en arbitre. Là n'est pas la question. Nous aurions juste, à un moment clef de notre histoire, pris nos responsabilités et réellement, en quelques mois, offert par le dépassement de nos réelles divergences la plus profonde transformation que notre pays ai pu connaitre depuis près de 50 ans.
Je le regrette pour les militants de l'UMP, pour leur candidat ainsi que pour les militants et élus UDF qui suivent Nicolas Sarkosy, mais cette ambition passe d'abord par la victoire de Ségolène Royal.

Je finirai ce message en vous parlant de la candidate elle même. Allez faire un tour sur mon blog : j'y ai activement fait campagne pour elle, malgré que ce ne soit pas l'objectif de ce blog que j'écris depuis 3 ans, dont plus d'une année au Japon. J'y ai parlé de vous, aussi, et de François Bayrou. Mais j'avoue avoir été plus souvent critique à l'égart des socialistes qui allaient vers vous qu'envers vous. Allez faire un tour en 2005, vous verrez que ce que je dis sur ce "bout de chemin" date du référendum. Indépendance et critique n'a jamais voulu dire chez moi reniement : je respecte vos idées autant que les miennes.
Je vous écris cela car vous remarquerez que depuis une semaine, en fait, je n'ai rien écrit. Le score de Ségolène Royal, bien que très bon finalement, n'était pas à la hauteur de ce que j'espérais : la France veut-elle de son Thatcher ? J'ai été abattu. Vas-y, Ségo, et bonne chance. À plat, Suppaiku...
Je vous écris aujourd'hui car finalement je suis épaté par ce "petit bout de bonne femme". Elle m'a reconvaincu : elle est solide. Oui, elle a dit des bétises. Mais je constate qu'on lui en a toujours tenu plus rigueur qu'à aucun autre candidat. Oui, par moment, on a pu sentir des flottements sur telle ou telle proposition : elle n'a pourtant jamais cédé sur le fond. Oui, elle n'est pas compétente en économie, mais est-ce le rôle d'un président de la république, que tout savoir ? Elle n'est pas compétente mais elle connait l'urgence pour la question de la dette (c'est elle qui a soulevé la question lors du discours du 11 février à Villepinte), la nécessité de doper les investissements des entreprises. Ne croyez vous pas que ce soit plutôt le rôle de son ministre de l'économie ? Car sur le fond, si vous lisez attentivement son programme, si vous alliez ensuite sur le site du Labour, vous découvririez beaucoup de similitudes avec la politique de... Tony Blair. Emplois tremplins et Contrat première chance (1998 : "New Deal"), encadrement militaire pour les jeunes récidivistes ("tough on crime") et investissement massif dans les causes de délinquences ("tough on cause of crime"), revalorisation des bas salaire (1999 "creation of a minimum wage" / 2007 "minimum wage rised up to 50% since its introduction in 1999")... Labour

J'arrête ici.
Ségolène Royal est solide. Sa politique est en harmonie avec les politiques socialistes et social-démocrates mises en oeuvre en Europe, parfois avec des centristes. Malgré la difficulté de la tâche, elle continue sa campagne avec une droiture qui me conduit aujourd'hui moi-même à reprendre ma campagne, à vous écrire, par exemple. Regardez-là telle qu'elle est, lisez le Pacte Présidentiel tel qu'il est, en cherchant, en tant que force politique indépendante, vous pouvez apporter à une France Présidente, dont la discussion honnête de samedi dernier nous a laisser entr'appercevoir un avant goût.
Osez.