mercredi 31 octobre 2007

Adaptation I


Le temps passe vite.
Je ne suis pas encore habitué à ma nouvelle situation, loin de NOVA. La fin laisse un goût étrange, et encore fais-je partie de celles et ceux qui ont pris les devants et décidé de quitter le navire par eux-même avant qu'il ne sombre... Beaucoup de mes collègues ont en fait été lâchés alors que chez eux flottaient encore quelque espoir, quelque indécision. Ca laissera des marques. Chez moi, comme un vague état dépressif : j'ai mis une énergie énorme afin de trouver quelque chose avant que ça ne sombre. Devant moi de l'incertain, du travail aussi, beaucoup de travail afin de m'adapter à une autre école, sa façon de travailler, un autre quartier. Je ne suis pas saisi par la passion qui vous habite devant ce qui est nouveau, cette exitation particulière des premiers temps.
Peut-être, mais cela n'est encore qu'une impression, vague, très vague, le sentiment que je vais commencer quelque chose, que l'étendue devant moi est vaste, bref, que chaque chose se présentera en son temps. Je dois d'abord visiter cette nouvelle organisation du temps, celle que me propose ce travail. C'est très nouveau pour moi ou plutôt, cela fait longtemps que je n'ai pas eu tout ce temps devant moi, ce temps pour moi, ce temps qui, par exemple m'a permis un matin en me levant de commencer l'écriture d'une pièce de théatre et de réussir à la faire publier; ce temps de la lecture, ce temps pour flâner et lire, découvrir, prendre des notes et dessiner. NOVA à cet égard ressmblait plus à une banque qu'à une école : allez vous promener avant ou après le travail, avec un costume ? Et puis, ces horaires figés qui commencent ni assez tôt ni suffisament tard, ce quartier de bourgeoises insipide, artificiel comme le luxe de ces boutiques de marques qui vendent hors de prix du prêt-à-porter qui ressemble à s'y méprendre à ce que les gens portent déjà, mais avec la "fantastique" originalité d'une déchirure audacieusement placée, d'une mauvaise couture courant sur un ajustement au port aléatoire, un lainage froissé juste comme il faut sur une doublure visible juste ce qu'il faut pour bien montrer qu'il s'agit d'une création, du type de celle qui mérite le zéro supplémentaire qui les fera toutes bâver durant leurs scéances de lèche-vitrine dominical... Ah, Ginza ! Ici plus qu'ailleurs on voit l'époque, et je déteste notre époque...


Mon école est à Ebisu.
C'est un deuxième quartier français à Tôkyô, moins snob et plus fouilli que Iidabashi. Il y a le musée de la photographie, la bibliothèque le la Maison Franco-Japonaise, le "chateau" de Robuchon au fond du Garden Plaza - une grande place que borde et surplombe un immeuble de grande taille qui a la base dessine une allée qui descend, des jets d'eau... -, beaucoup de restaurants, Shibuya pas loin... C'est un quartier qui monte et qui descend, il y a quelques écoles françaises.
Je ne connais pas bien Ebisu. Je me souviens, en 2003, une longue promenade à travers Tôkyô, de Ueno à Ebisu en passant par Akihabara, Ginza, Shinbashi, Roppongi... C'était ma première grande traversée de la ville. Il faisait beau et chaud, lourd aussi. J'étais arrivé dans ce quartier presque par hazard, pas du vrai hazard, disons plutôt que c'est là que je voulais aller mais que je n'y étais pas arrivé exactement par où je voulais ! On m'avait dit que c'était un quartier sympa, mon souvenir est un Shôtengai animé, des carrefours un boulevard qui tourne, un pont et sa voie de chemins de fers, la gare bien sûr, et du monde, des rues en pentes... Je m'y était perdu, tournant en rond avant de demander à une passante de m'indiquer le chemin. Je me souviens de sa surprise à la lecture de mon plan français : elle ne s'y retrouvait pas du tout. Les Japonais ont l'habitude d'indiquer des repères visuels, konbini, banque, restaurant célèbre... qui faisaient cruellement défaut à ce plan. Je me revois ensuite monter cette rue en pente raide un peu sombre sous le soleil et qui va vers Ebisu Garden Place, une rue de première fois et qui depuis que j'y suis retourné a perdu bien de son charme... On ne refait jamais le même chemin...
J'allais au musée de la photographie. Quand j'en suis sorti, il faisait encore jour mais déjà les murs de la place se teintaient de rouge... Je me suis reposé là, sur un ban, et j'ai apprécié. Je suis rentré tranquillement, retraversant la ville en me perdant d'abord, en tournant en rond, essayant de trouver mon chemin "à vue", et puis j'ai retrouvé Shibuya, Omotesandô, Harajuku, la Tout Docomo dominant la nuit noir avant d'arriver à Shinjuku, et puis Takadanobaba, Mejiro, Yanaka... J'étais rentré vers 3 heures du matin. Heureux. Fatigué mais heureux.
Je ne connais donc pas bien ce quartier, je vais apprendre à le connaitre. C'est un peu loin de chez moi, mais peut-être est-ce aussi un avantage. Je ne sais rien. C'est vraiment comme une grande page blanche que je me dois d'écrire seul, comme le grand que je suis devenu. Sans l'aide de personne, mais avec juste la considération et les encouragement que l'on me donne, l'affection de mes proches. Ma mère, qui vient de m'aider à traverser la passe difficile dans laquelle je suis. J'ai tant abusé de sa générosité autrefois, usant d'excuses toutes plus égoïstes que ridicules. Et voilà que pour la première fois c'est un language simple qui est venu, sans excuse ni rien. Elle a compris. Je suis touché. J'ai eu la chance d'être élevés par des parents d'une très profonde gentilesse.
Le soleil s'amuse avec nous depuis quelques jours; il part, il revient. Il vient juste ce qu'il faut pour profiter d'un dimanche ensoleillé, il part à point pour donner à samedi, sous la pluie et le vent d'un typhon passant au large l'allure sombre que je recherchais : Jun et moi avons marché dans le quartier d'Azabu jusque Roppongi où nous sommes allés au Nouveau Musée National. On y présente des peintre Flamands et "La laitière", de Vermeer joue le rôle de "révélateur" d'une école. Hélas, Chambourcy/ Nestlé ont un peu pollué ma vision de ladite "Laitière"... Le dimanche était quand à lui plus vert, avec la visite de Sankeien, dans le département de Kanagawa, vers Yokohama.
Je commence à apprécier de ne pas avoir trouvé de travail dans une banque. Le deuil n'est pas encore fait, mais je vois se dessiner un autre possible. Je me souviens que mon idéal de vie, c'était ce que je vivais vers 1994/1998, mais sans les soucis d'argent de cette époque. Je lisais 2 à 3 romans par semaine, j'écrivais beaucoup, je lisais des essais, j'allais à la fac et je faisais de la politique, j'étais en analyse... Mon travail me prenais environ 30 heures par semaine (j'avais un CES dans un lycée, je donnais des cours particuliers, j'avais un résidu de RMI en plus et une aide au logement... je devais gagner dans les 3500 francs par mois/ 550 euros...). J'ai eu raison d'accepter la banque, j'ai pu gagner ma vie autrement bien, me débarasser de la peur de ne pas avoir d'argent (même s'il en reste des traces). J'ai eu raison aussi de retourner à la fac à cette époque là. J'y ai gagné 2 amis, Stéphane et Nicolas, mais aussi j'y ai reconstruit ma personnalité, je me suis fait des souvenirs dont le moindre n'est certainement pas la Section Socialiste Montesquieu (bonjour Manuel, si tu me lis). Nova, ça a finalement été l'épilogue; Cortal, un prologue à la banque et Nova un épilogue à la banque. Mais je ne boostais plus guère... Je vous raconterais un jour, le boost, mais si vous me le permettez, ce sera sur du papier.

jeudi 25 octobre 2007

Ca sert à quoi, la famille, les amis, les lecteurs ?


De l'autre côté. J'aime ici comment ces courbes sont brisées, les reflets de l'eau, C'est très poêtique. J'ai pris cette photo l'an dernier, mais j'en collectionne depuis 4 ans, de ce côté ci. Je cherche "la" photo : 4 trains !

Il fait très beau aujourd'hui. Je sors dans quelques minutes mais ne peut résister à l'envie d'écrire quelques lignes.Pierre, un des lecteurs réguliers de mon blog, m'a demandé hier si les vues de voies de chemins de fer à Ochanomizu étaient un clin d'oeil à Hou Hsiou Hsien, dans le film Café Lumière (avec le beau Asano Tadanobu).Oui, et non à la fois. Oui, car c'est en regardant le film que j'ai compris à quel point ces voies qui s'entre-croisent expriment mieux que tout le temps qui passe : alors oui, le cadrage, c'est bien dans ce film que je l'ai trouvé; il est parfait. La vue, non. En 2003, lors de mon premier séjour au Japon, je m'était arrêté sur le pont, véritablement halluciné. C'était le soir. Je vous ferait une vidéo, vous comprendrez ce qu'apporte la nuit. Une impression de Dysneyland, de ville artificielle en carton pâte, avec ces trains qui la traversent... J'ai offert Café Lumière à un ami. La ville y apparait par touche, c'est à dire dans le quotidien, mais elle est bien un des personnages central du film puisque que s'y cache un café, que la chaleur s'y glisse, que des destins s'y croisent, comme les trains que Tadanobu se plait à écouter, à théoriser...
Ce film, hommage à Ozu, n'a rien d'un pastiche. Il y a l'essence du cinéma d'Ozu. Le temps qui passe, les petits problèmes de la vie. Il se passe des choses avant, il se passera des choses après, le film nous donne une tranche de quotidien. C'est comme cet endroit, ça se croise et se recroise et de temps en temps trois, quatre voire cinq trains... Comme je l'ai dit, toutefois, je préfère de l'autre côté, les courbes sont encore plus nettes, ça fait presque comme une fleur...


Quand mon frère est né, maman portait une robe fleurie avec du rouge, du mauve... Dehors, il y avait des pensées mauves et jaunes. Je crois qu'au fond de mois jamais je n'ai ressenti autant de jalousie que ce jour là. Ma mère était belle, les fleurs étaient magnifiques mais ce n'était pas pour moi. C'est ainsi que je pensais... Quel idiot... Tout cela, fleurs, mère et petit frère, tout m'était offert, donné, je n'avais qu'à regarder.
Très jolie fleur, à Kamakura, dimanche dernier. Souvenirs devenus agréables avec le temps. Vivant, il est toujours temps de regarder ses souvenir.


Ca sert à quoi, la famille, me disait un jour mon amie Tarika au sujet de problèmes d'argent... Ma mère me dépanne financièrement. J'ai pas demandé beaucoup, juste de quoi payer les factures... Il faudra peut être que je redemande un peu, mais au moins j'aurai serré, et pas gâché. La famille, ça doit servir à compter dessus. J'ai eu mon frère et ma mère au téléphone hier. Pas un reproche, pas de larmoiment. De l'attention, de la compréhension, de la gentillesse bien dite. Et moi, pas un gramme de honte, je ne me reproche rien, j'ai fait tout ce que je devais, et j'ai trouvé un travail. Solide. Jun fait un peu parti de ma famille.
Ca sert à quoi, les amis, si ce n'est à savoir comprendre, écouter, même en silence comme Freddie, par exemple. Les amis sont là, je sais aussi que je peux compter sur eux en cas de coup dur. C'est pour ça aussi que je me suis démené comme c'est pas permis pour éviter d'avoir à compter sur eux. Savoir que j'ai des amis me donne de la force. C'est formidable, se savoir aimé.
Et vous, mes lecteurs. Nicholas, Pierre, Agnès, et les autres. J'ai reçu des messages, tous marqués par l'intime, la vie telle qu'elle est : étonant comment partager un peu de son intimité puisse donner de la force, de l'énergie, et même de la joie et du bonheur.
Présente-moi tes amis, je te dirai qui tu es. Je dois être un type bien...
J'avais dit ça un jour à ma psy, çal'avait fait sourire... moi aussi, bien sûr.


Le Japon, c'est d'abord pour moi quelque chose qui remonte à l'enfance. Pas les mangas, non; mais le koto et le shamisen, les kimonos, les maisons en bois et les cloisons en papier. Il y a des fois, j'apperçois ce pays autours de moi, comme ici à Kamakura, cette jeune femme qui se promène. La sobriété de son ensemble me fait penser à l'actrice Hara Setsuko, que l'on voit si souvent chez Ôzu mais aussi chez Naruse et même parfois Kurosawa. On l'apperçoit aussi dans les 47 ronin... Mais si c'est dans le Voyage à Tôkyô qu'elle est inoubliable, c'est à mon avis au détours d'une conversation au bord de l'eau dans Dernier caprice qu'Ozu a immortalisé sa beauté "japonaise" simple, aux trains un peu épais mais où la grâce s'exprime en quelques gestes simples et un sourire généreux. Je suis fou de cette conversation au bord de l'eau, pour moi un des plus beau moment de cinéma que je connaisse.
Cette jeune femme qui marchait m'a fait penser à Hara Setsuko, qui vit depuis plus de 40 ans retirée à Kamakura, près de Ôzu "son" réalisateur.


Hier, je fonçais sur mon vélo, j'étais vers Monzen Nakachô, un quartier que j'aime bien. Je fonçais et d'un seul coup, je me suis vu sur mon vélo, moi, Suppaiku, à Monzen Nakachô, c'est à dire à Tôkyô, au Japon, il y avait des voitures autours de moi, et le 商店街/shôtengai (rue commerçante), les センベ/senbe (gateau soufflé craquant fait avec de la farine de riz et enduit de soja, algues, etc)... Je fonçais et je me suis explosé de rire, sur mon vélo, tout seul, là, moi, le 外人/gaijin, l'étranger, je fonçais, et j'étais au Japon, putain mais c'est géant, et j'ai trouvé un taf... Oui, j'ai éclaté de rire. J'étais bien.
Après a commencé l'analyse de la situation, mon âge, mon travail. J'ai raison d'avoir éclaté de rire. Je suis fichtrement chanceux.
Je vous dédie mon éclat de rire.

mercredi 24 octobre 2007

Jolie promenade

Je vous livre un podcast additionnel, !
Mon problème de travail est résolu. Merci Maruchan !
Ben voilà, cher Mulgon, après plus de 7 années passées au bord de la culture du panini saumon et du comité d'entreprise - c'est que finalement, NOVA, ce n'était pas très différent de cet univers, avec nos costumes et les grands magasins snobinards...-, je dis au revoir à la Rue de Choiseul. C'est que le Mulgon, quand il m'a dit que je gâchais, ça m'a travaillé... et mon ami Nicolas m'a envoyé un mail qui traduisait bien ce que je pense au fond de moi sur le trabail que je dois faire. Je ne dis rien encore sur mon travail car je n'ai pas commencé et il y a toujours des jaloux qui ne demandent qu'à jalouser mais... je suis content.
Comme tous les mercredis, Jun est venu manger à la maison, c'est une des dernière fois, après, il faudra changer nos habitudes.
Si vous ne voulez pas télécharger le podcast, vous pouvez toujours regarder sur Youtube.

Éclaircie...


Samedi dernier, début de soirée à 飯田橋/Iidabashi, à 日仏学院/l'Institut Franco-Japonais. La rue était très sombre mais depuis le temps que je voulais les photographier, ces résidus cyclopédiens. Je dévisse ma caméra de son pied, je vise mon appareil photo à la place. C'est un Lumix, mais il y a toujours possibilité de lui faire faire de mauvais calculs d'exposition, de la forcer, ce dont j'use et j'abuse. Je n'aime pas les appareils photo automatiques... Bref, je lui impose sa sensibilité, je veux sous-exposer. J'installe l'appareil et voilà qu'une Iidabashienne pomponnée arrive, la peau luisante d'un demi-pot de crème hydratante, cheveux attachés-tirés en mini-chignon compact, perchée sur ses hauts talon, la robe longue au vent. C'est sûr, elle va à l'Institut, il y a un rassemblement d'élégantes -un vernissage, un pot, que sais-je- au "café-restaurant". Elle a le pas ferme, elle me regarde, je suis sur le point d'appuyer, son regard est méprisant, disons plutôt hautain. ELLE VA À L'INSTITUT, elle. Sûr, je n'étais pas habillé pour un truc mondain moi... Elle est de cette actégorie de femmes, nombreuses au Japon, qui n'aiment les artistes que célèbres, élégants, à la mode et si possible oisifs, d'un art qui ignore la souffrance, la lutte, la bagarre. Alors moi, qui me bagarait avec mon appareil photo, hein, pour obtenir un résultat difficile, sans flash, dans un angle obscur d'une rue déserte, avec ma chemise ouverte, ma casquette et mon sac en toile par terre... Les kamis m'ont toutefois donné ma petite vengeance... Il y a au pied de l'escalier qui mène à l'institut un petit sanctuaire.... Eh bien, elle n'est pas montée par l'escalier. Elle a continé d'arpenter la rue en pente à 20°, ça a du être dur, avec 10cm sous les talons et 1mm de crème sur le visage et le sac à main à bout de coude replié... Elle est montée jusqu'au parking - l'autre accès- et c'est là seulement qu'elle est entrée. Elle s'est fait un de ses ralongements... Quelle idiote, j'ai pensé...
Si je devais donner un nom à cette photo, je l'appellerais volontier, "portrait d'une idiote".


Qu'est-ce qu'il fait beau, ce matin...Un grand soleil. Levé vers 7h55. Je fais des rêves normaux, je n'ai plus de cauchemards depuis 10 jours. Je termine la lecture du livre de François Bon, Daewoo, qui m'a fichu le moral à zéro, avec ses témoignages de chômage, de pauvreté et de paysages triplement balafrés, par les zones industrielles d'abord, par les friches qu'il en reste quand elles s'en vont et par la solitude qui s'en dégage avec ces cités qu'on a construit autours.
J'ai écrit à quelques amis, je vais continuer aujourd'hui et demain.
J'ai eu un entretien lundi.
Ce matin, soit je vais à la gym, soit je saute sur mon vélo et je file sur Tôkyô, je vous livre un nouveau podcast.
Il fait trop beau pour la gym, je crois...
Dimanche, avec Jun, nous sommes allés à Kamakura. Premier week-end "normal". Il faisait très beau, j'ai fait plein de photos que je vous présenterai dans un album d'ici la fin de la semaine.
Je suis tombé amoureux de la bibliothèque de la Maison Franco-Japonaise...

dimanche 21 octobre 2007

En week end...


Vers Okachimachi, bonheur et simplicité d'un week end dans un quartier populaire.

Ca y est, je goûte enfin les joies du week-end ! Je ne suis pas avare et vous ai confectionné un nouveau podcast, (vous pouvez aussi le regarder par Youtube, à la fin de ce post)!
Comme tous le vendredis, Jun est venu et, comme tous les vendredis je lui ai préparé un dîné. Je fais de mieux en mieux la cuisine...
Le bilan de ma semaine est positif : des propositions de travail qui commencent à arriver. Rien n'est encore acquis mais ça bouge. Je voudrais bien sûr que cela aille plus vite, mais d'un autre côté, en trois semaines, j'obtiens de bons résultats et mon CV circule.
J'ai eu un jeudi médiocre, déprimant, je crois que devoir retourner au travail, ou en tout cas l'idée, m'a paralysé. Vendredi matin, j'ai téléphoné pour dire que je m'absentais trois jours. Je suis passé à l'école l'après midi pour poser mes vacances immédiatement. Je ne comprends pas mes collègues, ceux qui ont encore travaillé. Eux aussi sont absents désormais, mais ils parlent de vacances... Pour moi, il est hors de question que je revienne, tout simplement. Je serai "malade" sitôt mon temps de vacance épuisé. Eux, ont continué à travailler. Arrivant à l'école, j'ai trouvé la situation étrange : je suis sur une autre planète qu'eux. Ils sont sur NOVA, je suis sur la terre... J'ai coupé les ponts, eux, je ne suis pas si sûr...


Vers Kanda. Les devantures des restaurants sont parfois ce qu'il y a de plus intéressants dans les rues de Tôkyô où, par ailleurs, les immeubles se ressemblent tous, désespérément gris...

J'ai retrouvé B. On a pris un café ensemble vers Tsukiji, où elle habite. Et puis je suis rentré. En vélo. J'ai retrouvé Jun et nous avons dîné. Voilà pour vendredi...
Alors aujourd'hui, quelle promenade... Jun m'a vite laissé, il rendait les clefs de son appartement. Cet après midi, il a découvert IKEA. Il a dépensé 30,000 yens (env. 180 EUR).
Moi, j'ai traversé Okachimachi, la rue commerçante Ameyayokochô, un de mes quartiers préférés de la ville.


Un mikoshi, sanctuaire Myûjin, à Kanda.

Allez, je vous abandonne : il est 1h45, je suis épuisé. Demain je me lève à 6 heures : nous allons à Kamakura.
Pas très littéraire, aujourd'hui : 3 heures à faire du montage et compresser une vidéo, reformater les photos, après avoir marché 5 heures : ça épuise...







jeudi 18 octobre 2007

Léger, vivant : au Japon


Dans ce Temple, le Zôjô-ji, il y a tous mes amis les gentils Bouddhas et les Boddhisatvas. Si le Batiment principal, siège de la Jôdo-shû (Voie de la Terre Pure) est dédié à Amida (le Bouddha qui sauve les hommes en leur permettant de re-naître dans la Terre Pure de l'ouest où ils recevront les enseignement du Bouddha loin de notre monde troublé), il y a une petit temple dédié à Kan'on et où l'on trouve également Jizô, deux Boddhisatvas vénérés au Japon. Kan'on, avec ses 12 têtes, effraie les démons et, à l'aide de ses mille bras, vient en aide aux humains tandis que Jizô s'occupe des âmes des enfants morts. Quelle gentillesse...

Je commence à me demander si finalement les difficulutés que l'on traverse ne sont pas les actes fondateurs des nouveaux bonheurs à venir. J'ai traversé de 1990 à 1992 une très profonde dépression nerveuse qui m'a conduit très près du suicide. La période qui a suivi a été l'époque d'une lente reconstruction, j'avais 27/28 ans et c'est incroyable les souvenirs que j'en garde. J'ai revu Smoking, de Resnais, un film de cette époque, et c'est incroyable le sentiment de sérénité qui m'y rattache... Je n'ai jamais autant dévoré de livres, jamais autant couru les expositions, dessiné et créé qu'à cette époque et c'est de cette énergie nouvelle que j'ai trouvé la force de retourner à l'université, de vivre Spont'ex et me rebâtir. Je suis re-né, cette période est ma re-génèse.
Ce qui arrive en ce moment, cette période d'incertitude, n'a bien entendu rien à voir. Il ne s'agit pas de renaître. Il s'agit d'être adulte bref, de faire en sorte que tout n'ait pas été vain. Ce qui caractérisait ma personnalité dépressive il y a longtemps, c'était ma très grande instabilité, mon impossibilité à me donner le temps, à m'y glisser, à l'utiliser, à en être un acteur. J'ai fait montre depuis d'une belle constance, d'une belle persévérance et d'une très grande stabilité.
Il est temps désormais de rentrer dans le mouvement, d'accepter l'instabilité qui m'entoure et d'y puiser l'énergie pour approfondir mon sillon. Depuis que je suis au Japon, j'ai progressivement retrouvé des pan entiers de mon existence mais compris que tout ce qui semble à première vue épars, décousu ne forme rien moins qu'un être original, singulier, unique et aimable, aimant. Moi.
J'ai certainement longtemps buté sur une fausse contradiction : mes parents me disaient toujours que "je choisirai quand je serai grand". Pourquoi doit-on choisir entre Algérie et France ? Entre Islam et Christianisme ? Entre son père et sa mère ? Et de la entre le rock et le baroque, entre le 18ème siècle et le socialisme ? J'ai passé près de trente ans à courir de ci de là à la recherche d'autre chose parce que je ne voulais pas pas choisir. Ces choix sont, et ce sera ma conclusion, des choix de crétins ! Je suis un curieux, un touche à tout, un honnète homme. Rien ne m'étonne ni ne me choque mais j'aime la griserie d'être surpris. J'écoute en ce moment une chanson de Idir. Je vis au Japon.
Choisir, ce n'est pas se couper le bras droit pour mieux se servir du bras gauche. Pour moi, c'est utilser mes deux bras pour faire des choses nouvelles qui me ressemblent et que je pourrai partager avec les autres. Ce blog, par exemple.
Choisir, c'est décider de quitter le travail parce que ce n'était pas possible de continuer comme ça. Choisir, c'est penser que je vaux bien mieux que ça. Justement parce que j'ai deux bras et que je n'ai pas renoncé à l'un pour mieux utiliser l'autre. Combien de gens, mariés, sacrifient leurs amis à leur nouvelle vie conjugale et se retrouvent un jour, seuls, démunis quand vient le temps de la vieillesse ou du divorce ? Être marié doit il sonner l'heure de la fin de l'amitié ? Quel choix curieux, crétin... Et pour d'autres, le travail, fini les soirées entre amis, les concerts de rocks tant aimés, la curiosité de la jeunesse qui vous conduit à découvri toujours de nouveaux groupes, il faut être sérieux, et puis un jour, quarante ans, qu'est-ce que j'ai fait de ma vie...
Les enfants rêvent d'être adultes parce qu'ils imaginent pouvoir faire plein de choses. Les adultes regrettent leur jeunesse car ils pouvaient faire plein de choses. Comme c'est crétin.

Zôjô-ji, dans le bâtiment principal. Un silence impressionnant dans cette grande salle sobre, moderne, sombre. Le Bouddha Amida trône au fond, dominant un planché de bois verni où toute la structure se reflète. Deux hommes récitent l'invocation au Sauveur Amida, na-mu-a-mi-da-but-(su) et d'autres Sûtras... Une odeurs d'encens. Je suis resté une demi heure, juste le temps de me retrouver un peu.

Je ne regrette pas ma jeunesse du tout ! Je la retrouve de temps en temps au hazard d'une vidéo sur YouTube, une époque revient et je me trouve énormément de sympathie pour moi, pour mes amis de l'époque, ceux la même qui me suivent aujourd'hui encore. Comme je suis heureux de ne pas avoir choisi... Je ne renie pas ma jeunesse, elle continue en moi aujourd'hui : je vis au Japon, et le Japon fut la dernière conversation que j'eu avec mon père il y a 17 ans...
Je suis assez fort pour traverser cette nouvelle époque de ma vie et trouver toute ma place au Japon.
Je vous ai fait un nouveau podcast, téléchargeable .
Vous pouvez bien sûr vous contenter de la version Youtube.
La voici. Bonne vision.

lundi 15 octobre 2007

Et soudain, libre comme l'air...


Le héros de la semaine, le héros de l'année, le lapin, ウサギ/usagi. En japonais, uso veut dire mensonge, et sagi veut dire escroc. Usagi... ね!Notre salle des professeurs"...

C'est le premier pas qui est le plus difficile à franchir. Quand M. l'a franchis il y a quelques semaines, je ne sais pas si l'équipe a réalisé ce que nous nous apprétions à vivre. En fait, il faut expérimenter une fois cela dans sa vie. Et se concidérer chanceux, victorieux sur soi-même d'avoir vécu une telle expérience afin de bien avoir à l'esprit l'aspect inhabituel d'une telle situation, son caractère anormal.
Je ne vais plus travailler.
Oui, il me semble important de souligner l'aspect tabou d'une telle attitude. Non, je ne suis pas un adolescent qui sèche les cours, même si ce fut un peu mon impression quand, hier, je me retrouvais dans l'ascenceur après avoir décidé, après seulement une heure de cours, que c'était suffisant, qu'il ne servait à rien d'en rajouter. Je suis un adulte et j'ai bien pesé et le pour, et le contre. Au contraire, même, en sortant, je peux retrouver le recul qu'exige une telle situation, penser à moi, aux options qui me sont ouvertes, et après tout, elles sont nombreuses.
Quand notre Assistant Trainer n'a pas été payé le mois dernier, un professeur a décidé de ne pas venir travailler. Moi, j'ai ôté ma cravatte. M. a un autre travail, il est surchargé, il a considéré à juste titre qu'il devait désormais investir là où il pouvait être sûr d'être payé.


Samedi soir avec Jun, après le dîner. Un vélo, une bière posée sur la selle. Comme c'est étrange... Le plus curieux étant qu'elle tienne, la bière.

Cela a commencé en fait dès le mois de juillet : le paiement est arrivé vers midi. Et puis à la fin du mois de juillet, le personnel fut payé avec 5 jours de retard. Le salaire arriva dans les temps en août mais pour les staffs il y eu encore du retard. Et en septembre, ce fut au tours des "managers/trainers" d'être payés en retard. La consultation des blogs, principalement anglo-saxons, commença à occuper nos journées et nos nuits, à en devenir fous. J'ai rêvé de NOVA, j'ai engoissé de NOVA. Certains étudiants ont commencé à nous en parler, inquiets pour eux, souvent, inquiets pour nous, parfois.
La réaction de M., le mois dernier, fut une réaction, calme, posée. Saine. Ma cravatte enlevée le fut aussi. Et puis au fur et à mesure que la paie arrivait, il a fallu se "positionner". J'ai résolu de ne pas compter dessus, peut-être par peur superstitieuse que trop d'espoir anihilerait toute chance, qui sait... V., un autre collègue, a commencé à re-espérer.


Dans le même coins, le même soir.

On a été soumis à rude épreuve depuis 3 mois, une bonne nouvelle chassant une mauvaise en attendant qu'une autre bien pire ne vienne tout balayer. Allez vous reposer, récupérer quand vous ne savez plus vous même où vous en êtes. Je me sens au bord d'une dépression depuis des mois maintenant. Il est des week-ends où je ne sors pas, où l'énergie me manque, où même écrire ce blog me semble un effort insurmontable.
Un effort...
Cette situation remue des souvenirs anciens, comme celui de mon père, vers 1974, quand il avait perdu ses papiers. J'ai beau savoir que ma situation est bien plus enviable que la sienne, comment puis-je ne pas avoir au fond de moi une petite voix qui me dise que je vais être séparé de Jun et du Japon ? A chaque fois que j'ai tenté de m'accrocher à un peu de certitude, celle-ci a été balayée par l'évidence de la réalité. J'ai bien fait ce mois-ci de me préparer à n'avoir rien. Je n'ai pas d'argent mais je m'y suis préparé.


Il y a deux semaines, on est venu installé la fibre optique, chez moi. Le même jour, il y avait des travaux sur les lignes électriques, dans la rue. Les Japonais passent leur temps à dormir...

La lecture des forum, où nous recherchons des informations, loin de nous ressurer, nous tétanise. Nous ressassons les mêmes news faisandées, les mêmes rumeurs amplifiées avant d'être démanties et nous repassons en boucle la faillite annoncée avec la même violence que nous nous sommes infligés durant des jours l'anéantissement des tours jumelles à New York en 2001. Jusqu'au dégoût, au vide de soi. Nos rêves ne sont que violence, et cette violence s'appelle NOVA. Les étudiants parfois nous plaignent, et nous enchaînons la leçon.
Vendredi, je suis arrivé, je n'en pouvais plus, et le soir j'ai reçu un message : nous ne "serions" payés que le 19 et non le 15. C'est que le patron avait conclu un contrat avec des investisseurs, le 10, et que tout allait rentrer dans l'ordre... Les staffs attendent leur salaire depuis presqu'un mois...


Shinuya, la ligne Inokashira.

Le deal, c'est en fait une émission de warrant et il n'y a pas de prêt qui sécurise l'opération. Ca ne résoud rien et rapidement nous avons même compris que cette opération frisait même l'escroquerie, voir le blanchiment, et que jamais NOVA n'en bénéficierait.
Ces dernières semaines, les messages du présidents sont devenus quasiment mystiques, religieux. Il y a de la lumière, des nuages, des forces hostiles. Et sans cesse des mensonges pour mener le plus de gens possibles dans sa course.
Je ne crois pas en Dieu, mais je sais reconnaître le diable et je ne le suivrai jamais. Vendredi, j'ai rêvé que je donnais ma démission. A mon reveil, je m'appercevais que j'avais enfin vraiment rêvé, et que ce n'était pas un cauchemard. Voilà pourquoi vendredi j'arrivais irrité au travail.


"Mon" Jinja, à Sendagaya : ici, une scène de Kyôgen et de Noh. Promenade de dimanche midi... Ma première depuis un an et demi.

C'est V. qui a le premier violamment décidé de partir, samedi après midi. Il était livide. Ca m'a fait réfléchir. C'était pourtant clair.
Par moment, je suis avec Jun, mais je ne suis pas avec lui : je pense, ne dit rien, je pense à NOVA. Je parle de NOVA à mes étudiants, il me plaignent. Mais je ne veux pas être plaint par mes étudiants : je vais bien! Je n'aime pas inspirer la pitié... Je me suis retrouvé en leçon avec un étudiant dimanche matin, nous parlions de Sartre. Ca a été une évidence : parler de Sartre et travailler dans ces conditions, ce n'est pas enseigner, c'est bavarder. J'ai quitté le travail après cette leçon et après une longue conversation avec B.
Dans l'ascenseur, j'ai senti en moins le frisson de l'adolescent qui séche pour la première fois. Je traversais Ginza un dimanche, pour la première fois depuis un an et demi.


Parc du Palais Impérial il y a un mois.

J'ai fait une grande promenade, suis rentré chez moi vers 17h30.
Depuis un mois, je cherche du travail, je sais que cela ne sera pas facile. Je n'ai pas d'économies, c'est une vraie catastrophe. Mais rester au travail quand je sais pertinament que je ne serai pas payer, dans cette atmosphère de mensonge, c'est suivre le diable et c'est brûler avec lui.
J'ai eu des entretiens. Je dois désormais me reconstruire hors de cette énorme violence subie. Je n'ai pas été respecté en tant qu'individu, en tant qu'humain, en tant qu'enseignant. Mon travail est méprisé : je suis dévalorisé aux yeux même de mes étudiants. Je ne pourrai jamais retravailler dans cette école.
Aujourd'hui, je me suis occupé de moi, je n'ai pas fait grand chose, certe, mais je vous ai choisi quelques photos, j'ai eu de longues conversations au téléphone avec des collègues... Je ne suis plus lié à NOVA, que par un contrat dont les termes ne sont pas respectés par NOVA. Je ne ferai pas grand chose demain non plus, c'est ce que j'ai décidé. En revanche, j'attaque de bonne heure mercredi, mais pour moi. Je ne m'interdit aucun travail aucune possibilité. Je me dépollue l'esprit de ce travail désormais révolue.
En quittant le travail hier, j'ai franchi une limite, j'ai brisé un tabou. Pour moi, c'est terminé.


Shibuya il y a quinze jous. Un matin vers 9h30. On voit de drôles de trucs, ici.

C'est la fin d'une époque. C'est amusant, il y a quelques mois, j'avais eu ce pressentiment. Ce n'est pas la fin du Japon, pour moi... J'avais acheté une pâtisserie chez Demel, à Matsuya. Demel, c'est une pâtisserie Autrichienne. Je m'étais acheté un sandwish chez Kaiser. Je m'étais fait la réfléxion que nous étions ici un peu comme des Princes, des Français à Ginza... Et je m'étais posé la question, mais jusqu'à quand cela durera t'il... Voilà le moment arrivé. Et je pense que c'est une bonne chose.
Je suis content d'avoir arrêté (en fait, je suis "malade") car je pense à moi, je repense à écrire, et j'écris d'ailleurs de nouveau ce blog, je vous ai choisi quelques photos -tiens, pourquoi donc leur ai-je enlevé leurs couleurs... N'y voyez pas de la tristesse, voyez-y plutôt le début d'une recherche, d'une quête de simplicité.
Je vais avoir la tête toute à moi et toute à Tôkyô, et toute à vous et toute à Jun. L'argent, ce n'est pas si grave, je trouverai une solution, ce n'est que matériel. Mais un dépréssif ne peut se sortir de la situation dans la quelle je suis : ma promenade dans Ginza, ce dimanche après-midi m'a rendu à ma vieille promesse de mes 40 ans : je vis.


Une plaque pour des toilettes féminines. Un peu abîmée, rafistolée, grabouillée. Moi, j'ai pensé au Dorama 山女壁女/Yama onna, Kabe onna. Ici, la Yama onna : femme montagne... (kabe onna : femme mur)

Voilà en résumé la situation actuelle, pénible et prometteuse aussi. Je ne compte pas rentrer en France, je vais devoir faire montre de souplesse, de volonté mais aussi d'imagination, le tout soutenu par une réelle ambition.
Eh bien, le plus étonnant, je crois que c'est mon ambition qui m'a conduit à ne plus travailler. Je parlais de Sartre avec l'étudiant, et je me suis entendu, et je me suis vu, et je me suis fait honte.
Je mérite nettement mieux que ça.
Ma collègue Odile n'a pas arrêté de me le dire, et mon collègue Mulgon aussi. Tiens, il visite la Chine, en ce moment...
Allez, je vais me coucher...



vendredi 12 octobre 2007

Repenser tout, de fond en comble...


Permettez-moi de les trouver très belles... MATSUYA, semaine italienne

42 ans, presque toutes mes dents, la tête sur les épaules. Et tout à revoir.
Je reparlerai ultérieurement de NOVA, ne vous inquiétez pas. Et à ma façon. Mais pour faire bref, clair, net et précis, il y a 90% de chances que nous ne recevions pas notre salaire pour le mois de septembre... Le patron a fait un deal avec Callemburg Ltd qui, malgré ce nom exotique, est un groupe Japonais qui gère ses fonds aux Iles Vierges, ça donne la couleur. Des warrants exerçables. Pour faire court, il y a peu de chance qu'il y ait suffisamment d'argent qui rentre dans les caisses avant longtemps.
Par ailleurs, le gouvernement aurait demandé de d'abord payer le staff Japonais, puis les clients en attente de remboursement, et enfin les "personnels étrangers". Je compte écrire à l'Ambassade ainsi qu'à Nicolas Sarkosy (eh oui!) afin de savoir si la France accepte ce type de position de la part d'un gouvernement "ami". Au fait, que fait Philippe Pons, pas un mot sur une affaire où BNP Paribas et UBS ont été impliqués après avoir subi de lourdes pertes dans des transactions menées par des sociétés proches du crime organisé (vous savez, raccourcis de la phalange...), où les personnels étrangers sont désormais de plus en plus passés pour perte et profit...
Beaucoup d'élèves réagissent avec une énorme gentillesse. D'autres ne voient que leur perte en cas de faillite.

Pour la première fois depuis plus d'un mois et demi, je rentre les photos prises dans mon ordinateur :quelque chose ne tourne pas rond, avec cette histoire de travail. Ca remue beaucoup de choses, l'histoire de mon père immigré et une peur sous jacente d'expulsion, ma propre histoire, celle de ma précarité, ma séropositivité... Marrant, moi qui pense être un chat au fond de moi, je viens de me fouler légèrement le pied droit... Un chat a peur du danger, il le flaire, mais il est agile et retombe toujours sur ses pattes. Cette histoire de travail m'obsède, d'où mon absence de ce blog : je ne parlerais que de cela, est-ce bien utile.
J'ai eu trois entretiens dans des cabinets de recrutement. Pour des banques, bien sûr. Je viens d'être contacté par une école, aussi. Ce serait à mi-temps, dans le Kantô... Je suis prêt à accepter ce qui passe, quitte à continuer à chercher ...
Il fait beau, je ne travaille que quelques heures cet après-midi. Lundi, c'est la paie, que je ne verrai certainement pas, en tout cas pas avant un moment. Et vous croyez que je vais passer un bon week end ? Non, vous ne le croyez pas. Vous vous demandez quelle pourra bien être la suite.
Mon nom est suspense : je ne la connais pas non plus.