jeudi 31 janvier 2008

葛西, jeudi 31 janvier 2008


Commencons par un message ecrit alors qu'a mon poste je n'avais rien a faire...
"Comme ca faisait longtemps… Me voila assis a mon bureau, j’attends qu’on commence a m’expliquer mon travail, ce qui ne devrait plus tarder maintenant. Ecrire au travail, quelle chance. Hier soir, chat avec Mulgon Melta en pleine garderie. Un medecin n’a visiblement pas loupe son gamin… A ce sujet, je suis tombe sur les articles que Libe a publie ce mardi sur le film de Sandrine Bonnaire, Elle s’appelle Sabine. Le recit, l’”aventure” que sa soeur a vecu m’a revolte, m’a fait du mal. Tres profondemment. J’ai ressenti le maximum de revolte et de douleur quand dans l’article on evoque le refus de l’hopital psychiatrique ou Sabine est enfermee de la laisser sortir, quand celle-ci a ete internee a la demande de sa famille et que cette meme famille, constatant les degats, la degradation physique et morale de la jeune femme, après des mois de recherche, atrouve enfin une institution adequate ou l’envoyer enfin.
Mais de quel droit, ai-je pense… Je hais la psychiatrie. Je sais bien que certaines personnes ont des comportements violents, soit envers eux soit envers les autres, mais cela justifie t-il l’enfermement, les menottes, les baillons et les doses massives de medicaments ? Quel est cet eugenisme honteux qui n’ose dire son nom et se contente de masquer sa realite – realiser une quasi-mort cerebrale- en exhibant le mensonge –un corp reduit a l’etat de plante verte vegetative, mais “vivant”. Ca ne me met pas en colere, cela m’indigne. Nos prisons et nos hospices, que ce soient ceux, infantilisants pour les personnes agees ou les asiles psychiatriques, sont des lieux d’un autre age, d’un age ou l’homme n’etait destine qu’a subir, obeir, ou la medicine a remplace en employant des moyens similaires (intimidation, menace, enfermement, negation de l’idee meme de liberte) l’eglise de l’inquisition. Ainsi ces medecins qui ont violente cette jeune femme souriante, l’ont detruite sous pretexte qu’elle etait violente (elle donnait des claques parfois, et crachait aussi parfois, elle se braquait et se fermait) sans meme avoir diagnostique l’autisme que d’autres medecins, plus patients, plus attentifs mais aussi surtout plus competents, ont par la suite diagnostique.
La violence psychiatrique n’est elle pas une forme d’eugenisme qui n’a pas le courage de se dire clairement ? Le simple fait de reduire les troubles du comportement a une maladie, et a reduire les individus a des malades est en soit une monstruosite, un inhumanisme. Car s’il est bien malade, le “fou” est avant tout une personne, et toucher a sa folie est avant tout atteindre a sa personnalite, ce qui ne peut etre accompli sans son consentement. C’est en ce sens que la psychanalyse a constitue une avancee majeure dans l’histoire des troubles mentaux et comportementaux.. Accompagner une personne et non “traiter un malade” ni “corriger des comportements”. Si de nombreux psychologues et psychiatres ont integer cette approche en renouvelant leur approche, il n’en reste pas moins que l’institution n’a, elle, pas evolue. Et le recit que j’ai lu, avec son batiment d’enfermement total ou son lit a menottes magnetiques fait froid dans le dos, fait mal pour cette petite chose souffrante reduit a un corp qui se subit et qui s’appelle Sabine. Quiquonque essaie de se mettre dans ce corp ne peut que ressentir la violence de l’institution. Une Sabine qui jouait autrefois du piano et qui aimait sourer, jeune, jolie, et qui resort cassee après 4 ans de ce traitement. Et quelle chance a t-elle eu que parmi ses soeurs figure Sandrine Bonnaire, dont la vie meme a permis d’envisager autre chose. Mais imaginez toutes les autres Sabine, les Sabine proletaires don’t les parents ne connaissent pas”autre chose” et qui ecouteront sans critiquer le discourse culpabilisateur du Saint-Psychiatre… Jen e pourrai pas voir ce film avant longtemps, mais si j’etais a votre place, en France, j’irai voir ce film qui raconte une jeune autiste cassee par l’obsession du resultat et le manque de moyens, des docteurs d’un autre age. Des cons, des salauds.
Autours de moi, on parle anglais, parfois on parle japonais aussi. Le plateau est immense."

Ca sert, finalement, l'inactivite...
L'apres-midi a ete plus actif, j'ai commence a regarder un collegue et, bien que je ne ferai pas tout a fait la meme chose que lui, ca m'a donne une premiere idee. Le plus difficile sera travailler entierement en anglais, mais le travail n'est pas en soi tres difficile. Un Break, ca reste toujours un break. Ce matin, je suis alle visite le cote ouest afin de dire bonjour au Fuji. La vue sur Tokyo est simplement magnifique, et vraiment, comme je le disais a Yann ce matin, on aurait presque envie d'attrapper la tour Docomo, tant elle ressemble a un jouet pose la... A vette hauteur, Tokyo est une ville jouet, vivante, magnifique. Et quelle lumiere le matin... On appercoit la Baie ici, on voit les montagnes la... Les autoroutes urbaines, quand a elles, travent un paysage aleatoire mais assez bien dessine. A l'etage, justement, il y a une "Canteen", en fait une sorte de cafeteria pas chere. Vue sur la baie, soleil radieux, que des indiens autours de moi, ou sont les Americains ? Quelques Japonais ici. Amusants, ces pros de l'informatique financiere aux salaires convenables mangeant le "bento" ou le sandwish fait a la maison. Ici, on ramene son repas, on fait un peu comme on veut, et moi je vais faire des economies aussi. Micro-onde, figo sont la pour ca... Le cafe est gratuit, aussi... Ca me fait penser a Cortal, cette ambiance. Mais alors, qu'est ce que ca bosse. Tranquillement, mais ca bosse...
Ce soir, je suis passe a Shibuya chez mon employeur faire remplir des papiers pour le chomage. Je vais recevoir 19 jours d'indemnite, et tenter aussi l'aide a la reprise d'emploi. On verra bien. Cela etant, je vais avoir besoin d'un dernier petit coup de main, je suis plus qu'a sec, et mes cartes de credit arrivent a leur limite. Il va bien me falloir 3 mois pour m'en remettre, en me serrant la ceinture comme maintenant.
J'ai la forme. Et je suis content.

mercredi 30 janvier 2008

葛西, mercredi 30 janvier 2008


サラリーマンになった。今朝東西線に乗ってみんなさんのように仕事へ行きパリのニコラさんの友達が夕方電話をしてくれたのにすごく眠かった.Et c'est ainsi que je me suis laisse bercer par la voix automatique du metro, entrecoupee de celle, endormie et repetitive du chef de train... J'ai eu de la chance, ce matin, la rame avancait a un rythme quasi-normal... J'ai goute avec effroi a cette atmosphere compresse du metro bonde au dela de toute raison, a cette sensation de corp compresse entraine et ballote au gre des arrets intempestifs dus aux besoins de la regulation de cette ligne si complexe qui s'insere dans le reseau de chemin de fer a partir de Nakano. J'ai repense a la ligne A du RER vers 8 heures 10, aux Halles, en direction sud Luxembourg, Arcueil, c'est exactement la meme chose. Mais ici c'est le metro... La ligne Tozai doit bien etre une des lignes les plus chargees de Tokyo.
Quand je suis arrive a Ropppongi, un grand soleil eclairait l'esplanade. C'est dans le "beau Roppongi" que je vais travailler. Dans ce quartier que je n'aime pas, il y a l'ebauche d'un autre quartier, moderne, presque avant gardiste, cher, elitiste. Apres le quartier mi-chic, mi-debauche de Ginza, me voici dans le quartier a etrangers et a Japonais fortunes. Je vais desorais travailler dans LA tour de cet autre visage de Tokyo, la tour Mori. Si on m'avait dit ca un jour...
J'ai retrouve la commerciale de mon cabinet de recrutement. C'est etonnant comme cela me fait penser a Cortal, ce suivi quasiment personnalise... On a un peu bavarde, et puis il a fallu y aller.
J'ai desormais mon badge, mon ordinateur a ecran plat et mon bureau en panneau de particule melamine imitation pin teinte. Je suis assez epate par la chaise veritablement ergonomique. Ce qui m'entoure depasse de loin ce que je m'imaginait : c'est un immense plateau open space. Je suis cote ouest, en rgardant par les grandes baies vitrees apparaissent ici Shinjuku, la le Fuji ou encore, je ne l'ai pas cherchee des yeux, la Tour de Tokyo. J'ai vu le Fuji en faisant un tour et cela m'a fait quelque chose... La cafeteria offre une grade variete de boissons gratuites, il y a tout ce qu'il faut pour rechauffer, conserver... Je vais etre bien. C'est un environnement qui m'est familier et, pour tout dire, je suis bien content d'etre la. Ce travail va me recaler et me redonner le sens de ma valeur : NOVA et toutes ces ecoles de langues sont des planques ou se tue l'ambition, la noble ambition de "se" reussir. On se contente, telle une plante verte, d'"etre" au Japon et l'on oublie de "devenir" au Japon. Bon, en tout cas, c'est un peu comme cela que je me percois, moi.
Je ne pensais pas que je retravaillerais dans une banque, et m'y voila. Ce travail, je l'ai trouve tout seul, ca m'a psychologiquement tres cher et c'est un resultat de plusieurs annees.
J'ai fait le bon choix. Je me suis revu, ce matin, alors que je roulais en velo vers la gare, sur mon velo, il y a 9 ans, les Pizzicato Five sur les oreilles, roulant vers Neuilly ou je travaillais alors pour Cortal, le Boost, comme j'appelais ca. Je ne sais pas bien si je booste, oh, peut-etre si, un petit peu quand meme... J'ai achete la semaine derniere quelques vetements, chemises, cravatte, pantalons, juste histoire de ressembler a un employer de middle office. Pour moi, c'est redevenu un jeu, et je crois que c'est ca, le boost. Je vais me donner les moyens de rester ici, d'y vivre bien. Et de me donner les moyens d'autres projets a moyen terme.
Ca merite la cravatte !
post scriptum narcissique : je suis encore bien conserve pour 43 ans, et j'assure quand meme mieux que Manuel Valls...

mardi 29 janvier 2008

葛西, mardi 29 janvier 2008

Une grosse boule dans le ventre.
Tres grosse.
Une angoisse. Des doutes.
Une aprehension, comment cela va t-il se passer.
L'angoisse. La peur.
Un truc nouveau, une direction nouvelle et pourtant aussi comme un retour a la normal.
Presque deux ans jour pour jour.
Je vais remettre les pieds dans un back-office. Je vais retrouver un bureau en panneau de particules recouvert de son plastique imitation bois teinte mat avec son caisson tiroir-dossiers suspendus a roulettes, l'ordinateur (Compac, Dell, Nec), unite centrale sous le plateau et ecran certainement plat, peut-etre deux ecrans d'ailleurs, un telephone sur le cote droite peut-etre, il y aura sans aucun doute une disposition en fleurs, delimitant un pole a qui est attribue une tache particuliere. On me donnera mes "users", peut-etre un Americain blaguera et me demandera de ne pas faire perdre 5 milliards a la maison, on me montrera la salle fumeur, le four a micro onde, les machines a cafe, les machines a boisson, la salle de detente non-fumeur. Avec un peu de chance, du haut de mon trentieme etage a Roppongi je verrai la Tour de Tokyo et peut etre meme au dela la Baie de Tokyo. On me montrera peut etre comment on se protege si ca secoue, tout en oubliant de me dire comment on se sert des extincteurs, ils ne savent generalement pas, de toute facon. Et puis on me presentera a mes collegues, certains se leveront, d'autres ne se leveront pas, deja occupes au telephone mais me feront un petit signe de la main, d'un air de dire salut mec!, et moi je hocherai la tete, je sourirai, bien incapable de retrouver qui est qui, qui fait quoi dans cette valse de tetes inconnues, moi, le grand rescape du bateau NOVA, bien content que la banque me sauve encore une fois... J'en connais qui n'ont pas cette chance, et ils n'ont plus que leurs valises pour pleurer, euh, pour partir, excusez-moi.
Ce matin, je suis alle a Hello Work pour informer que j'avais trouve du travail. C'est l'ANPE japonaise. J'ai bavarde, en japonais bien sur, mais par moment, je me suis retrouve incapable de comprendre ni parler. Une boule dans le ventre, je vous dis.
Ca m'a pris hier en allant signer mon contrat, et depuis ca ne me quitte plus...
J'ai retrouve Yann, et il y avait Patrick egalement, professeur a Kichijoji. Enfin, avant... Pour eux, c'est le debut du chomage. Les interrogations fusent, informelles et mal posees. Ca fait mal, envisager de quitter sa vie sans l'avoir choisi. Le futur est un horizon raccourci en mal de mots.
Pour moi, le futur se dessine et prend la forme de cette boule dans le ventre. Reussir mon entree dans cette societe, dans ce service. Deux mois pour me faire une place. Un an pour trouver ma place. Et dans cinq ans le restaurant. Ca vous fait rire ? Moi, ca me plait bien...
Je suis rentre apres etre passe a l'Institut Franco-Japonais a Iidabashi ou j'ai reemprunte les Fantomas de 1913 ainsi qu'un OVNI, un film de 1961, realise par le grand Jean Rouch (dont je suis fan) et Edgard Morin (dont Sarkosy a devore la quatrieme de couverture). Un documentaire, les jeunes de 1961. On m'en avait parle, je suis heureux de pouvoir le regarder. J'ai egalement emprunte le numero Beauvoir du Magazine littereraire : je ne m'attends pas a y apprendre grand chose (je me suis contente de la lire...), mais sait on jamais. C'est de la nostalgie pour beaucoup de choses, et d'abord pour ces conversations d'un autre temps, avec Nicolas. Du temps du Punch Bar, juste apres Spont'Ex.
Tout a l'heure, j'ai repasse trois chemises. Et voila, il est 21 h 25, j'ecris et j'ai mal au ventre. Je n'ai pas un centime, bientot c'est le loyer, les factures... Mais au milieu de ce desastre reapparait la lueur du travail, et donc ma vie qui repartira. Pas avec le salaire que j'avais cru (voulu; je ne suis pas dupe de mes propres omissions) comprendre, mais avec un salaire correct et surtout des perspectives.
Je suis content mais j'ai fichtrement le trac. Comme il y a bien longtemps, pour mon premier travail chez Paribas...
Balzac etait un homme incroyable...

lundi 28 janvier 2008

葛西, lundi 29 janvier 2008

Ca y est ! J'ai recu l'appel que j'attendais tant : je commence le travail mercredi, a 9 h 30. Auparavant, je dois retrouver Yoriko, qui me presentera a mon equipe. Yoriko, c'est la commerciale de mon cabinet de recrutement. Mon premier travail, c'est de l'interim. Et un vrai choc cote salaire. J'avais mal compris / voulu comprendre. Du coup je n'ai pas negocie, et du coup, ce n'est pas terrible... Mais je ne me plains pas, et je prefere presque, cela me donnera beaucoup de grain a moudre a l'avenir.
Je vous abandonne, je vais lire les articles qui trainent sur Jerome Kerviel. Une question me revient sans cesse : le PDG de la Societe Generale est il incompetent ou cherche t-il a maquiller quelque malversation ? Car franchement, avoir deboucle ses operations entre lundi et mercredi dernier en pleine purge boursiere, faut vraiment etre le roi des cretins. J'ai lu que s'il avait attendu, la perte n'aurait ete que de 1 milliard bref, il aurait attendu que ca remonte encore un peu, ils auraient meme pu gagner de l'argent... Un cretin, ou alors, il veut cacher quelque chose.
Mais je vais vous dire mon point de vue : le PDG de la Generale est tout simplement un cretin issu d'une grande ecole qui ne connait rien aux metiers qu'il est sense diriger. Bref, "on deboucle". Je suis hallucine quand j'entends parler d'une fraude de 5 milliards. Ce n'est pas une fraude, c'est une perte. Et s'il y a eu fraude, c'est pour les montants engages, autours de 50 milliards d'Euros (!) (smic : 980 euros nets). Il a d'ailleurs ete ecrit ici et la que le meme trader avait rapporte pres de un milliard l'an dernier. Et certainement en engageant des sommes tres proches... Comme si cette fois ci il avait fallu un bouc emissaire, un ecran de fumee responsable de tous les maux (entendre, les pertes liees aux credits foireux US, appeles sub-prime, c'est a dire les credits derives adosses a des credits hypothequaires a taux variables reajustes en fonction du "risque")...
J'excuse pas le trader. C'est la logique d'ensemble qui est folle, dangereuse et broyeuse d'homme. Mais une banque, reprocher a un trader d'avoir cherche a gagner de l'argent en prenant des risques alors que c'est ce que font tous les traders - et c'est pour cela que les depassements dudit portefeuille ont ete "couverts" pendant longtemps- confine au grotesque. C'est comme si un diamantaire Sud-Africain reprochait a la Chine de faire travailler les prisonniers.
En tout cas j'aime bien cette histoire. Un p'tit con de trader, un bros bourgeois ventru, des journalistes analphabetes du sujet (j'ai lu de ces betises sur ce que sont les derives, le middle-office, l'incapacite a faire une distinction entre fraude et perte...), un president pop star en fond qui appelle a la moralisation, une ministre de l'economie qui a travaille dans un fond de pension americain et qui appelle a la transparence... Je ne comprends ces theories de la mort du roman : on est gouverne par des tueurs mues par des passions vilaines qui nient toute morale et qui appellent a une plus grande fermete a l'egard des incivilites, comme ils disent. Montesquieu appelle cela la vraie perversion. Et Balzac La Comedie Humaine.
Des ploucs, riches, suffisants, vaniteux. Vive Jerome Kerviel !

jeudi 24 janvier 2008

葛西, jeudi 24 janvier 2008

Vent fort mais douceur, grand soleil, je reste pourtant a la maison. C'est pas bien amusant, mon petit orteil casse, d'autant qu'il est certainement deja bien cicatrise. Il est fermement maintenu mais comme je n'ai pas mal, je m'autorise des fois de longues marges et une petite douleur parfois me le rappelle a moi bref, j'ai un peu peur d'abuser et de me refaire du mal. J'attends egalement des nouvelles concernant le travail. Je dois desormais demarrer la semaine prochaine, lundi ou mardi et par consequent signer mon contrat demain soir. Je suis desormais rassure car mon contrat est bien valide par le head des ressources humaines (je commencais a avoir peur), mais en revanche c'est du cote du manager de l'equipe que se trouve le retard. La, ca ne m'inquiete plus. Avec les evenements actuels, ils doivent avoir la tete dans le guidon. Je vous avoue juste que j'aimerai bien recommencer a travailler, la, maintenant. Se promener sans argent et forcement a velo si je veux me promener longuement, j'y arrive certe, mais j'ai un peu le sentiment de me forcer a le faire. Je lis Balzac pour m'occuper, je viens de finir La fausse maitresse. J'ai commence ce matin a regarder La faute a Voltaire, mais le coeur n'y etait pas. On verra ce soir.
Vous inquietez pas pour moi, j'ai le moral. J'ai juste besoin du coup de fouet du travail. Le sejour a Kyoto avait ete fort vivifiant, mais le coup du petit doigt, ca a casse l'elan, et me voila bien ramoli. Quand je pense qu'on est deja presqu'en fevrier, comme me le rappellent les stand Saint-Valentin dans les supermarches... Allez, je vous laisse, je retourne a Balzac.

mercredi 23 janvier 2008

葛西, mercredi 23 janvier 2008


Commencez d'abord par aller faire un tour sur ma journee de lundi, que je viens de poster a l'instant (oui, je sais, j'ai anti-date), --->ici<---
Vous pouvez egalement bien entendu ne pas aller y voir, mais alors vous manqueriez le lien vers un album photo entierement consacre a une petite promenade en rues et en maisons dans l'arrondissement de Koto-ku, dommage, non ? Allez, vous pouvez y aller directement, --->la<---
Il neige, ou plutot, il a neige sur Tokyo, aujourd'hui.
J'avais ce midi rendez-vous a L'Institut Franco-Japonais avec Junko, une ancienne eleve de Ginza, a midi. Ce fut en fait assez difficile d'emerger ce matin. J'etais en effet invite chez Jean-Baptiste hier soir, et j'ai loupe mon dernier metro sur la Tozai. J'ai toutefois pu attraper le dernier metro de la Shinjuku (une ligne privee) et ainsi pu constater que les metros sur la Keio Shinjuku et la Toei O-Edo circulent jusque des heures normales, soit 0 heures 40, quand Tokyo Metro s'arrete progressivement a partir de 00 heures... ce qui n'est qu'un encouragement a demenager un jour dans Koto-ku, la terre d'election de ces deux lignes de metro. La soiree a ete sympa, et donc propice a se prolonger, or, j'habite pas a cote, moi. Vraiment le sentiment d'habiter a Bobigny... J'ai du finir le trajet en taxi.

Ce matin, c'est mon cabinet de recrutement qui m'a tire du lit, finalement, vers 9 heures trente. Je devais signer mon contrat aujourd'hui a 18 heures, c'est repousse a vendredi. Bon, je ne vais pas dire que je commence a redouter le pire, mais apres ces derniers mois, je ne serai rassure que quand j'aurai commence a travailler. La consultante en a toutefois profite pour me confirme que je commencerai a travailler sans delai apres avoir signe, mais en gros le responsable du personnel n'a pas fini son evaluation avec les differentes equipes. J'ai deja connu a BNPP... Quand on dit que la bureaucratie est l'exclusivite des entreprises publique, ca ne me lasse pas de rire...
J'ai teste ce matin mon nouveau four sur mes tranches de pain et j'avoue qu'un vrai four, ca ne fait pas vraiment un bon toaster...

Je suis parti en retard, comme toujours, et j'ai retrouve Junko a Iidabashi. Il neigeait, une vraie tempete, et la neige tenait (je n'ai pas pu photographier, me depechant, et quand j'ai quitte l'institut, c'etait un peu tard... je me suis contente de photographier cette impression de desolation que donne la neige et l'hivers sur la ville, et que j'aime, et que je trouve terriblement poetique). Nous sommes alle a la Brasserie de l'Institut, j'ai mange un steack-frites, j'adore...
Je regarde le grand plongeon que connaissent les bourses mondiales d'un air amuse, je me delecte de ces articles ecrits par des flopees de cretins liberaux qui reclament a corp et a cris "un geste" et "une intervention", et qui analysent l'instabilite des marches auquels ils ne connaissent rien. Comme si une economie deregulee pouvait se passer de crises brutales... On est en fait revenu a avant Keynes, mais en pire car on a garde certains outils Keynesien, la stimulation par le credit notamment, et la consommation de masse (donc l'endettement public et prive a des niveaux jusque la inconnus) dans un laisser-faire laisser-passer qui encourage le developpement d'une economie financiere destinee a alimenter sans fin un endettement massif qui s'auto-entretien. Une grosse boule de neige qui roule et grossi et que rien ne semble arreter si ce n'est parfois quelqu'obstacle... qui permet a la boule ensuite de rouler plus vie et plus fort. Vous verrez, comme la crise Mexicaine (1994) et son Krach obligataire, comme la crise Asiatique (1998), comme la crise internet (2000), la crise actuelle va permettre d'accelerer encore plus la croissance economique d'ici un a deux ans. On verra certainement dans les prochaines semaines les reamenagements de parites monetaires attendues depuis un certains temps (notamment une forte appreciation du Yen, reellement sous-evalue a l'heure actuelle, avec tout le benefice d'une monnaie forte en ce qui concerne la facture energetique pour le Japon), on parlera de febrilite des marches, mais en fait, le systeme est auto-regule par ses propres crises.

Il y a juste qu'un jour la boule de neige recontrera sa propre limite, sa propre masse critique et qu'un rien ;a destabilisera, declemchant la grosse avalanche. 1929, en version mondiale... Ca m'amuse d'avance, moi, l'archaique marxien, fascine par la puissance de la dynamique des marches liberes, du profit generalise et de la course a la reussite individuelle (le capitalisme) et conscient des limites et des dangers d'un monde ou l'homme est reduit a n'etre que le spectateur et le jouet d'appetits qui le depassent. Les marches finaciers sont fascinants, et je reve du marxien qui comme moi sera fascine par ces marches mais qui, economiste et non simple honnete homme, saura en faire la critique, c'est a dire envisager la possibilite de non les supprimer comme le font les marxistes analphabetes, mais les utiliser. Car au coeur de la finance se cache, au meme titre que dans un tableau de Rembrand, une petite lueur du genie humain.
En attendant, je me permets de regarder en spectateur et demain en petite main de cette finance qui a fini par me fasciner. Pour mon travail, je ne suis pas inquiet, plus c'est instable, plus on a besoin de "petites mains" pour recoller les morceaux.
Je suis beaucoup plus inquiet pour ces victimes anonymes du mini-krach immobilier en cours, qui voit, sans que personne ne s'en soucie, des milliers d'Americains deloges de chez eux, expropries de leur modeste maison achetee a credit par des etablissements financies eux meme accules a les saisir sous peine faire faillite... "La propriete, c'est du vol", disait Proudhon. En voici la plus parfaite illustration.

mardi 22 janvier 2008

葛西, mardi 22 janvier 2008


J'ai vu Vincent aujourd'hui pour la derniere fois. Avant un certain temps peut-etre, avant longtemps certainement, peut-etre pour jamais. Le depart de Vincent et de son epouse Erika, c'est vraiment le dernier episode d'une page deja tournee, d'une aventure deja terminee. Et sur ce visage se lisent les marques d'une fatigue sans fin. Celle qui precede les grands demenagements internationaux, avec leurs colis et leurs valises, leurs factures a regler et ces invitations a n'en plus finir. Et puis le depart est pour jeudi, il faut faire vite, se lever aux aurores, ne rien oublier. Mais plus incidieusement s'est glissee la marque d'une autre fatigue, plus tenace, de celle qui change un visage et lui donne une marque nouvelle, definitive et que seuls des bonheurs futurs pourront adoucir et qui sait, anoblir.
Vincent est un garcon brillant, 31 ans, LEA anglais et allemand, parfaitement bilingue en anglais, ayant reside aux Etats-Unis ou il a rencontre son epouse, il n'a guere eu de chance professionellement. Le chomage en France, une experience malheureuse au Rwanda, et puis le Japon. Et la faillite de NOVA, et les mensonges interminables du repreneur, plus d'argent, rester chez soi, tourner en rond a l'ecart de Tokyo, dans Chiba, plus de gymnastique, rogner sur tout, et le depart aux USA prevu pour le printemps remis en cause, faute d'argent. Au milieu de cela, quelques lueurs dues a la generosite de quelques anciens etudiants de NOVA, des cours particuliers, quelques invitations qui je n'en doute pas, il me l'a confie, ont adouci et ces derniers mois, et ses dernieres impressions du Japon. Le point culminant dans cette souffrance du quotidien au limites de l'indicible fut la lettre d'eviction de leur appartement la veille de Noel, au meme moment ou je recevais moi le mail m'apprenant que GCom ne voulait pas de moi. De la meme facon que je n'ai pas annule mon sejour a Kyoto -on verra apres mais je reviendrai a Tokyo pour me bagarrer-, Vincent a trouve la note juste, liberatrice, on part des que j'ai la carte verte. Et cela n'a pas tarde.
Vincent quittera le Japon ou il est arrive il y a deux ans et demi, cette semaine, le meme jour ou certainement je commencerai moi a travailler dans une tour immense de plus de 50 etages du quartier de Roppongi, si vous voyez de quelle tour je parle... Il m'aura laisse avant de partir un four (que je lui paierai un peu plus tard), une cafetiere et divers babioles. Et puis trois photos volees alors qu'il me demandait comment je voulais le photographier. On a travaille ensemble pres de deux ans. Cette separation est pour moi la plus difficile, en fait car le personnage, assez discret, est aussi tres attachant. Un type entier, direct qui bile beaucoup mais n'explose pas. Et ces derniers mois lui auront donne l'occasion de biler, pour le coup...
Quand j'ecris Vincent, j'ecris un peu notre histoire, j'imagine les angoisses de chacuns, nos couples fracasses par non seulement le chomage ou la pauvrete, le mensonge et la precarite, mais aussi un horizons en forme de depart, de separation et d'arrachement. Je me souviens, un apres-midi pres de Ginza, je venais de secher NOVA depuis quelques jours, avant la faillite, j'avais retrouve Berenice et je lui avais pose cette question et la reponse qui avait coule comme ca, avec un demi eclat de rire, ben 'chepa. Depuis octobre, ces trois syllabes etaient comme un cache sexe dissimulant les mots tabous de depart, de dechirement, d'incertitude, de douleur, de j'en peux plus, de J'en ai marre ou d'j'ai envie de chialer. Ce n'est pas qu'une question de chomage, C'est une question de pays, et c'est souvent aussi une question d'amour. Et alors, qu'est-ce que tu comptes faire ? ... Ben 'chepa, je vais voir. J'ai entendu cette phrase tant de fois dans la bouche de Vincent, le seul qui avec moi avait compris que ca tournait mal. Comme moi, il ne s'est pas demonte, il a continue sur sa lancee, le mariage, les entretiens a l'ambassade, les demarches. Pendant ce temps la boite qui periclitait. Quelle energie, que de cheveux blancs... Moi, je faisais et je refaisais mon CV en anglais, je passais mes nuits a contempler les sites des recruteurs comme le marin contemple la carte des mers qu'il va traverser, quand est-ce que je pars... Quand l'autre tetard d'"A la Berichonne" m'a dit que je "mettais la vie de l'ecole en danger (sic)", je me suis demande ce que j'avais fait de mal, j'ai culpabilise. Ca m'a remis un coup profond, extremement violent, parce que quand on trouve un travail apres tant d'epreuves passees, on met du temps a se reconstruire. (Je suis bien content pour lui que Berenice ait decide de ne pas rester travailler a "A la Sarcelloise" : interdiction de travailler dans une autre ecole, disponibilite les jours de conges, tout ca sans meme cotiser au chomage ni offrir un emploi du temps fixe, ni payer le transport et en sous payant les 2 mois d'essai, ni meme offrir les 10 jours de vacances legales minimum... en fait, ca paie moins que Geos, ECC ou NOVA). Et puis je me suis retrouve sans emploi en decembre, le pire moment.
Comme nous avons souffert. Comme je l'ai ecrit, d'une souffrance qui ne peut pas se dire, parce que dire, c'est ouvrir les yeux sur des catastrophes et des douleurs encore pire. Pour Vincent, ce fut envisager de rentrer en France et devoir recommencer les demarches, un an d'attente bref, remettre ca encore une fois. Comment ca va ? Ben ca va, j'arrive pas a dormir, mais globalement ca va... Berenice et ses cauchemards, Matthieu et ses insomnies... Matthieu! Les anglais n'aimaient guere leurs chefs, a NOVA, nous, nous avions herite d'une creme. Un garcon gentil, brillant et intelligent, simple et souriant, et en plus, modeste et calme. Une creme. Qui apres avoir appris le japonais tout seul par plaisir, est d'un niveau plus qu'avance, a l'ecrit comme a l'oral. 25 ans. La deche comme nous tous, et pourtant, toujours des mails pour nous informer, nous donner des nouvelles, demander des notres.
Je comprends desormais cette appellation, "Les Michelin", "Les Danone". Nous sommes "Les NOVA".
Dans mon coeur de presque plus chomeur, -je recommence a travailler cette semaine-, le depart de Vincent c'est un peu la fin des "NOVA". Parce qu'il faut bien que nos vies reprennent et redemarrent. On ne peut indefiniment etre ce que l'on a ete, meme si c'est douloureux.
La fin a ete plus belle que la chute. Il y a deux semaines, des etudiants de Ginza nous ont invites. Le grand derrier, c'est Vincent et devant lui sur sa gauche, c'est Erika. Revoir mes etudiants, nos etudiants... Leur dire enfin au revoir, se souvenir d'eux, de nous tous. Chacun vivra desormais sa vie, ses lecons de francais ou son travail quelqu'il soit. La photo, prise par le serveur, est ratee, bien entendue, mais ce n'est pas grave, j'y capte le bonheur de l'instant, celui ou nous fumes tous ensembles, et cette fois, uniquement pour le plaisir d'etre ensemble encore une fois, une derniere fois.
Pour moi, ce n'est pas l'Amerique, mais une banque. Quoi que, question salaire, c'est l'Amerique. Comme je l'ecrivais a des amis il y a deux jours, j'entre dans un nouveau tome de ma vie, bien persuade de vivre au Japon pour un certain temps desormais. Je m'y projette a moyen terme, vivant dans Koto-ku, economisant de l'argent et m'associant dans quelques annees pour avoir un restaurant-cafe-concert. Je changerai peut-etre d'avis d'ici la, mais en attendant, je ne me suis jamais senti aussi tendu vers l'avenir que maintenant. Et cela, je le dois a ces derniers mois passes a me demander ce que je faisais ici, ce que j'avais fait de ma vie, savoir si tout cela avait un sens. C'est du coeur d'une souffrance enorme en moi, au milieu d'insomnies cruelles, dans un doute permanent de moi-meme que cet avenir obstrue, ce n'etait pas moi, ce n'etait pas le Japon, mais... NOVA, "A la machin chose", tous ces boulots qui n'en sont pas mais qui ne sont que des pretextes a ne rien faire et a attendre que quelque chose se passe. Je ne pense pas que la finance soit le paradis cote travail, mais de la meme facon qu'elle m'a en France permis de voyager au Japon sans trop compter, je ne doute pas un instant qu'elle me permettra ici de visiter ce pays ainsi que la Chine, le Cambodge ou le Vietnam. Et enfin, comme me le disait mon ami Stephane, n'est-ce pas encore ce que je sais faire de mieux ? Mon ancienne collegue Odile me le disait depuis des annees. Nul doute qu'au dela de la necessite, il y a aussi un choix que j'ai fait l'automne dernier.
Je suis extremement heureux pour Erika et Vincent. Je suis heureux pour eux car je suis heureux pour moi. Une sorte d'egoisme qui transcende l'egoisme.
Ca me fait de la peine de ne pas le revoir avant longtemps. Mais je suis heureux au dela de tout ce que le mot bonheur avait signifie jusqu'ici. Delivre de sa Croix, mort, le Christ a du se sentir merveilleusement bien. Leger. Neuf. Heureux.
Bon voyage, Vincent.
Suppaiku

lundi 21 janvier 2008

葛西, lundi 21 janvier 2008


江東区、墨田区. Koto-ku, Sumida-ku. Jun et moi, partis pour aller au musee Edo-Tokyo ou se termine une exposition Hokusai, avons in-extremis renoncer a braver la queue interminable au guichet et nous sommes resolus a visiter les alentours de 両国/Ryougoku en direction de 森下/ Morishita. Je boite un peu puisque mon orteil est casse, mais ca a ete.
Un temps grisatre d'hivers mais finalement pas trop froid nous a permis une belle promenade. Nous avons commence par tourner un peu autour du Musee Tokyo-Edo et de la Salle Nationale de Sumo, tous deux immenses batiments de beton inspires de formes architecturales japonaises (mais il faut vraiment chercher, en ce qui concerne le musee, parce que c'est loin d'etre evident). Munis d'un plan du quartier, c'est par le 安田庭園/Jardin Yasuda (Yasuda etait le nom d'un Daibatsu avant la guerre et demantele apres la guerre, ces grandes societes qui alliaient finance, industrie, commerce et construction, soucieuses de nouveaux debouches economiques et de controles de matieres premieres et par consequent inspiratrices de l'expansionnisme japonais des les annees 10/20.
Le jardin, qui n'est etrangement pas, pour le moment, integre a ces jardins de la ville de Tokyo pour lesquels il faut payer 300円 est gratuit, mais la contrepartie est un sentiment de relatif abandon et un non moins relatif entretien. Le temps gris et le denuement des arbres en cette saison ajoutent a un sentiment de desolation, de tristesse, que renforcent encore des travaux de cloture ainsi que la proximite d'une de ces autoroutes urbaine, en l'occurence ici celle qui longe la riviere Sumida a partir de l'arrondissement de Sumida.
Jolie traversee remplie d'une certaine melancolie, cris des corbeaux attires par un cadavre de pigeon sur un trottoir (un homme passe et s'arrete, il a l'air presse et gene, il regarde le corp sans vie, il desire faire quelque chose, au dessus, les corbeaux s'interpellent, comme attendant le moment propice d'attrapper ce precieux butin, l'homme regarde les corbeaux, il s'incline devant le cadavre, il s'en va, presse, se retourne une derniere fois, comme honteux, et il repart; Jun, lui, ne veut pas voir mais le ballet des corbeaux le trouble, il me confie qu'il ne veut pas croire que les corbeaux attendent d'etre tranquille pour prendre le pigeon... cette scene a quelque chose d'etrange, de profondemment hivernal... Les corbeaux a Tokyo sont innombrables, voraces et dans les parcs savent se montrer insistant et n'ont quasiement aucune crainte des humains a qui il leur arrive de voler un sandwich pose sur un banc sur sa serviette, juste le temps d'ouvrir sa bouteille de the... ca va vite, un corbeau, et ca a l'air de penser encore plus vite...).
Sortant du jardin, nous nous sommes diriges vers une pagode a trois etages, 三重塔, et je me suis vite rendu compre que ce n'etait que la facade arriere d'un temple que j'avais decouvert il y a quelques temps, un temple municipal dedie a la memoire des victimes du grand tremblement de terre du Kanto ainsi que des bombardements de 1945. Il regne dans cet endroit une atmosphere d'eglise, propre au recueillement. Le batiment, en beton et reprenant exterieurement les formes d'un temple, est concu a l'interieur comme une eglise, avec des bancs et de puissantes colonnes laterales dessinant une "circulation" et permettant de regarder des photos ou des dessins d'epoque, rappelant les chapelles dediees au Saints dans une eglise catholique. Cette espace est sonore et froid, et le regard au centre converge l'autel qui rappelle la encore l'autel d'une eglise catholique, inspirant le recueillement, le depouillement, l'introspection et le souvenir de ces victimes civiles. J'etais rentre dans une eglise catholique a Yokohama, en decembre, et J'avais eu le sentiment de rentrer dans un decors artificiel. Il y avait bien un Christ, une Sainte Therese et une Immaculee Conception, mais tout etait propre, tire a l'equerre. Bourgeois, convenu. Je m'etais confie a Jun, qui est protestant, et que ce decors ne choquait pas outre mesure : une eglise, c'est un Christ, des bancs... C'est tres japonais, ce prima de l'appence, du savoir faire. J'etais sorti de l'eglise en lui disant que pour moi, ce n'etait pas une eglise, je n'y avais senti ni les souffrance ni l'espoir des hommes. Dans ce Temple, j'ai ressenti ce que l'on ressens en general dans de vielles eglises, le poids de quelque chose qui nous depasse en tant que matiere, en tant qu'humain, mortel. Peut-etre justement le poids de notre propre mort a venir, a travers celle d'un autre, le Christ, ou des autres, comme ici de nos semblables morts dans un de ces moments d'histoire qui nous rappelle q quel point notre vie est une toute petite chose, fragile, et a quel point notre vanite a vouloir nous penser et penser le monde resiste peu a la cruelle realite que nous ne pouvons pas grand chose. Ces photos de Tokyo devastee, rasee (les maisons etaient en bois, imaginez des bombes incendiaires dans une telle ville...) rappelle que parmi ces centaines de milliers de personnes etaient de nos semblables, avec leurs joies et leurs peines, leurs petites histoires d'amour et leurs grandes esperance, leur combat de chaque heure dans une ville dominee par une guerre absurde et epuisante dans un pays domine par un groupe de militaires ayant perdu tout sens de la realite. J'ai toujours ete receptif a la souffrance qui colle aux eglises catholiques (kes temples protestant m'ont toujours fait l'effet de hall de securite sociale), cette Chapelle Sainte Rita, a Pigalle, visitee presque exclusivement par les travestis et les prostituees du quartier, paree de fleurs et d'offrandes, de bougies, "delivre-moi du mal et pardonne a ceux qui m'ont offence(e)", quelle souffrance, combien de larmes et de confessions ces fleurs expriment et trahissent, et combien au milieu de ces vies desordonnees se cache de dignite et de coeurs purs... Saint Genet...
Nous avons donc continue notre promenade vers Koto-ku et jusque Morishita.
Je vous invite a venir visiter l'album que je n'ai prepare rien que pour vous, --->ici<---

mercredi 16 janvier 2008

葛西, mercredi 16 janvier 2008 (suite)


Deuxieme post de la journee. Apres le Japon deprimant de l'hyper-pub, un petit coup d'oeil sur Tokyo. On vous rabache tellement les oreilles sur Shibuya, Shinjuku, Akihabara que quand vous venez nous voir, vous vous precipitez dans ces quartiers au nom evocateur dont vous prensez presque tout connaitre, on vous en a tellement parlez, vous desirez tant y etre, vous y photographier. Et vous avez bien raison, je l'ai comme vous tous savoure, ce moment unique, Hachiko la premiere fois, la Yamanote, le pont qui separe les deux Shinjuku, et puis Ueno, son parc... Je me revois sur mon velo, ma premiere traversee tiens, c'etait un soir, il faisait chaud et c'etait magique : j'etais a Tokyo. Je traversais la ville qui ne m'etait pas familiere. J'y cherchais des distance connues, je croyais y trouver Shinjuku a chaque puit de lumire qui emanait de groupes d'immeubles au loin. Magique. Shibuya elle m'apparut comme un endroit insense et bruyant ou je me perdait et qui faillit bien me faire fuir. Je vous parlais de la publicite, Shibuya en est le centre...
Mon demenagement a Kasai apres avoir habite pres de Shinjuku a Kagurazaka a certainement ete ce qui fut le mieux pour me faire voir Tokyo autrement. On m'a longtemps vante l'ouest, j'ai decouvert l'ouest. Et en preparant mon demenagement il y a un an et demi (comme le temps passe...), alors que je m'y rendais a velo, j'ai forcement traverse d'autres quartiers. Et c'est ainsi que j'ai fait la connaissance de l'arrondissement ou je suis bien decide a demenager quand ce sera possible, car c'est definitivement la que je veux vivre.
Les Tokyoites de province definissent souvent Tokyo comme tout ce qui est dans la Yamanote. Ils n'ont pas vraiment tort. Et pour mon plus grand plaisir comme pour celui de ses habitants, cela a permis de proteger l'arrondissement de Koto-ku (江東区). Or, un Parisien ne peut qu'aimer cet arrondissement dont le charme typique des quartiers populaires n'en recele pas moins les traces du Tokyo d'avant.
Quand vous quittez Ginza, ou Nihonbashi, ou Shinbashi ou bien encore Kanda et que vous decidez de pousser vers l'ouest, vous finissez toujours par trouver une grande barriere materialisee le plus souvent souvent par une autoroute urbaine, mais en fait toujours irremediablement par la riviere Sumida (隅田川). Ces quartiers de l'est de Tokyo aux rues etroites bordees de plantes vertes que les habitants entretiennent avec amour et qui sont la marque essentielle de la Shitamachi, litteralement ville basse, mais en francais nous disons les quartiers populaires(下町) sont certainement a mes yeux ce que cette ville recele de plus charmant, de plus humain. Les immeubles de hauteur anarchique n'y excedent jamais 5 etages, l'anarchie des cables electriques, les arbres qui bordent les rues, les vieilles maisons en ruine ont quelque chose d'unique, de presque rural et pourtant terriblement urbain. Arrives au bord de la Sumida, vous n'aurez guere de difficulte a traverser cette vaste riviere d'ou l'on tire chaque ete un feu d'artifice qui deplace plus de 50000 personnes, sans compter ceux qui dinent sur l'un des innombrabres bateaux mouches en bois bordes de lanternes qui rappellent les estampes de Hokkusai, de Hiroshige. Les filles se parent alors de Kimonos, il fait chaud, la bonne odeur des takoyakis, des crepes, des okonomiyaki, les dango, les pommes au sirp ou les choco-banana, la barbapapa, les poissons rouges que l'on peche et que l'on promene toure la soiree, tout est fete et l'on se dit avec tendresse que le Tokyo, euh, l'Edo (江戸) d'entemps devait etre bien charmant...
Vous franchissez alors l'un des ponts, vous savourez les odeurs marines, la baie n'est pas tres loin et vous constatez que la maree se prolonge jusqu'ici et, arrives en face, vous voila enfin la ou votre serviteur voulait vous emmener. L'autre Shitamachi, celle du quartier d'en face. Suivant que vous veniez d'Asakusa ou de Ginza, l'arrondissement vous presentera au premier abord une physionomie differente. Et pourtant, quand vous aurez commence votre exploration, vous constaterez la tres grand homogeneite de cet arrondissement de Koto-ku.
Je glisse ici aux connaisseurs que l'appartement de Kimura Takuya dans Long Vacation est situe en bordure de la Sumida, dans Koto-ku.
Cet arrondissement, peu connu des touristes, est une Shitamachi protegee, de grande classe. Les milieux sociaux y sont certainement plus divers que dans l'autre Shitamachi, celle qui va de Ueno a la Sumida, dans Taito-ku (台東区). Peut etre je me trompe, en ce cas corrigez moi.
Koto-ku n'est pas pauvre, Koto-ku est populaire. Parmi les endroits a retenir dans cet arrondissement, le Musee Metropolitain d'Art Contemporain et le fantastique parc qui le borde, vers le metro Kiba, sur la ligne de metro Tozai.
Il y a un musee du vieil Edo, le jardin Kyotsumi Teien, Odaiba (une ile quasiement artificielle)... mais c'est en fait l'abondance de ses rivieres et canaux qui fait le charme de cet arrondissement rempli de petites maisons, ou subsistent encore des rues marchandes qui sans etre des rues a la mode n'en sont pas moins remplies de vieilles boutiques ou il est facile encore de trouver quelques objets et nourritures artisanales. Derriere le calme se cache d'authetiques quartiers tres vivants, et ces rivieres, et ces rivieres. Par ici la lumiere est parfois plus abondantes malgre des dedales de ruelles. Je vous laisse regarder cette selection de photos prises a 'occasion de promenades diverses. Pour sur, c'est bien la que je veux vivre, entre Morishita et Monzen Nakacho... La Sumida est un fantastique poumon. Et en velo, soudain, les distance raccourcissent. Les distances sont ma plus grande peine, a Kasai.
Ah oui, au fait : j'ai un deuxieme entretien demain ou vendredi. Je suis optimiste.




























葛西, mercredi 16 janvier 2008

Pourquoi devrais-je donc perdre 5 minutes a essayer de trouver un titre a mon post quand je considere ce blog avant tout comme un journal...? Va pour la date !
J'ai regarde ce matin un dorama special deiffuse sur FujiTV le 3 janvier. J'ai decouvert un nouveau type de message publicitaire qui va au dela de tout ce que je pouvais imaginer, a faire rever TF1... Imaginez... Vous etes dans l'histoire d'un garcon et d'une fille qui se rencontrent par hazard alors qu'ils viennent de vivre une situation difficile avec un(e) petit(e) ami(e) qui leur a dit qu'il/elle ne comprenait rien au coeur des femmes/hommes. Et les voila tout deux qui rentent en possession d'une drogue permettant d'ecouter les pensees des autres.
Un dorama, quoi...
Page de pub. Une fille en Suzuki (voiture), tiens, j'ai deja vu sa tete, a elle, va rechercher une boite enterree il y a 10 ans avec un message qu'elle s'etait adressee pour dans 10 ans. On la revoit, adolescente. Le message est qu'elle n'a pas change, fin de la pub Suzuki. On retrouve alors l'adolescente, la meme, elle veut offrir des chocolats Meiji a son petit ami, mais finalement elle n'ose pas.
Retour au dorama, j'ai un vague mauvais pressentimenet, j'ose pas y croire, et puis je n'y pense plus. Et puis deux minutes plus tard, l'heroine monte dans la voiture de sa collegue, une Suzuki, et commece a manger du chocolat, Meiji. Je me dis qu'ils reculent devant rien... j'observe la collegue et m'appercois que je ne m'etais pas trompe : c'est bien celle de la pub ! La deuxieme coupure publicitaire continuera ce qui est comme une histoire parallele au dorama avec une histoire d'amour contrariee, et le reconfort d'une voiture si "nature et simple" et le bon gout d'un chocolat Meiji.
J'ai vu la premiere publicite que le spectateur est oblige de regarde s'il veut suivre l'histoire. Fini la pause pipi, le cafe qu'on met en route, le coup de telephone. On revient a l'age d'avant la publicite, mais il y a bel et bien une publicite et elle s'incere dans l'histoire en y glissant en plus son propre message. Ca fait tres bizarre car la publicite est bien marquee (performances de la voiture, consommation, slogan et discours particulier) mais c'est aussi l'histoire et cela ne dure que le temps d'une publicite. Mais c'est etonnant, quand la publicite est terminee, on voit encore plus la voiture et on est presque guide automatiquement vers la tablette de chocolat.
C'est un nouveau pas dans l'horreur. Les objets de marques qui s'inserraient jusqu'ici dans les films et series faisaient presque rire, avec leur cote publicite deguisee. La, c'est bel et bien une publicite, mais elle est nouvelle, on ne l'a jamais vu et elle guide le regard vers la publicite deguisee qui suit dans le feuilleton. ON EST OBLIGE DE LA REGARDER. Imaginez le journal televise. Une coupure pub et on vous annonce un accident d'avion, c'est dommage, ces gens ne volaient pas avec AIR FRANCE. Logo, images de la flotte, rappel des costumes signes Christian Lacroix, musique de fin de publicite. Le journal reprend. On continue avec les premiers images de l'accident, des images de l'aeroport et que voit on au loin, un avion qui decolle, un avion AIR FRANCE. Lui, au moins, il ne s'est pas ecrase, enregistre votre cerveau presque subliminalement...
Voila l'effet que ca m'a fait, cette coupure qui n'est a mon avis rien d'autre qu'un reel conditionnement.
Le Japon est un pays sature de publicite. Dans le metro, cela va jusque des autocollants sur les parois des wagons, puisqu'il n'y a plus de place pour les affiches, il y en a partout. Sur la ligne Yamanote, s'y ajoutent des ecrans plasma qui diffusent des mini-programmes sponsorises. Sur la ligne Ginza, avant d'arriver a Omotesandou, on voit apparaitre des hologrammes sur les fenetres pour un cabinet de recrutement. Et quand vous sortez, on vous distribue mouchoirs, programmes et prospectus pendant que vos oreilles se voient proposer par forces haut-parleurs et petits boulots restaurants, salons de beaute et cliniques pour les yeux ou salons de coiffure... La television est elle meme a cette image et le seul havre de paix reste la NHK, ou la publicite est definitivement banie, et dont les programmes rappellent un autre age de la television. Un age un peu statique, peu colore. Comme sans age, fige. C'est aussi la seule chaine a proposer du Kabuki, du Noh, des operas, des films non censures en version originale, des cours de langue, des programmes educatifs, des documentaires longs, a suivre et produits par des universites, en cooperation avec d'autres chaines publiques du monde entier. Aileurs, la stupidite concourt avec la betise quand elles ne joignent pas leurs force. Le Japon est LE pays qui a realise le reve de Patrice Le Lay. Et pourtant, les ventes de voitures ont decline l'an dernier de 7,5% ! Et J'ai appris qu'en fait pres d'un Japonais sur deux ne regarde pas ou peu la television "normale", preferant le cable ou pas de television du tout. L'erosion recente des parts de marche de TF1 semble aller dans le meme sens. A force de faire une television bete parce que ce serait ce que veulent les gens, on n'a plus de gens du tout. L'operation renflouage de TF1 par suppression de la publicite sur le service publique va dans le sens japonais, vous allez vous aussi etre gaves de publicite jusqu'au trognon. Je vous souhaite bien du plaisir...
Hier, j'ai passe l'apres-midi avec mon collegue Yann. Quel plaisir, passer son temps a causer a batons rompus comme nous l'avons fait. Il a vote Sarkosy et en fait je m'appercois que cela offre encore plus de plaisirs, a discuter avec une personne avec qui on ne partage pas les idees. Car Yann n'est pas un de ces "anti arabe/anti pauvre/ vive la police" qui font les delices des amateurs de cliches. Il est jeune, de culture urbaine, d'une famille aisee, riche, on n'y a pas cultive les griefs contre telle ou telle couche de profiteurs... Non, il est de droite comme il a tout a fait le droit de l'etre, bref, ca a ete interessant.

Et puis surtout on a parle de beaucoup d'autres choses, et ca a ete un reel plaisir de feuilleter un livre sur Dior, un autre sur Fath et un troisieme sur Poiret. Il faut vraiment etre de vraies pedales pour aimer les femmes dessinees par ces couturiers, les drapes et les pinces, les broderies mais surtout une silhouette, un dessin, une allure, quelque chose qui est un objet d'ARTisan, pense, imagine et realise. Dior reste un territoire un peu secret chez moi, a la limite du mythe. Certains y voient du luxe, je n'y voit qu'un reve realise par un genie rare. Je vous parle de Dior, de Monsieur Dior mort en 1957. Pas du Groupe LVMH.
Comme je suis pour ma part un reformiste atypique, j'ai eu assez de mal a expliquer que pour moi, le pire, c'est l'hyper president, que je pense que le defi est d'inventer une reelle Federation Europeenne et de demultiplier les espaces de pouvoir. Et que par ailleurs, en tant que democrate consequent, je ne peux que souhaiter l'egalite sociale, me referant en cela non a Marx, mais a Montesquieu. Qu'est-ce qu'une republique d'homme egaux qui se plonge dans l'inegalite, si ce n'est une democratie qui va a la dictature ? Comment qualifier autrement les decision anonyme des proprietaires d'entreprises qui decident de fermer une entreprise sans demander a personne jsute parce qu'ils sont proprietaire, au risque de ruiner non seulement les salaries et leurs familles mais aussi des communes, leurs commercants, et parfois des regions entieres ? Combien de films britanniques nous faudra-t-il regarder avant de comprendre qu'hormi Londres et le Kent, le "miracle Blair" se fait toujours attendre dans le nord desindustrialise de l'Angleterre parce qu'ouvrir plus d'ecoles et d'hopitaux, meme si c'est un tres net progres, ce n'est pas ce qui donne du travail, donc un revenu, dans une region que les entreprises ont deserte en laissant des friches grisatres que personne ne leur a demande de demanteler. Des paysages ravages pour une population abandonnee : ce n'est pas l'idee que je me fais de la democratie. D'ou, et le je ne suis pas blairiste, mais ressource au socialisme democratique, l'exigence de gratuite des acces a des services essentiels. Sante, education et, pourquoi pas logement dans certains cas. Mais aussi education culturelle, acces a des services de soutiens ouverts -personnes agees, handicapes-. Et creation/ soutien des activites de tiers service, associatif ou cooperatif. Le tout finance par l'impot.
Au niveau Europeen, pour commencer, puisqu'il s'agit desormais d'une nation democratique en construction. Ca fait gauchiste, mais ce n'est rien d'autre que ce que la Suede avait realise des les annees 50... Par la suite, elle a fait plus.
J'ai pris beaucoup de plaisir a discuter ainsi. Yann m'a demande si j'envisageais de rentrer en France. Non, lui ai je repondu. Il ne me manque que mes amis, nos promenades et nos discussions, leur amitie bienveillante, leurs critiques justes et leur culture. Je sais que je leur ai apporte beaucoup, mais ils m'ont eux meme enrichi et m'ont aussi fait tel que je suis.
Je continue a lire Balzac, c'est veritablement incroyable, ce bonhomme. La Pleiade a cela de bien qu'il y a tout : je ne lis pas les notes ni les introductions - je me reserve cela pour ma soixantaine- et me contente du plaisir de lire. Cette plongee dans le premier 19eme siecle, cette periode de l'histoire puissante ou les temps longs chers a Braudel se sont telescopes avec les temps courts, faite de trahisons et d'ambitions me revigore et nourrissent le lecteur, l'historien en excitant mon imagination. Les costumes, les interieurs comme les etres vivent au dedans de moi. Quelle puissance, Balzac !
J'ai eu confirmation ce matin que mon entretien la semaine dernier s'est vraiment bien passe et que je suis bien place pour obtenir un poste. Je me surprends a rever. L'interim au Japon... Je ne vous raconte pas le salaire. En attendant, j'ai definitivement choisi le quartier ou je veux habiter. Ce sera Koto-ku, proche de la Sumida.
Je retourne a la lecture.

mardi 15 janvier 2008

Le Simple


F-Vordemberge-Gildewart, vers 1926. CNAC Georges Pompidou.

Ne vous y trompez pas. J'ai ecrit la derniere fois que je placais cette annee sous le signe des autres, n'y voyez aucune forme d'altruisme ni d'esprit de charite ou d'ouvertures, ces especes de bequilles sentimentales qui souvent masque une certaine forme d'egoisme, le plaisir de faire le bien, d'etre gentil, d'etre bon. Ne croyez pas non plus que je ne les pratique pas, mais ce n'est pas a cela auquel je pensais.
Je faisais en fait reference a Jean Paul Sartre. Je suis les autres, tels qu'ils me permette de me faire avec ce que d'autres avant eux m'ont permis de me faire. C'est valable pour moi, mais c'est bien entendu applicable a tout un chacun. La reduction "mediatico-morale" de l'existentialisme a l'engagement est l'un des pire tours de passe-passe de l'ere du neant post-structuraliste. Car pour quelle raison faudrait-il s'engager ? Et ressortent alors les discours moraux, limite religieux. Finkelkraut a raison de dire que le structuralisme a rehabilite une certaine forme de discours religieux (et je regrette par consequent qu'il fasse tant reference a sa propre religion, mais qu'attendre d'autre d'un conservateur post-moderne...). Bref, on n'a garde de l'existentialisme que l'une de ses conclusions, habillant le reste de nos nostalgies pour le Parti Communiste (Francais) des annees 50. On aurait tres bien pu preferer ecouter Juliette Greco, on a decide de "s'engager", d'"etre solidaire".
J'eu finalement nettement prefere qu'on en retienne Juliette Greco.
Pas etonnant que la gauche agonise... Comme si la gauche etait etre solidaire, etre engage.
Revenons a Sartre. Reprenons Les chemins de la liberte, LE roman existentialiste par excellence. Nous y decouvrons un jeune intellectuel "engage" (il est "pour" la republique espagnole et "contre" Franco, il est "anti-nazi" et il a des sympathies pour la gauche qui critique le Front Populaire -aujourd'hui, en gros, il voterait Besanceneau). Voila donc le portrait d'un homme engage. Un concept qui faisait vomir Nizan, l'ami de Sartre. Mathieu, c'est son nom, est a l'image de bien des jeunes dans les annees 30, sensibles aux idees de la gauche, aux revolutions. Mais leur engagement est l'origine meme de ce qui les separe du monde : ils sont "pour" ou "contre tel evenement, tel combat, ils sont "revoltes". Ce sont des juges d'un monde qu'ils aborent et qu'ils refusent, qu'ils veulent changer.
Un air de degout flotte sur le visage d'un ami de Matthieu, enrole dans l'armee republicaine espagnole, a l'ecoute de ce discours de soutien, a l'ecoute de cette indignation morale, "de toute facon j'etais pour l'intervention militaire en Espagne". Oui, il etait "pour".
Son ami, lui, y est parti...
Le deuxieme tome va et vient d'un coin de l'Europe a un autre au cours de cette semaine qui a vu capituler les democratie face a la boulimie Hitlerienne, l'Anschluss. Matthieu est un etre parmi d'autre, comme vous et moi, il sait ce qui se passe et regarde l'histoire se faire ailleurs, autours de lui, spectateur indigne et impuissant, engage moralement. Pourtant, ailleurs, d'autres Matthieu(s) voient leur vie remise en cause par cette histoire qui desormais se fait non plus loin d'eux, mais directement contre eux.
Dans le troiseme tome enfin, nous assistons a la naissance du "salaud" Sartrien. Un lache ordinaire, un homme comme vous ou moi, terriblement banal, informe et indigne, lache cette fois dans l'histoire qui l'entraine et contre laquelle il ne peut finalement dresser que sa propre revolte avant qu'elle ne l'emporte et ne le tue, au Chemin des Dames ou ailleurs, au son des canons et des fusils allemands qui avancent dans une France que la hierarchie militaire a decide de leur abandonner, delaissant ces pauvres soldats qui n'y comprennent rien. Mathieu veut mourrir heroiquement, comme un homme, mais il meurt comme un chien. C'est la que surgit l'alter-ego/alter-egal de Matthieu (Michel ? excusez, j'ai oublie...). Fait prisonnier, il accepte son sort. Il ne se revolte pas, il pense. Et il ne pense pas a son malheur, il pense a ce qu'il peut faire. Il ne juge pas les hommes autours de lui, il les regarde comme ils sont, il tente de se rapprocher de ceux qui partagent son regard. Il entre dans le monde en faisant entrer le monde en lui. Il accepte l'histoire car il est decider a la faire et non plus la subir. Il renonce a l'heroisme et par la meme devient un homme. Il n'est pas un salaud. Sa premier dignite est d'etre propre et rase dans le stalag. C'est dans le monde que l'on s'engage, et non en spectateur du monde, en spectateur revolte barde d'une morale du bien, du bon, du bien et du mal. L'engagement sartrien est un refus de l'illusion d'un monde qui nous serait exterieur.
2008, ce sera pour moi l'annee des autres en moi, du monde comme je le vois, ou je suis un acteur bien malgre moi, malgre (ou a cause de) ce que je n'y fais pas. Attendez-vous avoir ce blog prendre des couleurs que vous ne lui connaissez pas. Je suis libre.


Portrait de madame Recamier, par David. Vers 1800. RMN, musee du Louvres.

J'appellerai cela Le simple. Si je devais definir une ambition esthetique, je commencerais par lui donner l'ambition de l'origine, c'est a dire, la necessite. Qu'est-ce qui est necessaire ? Pour pallier aux problemes de pollution et de crise de l'energie, ne devrait-on pas s'attarde d'abord sur ce qui est necessaire a notre espece, avant de chercher a embellir (?) toujours un peu plus ce qui est superflu ? Ne pourrait il pas y avoir une beaute dans ce qui est elementaire, simple, basique, brut, essentiel ? Jamais autant qu'en ce moment je n'ai ressenti avec autant de besoin ce qui fut la force du projet Bauhaus vers 1919, De Stilj des les annees 10 ou bien la terrible simplicite du portrait de madame Recamier par David. Nous vivons dans une epoque ou les boucheries predatrices militaires et financieres n'ont d'egales que les debauches du luxe, du people, du glamour des possedants et des gens qui comptent. Le design, l'art, tout est desormais guide par ces publics plus ou moins branches mais tous plus ou moins egalement fortunes qui nous releguent dans la fosse aux lions ou nous assistons au spectacle de leur grandeur entre deux spots televises et quelques flashs nous renvoyant les images de ce monde qui est a la fois le leur mais aussi le notre avec son flot de refugies, de mutiles, de femmes violees et torturees, ses epidemies qui frappent touours les memes, et attendons nous desormais a y ajouter le triste spectacle des ravages du rechauffement global. Qu'est ce qui peut justifier une esthetique neo baroque, l'emploi de la couleur dans des doses a faire gerber... J'aspire a une esthetique de l'essentiel, de l'essence des chose, au materiau brut, simple, sauvage mais rendu ami par je ne sais quel coup de genie d'un artiste que je ne suis pas. La rouille sur le moindre objet metallique a Kyoto me fascine, lui donne quelque chose d'unique que ne possedera jamais la moindre bague a 80,000 euros qu'un quelquonque president de la Republique Bananiere offrira a sa premiere Pouffe.
Pourrait on trouver l'elan, le souffle du retour a ce qui est la base, l'essence de l'art et l'energie qui en emane apres chaque revolution, chaque cataclysme incroyable en s'epargnant et la revolution et le cataclysme, ou faudra t'il encore que...

J'aspire au Simple, a la feuille blanche qui m'attend timidement et que je remplirai peut etre, qu'importe, cette feuille est la, elle m'attend, elle est le monde en devenir, et c'est deja une puissance suffisante... j'aspire a un ordinateur qui ne serve qu'a ordinateurer, c'est a dire, a me tourner vers vous et vous tourner vers moi, qu'importe le comment, nous avons tant de choses a nous dire, a nous montrer, a echanger et a construire. J'aspire au simple des mots et des couleurs. Et ce n'est pas grave si c'est mal dit, si c'est mal colore ou si le trait n'est pas assez droit, nous finirons par nous y retrouver; la television est si lechee, si parfaite, les bons mots si savament etudies, l'impertinence y est si bien calculee. Non, j'aspire au brut, au materiaux des ages d'avant, aux couleurs des temps premiers quand on ne calculait pas. Je reve de perspectives fausses, de gros mots qui sortent tout seul pour le juste plaisr de se les entendre dire. Crotte ! Vous avez une humeur de pet, Florian, calmez vous ! La television est si grossiere, et ca fait tellement vendre, foutre dieu !
Ce doit etre Kyoto...

jeudi 10 janvier 2008

2008, annee de la sourie


Kyoto, dimanche 30 decembre. Apres avoir (re)visite le Ginkaku-ji et alors que nous longions le chemin de la philosophie, nous avons apprecu des gens qui revenaient de quelque part. Je m'arrete, Jun s'arrete, je demande a une dame ce qu'il retourne. LE sanctuaire de la sourie, rien que ca... Le petit sanctuaire se preparait tranquilement en attendant le premier janvier, date officielle de l'entree dans l'annee de la sourie... Nous y sommes alles, bien entendu!

Eh bien voila, l'annee a bel et bien commence.
Jun et moi sommes partis a Kyoto une semaine. Le temps s'est comme suspendu. L'annee s'est achevee discretement, sa brutalite s'est estompree. Nous avons fait de splendides promenades, trop ravis que le temps s'emploie a nous faciliter la tache, comme ce fut agreable...
Le passage a la nouvelle annee a revetu la meme simplicite, un peu rate (nous pensions pouvoir entendre toutes les cloches de la ville sonner en restant bien au chaud dans l'hotel, simplement en ouvrant la fenetre) et un peu reussi aussi (pendant qu'il etait sous la douche, j'ai couru au conbini le plus proche acheter un dessert -degueulasse- et des chocolats -infects), ce qui a cree la petite surprise, la petite touche de fete apres le repas "special" au restaurant de l'hotel. Je crois retrospectivement, en repensant a l'extreme modestie du moment, mais aussi a ces foules evitees, insupportables, qui vous empechent de voir quoi que ce soit de ce que vous etes senses voir et vous empechent d'entendre quoi que ce soit de ce que vous etes senses entendre comme ce fut le cas l'an dernier ou un nombre insense de nouvel ans, je pense avoir passe un tres bon reveillon. Prometteur d'un bien meilleur reveillon cette annee. J'etais avec Jun, on a passe une belle journee, on a passe une belle soiree, on a jete un coup d'oeil a Kouhaku le programme de nouvel an indeboulonnable de la NHK, et puis c'est au son des cloches de la NHK, des cloches des temples de tout le Japon, que nous avons accueilli la nouvelle annee, fenetre ouverte, les yeux leves vers le ciel a defaut d'avoir les oreilles tendues vers les cloches... Mais qui sait dans ce silence de la ville ne se cachaient pas des vibrations inaudibles... C'etait simple, parfait.
Au revoir le sanglier, bonjour a la sourie.
Au Japon, pays du "mignon" en effet, le Rat se fait "sourie", les Japonais ne marquant pas de reelle difference linguistique entre l'un et l'autre animal... Va pour la sourie, et ca me convient tout a fait.
Je suis revenu en pleine forme, reenergise.
Alors, que nous promet 2008...


Le premier grand evenement au Japon est, c'est un avis tres subjectif et tres personnel, la diffusion du 40ieme et quelque Taiga Dorama, feuilleton d'epoque diffuse sur toute l'annee et consacre a un personnage historique, une sorte de saga. Chaque annee le theme est bien entendu different. Il y a eu le Shinsengumi en 2004, ce clan de jeunes guerriers samurai qui ont decide de defendre la cause du dernier Shougun Tokugawa contre les clans rebels dans les annees 1850/60, au moment ou les etrangers acculaient le Japon a s'ouvrir, destabilisant les fragiles equilibres politique d'un pouvoir en fin de course. Il y a eu Yoshitsune, ce heros national au destin tragique, rendu celebre par sa bravoure lors de la bataille de Dan-no-Ura en 1192 au cours de laquelle la famille de guerriers Taira/Heike, qui avait pris le pouvoir a Heian/Kyoto pendant 20 ans, s'arrogeant privileges, gloire et charges anoblissantes, mariant ses filles a l'Empereur, fut decimee par le clan des Minamoto/Genji apres maintes destructions (dont l'incendie de Heian/Kyoto, des temples de Nara...), des batailles et une fuite de plus en plus glauque de ce clan qui apres avoir cumule tous les honneurs concentrait desormais toutes les haines. L'episode de Dan-No-Ura est un peu dans la culture Japonaise la debandade de l'armee Napoleonienne en Russie. Tous perirent, mais comme il s'agissait d'une armee et d'une cour, les recits ulterieurs monterent en epingle ce geste heroique des femmes qui, de peur d'etre livrees a leur ennemi se jeterent dans la mer l'une apres l'autre, entainant le jeune Prince issus de leur sang. L'episode est narre dans le Genji monogatari et ce moment est un moment propice a verser flot de larmes pour ce jeune prince a qui sa mere demande d'etre courageux avant d'aller regner dans le vaste royaume de la mer... Avec cette bataille s'annonce la fin du Japon de Heian/Kyoto, de sa culture raffinee tournee vers les lettres, la poesie, la peinture, et l'entree du Japon dans une periode de guerre, feodale. Le recit de ce clan a ete souvent ete pris comme une reference du zen. La puissance des Taira/Heike les a conduit au neant. L'impermanence ouvre ce recit epique de plus de 500 pages (en francais).
Cette annee, la NHK de s'interesse donc au "harem" des Shogun, le 大奥/Oooku. Et comme il s'agit d'un Taiga dorama, 52 episodes, on pourra compter sur 1200 figurants, et il y a fort a parier que les decors et costumes surpasseront toutes les productions de l'habituel FujiTV , LA chaine de 大奥. Quel interet y a t'il a s'interesser encore une fois a 大奥, ces maitresses retirees dans les arrieres quartiers du maitre tout puissant du Japon alors que l'on pensait que FujiTV nous avait tout raconte... ? Comme par un hazard heureux (la sourie, je vous dis, la sourie...), je me suis souvent demande ce qu'etaient devenues ces femmes a la fin du Bakufu (ce que nous appelons sans Shogunat, bref dans les annees 1850/60 jusque 1868 et la restauration imperiale). Je vais etre heureux car c'est a travers le destin de l'une d'elle que la serie va apporter la reponse que j'attendais. Voila pourquoi je vous offre ces 2 photos. L'originale est en couleur, mais je me suis permis de faire une petite manipulation sepia, car nous avons des photographies de cours des annees 1850 et je trouve cette photo en forme de portrait officiel absoluement convaincante... Je me regale d'avance. C'est qu'au dela de cette vie dans cette cour fermee, ces jeunes filles provenaient de familles de l'ancienne aristocratie, ruinee par les guerres des 12 au 15eme siecle et qui ne subsistaient qu'en casant leurs filles dans les familles de riches guerriers (samurai) et seigneurs (Daimiou).
Le jour de mon retour a Tokyo, le 4, j'ai ete recontacte par un cabinet de recrutement. C'est ainsi que j'ai eu une serie d'entretiens hier matin, pour trois postes a pourvoir dans la meme banque. Ca s'est bien passe, j'attends maintenant la decision. Quand j'ai entendu la fourchette de salaire possible, j'ai ri et j'ai repense a l'ecole ou j'ai travaille 3 semaines en novembre. (Au fait, Berenice, je t'en veux pas, tu sais, je suis tres heureux que tu aies trouve ou travailler, et tu n'es en rien responsable. On est tous dans une telle panade... si d'avoir travaille 10 jours a "A la Poitevine" - je change le nom de l'ecole par respect, j'aurais pu tout aussi bien l'appeler "A la Vichyssoise", "A la Raffarine" ou "A la Balladurienne" ou "A la Roblonchonne"-, ca m'a laisse le temps de savoir qu'Il recherchait quelqu'un d'autre, je suis tres heureux que ce soit toi. Pour le reste, j'aurais du ecouter mon intuition lors de l'entretien -"c'est nase, ici, y'a pas de lumiere, et il y a Cherie FM dans l'entree et des affiches ringardes de fromages partout", ca s'annoncait mal... et renoncer des le troisieme lapsus qu'il a fait en me nommant comme mon predecesseur -vire je ne sait trop pourquoi, pas mon probleme-, c'est a dire le deuxieme ou troisieme jour ou bien quand je l'ai entendu dire qu'il s'etait suffisamment casse la tete a former les autres professeurs "pour ce a quoi ca sert", ou encore "ils sont nombreux sur le marche, je dois me decider a recruter maintenant, pas quand ils seront tous rentres en France"... Mais comme tu me l'a dit, Berenice, nous avons besoin de travailler... Courage, car ce type est d'une rare lachete et j'en ai appris d'autres par hazard depuis par N., une ancienne eleve de Ginza, car visiblement je ne suis pas le seul a m'etre frotte au personnage... La crise de larme d'une collegue quand tu es arrivee, un soir, m'a convaincu qu'il y aurait prochainement un professeur de trop car la dite collegue ne semblait plus disposee a partir, elle aussi ayant un soir fait un lapsus et elle est d'ailleurs toujours la... pas de ma faute, ma psy etait Lacanienne, et Lacan adorait les lapsus, ces amis de l'ame...).
J'ai encore trouve le moyen de me faire mal au pied ! Eh oui, mes problemes me cassent les pieds ! Mais je ne me laisse pas faire... Cette fois-ci, c'est moins handicapant. Je suis alle ce matin a Hello Work, l'ANPE-ASSEDIC japonaise, ils sont extremement epates par le fait qu'il n'y ait que les Francais qui parlent japonais. J'ai discute avec un employe un peu age, tres gentil. Tous les autres "NOVA" ont passe au moins 15 mn, moi, ca a pris 2 minutes, j'avais tout prepare, il y avait mon hankou, ils avaient toutes les coordonnees des entreprises ou j'ai cherche du travail, j'ai entendu faire mes eloges ... J'ai ainsi retrouve Martin, dont l'avenir professionel est desormais bien engage. Un illustrateur brillant, dans le style franco-belge avec un bon matinage japonais toutefois, dans un univers gentil... Allez donc visiter son site, le cafe marutan (voir liens). Avant hier soir, c'etait brillant, merveilleux, la vraie fin de NOVA. 25/30 etudiants avaient organise une soiree dans un restaurant et nous avaient invite, nous, les anciens de Ginza. Pour la derniere fois tous ensembles. Ca a ete tres sympa. Une derniere fois ensembles, avant que la vie ne nous emmene chacun de notre cote. C'est ainsi qu'en disant au revoir a Vincent, qui part vivre aux USA apres 4 mois sans argent a Tokyo, nous avons egalement dit au revoir au travail que nous faisions ensembles et a l'equipe que nous formions au service de la petite famille que nous reunissions autours de nous : nos eleves...
Je ne vous joints pas de photos : je vous preparerai un album, tout simplement.
Je vous embrasse tous pour cette annee, que je place sous le signe des autres. Car ce sont "les autres" qui "me" font. Je le pense depuis longtemps, mais, je sais que c'est maintenant le moment de le realiser.
Je (re)lis Balzac, et c'est vraiment puissant...