lundi 11 août 2008

Ôsaka, sous le soleil

Aujourd’hui nous allons à Ôsaka. Pour moi cela fait un certain temps, pour Jun, cela fait quasiment jamais. Je m’interroge un peu sur l’intérêt de visiter le chateau (reconstruit dans les années 50, en béton), mais d’un autre côté, faut bien que je vois à quoi ressemblait un chateau “féodal”... Je pense que ce sera pour ce matin et que dans l’après-midi on ira plus au sud vers Tennojo, la Tsutentaku et l’éternelle shôtengai de Namba.
J’ai des coups de soleil assez forts aux bras et sur le nez. J’aime bien, mais je serai prudent aujourd’hui. Je suis dans la chambre de l’hôtel, il est 8 heures 50, Jun finit de se préparer. De dehors, j’entends les cigales, les grillons et toutes les petites bestioles aui font l’été japonais. Parfois le cris d’un sempiternel corbeau. Il fait vraiment très beau, très chaud : je travaille toute la journée dans une atmosphère climatisée, quel contraste. J’ai l’impression, plus qu’à NOVA encore, de ne plus du tout ressentir la nature. À Nova, mes horaires (après-midi et soirée), ainsi que le quartier (Ginza) me donnaient l’occasion de ressentir les saisons. Je rentre dans la Mori à peine sorti du métro et n’en sors que le soir. Je déteste le quartier de Roppongi, qu’y faire le midi ? Il m’est bien arrivé ces derniers temps de sortir et faire une sieste dans le jardin à côté de Asahi Terebi. Tiens, c’est marrant, mes collègues connaissent les noms de tout dans le quartier, moi, je les ignore superbement. Bref, je suis “tempéré” du matin au soir, à 20° bien comme il faut.
Ici, le soleil est brûlant...

J'ai écrit ça le matin. Je confirme, le chateau ne vaut le coup que de dehors... Dedans, c'est vraiment douteux.
Je suis retourné dans un restaurant d'okonomiyaki que j'aime bien, et j'ai mangé les meilleurs okonomiyaki de toute ma vie !!!!
Allez, il est tard, ici!

dimanche 10 août 2008

Deuxième jour à Kyôto


Ca faisait longtemps aue je n'avais pas posté de photos... Je refais une tentative avec Safari, mais j'avoue que c'est encore très moyen... je vais vite retourner à Firefox...
A part ça, très beau temps et jolies promenades... Ici, à Kitano Tenmangu.

Dimanche 10 Août 2008, Kyôto

Je retrouve le plaisir de mettre des accents, d’utiliser un clavier français : mon bon vieux sympathique iBook m’accompagne et je profite de quelques minutes pour écrire. Nous sommes arrivés hier vers 9h30. Quelle chaleur... Le soleil a tardé à se montrer mais quand il est apparu, la chaleur est simplement devenue intenable. On y sera vite habitués je pense, mais j’ai finalement renoncé à ma promenade a Fushimi; on ira en fin de journée, vers 6 heures, quand la brise du soir se lève et que le soleil, devenu inoffensif, vire au rouge et dessine de longues ombres sur les trottoirs. On a fait une de ces promenades de soirée hier soir et c’est définitivement agréable. Malgré un orage en aprés-midi et un deuxième en soirée, de lourds nuages noirs sont arrivés très lentement, grossissant comme s’il ramassaient leurs copains au passage, et puis le tonnerre s’est fait plus précis. Quand il a commencé à pleuvoir, une bonne grosse pluie d’orage, épaisse, nous étions bien à l’abris dans un 100 yen shop de Teramachi, le grand shôtengai (rue commerçante généralement couverte) du quartier Shijô. Je voulais aller à Ôsaka, mais je me suis décidé un peu tard et la perspective d’une heure de train ne m’enchantait guère. On a fait de boutiques. Je me suis acheté des lunettes de soleil qui ressemblent à des lunettes de vue et me font une tête d’Allemand.

C’est d’ailleurs un de mes projets de rentrée : je vais me faire faire des lunettes de vue car mon hypermétropie est désormais réelle. J’ai porté des lunettes à l’adolescence. Le docteur m’avait expliqué pour faire simple que je voyais trop bien. Je comprends désormais. Ma focale se fait sur le lointain où je l’avoue je perçois parfaitement les moindres détails. Mais de près, c’est maintenant que je m’en apperçois, j’ai toujours du fournir un effort; depuis peu, peut-être à cause de ces longues heures passées devant mon écran récemment, je ne parviens plus à fournir cet effort et pour voir clair, il me semble que je me ferais loucher. Bien sûr, j’y parviens, ce n’est pas encore handicapant mais ce serait beaucoup plus simple avec des lunettes.
J’ai toujours rêvé de porter des lunettes. Enfin, disons depuis l’âge de 25 ans.
Ce matin, petit déjeuner à l’hôtel, et puis quelques visites. Kyôto...

Kitano Tenmangu, loin des foules du Nouvel An et sous le soleil. Le plaisir d'un guide passionné, aussi.






Nijôjo, deuxième visite du Palais. Pour Jun la première.







Le jardin est simplement superbe. Peu de touristes.

vendredi 8 août 2008

Tokyo en ete

Il fait chaud sur Tokyo, tres chaud, tres tres tres chaud. L'ete est arrive d'un coup, vers la fin du mois de Juin, quand les temperatures, malgre le Tsuyu, avoisinaient sans relacher les 28 C le jour et 24 C la nuit. Et puis, il y a deux trois semaines, quand le Tsuyu nous a quitte, tiens, c'etait a point pour les hana-bi, les temperatures ont depasse 30 C, il s'est mis a faire chaud, on a repris plaisir a se promener le soir malgre la peau moite et la sueur - au Japon, on transpire comme nul part. Avec Jun, nous sommes alles voir le Hana-bi de Yokohama - une foule... Et puis la semaine suivante, celui d'asakusa ou nous avons retrouve Yoshinobu en vacance depuis le 18 Juillet, et qui passait quelques jours a Tokyo. Moi, cette annee, je me suis achete un Yukata, mon premier, et des zori : comme m'a dit une vieille dame, je suis un vrai Japonais. Je n'ai pas pense a lui faire remarquer qu'avec son T-shirt et son jean, c'etait une vraie occidentale, c'eut ete deplace. En tout cas, je suis tres fier de ma facon de nouer le obi : je suis un expert ! Et je vous confesse aussi que le yukata, en ete, c'est fantastique : le vent remonte le long des manches et raffraichit les bras, le torse, les jambes sont a l'air, a l'aise. Je ne comprends pas pourquoi modernisation veut dire "costume cravatte". En Europe, la vraie modernisation, ce serait adopter le yukata en ete, plutot...
Au travail, les jours se suivent. Il m'arrive d'eprouver du plaisir dans ce que je fais, mais Lehman est quand meme une entreprise difficile ou regne une certaine improvisation et donc un certain stress. Et comme je continue de ne pas me faire a ce quartier de Roppongi, je reste reserve. Il y a quand meme quelque chose de positif : je suis vraiment dans l'equipe, je suis reconnu sur ce que je fais. J'ai meme un peu le sentiment d'etre le meilleurs. Mais ca c'est debile ! Je parle anglais en permanence, assez peu Japonais et quasiment pas francais. Le week end, je ne parle que japonais.
J'ai traverse une periode assez inedite dans ma vie, marquee par votre absence et par mon effacement. Je me suis rempli de mon travail, de ses horaires, de ses ecrans et de son rythme. Je me suis glisse dans les metros du matin, bondes, les corps qui se frolent dans un silence inquietant, le train qui s'arrete pour reguler le traffic et puis la correspondance a Kayabacho, le wagon qui se vide comme quelqu'un qui vomit les 50 litres de biere avales d'un trait, ca sort dans tous les sens, quelqu'un tombe, bouscule, ca pousse quand meme, on sort la mine furieuse posee sur cet(te) imbecile qui en tombant nous gene. Oui, le Japonais sont sociaux partout SAUF dans le metro. Des fois, je nous fait l'impression d'etre un de ces boeufs transportes en wagon et qui sortent quoi qu'il arrive en meuglant et en se chevauchant sitot la porte ouverte. Moi, petit a petit, ca me fait du bien : ca me de-Houellebequise. Il faut dire que pendant un temps, les heures de pointe me sur-Houellebequisaient !
Le soir, c'est tout le contraire. Ce peut etre plein mais on rit, les etudiants rient et les sarariiman au teint rougi par l'alcool affichent des mines d'adolescent hilares, meme et surtout s'ils s'endorment.
Autant dire que durant cette longue periode, je sortait de chez moi a 8 heures et ne rentrais que vers 21 heures, 22 heures et parfois plus. Beaucoup plus. Je ne sais plus trop si c'est a moi que je prouvais quelque chose, ou a mes collegues. Mes activites intellectuelles se sont trouvees reduites a bien peu de chose. Mais je crois que c'etait necessaire, j'ai veritablement coupe avec la monotonie de l'epoque NOVA. Mes week ends sont de vrais moments de repos, nous sortons, allons au musee, faisons de belles promenades.
Recemment, quand tout fut finalement bien installe dans ma tete, bien a sa place, j'ai eu une envie de Maruzen. Maruzen. Une grande librairie, celle de Nihonbashi ou celle de Otemachi. Des romans. Tout doucement je me remets a lire, depassant la fatigue dans les transports ou le soir, a la maison, je recommence a lire. Je vous en reparlerai plus tard. Le midi aussi, je reprends mon temps. Durant ce long passage, le midi, c'etait sur le pouce, devant l'ecran. Je recommence a sortir, hier j'ai fait une sieste au soleil. C'etait agreable. Je porte sur mes epaules la fatigue des trois derniers mois, mais c'est une fatigue saine que mes vacances a Kyoto, la semaine prochaine, effaceront.
Kyoto. Rien a ajouter a ce sujet. Si, Kyoto, pendant 9 jours.
Comme un peu partout dans le monde, ici aussi les prix ont monte. Le beurre est meme venu a manquer pendant deux mois et, quand il est reapparu, ce fut pour "un paquet par client" et 80% plus cher. Pour les Japonais ce n'est pas bien grave. Mais pour un Francais...
C'est quoi, un Francais qui ne mange pas de beurre ?
L'electricite, le gaz : tout a augmente. Mais c'est drole, dans l'alimentation, pas tant que ca pour le moment. iPhone est arrive ici, mais j'ai entendu dire que c'est quasiment impossible pour un etranger d'en acheter un (a moins de le payer les prix fort). A la television, des crimes horribles, chaque semaine, comme une preuve pour de vrai que la peine de mort ne reduit pas la criminalite. Des crimes vicieux, premedites, ressasses, par de veritables psychopathes, de vrais pervers qui valident la theorie Freudienne comme aucun expose ne pourra jamais le faire : tous les criminels sont des puceaux de 25/30 incapable de creer un relation avec les autres. Des graves, des otakus...
Allez, je vais travailler.