samedi 27 septembre 2008

... par la case chomage!


Une de mes dernieres photos prises avec mon Lumix... Un tres beau ciel, hier soir. Une de mes DERNIERES...

Je me doutais bien que cette histoire de contrat d' un an ne me concernait pas. En fait, a Lehman, il y avait quelques "vrai" contractuels. Mon chef ne le savait meme pas, il avait toujours eu recours a l'interim pour completer son equipe. Exit les interimaires. Chomage pour Suppaku. J'arrete de travailler mardi, je suis paye jusqu'au 16. Dans un marche completement sinistre, ca va etre facile, tiens, de se recaser. Et comme c'est mondial... Il reste quelques banques... Je vais harceler BNP Paribas a Tokyo !
Bon, comme le chomage est pour la mi-octobre, je peux voir ca comme 15 jours de vacances a venir. Apres, ben... Grande difference avec l'an dernier, de taille, cette fois mon salaire sera verse. J'ai en gros jusque fin mars pour trouver quelque chose, en reduisant mon train de vie.
A part cette "actualite" dont je voulais vous faire part, depuis ce matin, c'est l'automne : on a bien perdu 10 degres, et on n'a pas une pointe d'humidite dans l'air. Exit la sueur, bienvenue a la petite laine du soir. J7ai vu sur Yahoo que la nuit prochaine, la temperature descendra a 18 degres.

jeudi 25 septembre 2008

LB-野村証券

C'est alle tres rapidement. Une semaine apres la faillite, les activites Asie de Lehman Brothers ont ete achetees par Nomura. Pour moi, cela signifierait un nouveau contrat d'un an, bref, une tres grande tranquilite d'esprit et surtout, pas de chomage. Nous sommes bien loin de NOVA. Rien n'est encore confirme toutefois...
J'ai recu beaucoup de messages amicaux, je vous remercie tous. Irene, qui m'a appele deux fois pour me demander si ca allait et qui avec cette faillite s'est appercue que la faillite de NOVA l'an dernier l'avait touchee plus qu'elle ne le supposait. Un mail d'Olivier me sommant d'ecrire comme je l'avais invite a le faire il y a bien 10 ans de cela... Promesse tenue de ton cote, et tu vois, de mon cote, j'ai repris mon journal. Il va bien me falloir un an pour retrouver la fluidite d'il y a quelques mois, mais j'ai aussi, comme je l'ai confie ici, une idee de plus en plus precise de ce que je compte faire. Message de TB, aussi a qui je dedie les premieres lignes de ce message pour repondre a sa question. Nicolas, bien sur, et Alain, inquiets : nous sommes si loins les uns des autres... Freddie n'ecrit pas, mais je sais que les evenements recents lui ont certainement eveille quelqu'inquietude.
Quand j'aurai signe mon contrat d'un an, je pense que je pourrais me dire que j'ai bel et bien echappe a quelque chose de redoutable, car dans une economie ravagee, dans un pays aussi ferme que le Japon, je vous le garantis, le chomage, ce n'est pas une partie de plaisir. Combien d'ex-NOVA ont du quitter le Japon, contraints et forces, pas de place(s) pour eux. Combien parmi eux, qui avaient fait leur vie ici. Quand je pense a ma vie, je ne sais meme pas ce que veux dire "rentrer en France". Nous en parlions l'autre jour avec Irene. T'es d'ou ? Moi, j'suis d'Tokyo. Ben oui, je suis Francais mais je suis Tokyoite aussi. Ma vie, mon quotidien, c'est Jusco ou Maruetsu, la queue de 500 metres de long devant le 1er H&M a Ginza (rassurez vous, je n'ai pas fait la queue !), Tenzaru (tempura et soba), nikujaga (je suis passe expert dans sa preparation), les ballades avec Jun dans Koto-ku, les musees riquiqui quand on y songe, de Ueno ou Shibuya (Bunkamura), ou les pieces s'enchainent comme des couloirs dans une deambulation astucieuse mais que l'on connait deja, les restaurants en sous-sol ou au "deuxieme etage", les gens qui font la gueule dans le metro et les rues tranquilles ou l'on ne craint pas de se faire agresser, le portefeuille qu'on met sur la table, le sac qu'on met sur la chaise avant d'aller acheter son cafe au Starbuck et qu'on retrouve quand on revient, mon studio neuf qui me coute moins cher qu'un studio delabre a Paris, les peteuses endimanchees dans des vetements cremes et qui tiennent leur sac a main au niveau du coude sans se rendre compte a quel point c'est ridicule et ringard - sans oublier que ca fait mal si le sac est lourd, ces gourdes sont capables de pourter leurs sac Chanel (en papier), Dior et Vuitton remplis de trucs achetes ici ou la, de cette facon ! -, mon quotidien est fait d'un ensemble de choses qui me semblent bizarres si j'y pense mais auquel, finalement, je pense vraiment tres peu. Ce qui me frapperait, ce serait bien de me retrouver dans la grisaille maussade de Paris, ses sandwishs a 5 Euro, ses cafes a 3 euros et ses studios a 800 euros... Meme les tremblements de terre sont maintenant integres comme un element indissociable de mon quotidien, tiens, ca a secoue, c'est du shindo 2, non..., si si, je te dis, attends, on va regarder sur le net.... Tiens, qu'est ce que je t'avais dit, c'est du shindo 2. Shindo 3, tu le sais bien, la porte fait katakata et la lampe fait zun'zun' (ne verifiez pas mes onomatopees, recemment, elle me viennent automatiquement et Jun les comprend, ce qui est le principal).
Il m'arrive de penser a Helene, photographe et professeur de NOVA jusque l'an dernier. Je peux suivre sa reacclimatation sur Facebook, et je me dis que j'ai eu beaucoup de chance, finalement, de travailler avant NOVA bref, d'avoir quelque chose a proposer ici.
Comme j'ai recommance a ecrire, a lire (en ce moment, Murakami Takeshi, Kafka sur le rivage), comme je n'ai pas arreter de frequenter les musees et les jardins, je m'appercois que finalement, je me remets de ma depression post-NOVA et que j'ai le cerveau assez fertile, frais, disponible. Je "reflechis" encore un peu trop mais je sais desormais que ce miroir en moi n'est que le miroir de mes desirs et de mes envies, et qu'il ne tiens, finalement, qu'a moi de le partager. Qui sait si finalement vous meme ne vous trouverez vous pas plus beaux/belles en mes reflexions... Sitot que je reflechis a ce que je vais ecrire, le miroir se voile. Ecrire ce a quoi on a quoi on a pense, ce a quoi on a reflechi avant est infiniment plus difficile : c'est du grand art. Quand le corp n'est plus que le reflet actif et agissant de l'esprit, on frole le genie : j'admire Balzac qui par moment savait si bien partager ses coleres et ses passions. Pour sur, ces moments d'ecriture ne pouvaient sortir que d'un jet, un peu comme la pression de la cocotte minute finit par s'echapper. Il n'y a pas de literrature sans que cela ne bouille quelque part.
Des fois, je me fais de droles de reflexions. Une fille dans le metro, ou un type, qu'importe. Le T-shirt est noir, il clame "The jeans is been created to confort and good looking, it is coming for good leaving, enjoy", et je me demande pourquoi il ou elle a choisi ce T-Shirt, quel sens profond se cache derriere ce choix, la scene dans le magasin, Oh, j'aime bien ce T-Shirt... Et je vous confesse, j'ai beau enormement approfondir la question, je ne comprends pas ce qui passe par la tete de quelqu'un qui achete un T-Shirt qui dit que "The jeans is been created to confort and good looking, it is coming for good leaving, enjoy".
J'ai de nouveau recu quelques nouvelles de Vincent, et ca me fait vraiment plaisir.
Dehors, joli temps. Je continue de contempler Tokyo de tres haut. Dimanche, nous sommes alles a l'exposition Annette Messager a la Mori (mon lieu de travail...) et apres, comme toujours, nous sommes alles au Sky View mais, pour le coup, on ne voyait pas a plus de 100 metres : pluie, nuages... Et puis lundi c'est alle mieux, et finalement depuis mardi il fait beau. Helas, on ne peut toujours pas voir le Fuji... Le Fuji, on l'a vu mardi en revenant de Kamakura, sorte de cone noir/pourpre sur fond rouge feu, tres flou mais bien visible a travers la brume. Moi, voir le Fuji me rassure : c'est une Divinite incroyablement puissante et destructrice mais aussi bienveillante et sereine. Il faut voir le Fuji de pret pour comprendre. La, il etait tout simplement tres beau. Ca a ajoute a la perfection de cette journee de promenade.
L'economie est la grande question du moment, au Japon comme ailleurs. Nous avons nous aussi eu les prix qui augmentent, la colere des automobilistes et depuis quelques mois, c'est la recession. Mais en fait, le Japon en est il seulement sorti, de la recession ? Par moment, le Japon me fait l'effet d'etre un pays pauvre. Les vieux tres pauvres sont nombreux, mures dans la solitude par leur petite pension et l'indifference generale. Les boulangeries vendent les "mimi" (mie de pain, en generale, croutons de pain de mie) pour trois fois rien. J'ai souvent vu de petits vieux les acheter, et je ne crois pas que ce soit pour se faire du pain perdu. Les pauvres sont ici tres nombreux. A Tokyo, on trouve des piaules a 20,000 yens dans de vieilles maisons. En mangeant tous les jours au Yoshinoya (500 yens), en mangeant des nouilles deshydratees (80 yens), on peut "vivre". Il y a beaucoup de pauvres en France, mais la, je vous avoue, a moins de ramasser a la fin du marche et dormir dans la rue, je ne vois pas comment ils peuvent faire : il n'y a meme pas yoshinoya, en France. Ici, la pauvrete est aussi un business. Faut juste ne pas etre regardant sur l'origine chinoise ou americaine des ingredients...
Et la crise ?
Cette crise que nous traversons, si vous voulez mon opinion, va etre profonde mais ne va pas durer longtemps. De type, reprise en V (optimiste) ou en U (realiste). Mais en rien le L (stagnation) que ceux qui hier nous predisaient un avenir tout rose presagent aujourd'hui. Je continue de penser que les matieres premieres vont d'abord baisser (ca commence) avant de s'ecrouler l'an prochain, liberant du pouvoir d'achat et baissant les prix dans un environnement de concurrence exacerbe : les entreprises font de gros profits et rogneront ces profits pour accelerer la baisse des prix. Bref, apres une recession on aura une reprise tres forte et je pense meme que l'immobilier repartira a ce moment la. J'ai ecris en mars qu'on avait un gros ajustement a venir mais qu'il n'y aurait pas de grosse crise car les matieres premieres baisseront. Je persiste et signe, et ce n'est pas a la mode.
Qu'on s'entende bien, je ne parle pas au hazard. J'ai un minimum de connaissance des cycles economiques sur 500 ans et surtout, je suis marxiste. Pour moi, une crise, c'est quand les profits s'amenuisent voire disparaissent. On en est tres loin, bien au contraire. En fait, ce qui m'inquiete le plus, c'est que justement, ce "reajustement" ne laissera pas la place a une grande crise. Bref, quand la reprise s'accelerera, le capitalisme, loin d'etre remis en cause, sera valide, le marche sacralise. Apres tout, pour 700 malheureux milliards de dollars, on peut speculer et (vivre avec l'illusion de) s'enrichir impunement.
En fait, l'economie deregulee offre ici un seul avantage : la correction est immediatement proportionnelle a la speculation. On vient de detruire plus de papier qu'on en a produit les 10 dernieres annees. Voila comment le capitalisme financier se regule. Mais apres tout, on est tres proche des crises des 30 glorieuses. Vous souvenez vous de Teleavia, Ducretet, Talbot... Toutes ces marques ont disparu dans les annees 50/60, bien avant la crise. Ducretet et Teleavia ont ete rachete par Thomson, Talbot absorbe par Simca, Radiola par Philips... Eh bien Lehman est absorbe de la meme facon, tout comme Merrill et tous les autres. Mais comme cette fois il ne s'agit pas de voitures ou de televisions, comme entre temps l'economie a ete deregulee, le choc est bien plus violent et les effets sont spectaculaires. Mais ces entreprises rachetees, a votre avis, que vont elles faire ? Eh bien, elles vont recommencer a creer du papier. Et ca aussi, j'en suis sur, encore plus de papier que jamais. Parce que finalement, ca n'aura coute "que" 700 petits milliards. Les milliardaires, du haut de leurs gigantesques profits, n'auront pas ete touches, tout juste subventionnes pour ne pas etre eclabousses. On est loin de 1929, quand un certain nombre d'entre eux ont ete veritablement ruines.
Je suis en revanche admiratif devant les mots employes, et qui aliennent une partie de la gauche elle meme. Harot sur le marche ! Le marche a decide que... c'est de la faute au marche... Non, le marche n'y est pour rien et pour ma part, je ne sais pas ce qu'est une economie sans marche : une dictature (l'URSS) ou la guerre (je te tue pour te piquer tes trucs). Le troc et l'echange, c'est du marche. En fait, le marche est le coeur meme de l'harmonie dans la societe humaine car il est principe d'echange. Je n'ai pas souvenir que Marx ait passe sont temps a critiquer le marche.
Mais en revanche, si on disait " les investisseurs ont decide que... c'est de la faute aux investisseurs...". Pour moi, cela sonne bien plus juste. Cette critique du marche me fait penser a de la magie : c'est qui, le marche ? Pourquoi ne pas appeler un chat un chat, et un capitaliste un capitaliste ? Ce n'est pas le marche, qui delocalise, ce sont les proprietaires des entreprises ! Ce n'est pas le marche, qui veut que le petrole soit cher, ce sont les fonds de pensions qui se sont depuis un an porte acquereurs de "Futur" (contrats d'achat a un an, deux ans... et que l'on peut revendre car eux aussi sont "titrises") . C'est comme dire entrepreneur a la place de patron...
Superbe couche de soleil, aujourd'hui.

mardi 23 septembre 2008

秋分の日, le jour de l'equinoxe d'automne

Le contact avec l'histoire est primordial pour moi. Kamakura est un bain d'histoire. Les temples, les jardins, les statues et les pierres racontent cette capitale interimaire des 12eme/14eme siecles. On se croirait dans une de ces collines autours de Kyoto ou vers Nara. Le bouddhisme a essaime ses temples et son influence. Ici, il se fit Zen ou Nichiren, Terre Pure ou Nouvelle Terre Pure. Ce Bouddha est dans le jardin d'un temple Nichiren, Ankokuroni, fonde au 13eme siecle par Nichiren lui-meme. Je n'ai pas de sympathie particuliere pour cette secte nationaliste et populiste que fut le Nichiren-shu, mais a 700 ans de distance, ses vestiges me sont sympathique. Mes preferences vont a la Terre Pure, aux temples majestueux ou le simple souhait "namuamida butsu" appelle aupres de vous la benediction de Amida et l'assurance de renaitre en Terre pure de l'ouest ou vous pourrez apprendre a devenir un bouddha loin des influences malefiques, et aux temples dedies a Kannon, parce qu'un Boddhisatva a 1000 bras tenant toute sortes d'objets pour attrapper les humains et les sauver, pare de 12 tetes pour faire fuir les demons, le tout dans un corp ambigu, presque feminin, non, un tel boddhisatva ne peut qu'inspirer beaucoup de tendresse. Mais bon, ce bouddha ci, je l'ai trouve vraiment tres beau : on dirait un Africain, le visage parfaitement dessine. Mauritanien ? Malien ?
... Un jour ferie, quoi.
Il a fait finalement tres beau et la prromenade a Kamakura s'est averee un vrai plaisir. Mais quelle fatigue... Kamakura est a une heure de Tokyo (nb: on appelle Tokyo la gare de Tokyo, situee dans la partie est de la ville), il est donc preferable de partir tres tot si on veut profiter de la journee : pour nous, ce fut 8 heures ! Enfin... 8 heures 15 puisque Jun autant que moi sommes arrives en retard ! Cela etant, on a eu le train de suite, sans attendre.
Petite note en passant, la longueur des trains japonais ne cesse de me surprendre : ils sont bien 2 a 3 fois plus longs que les trains francais. Pour le metro, c'est simple, deux fois plus longs avec environ dix voitures...

Les amateurs de Trick doivent imperativement aller a Kamakura. Il y a un nombre incroyable de ces grottes, semi-grottes ou trone une pierre, un bouddha ou une simple flaque d'eau verdie par les mousses. Elles peuvent etre en bord de chemin, ou dans la propriete d'un temple, comme ici au Myohoji, dans la foret qui le surplombe. Il n'y a pas ca dans le Kansai. Y avait-il par ici des croyances anterieures qui se seraient greffe au bouddhisme et expliqueraient la presence de toutes ces grottes, je ne sais pas...

Nous sommes arrives vers 9 heures 15. Aujourd'hui, c'etait a Kamakura (la ville compre deux gares JR, l'une au nord at la seconde au centre), car nous avions decide de partir vers le sud de la ville. Nous avons loue des velos, tres pratiques. Kamakura, comme le Japon en general, change avec les saisons de facon radicale. Nous etions deja alles vers le sud, en fevrier, juste quand commencent a eclore les premieres fleurs de "prunier" (je mets de guillemets parce que pour moi, ume, ca me fait plus penser a un abricot acide qu'a une prune...). Les arbres etaient nus, leurs formes grises et brunes dominaient sur le fond vert des coniferes et des arbres a feuilles persistantes.

Le vert et le Japon, les mousses et le Japon, l'usure et le Japon... Je suis veritablement amoureux de cette esthetique qui vient de la decision de cesser le combat avec la nature dans des domaines peu essentiels. La mousse envahit tout, la rouille mange le fer, le bois est use par endroit, l'arbre a ete casse par un orage et voila des pousses qui repartent du bas, qu'importe... Il en resulte une energie incroyable quand vient le printemps. Nous jardin francais sont beau, mais aucune energie ne s'en degage, comme si la nature avait abdique. Au Japon, le jambes arcelees par des insectes parfois enorme, la sueur degoulinant de partout a cause de l'humidite, le son des grillons, cigales et autres insectes, les libellules qui vous bousculent au passage, des rampants etranges... La nature est ici vainqueur sur l'homme. Enfin, dans les jardins et la ou des tabous religieux persistent. Ailleurs, elle est massacree, saccagee, epuisee. Mais quand on regarde de pres, elle guette et tient ses mousses en reserve, sa rouille aux aguets et ses typhons, inondations, tremblements de terres sous la main, juste au cas ou. La nature japonaise est la plus forte. C'est pour cela que moi aussi, je suis un peu shinto, ici. On peut faire tout ce qu'on veut : au Japon, la nature est la plus forte.

Le midi, nous avons mange des soba avec des tempuras de champignon. Degueulasse. Je suis difficile sur les sobas, intraitable avec les tempuras. Soba cuits d'avance, tempura surgras. Nous avons regrette de ne pas etre alles dans notre restaurant d'anguille habituelle. Ah, l'anguille... Voila bien une bonne raison de vivre au Japon : manger de l'anguille grillee enduite de dare (de la sauce soja sucree et parfumee de ???, moi je l'achete toute prete!) juste une minute avant de servir, quand elle est encore sur le feu. La sauce caramelise un peu diffusant une odeur unique. On sert sur du riz et on saupoudre de sancho (facultatif, epices avec un gout de citronelle). C'est inimitable, et ca explique pourquoi je peu me passer de fromage ou de charcuterie. I-ni-mi-table! On a eu envie de sobas, et on a regrette. Il y a de tres bons restaurants de sobas, mais attendre une heure avant de pouvoir rentrer (il y a la queue), on en a choisi un ou on evitait l'attente... Regrets immediats a la vue des sobas. On aurait dit des spagghettis gris fins, cuits deux minutes de trop : fugna fugna (ramolo).
On s'est rattrappe avec une glace et en poursuivant la promenade...
Nous allons avoir un nouveau premier ministre. Catholique (une premiere), petit fils du premier ministre Yoshida (1947-1954) et dont la particularite est d'aimer les mangas... Koizumi, c'etait le hard rock.
Y a t'il eu un seul premier ministre recent au Japon qui allait au Kabuki, appreciait le Noh, pouvait disserter des differentes architectures anciennes, feru de literrature, connaissant le Kojiki et le Nihon Shoki, maitrisant l'histoire du Japon, les subtilites du bouddhisme, curieux du monde bref, connaissant de grands marqueurs de la culture du Japon ?

Et je repense a cette eleve qui m'avait dit qu'elle n'avait pas besoin d'aller au Kabuki car elle allait dans les matsuris et que comme ca elle connaissait suffisament la culture japonaise. Je vais arreter d'ecouter Charpentier ou Rameau : un bon coup de Star'Ac fera de moi un bon Francais...

lundi 22 septembre 2008

43 ans, interimaire chez Lehman a Tokyo... hum...


Mon gateau hier soir, chez Robuchon a Ebisu. C'est divin...

J'ai donc eu 43 ans hier. Mon cadeau, ce fut la surprise d'etre invite par Jun chez Joel Robuchon a Ebisu. Oui, dans le chateau. Et alors la, vraiment, plaisir des yeux et du palais. Tout simplement de la tres bonne cuisine, extremement simple. Et le plus surprenant dans tout ca, c'est le prix, pas si eleve que ca. Il est vrai que le "vrai" restaurant est au deuxieme etage. Ca me rapelle un restaurant ou nous allions mon amie Frederique et moi, a la gare de l'Est. Un grand restaurant populaire tres simple, mais avec deux salles : l'une avec deux ou trois menus au choix, a prix fixe, et la salle a l'etage ou l'on ne servait qu'a la carte. Une cuisine plus simple et plus "familiale" que chez Robuchon bien entendu mais a l'arrivee les saveurs d'une cuisine bien plus couteuse preparee par de vrais cuisiniers. J'avoue que le foie gras grille m'a tout simplement boulverse... Toute la France dans une bouchee, un gout unique qui raconte tous nos terroirs... A mourir...
La grande specialite de mon nouveau telephone, c'est la macro... On peut photographier a 3 centimetres... Il n'y a pas beaucoup de telephones equipes d'une telle optique...

C'est l'automne. C'est normal puisque c'est mon anniversaire. Je m'y suis habitue : je suis ne en des temps de nostalgie... Je m'apprete a rentrer dans mon troisieme hivers a Tokyo. J'attends son ciel bleu avec impatience car en ce moment on n'est pas gate. C'est gris quand ce n'est pas noir... Enfin, il faut bien s'y faire et cela ne nous empeche pas de faire de belle promenades car Tokyo regorge de jardins, et puis il y a les musees quand vraiment le temps n'y est pas.
Ca fait trop longtemps que je n'ai pas ecrit dans ce journal, je ne sais trop de quoi parler. Des fois je me dis tiens, il y a ca, et puis ca aussi, et puis voila, comme je n'ai pas de temps, j'oublie. Pourtant, il y en a, des trucs qui eveillent mon interet, me surprennent ou me revoltent...
Carnaval d'Asakusa "Samba Matsuri", fin aout. Sous une pluie torrentielle parfois, les differentes associations ont defile. Les dernieres etaient les plus spectaculaires avec plus de 300 participant(e)s chacune. Pour celle-ci, un defile "rock". Une autre proposait la mer et ue troisieme la peinture : costumes et idees simplement delicieuses et pleine d'humour !

Nous sommes alles voir quelques matsuris, mais le temps, cette annee, vraiment, ce n'etait pas ca. Le matsuri deOmotesando/ Harajuku etait tout simplement triste et il a fallut la volonte de fer de celebrer le 50eme anniversaire du Samba Matsuri de Asakusa pour que finalement tout ne tombe a l'eau. Les participants ont affiche des sourires conquerants, le public est reste et les marchants de parapluie se sont frottes les mains !

La couleur verte est definitivement la vraie couleur du Japon.

Allez, ce n'est pas le tout que ca, il est deja cinq heures de l'apres-midi. J'ai quitte le travail a deux heures et demi, demain c'est ferie. Demain, c'est Kamakura...

J'ai regle sur Wide / 2 megas

Le mois dernier, j'ai change de telephone portable. J'ai opte pour le Cybershot Sony : 5MPixels, autofocus et mode macro, television, carte de credit et laisser-passer, bluetooth... C'est bien plus que ce que je demandais. En fait, c'est le zoom optique x3 qui m'a tente. Ne pas etre oblige de se promener toujours avec son appareil photo, c'est un gain appreciable. Je ne sais pas si c'est tres raisonnable puisque je vais bientot me retrouver (de nouveau) au chomage, mais si on raisonne toujours de cette facon la, hein...
C'est le telephone anti-mode : ce n'est pas un iPhone !
J'ai desormais regle l'appareil en mode "wide / 2Megapixel", rien que pour le blog. Parce qu'en fait, meme ultra sophistique, un telephone reste un telephone, et ses photos restent des photos de telephone! Au passage, j'ai regle mon appareil photo de la meme facon, "wide / 6 Megapixels"...
Lehman a fait faillite. C'est la nouvelle recente. Interimaire, vous imaginez ma situation... Pourtant, je vous assure, je ne parviens pas a bien materialiser. Et je suis presque content... Allez, je vous quitte apres cet instantanne de situation : je vais essayer de revenir un peu plus tard dans l'apres midi. J'ai de furieuses envies d'ecrire, mais cette putain de merde de banque m'a pompe toute mon energie pendant 6 mois. Cet apres-midi, je vais quitter a 3 heures. Je ne porte meme plus de cravatte. En fait, tout le monde s'en fout. Les salaries se racontent leurs histoire entre eux, se demandent de leurs nouvelles.
Je ne suis qu'une piece rapportee.
Personne ne m'a souhaite mon anniversaire.
J'ai 43 ans depuis hier.

Et avec ca, un peu de bulles...

Ah, 1990 au Japon... La "bulle" avec la bourse qui double tous les 6 mois... Une esthetique particuliere...Allez, echantillon avec Mou dare mo aesenai (je ne pourrais plus aimer personne). Nouveaux riches garantis dans une ambiance riche en epaulettes, sourcils epais, rais sur le cote...

jeudi 4 septembre 2008

Atsu Hime

C'est devenu le rendez-vous de la semaine avec Jun. On s'assoit sur le canape devant un the, parfois de petits gateaux et puis, pendant 50 minutes, parfois deux fois cinquante minutes, nous regardons la saga fleuve de la NHK, le "taiga dorama" de l'annee. La chaine d'Etat y deploit tous ses moyens -acteurs celebres, nombreux ainsi que decors naturels, studios, costumes...- et fait revivre chaque annee un personnage, une epoque, un moment important de l'histoire.
Les Japonais aiment les moments charnieres de leur histoire.
La chute de Heian (Kyoto) au 12eme siecles et le debut de l'ere Feodale -d'epique personnages comme le clan Heikei (Taira), avec Kyomori qui a lui seul incarne, "l'impermanence de toute chose", lui qui, de soldat parvint au fait de la puissance en devenant le premier "shogun" (commandant militaire en charge du pouvoir civil), mariant ses filles a de puissantes familles aristocratiques et parmi elle, la famille imperiale, se faisant construire de splendides palais et se conduisant en tyran, faisant bruler Nara dont les moines lui resistaient, avant d'etre accule a une fuite minable vers l'ouest, avec les siens pour finir dans une tragique bataille, le clan se faisant exterminer avec le propre fils de l'Empereur lors de la bataille de Dan no Ura, en Shikoku... Et puis leur reivaux, les Genji (Minamoto) dont Yoshitsune incarne le versant touchant, presque feminin, soldat brillant et valeureux qui defit le clan Taira avant d'etre pourchasse par son propre frere trop jaloux de son tout neuf pouvoir de Shogun, et perir dans un semi suicide dans les lointaine, alors, terres du Nord. Le Kabuki et le Noh regorgent de ces histoires tragiques.
Puis la fin de cette epoque "feodale" avec la reunification du pays et du pouvoir a la fin du 16eme siecle, la montee des Tokugawa vers le pouvoir supreme et les guerres qui jalonnent ces 50 ans, comme la bataille de Sakigahara vers 1600 ou la prise du chateau d'Osaka vers 1615. C'est quand la paix revient, a cette epoque, qu'apparaissent ces personnages populaires, les Ronin, ces samurais declasses par une epoque et un pouvoir qui n'ont plus besoin d'eux, mais aussi ces samurais valeureux et styles au services des puissants.
Et puis vers 1853, quand les etrangers pointent leurs canons sur la baie d'Edo (Tokyo) pour forcer l'ouverture d'un pays ferme pendant 240 ans, le pouvoir vacille et des guerre intestines reprennent entre les differents clans jusqu'a la chute des Tokugawa et la "restauration" imperiale, Meiji.
Tel est le contexte du Taiga dorama de cette annee. Une jeune fille de l'aristocratie, jolie et intelligente, cultivee, dont la famille est proche du puissant Seigneur de Satsuma (en Kyushu), va etre envoyee a la cours pour epouser le jeune Shogun et tenter d'influer sa politique dans ce moment crucial. Un jeune shogun faible, maladif et detestant ce pouvoir qu'il n'a pas voulu face a une Amerique conquerente et des puissance occidentales venant de mettre a genoux le geant Chinois.
Le serie presente une princesse jolie, douce, assez peu ressemblante a la seule photographie que nous a laisse l'epoque (une petite bonne femme de 1,40 a tout casser, seche et raide comme un baton, mais peut etre est ce la nouveaute de la photo en ce temps et en ces lieux qui expliquent cette rigidite...). Mais le somptueux des decors et des vetements. l'arriere plan historique ainsi que le pouvoir du Shogun qui progressivement se delite faute de Shogun fort entretiennent un suspens qui font que, bon ben, ca se laisse regarder.
La fin du feuilleton est un moment toujours assez amusant : la NHK present un lieu important dans l'episode (ancienne maison, palais etc...). En general, ce n'est alors que parking, autoroute ou HLM et la camera s'attarde sur la plaque installee entre deux voitures et un supermarche. Il n'y a rien a faire, la guerre, c'est pas bon pour le patrimoine...
Je vous laisse avec le generique d'ouverture de Atsu Hime (Princesse Atsu).

mercredi 3 septembre 2008

L'Homme qui marchait est parti Lundi


Je l'aimais bien, moi, cet homme qui etait toujours en train de marcher d'un pas decide sur l'ecran de mon televiseur 37cm. Lundi matin, il etait encore en train de marcher revetu d'un costume de sauveteur parce que c'etait le 1er septembre, jour de la prevention des tremblements de terre (commemorant ainsi l'anniversaire du 関東大震災 (grand tremblement de terre du Kanto). Il marchait toujours, vetu de son eternel costume gris, avec ses lunettes cerclees noires carrees, sa tete coincee de controleur des impots. Il s'avancait toujours d'un pas decide, malgre ses 71 ans. Il marchait fermement croyant en ses chances et ne se doutant pas qu'il etait l'intermede presentable pour une organisation d'un grand sommet et l'amitie necessaire avec le "partenaire Chinois" le temps d'une Olympiade.


Ce marcheur invetere, en chemise a manche courte en ete, "a la Koizumi", a tente d'imposer son style apres avoir du subir celui de son predecessur, qui lui ne marchait pas. Son style, c'etait le style d'avant, le bon vieux 自民党 (parti de droite au pouvoir depuis le debut des temps) des familles. Pepere a tel point que le pourtant leader du 民主党 (parti d'opposition) se serait bien vu dans le gouvernement du marcheur : c'est qu'ils etaient copains, avant. Avant que les "nouveau style", eleves au Reaganomics, au Bushisme et au Yasukunisme ne soient majoritaire et ne choisissent le marcheur que pour gagner du temps et preparer la releve...


Exit, donc, 福田総理大臣(le premier ministre Fukuda), sorte de Giscard de 71 ans qui passait son temps a traverser l'ecran.


Il semblerait que le futur soit un mangeur de mangas... Apres le papy qui fonce (pour masquer la vacuite et l'inconsistance de son annee a la tete du gouvernement), voici le 自民党 tendance inculte et copain du batiment. C'est que lui, il a du piocher dans un manga avec des filles de 13 ans qui se font violer en disant Non! Non! Non! hnnnnnn! Non! pas ici! Non! Non, Hnnnn..., il veut relancer la croissance par le batiment en financant par des bon d'etat! 170% de dette public, ce n'est pas suffisant, il faut en remettre une couche ! C'est les banques qui vont etre heureuses...


C'est decidemment une enigme. Des ecrivains de genie, des realisateurs de genie, des peintres brillants et des intellectuels de haut niveau, de grandes entreprises innoventes et des politiciens nuls.


Je vais regretter ces images passees en boucle de Fukuda qui marchait d'un bout a l'autre d'un couloir. La tele diffuse des images, meme quand il n'y a rien a dire, rien a montrer, des images marquees "images", le logo d'une marque filme en long, de travers, puis sur un emballage, puis dans un magasin... Pour Fukuda, il traversait l'ecran en marchant, semblant s'arreter parfois avant de reprendre sa marche, on revoyait 5, 10, 20 fois la meme sequence.


Je vais pas le regretter, mais je m'y etais habitue.