mercredi 25 février 2009

Le temps des parkings sous le ciel gris

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Ici, il y avait des maisons et un garage.


La bulle immobiliere s'est degonflee au Japon comme ailleurs. Le Japon avait mis du temps, pourtant, a s'y mettre : il avait fallu reparer les degats causes par la precedente, encore appelee "LA" bulle, バブル. Et puis vers 2005/06, en fait quand je suis arrive, ca s'est mis a construire partout, et en hauteur, et en verre, et en mansion avec vue sur Tokyo. De magnifiques immeubles rompant avec la tristesse de ces immeubles de la precedente bulle, marrons/gris. La gare de Tokyo est desormais entouree de tours magnifiques construites en moins de 5 ans. Je les ai vues sortir de rien, et j'ai meme connu avant, il y a 6 ans, lors de mon premier voyage. C'est incroyable comme c'est alle vite. Le meprisable Roppongi a vu jaillir le tres "elegant/おしゃれ" Midtown et le nouveau musee metroplitain, au design tout en rondeur et transparence. Vers Toyosu a pousse tout un quartier neuf avec ses tours d'habitations pour jeunes cadres superieurs et "poupees Ginza" et son "Lalaport", grand centre commercial avec vue sur la baie. Odaiba, enfin, est sorti de ses friches. Partout, l'immobilier s'est soudain reveille, a grande vitesse, et Tokyo s'est remis a changer.
Et puis flop ! Crise du credit. Les faillites desormais se succedent. Que va t'on faire de tous ces bureaux dans les quartiers centraux avec leurs gigantesques centres cmmerciaux a peine ripolines ? Yoshinoya, Ten'ya et Donki Hote rempliront-ils les espaces que les Gucci/Chanel et autres Ralf Lauren devaient occuper ? Les etages superieurs resteront ils deseperement vides comme cela commence a se faire ? Dans mon quartier, un immeuble de 6 etages, fini il y a pres de 3 mois : rien, personne.
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Dejeuner vitesse.
Ce qui commence a prosperer, ce sont les parkings. C'est qu'on en a demolis, des immeubles, l'an dernier, dans l'espoir de contruire un de ces attire-pouffiasses (les centre-commerciaux remplis de tiffany's, de boulangeries francaises et de sac Vuitton) et/ou de ces boite-a-jeune-couple de 35 etages avec cuisine a l'americaine en inox et imitation bois, salon avec baie-vitree, parquet et eclairage variable. Remises dans les placards des promoteurs desormais au bord de la faillite, ils sont replaces par ces especes de parking qui poussent comme des champignons, comme c'est le cas vers Kyobashi ou ils sont desormais vastes et nombreux. Dans certains quartiers, ils sont occupes, dans d'autres, il restent desesperement deserts, appelant desesperement la reprise economique qui cacherait ce qui ressemble a une plaie urbaine.

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Dormir. N'importe ou, dormir.

Ce matin, j'avais mon dernier rendez-vous a ハーロワーク/Hello Work , les Assedics japonaises. Je recois ma derniere allocation dans quelques jours. Apres, ben... vogue la galere.
Temps plus que pourri sur Tokyo: vers chez moi, le metro est aerien. On franchit un tres grand pont qui surplomble la 荒川/la riviere Ara d'ou on peut voir la baie de Tokyo et parfois meme au loin, vers Chiba ou quelque ile... Ce matin, la brume etait si epaisse qu'on ne voyait rien qu'une sorte de masse blanche flottant sur la riviere. Dehors, la bruine que pulverisait un vent frais donnait une sensation glaciale tout le long du corp : j'ai renonce a me promener. Je suis alle a Iidabashi rendre un livre a l'Institut : je n'aime guere cet endroit, sorte d'Ilot francais perdu au milieu de nulle part, mais aujourd'hui, avec ce temps et le nouveau parking sur le cote, c'etait particulierement lugubre. J'ai pu voir au passage ce fameux projet d'exposition dont j'avais entendu parle lors d'une visite a la MFJ il y a quelques mois. Le travail artistique est interessant, la photgraphe realisant un travail plastique -des installations en site naturel- qui parlent et racontent des haikus. Que j'aimerais etre un artiste subventionne, bien a l'abris de la recession...
Jun ne va pas tarder.
De Tokyo,
Suppaiku

French Institute, Tokyo, February25 2009

This is an installation for an exhibition held at the French Institute in Tokyo. Nobody goes there except the very few Japanese who appreciate the french culture and some expatriates house-wives forgeting their depression in reading fashion magazines while their chilfren can read comic books at the library.

La France, on ne sait pas pourquoi.
Ben, le Japon non plus.

mardi 24 février 2009

Au fait...

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Rencontre inattendue

C'etait evident. M'occuper de ce blog m'a rouvert les possibles, permis d'amorcer la rupture. Je reoriente mes recherches d'emploi.
Je change de branche. M'envolerai-je ?
De Tokyo,
Suppaiku
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Uses. Jusqu'au trognon

Crise : bon, c'est quand que ca s'arrete ?

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Non, pas au Japon. En France, dans l'ouest, en pleine campagne.


La crise, Suite(s), j'aurais envie de dire... Comme je vous l'ai deja explique, j'ai decide de m'en tenir a ce que j'affirmais l'an dernier des le mois de mars, et meme il y a presque 2 ans, a savoir que ca ne va plus durer tres longtemps desormais, et que nous nous dirigeons vers une "reprise en V" (energique). Pourquoi ? Parce que je ne suis pas une girouette : je ne me suis pas trompe quand a la violence du truc (meme si je suis surpris par l'ampleur...), et si je me trompe quand a la suite, je veux le comprendre et non pas epouser un air du temps ou l'on voit les memes qui chantaient a la reussite de leur ideologie reclamer plus de regles, des subventions voire des nationalisations. Le meute m'a fait voter Chirac en 2002, on ne m'y reprendra pas. C'est comme la guerre en Iraq : la guerre etait a peine commencee que les medias francais, donc chiraquiens, annoncaient l'echec. J'ecoutais les infos a la radio, et malgre des pertes humaines importantes (je conseille a celles et ceux qui sont toujours scandalises par le nombre de morts de prendre un dictionnaire et chercher la definition du mot guerre), je constatais pour ma part au contraire que les Americains avancaient a toute vitesse vers Bagdad, ce qui, de la part d'une armee dont le budget represente pour elle seule la totalite des budgets militaire de la planette entiere... Mais, non, tout le monde voyait en chaque victime la preuve de l'un prochain enlisement. Au meme moment, avec une couverture mediatique beaucoup plus discrete, la meme television nous presentait les "efforts humanitaires" de l'armee francaise en Cote d'Ivoire, ou bien entendu la France n'avait aucun interets ni aucune responsabilite...
J'ai decide d'appliquer la meme regle de "tete froide" a l'actualite financiere. Cela me permets de lire au milieu de ce foutoir les bonnes nouvelles economiques, et il y en a. Pourtant, une information, dont il me semble aucun media ne parle, et que J.C. Trichet a evoque ce week-end a mots extremements couverts, m'a litteralement fait froid dans le dos. Contrairement a la these d'Orlov evoquee dans un message il y a quelques jours, et meme si cette crise a d'abord ete une crise de solvabilite (aujourd'hui, malgre la crise, seuls 7 a 8% des Americains sont insolvables), nous sommes entres depuis le printemps dernier dans une crise de liquidite. On peut mesurer cette crise aux "spreads" (ecarts de taux) constates sur le marche de la dette. En temps "normal", le spread est compris entre 0,3 et 0,8% pour des sigatures de qualite (les etats, les entreprises qui gagnent de l'argent et faiblement endettees avec une solide tresorerie... et les entreprises qui ont des interets communs avec les agences de notation, comme les etablissements financiers !). Au moment ou Bear Sterns a ete rachetee par JP Morgan, le spread a connu un premier pic et a depasse 1%, puis il est redescendu, mais pour osciler dans une fourchette superieure autours de 0,7 a 0,9%. Fin aout, alors que la crise des subprimes commencait a reveler son etendue dans les differents portefeuilles CDO (des obligations montees sur des derives de derives de derives, appeles Credit Default Obligation, ayant a la base entre autres des credits hypothecaires et dont la valeur s'accroit avec la baisse de la valeur hypothecaire...), avec impossibilite a en definir le contenu et ainsi a les evaluer, le spead s'est remis a grimper, avec un premier pic lors de la chute de Lehman, autours de 1,5%. A partir de ce moment, le spread est monte par vague successives jusque pres de 3% au moment ou les etats sont intervenus massivement. Si pour une entreprise rentable le spread est de 3%, je vous laisse imaginer les conditions proposees aux entreprises plus fragiles, et aux PME.
Les etats etant intervenus, les taux se sont detendus et on a vu redescendre le spread autours de 2%, avec des poussees ici ou la. Or, depuis preque un mois, le spread sur la dette est reparti a la hausse et cette fois de fcon violente et continue : nous sommes desormais autours de 3,5%. Autant dire que dans ces conditions les banques pratiquent une tres grande selectivite.
Cette impossibilite a se financer provoque et amplifie la chute des actifs puisqu'il n'y a pas d'autres solution que vendre actions, biens immobiliers, accroissant d'autant les possibilites de s'endetter puisque la valeur generale a decru. C'est ainsi qu'il n'y a pas d'autre issue que la nationalisation : une banque qui ne vaut plus rien, comme Citibank (de 50USD a moins de 2USD l'action en deux ans : l'encourt de la dette geree par Citi est proportionel a la valeur de Citi, berf, Citi a emis du credit a l'epoque ou elle valait 50USD... Imaginez donc les boulet, maintenant), ne peut faire son travail que si de nouveau son activite est garantie par quelque valeur correspondante, en l'occurence l'etat.
A 3,5% de spread, il est quasiment impossible de restructurer sa dette, de gerer sa tresorerie. Comme le disait Trichet a mot couverts ce week end, la distribution de credit se ralenti dramatiquement depuis quelques semaines. Ma comparaison avec le typhon se trouve tres juste : ca a souffle fort a l'automne, on a eu le coeur en decembre-janvier, on est en train de rentrer dans la queue du typhon, generalement pire, car le ciel s'est charge d'une grande quantite d'eau et d'electricite, et par ailleurs la pression redevient normale apres cette apotheose depressionnaire, provoquant des vents d'une violence inouie. On attend desormais le CAC a 2200, sous une semaine au dire de certains statisticiens. La tres bonne nouvelle est qu'il semblerait que beaucoup de calls (options d'achat) soient places dans ces zones la depuis un certains temps. Maintenant, a 2200 points, quand il etait a pres de 6000 il y a moins de deux ans, cela represente une perte de valeur de 2/3, avec des consequences inevitables en terme de richesse, de credit, de consommation. Or, les taux des banques centrales sont au minimum et elles ont deja pas mal eponge de produits toxiques, leurs marge de manoeuvres sont proches de zero.
Il est grand temps de redevenir VRAIMENT Keynesien. Fermer les bourses une semaine, nationaliser les banques et separer les activites de gestion de biens, asset management et les metiers de la banque (comme avant la revolution reaganienne), proposer aux epargnants une alternative a travers des placements obligataires d'etat destines a refinancer la dette publique. Reformer les regimes sociaux en regimes de revenus garantis, comme ce fut fait a la liberation. Racheter la moitie de la valeur des credit hypothecaires aux emprunteurs. C'est couteux ? Oui, mais seul l'etat a la capacite a soutenir l'economie pour une valeur approchante de sa depreciation. Ca fait de l'inflation ? Oui, mais aujourd'hui, ce n'est pas l'inflation, c'est la deflation (baisse de la valeur des bien entrainant une diminution de la quantite de monnaie en circulation, donc de la production, donc une augmentation du chomage, donc une baisse de la consommation, donc une baisse de la valeur...). Je raconte n'importe quoi ? Peut-etre, et Roosevelt fit n'importe quoi, aussi... Si tres rapidement des mesures de type administratives sont prises, l'economie a encore le ressort necessaire a sa propre mutation, et on touchera le fond cette annee en repartant cette annee (mais certainement pas a l'identique, et sans augmentation significative de la bourse...). Si ces mesures tardent, les depressiations s'etendront a l'ensemble de l'economie, puis a toutes les entreprises et pour finir aux etats dont les efforts actuellement, ridiculement insuffisants, s'apparentent a jeter de l'argent par les fenetres : a quoi sert de depenser 100 pour compenser une perte si la perte est de 1000 ? Pour Keynes, perdre 1000 necessite d'injecter 1000, en escomptant que cette depense creera en elle meme sa propre dynamique qui permettra de retrouver sa mise. A l'heure actuelle, nous accumulons une dette sans que celle-ci produise la croissance necessaire a son remboursement.
Bref, il ne nous restera peut-etre que la revolution... mais la, l'illusion de s'en sortir accrochera encore plus les gens au peu qu'ils ont. J'espere juste qu'on echappera au four a micro-onde geant.
Pas optimiste ? Il me semble que les chefs d'etat commencent a mesurer l'ampleur du machin... Les populations, dans leur ensemble, pas encore. Beaucoup, quand on leur dit que ca ne va pas, ne voient que la bourse qui chute. Ils ne voient pas les consequences en terme de quantite d'argent : s'il n'y a plus d'argent, il n'y a plus de consommation. Et donc leur patron n'aura prochainement plus besoin d'eux... Le probleme entre une economie keynesienne et une economie deregulee est que la deregulation est un canevas lentement tisse. Le keynesianisme necessite une mise en place rapide afin de mettre a installer LA limite aux depreciations. Le probleme est que l'esprit de nos dirigeant est tisse du canevas de la deregulation...
Que voulez-vous, les jeux sont faits... Je continue de croire que la solidite des grandes entreprises, les nationalisations en cours, le plan Obama et les fortes baisses des matieres premieres permettront de limiter la casse et de repartir plus vite que prevu. Cette fois-ci. Le risque d'entree en deflation prolongee existe aussi...
Tant qu'on aura de l'electricite, on pourra se connecter a Facebook pour se faire plein d'amis !

Il fait gris, ici. Il fait froid de nouveau. En fait, c'est desormais la lente transition qui conduit au printemps qui vient de commencer.
De Tokyo,
Suppaiku

Facebook : bourreau de solitude (P. Boulez, le marteau sans maitre) ?

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Feu idran, 2005

Comme beaucoup d'entres vous certainement, je suis dans FaceBook. Comme me l'avait suggere Mulgon Melta quand j'ai commence, on s'amuse 15 jours, et puis apres, on met un peu de cote. Je ne sais pas si c'est moi qui ai un probleme ou si "les autres" ont une meilleurs idee de l'outil, j'ai l'impression d'etre un hermite dans le desert, entoure de gens hypers dynamiques qui se font plein d'"amis", rejoignent des groupes de "fans de"... Je n'en connais que 2 ou trois pour qui je comprends l'utilisation de FB, c'est a dire des gens qui utilisent FB pour promouvoir des evenements. Pour les autres, en fait, je ne saisis pas bien...
Est-on largue quand on n'utilise pas FB tous les jours ? Y avait-il une vie avant FB ? Moi, on ne m'ecrit pas, et mes connaissances ont cesse de m'envoyer des invitations pour participer a des Quizz, des jeux, des sondages. Je dois manquer d'humour, je ne jouais pas avant FB et ne parviens pas a jouer avec FB. Quel vieux schnock... Une fille avec qui j'ai travaille a Lehman, en fait je l'ai encadree, compte deja 250 amis. Elle ne fait rien de particulier, elle vit, tout simplement, avec les siens, une riche famille phillippine. Ces nombres incroyables d'"amis" ne cessent de me surprendre. Suis-je un barbare quand je refuse que quelqu'un devienne mon "ami" ? Mo, je trouve tout cela un peu poisseux, cette obsession d'etre entoure dans FB... Les "reseaux sociaux" - dont Gilles Lipovetsky dans L'ère du vide. Essais sur l'individualisme contemporain, Paris, (Gallimard, 1983) avait bien analyse le ressort et le developpement-, sont une nouvelle categorie de relation qui s'ajoute a l'entourage, a la famille et aux amis, manifestation du caractere "volontaire", "choisi" et assumé , sans contrainte, des relations humaines a l'ere post-moderne (ou plutot super-moderne, puisque la relation humaine a quitte la sphere d'un moi-physique "epanoui" -la post-modernite- pour une relation asservie a la technologie qui fait de l'outil lui-meme, qu'il s'appelle Facebook, Twitter ou autre, un language en soi, comme autrefois la voiture puis le refrigirateur, en avoir ou pas : post-modernite et modernite s'allient pour donner ainsi l'etre super-moderne, individu libre, aux relations electroniques). C'est etrange, avoir des amis dans un ordinateurs. Sommes nous donc si seuls ?
On aurait pu choisir de devenir "amis de stop", "amis de co-voiturage". On aurait pu choisir d'aller causer a ses voisins, vivre en communaute, abolir la propriete et vivre ou bon nous aurait semble bon, comme dans les premiers kibboutz ou dans les debut de l'URSS, ou meme comme cela etait au moyen-age. Nous avons prefere la solitude accompagnee, ordinateur, television, auto-radio, et chien de compagnie; remarquez, concernant ce dernier, les Japonais commercialisent des robots, hypo-allergeniques, donc, munis de cameras et de senseurs, garantissant la securite et le bien-etre pour leur proprietaire. J'ai vu un reportage a la TV, dans un hospice, et je crois n'avoir jamais rien vu d'aussi pathetique : des vieux causant a des robots bebe-phoques (temperature de 37C, qui gemissent, remuent, "reagissent"). Nos ordinateurs sont-ils nos bebe-phoques a nous ?
Apres 15 jours/ 3 semaines, je n'ai plus utilise FB qu'episodiquement, quand je prenais connaissance d'un evenement significatif dans la vie d'un proche. Je suis quand meme parfois epoustoufle par l'activite de certains, entre Quizz et jeux, groupes divers auquels ils contribuent activement, postant videos, commentaires, etc...
Je remercie au passage Olivier et Cristina ainsi que Joelle pour partager des evenements auquel je ne peux me rendre mais qui presentent l'interet de me tenir au courant de ce qui se passe a Paris, me faisant au passage decouvrir des sites internets, des collectifs artistiques. Je suis heureux d'avoir recemment retrouve Aurelie, et d'avoir ainsi pu faire connaissance de ses "enfants mechants", une serie de toiles vraiment interessantes ou je retrouve son univers esthetique d'il y a 15 ans, mais qu'elle a abouti et qu'elle semble desormais bien maitriser.
Voila pour ces quelques commentaires sur FB.
De Tokyo,
Suppaiku

lundi 23 février 2009

Billet d'humeur

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Illustration Sean Delonas le 18 fevrier 2009 © New-York Post


C'est le scandale de la semaine derniere aux Etats-unis. Il y a deja eu plusieurs manifestations, des suites judiciaires suivront. Un quotidien -conservateur, bien entendu, et appartenant au groupe Murdoch, on s'en serait doute-, et un illustrateur. Et puis la communaute Afro-americaine, et puis l'Amerique, son histoire.
Et puis un fait divers comme pretexte, comme excuse. Et peut-etre meme tout simplement comme inspiration, qui sait...
Un chimpanze evade dans la rue, rattrape par deux policiers et tue a bout portant. Voila pour le fait divers.
Au meme moment, au niveau national, le president Obama signe son "stimulus bill", le plan de relance destine a faire repartir la machine economique. Dans une chronique du quotidien conservateur New-York Post, un journaliste fustige "ce plan couteux qui va ruiner l'economie" et "la livrer au socialisme" (je resume, mais c'est la substance). Pour illustrer ce point de vue, un dessin du celebre illustrateur Sean Delonas. J'avoue avoir un faible pour la presse americaine et ses illustrations souvent grincantes et qui font passer Plantu pour un illustrateur de journal Aubriste (Liberation, Le Monde...) abonnes a Telerama (ce doit etre Le Monde...) et Catholique de gauche (le pere de Martine), comme par exemple Temoignage Chretien (definitivement, Le Monde). Bon pour ceux qui ne savent pas, Telerama et Temoignage Chretien appartiennent au groupe de presse Le Monde. Bon, bref, les caricaturistes Americains sont a l'image des journalistes Americains : beaucoup plus libres, beaucoup plus independants.
Le probleme est que cette independance, cette liberte ne sont pas l'apanage des Liberaux uniquement, et que les Conservateurs eux aussi ne se privent pas de l'exercer. Dans ces cas, un derapage est vite arrive. Comme, par exemple, mixer l'histoire du chimpanze et le "stimulus plan". Imaginez deux poiliciers butant un singe a bout portant de 2 balles, et l'un disant a l'autre, "i devront trouver quelqu'un d'autre pour ecrire le prochain plan de relance". Bravo, monsieur Sean Delonas, vous avez gagne un passage a la TV !
Bien sur, immediatement, les reactions ont fuse. Personne n'a doute un instant que le chimpanze soit Obama : n'a t'on pas souvent dans l'histoire, meme recente, represente les noirs comme des singes ? Le groupe de presse a fini par s'excuser (une premiere, parait-il), tout en enrobant ses excuses de circonstances attenuantes -ce n'etait pas volontaire, vraiment, seul le fait divers nous a inspire, etc.
Moi, ce que cela m'inspire ?
J'ai ete surpris par la foule lors des manifestations devant le siege du goupe Murdoch : que des noirs! Les blancs ne se sentent pas concernes, ou attendent ils que leur president subisse le sort de Kennedy pour se parer des couleurs du choeur des pleureuses ? La reprobation est venue de la presse liberale, les conservateurs denoncant une manipulation, un manque d'humour.
Voici encore une histoire qui nous eloigne encore un peu plus du jour ou un illustratuer noir ou blanc representera un president noir ou blanc sous les traits d'un chimpanze, et ou cela fera rire tout le monde parce qu ce sera tout simplement merite (avoir cafouille sous l'effet de l'alcool lors d'une conference de presse, par exemple...).
Parce que representer un president en chimpanze tue a bout portant PARCE QU'il gouvere et prend des decisions, cela ne s'appelle pas de l'humour. C'est une incitation au meurtre et cela reprend l'imagerie du Klu Klux Klan.
Le caricaturiste et son editeur se sont defendus : ils n'ont fait qu'evoquer un fait divers. Dites-moi, cote humour, ce doit etre violent, les saouleries de ces types. Je prefere ne pas imaginer...

dimanche 22 février 2009

Quartidi 4 Ventose 217 : en passant

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Je ne peux resister a vous poster cette photographie, en vitesse...
Les perruches et perroquets ne sont pas natifs du Japon, mais comme un peu partout, ces animaux importes finissent par s'evader, certains meme par s'acclimater. Nous avons ici un exemple tres representatif de la theorie de l'evolution. D'apres Jun, il est de plus en plus frequent d'en voir dans les parc a l'est de Tokyo.
A demain,
De Tokyo,
Suppaiku

vendredi 20 février 2009

Duodi 2 Ventose 217


Des fois, je pense au titre que je pourrais donner a un message et je seche. Le calendrier republicain est une parfaite anti-seche! Mon ami Vivaldi va tenter de m'accompagner a l'aide de quelques un de ses multiples concertos a plusieurs instruments. La semaine prochaine, c'est promis, je ne touche plus a mon blog (j'ai ajoute une petite fonctionnalite, je vous conseille de cliquer sur les photos, c'est joli) car je suis parvenu a faire ce que je souhaitais faire (je suis meme parvenu a bidouiller en html...)

Il a fait tres froid aujourd'hui, et nous avons meme eu de la pluie. Environ 5C a midi, cela n'a pas ete tres frequent cet hiver ou il a fait assez remarquablement doux. Et puis cet apres-midi, eclaircies et radoucissement. Quand je suis sorti, il pouvait peut-etre faire 10/12C, mais deja cela s'est rafraichi : le ciel s'est degage, demain il devrait faire beau, mais frais, toujours. Environ 10C. Je ne me plains pas, j'ai lu que l'Europe est toujours sous une vague de froid qui ne se termine pas. Dur dur... Pour le coup, nous sommes terriblement proches en ce moment. Cela etant, vous avez la chance -relative, dans votre malheur : il fait a peu pres le meme temps tous les jours. Pour nous, samedi dernier, nous sommes montes autours de 21C, et certainement dans les 25C au soleil. Nous n'y etions pas prepares, et Tokyo a degouline toute la journee. Dans le metro, le soir, au retour de notre promenade, on le voyait bien, que tout le monde souffrait. Car au lieu de se raffraichir comme cela aurait du, le soir, il fit plutot doux, un cote mi-mai a Paris.
Ce matin, je ne me suis pas leve de bonne heure, mais alors la, vraiment pas. J'etais obsede par cet effet sur les photos, et ne me suis couche qu'apres avoir compris les lignes de code, comment les inserer et m'etre entraine sur un blog fictif cree pour l'occasion. J'etais reveille a 9 heures malgre que je me sois couche a plus de 3 heures 30. Au reveil, ce fut d'abord le menage, etc puis seulement le petit dejeuner. Vers 11 heures, Yan m'a envoye un mail pour me proposer de tchater. On a bien du bavarder deux heures. Vous ne pouvez imaginer ce que c'est que parler francais dans la journee. Quand je parle avec des amis, c'est plutot la nuit et en fait je n'arrive que tres difficilement a tenir une conversation sur des sujets serieux. Ca me fatigue terriblement et ne parviens quasiment pas a manier les concepts, je m'ecoute parler comme un cretin, rien ne sort, je n'ai plus de culture. C'est qu'en fait je ne parle plus francais du tout. Il m'arrive de penser en anglais, parfois en japonais. En francais aussi, bien entendu, mais c'est comme une machine grippee qui pense toujours la meme chose. D'ou ce beson d'agir sur ce blog et de le penser, d'en faire un espace d'expression. Ce n'est pas qu'une question de temps, c'est une question de repossession, d'expression.
C'est deja bientot le printemps...

De Tokyo,
Suppaiku

jeudi 19 février 2009

Litteratides


Je viens d'arranger la maquette de ce blog et le resultat me semble satisfaisant au vu de mes pauvres capacites pour tout ce qui touche aux languages webs. Le precedent modele, celui que j'ai utilise pendant un mois en janvier, sur fond creme, j'en etais assez fier car je l'avais bidouille moi-meme a partir d'un template Blogger que je n'avais utilise que pour avoir une structure logique que je ne maitrise pas (c'est un metier, je vous dit!). Mais au fil des ans je m'etais familiarise avec le language assez simple et la structure elle meme m'etais devenue familiere. Par ailleurs, comme on trouve sur le web un grand nombre de tutoriels html, je pouvais changer les couleurs, elargir la page, mettre un fond fixe ou mouvant, inserer des objets, maitriser les couleurs et les emplacements etc, sans perdre de temps, me consacrant essentiellement a regarder le resultat : la, oui, on en perd du temps... Mon template appartenait a la famille classique de Blogger, du html pur beurre.
Me voici desormais rentre dans le monde des nouveaux templates. Le language est totalement different, et si je comprends a peu pres la structure, le reste m'est assez etranger -meme si je vois a peu pres de quoi il s'agit. L'avantage de ces nouveaux templates est l'acces a de veritables tresors de templates disponibles gratuitement sur le web et dont un grand nombre sont des customisations de Template WordPress (en fait, le must dans ce genre la). J'ai essaye de charger le package WP sur mon serveur Free mais je dois avoir un petit probleme de base de donnees. Bref, vous n'aures pas encore ce blog en WP. Toutefois, si vous fouillez bien, bous trouverez certainement mon blog en WP.com (un service equivalent a Blogger). Un essai et qui sait, un futur transbahutement. Helas, avec WP.com, il faut payer l'acces a la mise en page html. L'ideal serait le vrai WP, WordPres.org, mais il faut trouver le serveur. Bref, est-ce que ca en vaut vraiment la peine...
J'ai opte pour un modele tres souple et d'une grande rapidite de chargement. Vous l'avez vu evoluer en quelques semaines. Pour tout vous dire, c'est extremenent simple puisqu'il y a un tableau de bord pour changer les polices et les couleurs, mettre une photo dans le titres, inserer des liens... On est tres loin du precedent ou il fallait tout taper a la main. C'est un vrai progres quand on aime non seulement ecrire, mais egalement refleter son etat d'esprit par de nouvelles couleurs, de nouvelles formes, etc... Dans ce cas, ces nouveaux templates offrent un resultat de tres haute qualite. Je vous avoue, ma principale difficulte a ete la re-possession de l'objet car a l'origine, ce modele etait tres different de ce que vous avez sous les yeux. Mais les createurs ont ouvert enormement de possibilites de transformations accessibles du tableau de bord et sans passer par la programmation. Je n'exclus pas de finir par y mettre la main (je l'ai deja fait mais de facon mineure), mais j'ai le temps. Ah oui, j'oubliais ! Comme ce template est a l'origine cree pour WP, il est gratuit ! Vous trouverez le lien au bas de ce blog.

Etre enfin parvenu a donner un nouveau visage a ce blog, c'est l'amorce d'un nouveau depart, d'une etape franchie : j'ai trouve le visage que je veux donner. C'est quelque chose qui a commence quand j'ai arrete de poster des photos en couleur et converti mes photos en N&B, quand j'ai repris le scannage de negatifs. Envie de quelque chose de simple qui aille a l'essentiel. Un peu comme un livre. Je n'aime pas les livres avec des couvertures chatoyantes. L'objet livre m'est d'ailleurs totalement indifferent. Je n'en suis pas collectionneur. Le livre n'est qu'un outil, ce qui compte est le contenu du livre. Le concept de cette nouvelle presentation, c'est juste cela. Et c'est pour cela que le gris domine. On peut faire plus sobre; j'ai pourtant decide de rechercher de l'elegance dans la simplicite, pour que venir et revenir me voir soit aussi un plaisir. La encore, le gris s'est impose a moi. Quand a la photo du bandeau, ce n'est qu'une possibilite offerte par ce template. Apres de nombreux essais, je me suis arrete sur un pont metallique de l'arrondissement de Koto, parce que je crois vous en avoir suffisamment parle pour qu'il puisse incarner ce que j'aime dans l'est de Tokyo.
Comment trouvez-vous ce premier resultat ?
Il y aura d'autres modifications, mais, a moins d'imprevu, elles seront mineures et eventuellement invisibles.

Cette "nouvelle identite visuelle", comme disent les "communicants" (qui m'auraient bien pris 5,000 euros pour livrer un resultat niquel techniquement - tout en Flash, le top!- mais mediocre artistiquement, avec du mauve et des couleurs parce que "en temps de crise, et comme vous avez perdu votre emploi, a votre age, il faut montrer votre positivite, votre energie, votre caractere "jeune", etc, des formes arrondies "completement tendances", etc) me permet de commencer un nouveau travail avec vous.
Je commence l'ecriture de plusieurs nouvelles "en direct", a raison d'une livraison du "feuilleton" par semaine. En parallele, je vais vous livrer un certain nombre de tentatives avortees pour lesquelles je ne pense pas continuer (mais qui sait, auquelles cas, elles prendront elles aussi leur rythme hebdomadaire). Je vais reposter ma piece de theatre publiee chez Marsa en 2000. Enfin, ceux et celles qui me connaissent peuvent desormais me saluer par mon prenom, ca ne me derange pas de laisser Suppaiku de cote et redevenir Madjid.
La premiere histoire que je vous livre s'appelle Fleur de faubourgs. Une histoire pleine de suspense, de rebondissements et de telescopages divers et varies, un grand feuilleton populaire, un hymne a la... mais non, je deconne !
Il ne vous restera qu'a cliquer en haut sur la magnifique barre de menu...
En revanche, ayant repris les travaux sur la partie photos, vous aurez peut etre des problemes d'acces de temps a autres. C'est qu'en fait il va y avoir d'enormes changements de ce cote la, egalement. On en reparlera tres bientot.
Bon, aujourd'hui, deux posts, un nouveau template sur 3 blogs, correction d'orthographe et de syntaxe de mon post d'hier, etc. Qui a dit que je ne travaillais pas... ?
De Tokyo,
Suppaiku

Primidi 1er Ventose 217: Ijime et Saint-Valentin...

(Je tiens a formuler de plates excuses quand a la pauvrete en terme de language et d'orthographe pour mon post d'hier. Une chose est de jouer au cafe du commerce, une autre est de livrer un texte barde de fautes de frappes, de fautes de francais et d'une expression aussi pauvre.
Le post est desormais corrige, amende. Je vous ai meme rajoute, en guise d'excuses, les accents et cedilles que mon clavier japonais se refuse a me fournir -Suppaiku)

Jun travaille dans une assez importante societe specialisee dans l'importation de produits specialises qui comprends plusieurs bureaux a Tokyo. Lui, a fini par se rerouver dans Chiba, la ou arrivent et sont entreposes les stocks apres avoir faitles differentes declarations legales. C'est amusant, mon amie Frederique fait le meme travail que Jun.
La semaine derniere etait une de ces specialites japonaise, バレンタイン, la Saint-Valentin. Si vous pensez connaitre cette fete, detrompez-vous, elle a ete revisitee par le conformisme de groupe japonais avec l'aide des fabriquants de chocolats qui voulaient se debarasser de leur stocks de Noel. Ici, ce n'est pas une question d'amour, non. C'est une histoire de genres. Une histoire de sexe ou, comme pour le 紅白, le programme de TV de la NHK pour la veillee du Nouvel An, ou l'equipe des blancs affronte l'equipe des rouges. Pour la Saint-Valentin, c'est les garcons contre les filles.
Les fabriquants ont dit aux femmes, pour la Saint-Valentin, des boites de chocolats tu offrias. Et aux hommes, un mois apres, pour le jour que nous decretons etre le ワイトデー/white day, au triple de la valeur tu rendras. Des le nouvel an passe, les chocolats envahissent les magasins. Mitsukoshi, Takashimaya y vont de leur "chocoate collection 2009" avec des boites de grands chocolatiers a 500 yen la bouchee, et de facon plus modeste, les grandes surfaces proposent des botes aux decorations enrubanees et souvent ornees d'un drapeau belge pour des tarifs bien plus abordables, entre 500 et 1000 yens la boite. Bien sur, il y a plus cher, mais les Japonais ont beau etre conformistes et faire ce qui est attendu d'eux, il ne sont pas cons pour autant !
レンタイン est une fete sociale, et c'est au travail qu'elle trouve tout son sens. Toutes les femmes offrent des hocolats a tous les hommes, quand je vous dis que c'est comme le 紅白... Cependant, et on voit bien que c'est une obligation qui les gave mais qu'ils suivent de peur d'etre juges par leurs collegues (qui pensent la meme chose), on s'y met en commun. Ainsi, dans son entreprise, 4 employees ont achete leurs chocolats ensembles. Degeulasses, au passage. Une sorte de planque visiblement de nationalite belge, qui pour notre malheur est chocolatier. Il aurait vendu sa tete pour faire "europeen" sur une boite de chocolats Lotte/ Meiji/ Ghana que c'eut ete nettement preferable...
Et c'est la que se maifeste l'ijime, appelons ca harcelement, mise au ban, intimidation ou brimade, relegation, degradation de la personne. Il y a une femme d'une quarantaine d'annee qui en est victime. Elle dejeune seule, elle travaille seule, personne ne lui parle, mais on parle derriere son dos. Elle n'a meme pas ete invitee pour le repas de fin d'annee (mais elle a eu le courage et le culot d'y aller : ils n'ont rien dit, mais ca les a fait drolement chier). Eh bien, les 4 employees qui se sont mises ensembles pour acheter des chocolats l'ont, tres naturelement, exclue. Elle a a achete des chocolats toute seule. Une boite par personne. Environ 30 hommes. A 500 yens la mini boite, ca fait 15,000 yens (120 euros), pour des collegues qui ne la respectent meme pas. Juste pour eviter qu'ils medisent encore plus si elle 'en avait pas achete... Au demeurant, pas mauvais : simples, donc tres corrects.
Le plus fou est que ce n'est meme pas sur qu'elle voit la couleur du white day...
Hier, elle a ete convoquee par le chef. Elle ne travaille pas assez vite. C'est son deuxieme avertissement. L'ijime a commance il y a longtemps. Elle habite a Saitama, elle a deux heures de transport pour aller travailler. Auparavant, elle travaillait vers chez elle, mais elle a ete mutee le plus loin possible. Objectif, qu'elle demissione. Et la voila qui s'accroche desesperement a ce travail... C'est dingue, ce qu'une malheureuse boite de chocolat peut raconter des relations sociales, des relations humaines et des qualites morales des individus. En l'occurence, ici, ce n'est pas tres brillant.
De Tokyo,
Suppaiku

mercredi 18 février 2009

Decadi 30 Pluviose 217, micros changements, suite...

(version relue, corrigee et amendee. Desole pour la pietre qualite de la redaction, hier -Suppaiku)
A partir de demain nous entrons en Ventôse...
Autrefois, les ouvriers profitaient de leurs dimanches pour bricoler, jardiner (ah, ces parcelles de terre en périphérie, les jardins ouvriers). Leur quotidien manuel rencontrait ainsi leurs racines rurales. On recyclait beaucoup et on jetait peu : la faiblesse du niveau de vie se trouvait-elle ainsi compensée par l'ingéniosité. Cette activité tenait également lieu de loisir, de passe-temps gratuit bien plus intéressant que n'importe quel club de gym...
Moi, je ne suis pas un ouvrier. Je pourrais bien faire un peu de couture, retoucher ceci ou cela, mais je n'ayant pas de machine à coudre et je vous assure qu'à la main, c'est quand même un peu fastidieux, faire une chemise, retailler un pantalon... Alors, je passe mon temps sur mon ordinateur essayant de nouveaux styles pour mon blog, pour mon site. Je suis à la recherche de quelque chose qui soit à la fois simple et élégant. Ça prend un temps fou, faire, défaire, bidouiller des lignes de codes sophistiquées auxquelles je ne comprends pas grand chose, mais c'est comme ça : j'aime ça. C'est MON blog, MON joujou, dont je fais ce que je veux. Il m'aide ainsi à me redéfinir moi-même, à me repositionner, à renoncer à certaines illusions. Comme ce blog, je suis en reconstruction. Vous pouvez voir que l'image a radicalement changé encore une fois : je ne sais si j'en suis très satisfait. J'ai également créé un blog pour écrire et publier en direct. Je ne vous le montre pas car le premier épisode est truffe de fautes d'orthographe/de frappe, et j'ai repéré également quelques fautes de style qui ne me plaisent pas du tout; mais je pense vous livrer le premier épisode de Fleur de faubourgs d'ici demain soir et continuer ainsi au rythme d'un par semaine.
Je ne suis sorti de chez moi ni hier (occupé) ni aujourd'hui. Il fait froid, il y a les pollens et comme je vous l'ai dit j'ai beaucoup à faire, C'est du travail, et ce travail est pour moi.
J'en suis désolé : j'ai remis la publicité, Après tout... Je l'ai faite discrète mais visible. Les lecteurs n'ont plus qu'a cliquer dessus...
Par ici, on se demande si l'espèce de truc qui se prétend "premier ministre" va enfin se casser, arrêter, se rendre, abdiquer, s'auto-dissoudre, tomber dans un escalier - que sais-je...! Son parti se rebelle devant les sondages calamiteux donnant 79% d'opinions défavorables et le PLD battu aux prochaines élections, l'opposition s'impatiente pendant que le pays sombre dans une crise économique dont on constate tous les jours la profondeur. Le ministre de l'économie a démissionné après l'histoire de la conférence de presse en Italie qui ajouté encore un peu plus de confusion et de doutes sur les compétences de ce gouvernement. Fukuda, l'homme qui marchait tout le temps sur les écrans de TV, au moins, était correct, il savait péter avec retenu. Même son prédécesseur, le très balladurien Abe, avait la classe aristocratique de celui qui pète en faisant un petit sourire discret qui recueille toutes les excuses. Aso, lui, appartient au groupe de ceux qui pètent fort une pet nauséabond en accusant leur voisin et son régime alimentaire.
Chez vous l'actualité semble déprimante et ce n'est pas le nouveau gouvernement israélien qui va améliorer le tableau... Obama, lui, s'est mis dans la tête d'envoyer des troupes supplémentaires en Afghanistan alors que 44 états fédéraux sont au bord de la banqueroute, quel con ! Perdre deux guerres c'est mieux que d'en perdre une. Ça complète le tableau, avec son plan de relance fait pour plaire aux Républicains que ça a remis en selle. Ils se sont même fendus d'un très bien senti "change that we can not believe in" (reprise au negatif du slogan d'Obama) : tous les sondages montrent que leurs critiques ont touche. On va dépenser VOTRE argent. Toujours sur le très intéressant de TB (je dévore beaucoup d'informations...), Joe Bageant cite Tocqueville pour expliquer comment les Américains sont dénués de toute notion d'"intérêt commun". Le débat sur le plan de relance en est une typique illustration. Et je me suis dit, la semaine dernière, que finalement, si la crise des années 30 et le chômage avaient frappé plus de 25% de la population, c'était en revanche plutôt la belle vie pour les rentiers et les classes moyennes puisque l'ensemble des prix s'effondraient. C'est à leurs équivalents contemporains que les Républicains s'adressent, à ceux qui veulent profiter de l'aubaine, comme on dit. Des maisons en Floride vendues un tiers de leur prix d'achat, il y en a plein... Je doute en revanche qu'Obama continue d'être écouté par les 30/40% de la population qui a peur de perdre les quelques miettes qu'on lui avait laissées ces 30 dernières années. Pourquoi donc ces 225 milliards de baisses d'impôts ? Cela n'aurait pas été mieux dépensé en construction de nouvelles écoles, en crèches, bibliothèques, dispensaires, en modernisant les chemins de fers,... ? Il y a deux fois plus de baisses d'impôts que d'investissements; or, en période de crise, on thésaurise, donc cela n'ira pas à la croissance sans pour autant soulager les banques dont les besoins sont quand à eux supérieurs à 5,000 milliards de dollars, alors que les infrastructures, elles, sont visibles : elles améliorent la vie des "contribuables" des classes moyennes et donnent du travail à ceux qui n'en ont plus et qui pourront ainsi rembourser leur crédit, améliorant d'autant la qualité des actifs dits "toxiques". Je sais, je fais une démonstration de keynésiennisme de base. Partout, on nous a bassiné avec un retour à Keynes, mais je ne suis pas si convaincu de son retour, il faut voir... Car si Obama est Keynésien, alors nul doute que Roosevelt était Marxiste-Leniniste... (!) Que l'on parle de toutes les lois sociales, des allocations financées par l'impôt, des emplois aidés dans le cadre des "grands travaux", des centres d'éducation pour adulte (ayant profité principalement aux populations noires de grandes villes), des premieres grandes voies d'autoroutes,... ), on parle en fait du New Deal, de Roosevelt. Obama et ses "malheureux" 120 milliards d'investissements, quand les besoins sociaux sont gigantesque et le trou financier est d'environ 5,000 milliards... je ne trouve guère trace de Keynes la dedans. Quand on est Keynésien, dans une telle situation, on injecte en masse pour vraiment réamorcer la pompe rapidement. On peut toujours augmenter les impôts des plus aisés par la suite pour accélérer le remboursement de la dette (mais comme c'est une dette a taux très faibles et que le croissance recréé de l'inflation, la dette a tendance à diminuer naturellement d'elle même...). Hélas, l'un de ses principaux conseillers est Larry Summers, ministre sous Clinton et champion démocrate de la dérégulation. Obama est bien parti pour être, comme Thatcher, une preuve paradoxale. Thatcher a gouverné aussi efficacement qu'un homme, et elle est de ce point de vue un exemple pour toutes les femmes, si souvent cantonnées au rang d'assistantes sociales en raison de leurs ovaires. Thatcher a fait une guerre, laisser mourir des militants de l'IRA, cassé le syndicalisme le plus organisé d'Europe.: elle s'est ainsi montrée aussi réactionnaire et impitoyable qu'un homme. Obama sera t'il LE noir qui démontrera qu'un noir directement issus de l'immigration africaine peut être aussi grand président qu'un blanc tout en faisant la même politique en faveur des classes moyennes supérieures désormais composites et métissées, reconduisant le même consensus social entre elles et la grande bourgeoisie. Un consensus reaganien, modernisé et en couleur.
Certes, il ne fait que commencer son mandat, et le New Deal ne s'est pas fait en un jour. On parle même de 3 ou 4 New-Deal, le premier "d'urgence", consensuel et élaboré avec les banquiers, puis le second, plus social, puis un troisième qui provoqua la fin du consensus "modéré", puis le quatrième, le "vrai" (celui qui fait monter des larmes aux yeux des "liberals", la gauche américaine), après les élections de 1936, avec son lot de lois sociales et syndicales. On verra bien comment se déploie la présidence Obama. Mais je vous avoue qu'on a du mal à se souhaiter le même gauchissement progressif, car en fait, le "gauchissement" du New-Deal est du à la précarisation de pans de plus en plus importants de la population après le krach de 1929... Et on revient à ce que je vous racontais hier : le New-Deal déploya ses "bienfaits" dans les années 50, longtemps après. Mais ceux qui vécurent sa mise en place le vécurent dans le chômage, la misère et les bidonvilles en bordure de New-York...
Allez, je ferme le café du commerce.
De Tokyo,
Suppaiku

Fleur de faubourgs / I - Yvette Lebas entre en scene

L’inspecteur Duval est assis dans un fauteuil de son petit bureau, juste au bord du couloir de ce minuscule commissariat du passage C., dans le X ème arrondissement. Pas un chat, pas âme qui vive, aujourd’hui. Le calme plat. Il ne se plaint pas, non, pas du tout, tiens, voyons qui court dans la quatrième. Il tourne les pages de Paris-Turf, fumant tranquillement sa cigarette. Il y aurait bien quelques papiers à classer sur le bureau, il faudrait peut-être changer l’encre de la machine à écrire – je vous l’ai dit plus tôt, il s’agit d’une toute petite antenne locale, vous savez, là où éventuellement on va faire enregistrer la perte de sa carte d’identité avant de filer chez le boulanger, pas du tout le genre de grosse machine que les gouvernements successifs modernisent à tour de bras, de milliards, et à grand renfort de publicité depuis une vingtaine d’année afin de réduire un « sentiment d’insécurité » dont se délecte en l’alimentant la presse dite populaire, non, juste une petite porte, une plaque « Préfecture de Police » avec sa signature tricolore ; alors, vous pensez, un ordinateur, ici, non, ce n’est pas vraiment d’actualité ; remarquez, ils vont peut être finir par refourguer quelques vieilles carcasses de la fin du siècle dernier, lors du prochain plan quinquennal de refonte et modernisation de la police, sait-on jamais… -, mais non, changer le rouleau, non, Duval, il aime pas trop ça, ça salit les doigts, ça prend du temps, et du temps, moi, j’en ai pas, etc.
Il tourne la page du journal, dirige distraitement sa main vers le cendrier, écrase la cigarette, oriente non moins distraitement sa main vers sa tasse de café tiède maintenant juste comme il faut, trois sucres, un nuage de lait. Ses yeux concentrés sur des informations de la plus haute valeur philosophique et morale, j’lui avais dit, moi, à Ducos, de ne pas miser sur Soleil Levant, putain, il s’est bien fait avoir, le couillon, va, ça lui servira de leçon, la prochaine fois, il prendra mes tuyaux un peu plus au sérieux , ah sacré Ducos, il porte la tasse à sa bouche, avale quelques gorgées, rote, repose la tasse, on frappe à la porte. Duval détache les yeux du journal, les pose sur la porte vitrée tandis qu’il pose son journal sur le bureau, qu’est-ce qu'il me veulent, qui c’est qui vient encore me faire chier. On frappe une deuxième fois.
- Entrez !
La porte s’ouvre, et apparaît le sourire amical de Ducos, sa bonne grosse tête poupine aux joues bien roses.
- Y a cette dame qui voudrait vous parler, inspecteur !
- Vas-y, fais rentrer !
Il plie le journal, ouvre un tiroir sur la droite, range le journal sur la bombe lacrymogène dernier cri dont il ne s’est jamais encore servi, referme le tiroir.
Une jeune femme au maquillage aguicheur, à la coiffure crantée apparaît, un manteau de fourrure sur les épaules, rentre dans la pièce, intimidée –ce qui, cela dit en aparté, doit bien être la première fois depuis sa première communion, car elle a pas bien l’air farouche, et alors, vu le quartier… enfin, on se comprend !

STOP ! STOP !STOP ! CA VA PAS, CA VA PAS, mais alors là, CA VA PAS DU TOUT ! ! !

Non, ça ne s’est pas du tout passé comme ça, rien à voir, mais alors là, rien à voir du tout ! ! !
La réplique de Louis Jouvet se tourne vers le petit homme à lunettes qui proteste vertement, caché au fond de la salle. La sosie de Suzie Delaire s’impatiente.
- J’étouffe dans cette fourrure, les gars, dépêchez-vous. C’est pas tip-top d’être une vamp années 30, ça fatigue !
- Oh, eh, tais-toi, la morue ! murmure le Louis Jouvet de cinéma en balayant distraitement sa main en direction de la fatale beauté.
- Morue toi-même, face de crabe ! Bon, c’est pour quand, je vais pas y passer ma vie, dans ce polard à trois francs six sous !
- Eh, C'est toi qui va se calmer, hein. on sait comment tu l'as eu, le rôle, alors...
- Hein, mais vas-y, continue, qu'est-ce que tu vas insinuer là, pauv'con !
ON SE CALME ON SE CALME…


En cette fin d’après-midi pluvieuse et (très) venteuse, Yvette, dont le bas-couture de la jambe droite a filé dans une vilaine course poursuite très mal engagée au depart, se dirige comme une fusée perchée sur talons aiguilles vers le bureau de police le plus proche, celui du passage C. – vous savez, ce passage qui relie le faubourg Sébastopol au faubourg Saint Martin dans le X ème arrondissement, près de la gare de l’Est, un étroit passage avec un restaurant russe très coté et, juste en face, ben tiens, on y viens, devinez quoi …
Elle pousse la porte en portant un dernier regard sur le boulevard, la peur encore présente : les a t’elle vraiment semés ? La question n’a plus vraiment d’importance, désormais. Une odeur sucrée et entêtante se répand dans le commissariat. Ducos,, qui s’était assoupis, sort de sa torpeur avec une sensation de nausée, dirige ses yeux devant lui qui, après avoir reconnu ce qui lui semble être un manteau de fourrure, remontent le long d'un corps de sexe féminin pour atterrir dans un décolleté généreux et rebondis sur lequel est posée une tête de femme plutôt jeune appartenant selon toute vraisemblance et sans grands risques d’erreurs à l’Ordre de Marie-Madeleine d’Avant-la-Conversion.
- Bonjour ma jolie, c’est à quel sujet ?
- Bonjour, m’sieur l’agent, il faut que je vois un inspecteur, j’ai une importante déposition à faire sur le chant (1).
- Bah, vous pouvez tout m'raconter à moi, vous savez. L’inspecteur Duval est…
- Non, c’est urgent et, euh… comment dire, c’est un peu gênant et confidentiel, et puis il faut que je fasse très vite, je risque gros, vous savez…
Ducos regarde la femme un peu plus attentivement et s’aperçoit qu’autours de ses yeux le Rimmel est bien décidé à partir en vacances en ordre dispersé malgré les avalanches. Ça, pour le coup, avec la couche de Rouge-Baiser qu’elle s’est généreusement tartinée, ça vaut toutes les cartes de visites et toutes les introductions. Il déduit sans trop de risque d'erreurs qu'elle a quitté le turbin dans la précipitation, mais qu'est-ce que je lui ai fait pour qu'elle ne veuille rien me raconter ?
- D’accord, ma belle… Je vais voir c’que j’peux faire. Comment vous appelez-vous ?
- Mademoiselle Yvette Lebas, je … travaille à côté.
Ducos frappe timidement à la porte une première fois, plus fort la deuxième fois.
- Y a cette dame qui voudrait vous parler, inspecteur.
A ce moment là, une grande rasade de violons langoureux doublée d’un flou artistique particulièrement réussi, très probablement inspiré des meilleurs émissions de télévision consacrées à Catherine Deneuve, joignent leurs efforts pour accompagner l'entrée de la simili Suzie Delaire dans le bureau de l’inspecteur Duval. Tandis que les yeux de la jeune femme brillent à l'écran, que la musique se fait plus sentimentale au risque de dégouliner comme cela devrait être interdit par la loi sous peine d’enfermement à la prison de Guantanamo mais comme ne le renieraient pas les producteurs de la Star Academy quand ils sont décidé à promouvoir la nouvelle Lara Fabian, la voix de Ducos transperce l’espace sonore, rompant d'un coup le charme, et
- Yvette Lebas. Si vous voulez bien vous donner la peine d’entrer…
- Très bien, Ducos, tu peux disposer !
Ducos referme la porte. La vache, il était encore dans Paris Turf. Il va encore me refiler un de ses tuyaux que j’sais pas d’où il les sort.... Il doit avoir des potes dans le milieu...
- Assied-toi…
Dans le bureau de Duval, on a déjà fait connaissance. Duval a toujours tutoyé les filles.
- Alors, dis-moi, qu’est ce qui t’amène ?
- C’est pas facile a raconter… C’est La Bécasse... enfin, Sylvie... vous savez comme on l’appelle... elle m’a dit qu'on pouvait vous faire confiance, rapport a son affaire avec René…
- La Bécasse ? Mais ca fait un bail que je l’ai vu… Qu’est-ce qu’elle devient ?
- ... Ben... On dit qu'elle a pris des vacances... avec son nouveau Jules...
- ...
- ... Ils seraient partis tous les deux faire du ski a Chamonix… On dit qu’il y a du travail là-bas, que ça paie bien, quoi, alors…
- ...
- ... C’est qu'on raconte que ça va lui faire dans les 53 ans en mai, et elle aimerait bien se poser, à son âge... ouvrir son petit bar, être respectable, quoi…
- ... et...
- ... Il s’appelle Pierre... il a que 23 ans, mais elle en est folle… Il michetone un peu, mais c’est un gentil garçon…
- Alors comme ça elle est maquée avec Le ressort ?
- ... ?
- He he... On l’connaît, ici!Pierre Ressord, né le 23 septembre xx à Courbevoie… On le connait depuis sa première fugue, il avait 11 ans! On l'a retrouvé dans les bras d'un notaire, enfin, les bras..., disons plutôt le lit... A côte d'ici, un boxon du Passage du désir...
Il a fait un geste brusque avec le bras, comme pour montrer l'hôtel. Mais de la fenêtre, au travers du rideau, on ne fait qu'apercevoir le restaurant russe enveloppé dans la grisaille du passage.
- Pôv' gosse...
- Ah ça, je te le fais pas dire! Son père se l’tapaittous les jours depuis l’âge de 5 ans! La première fois qu'on l'a vu, c'était un vrai petit sauvageon, un petit homme qui savait déjà tout de la vie, et pas que le plus beau. Il nous a jamais raconté les quinze jours de sa fugue ni comment il avait atterrit là... On l’aime bien, ce môme… Il paraît qu’a la Santé, il les rendait tous fous ! Il michetonne toujours les vieux artistes vers Montmartre ?
Le lieutenant a raconté tout ça d'un tait, avec le sourire, comme on rapporte un fait divers lu dans Détective. Et avec ça, je vous rajoute un choux fleur ?
- On dit qu'il a arrêté… d'puis qu’une Américaine a eu le béguin pour lui…
Yvette n'a guère levé les yeux depuis qu'elle a commencé a parler, j'suis pas venue pour balancer, qu'est-ce qu'il veut... et puis pourquoi il se tait, ce me met pas à l'aise...
- ...
-... C’est comme ça qu’il a connu la Bécasse ! ...Au Moulin Rouge, dans les toilettes. Ils se sont tout de suite plus ! Ils ont eu un peu la même enfance…
- Eh ouais, elle c'est sa mère qui la vendait après que son père soit parti avec une autre. Elle m'a jamais dit pourquoi on l'appelait la Bécasse... Sacrée Sylvie, va… Et toi alors…
- ...
- Ben vas-y, quo, maintenant que tu es là...
- ...Moi… Ben voilà... je suis dans la merde, monsieur l'inspecteur, hein, et puis jusqu’au cou, même que je sais pas comment vous l’avez pas encore senti… Ça pue, cette histoire…

Au fond de la salle, le petit homme à lunette se gratte la tête. Est-ce que ça s’était vraiment passé comme ça… ?

(A suivre)


(1) Sur cette orthographe curieuse, on se référera entre autre à l’ouvrage de Daniel J-E.Trouin, Proctologie et monogamie quantitative dans l’œuvre de Simon-Paul de Beauvartre : Le théâtre de l’Enchantement magnéso-Kantien : le cas Fleur de Faubourg ou l’intentionnalité exfoliante, Presses de la Théci, coll. Les basic-faciles, Louvignan-le-Potard-de-sur-la-Drue, 2043. Notamment les passionnantes pages 534-577 où l’on peut lire notamment, que « l’auteur avait au départ prévu de faire de ce drame réaliste une comédie musicale.(…). Comme vous avez pu le constater, divers éléments ont empêché la réalisation de ce qui aurait pu être (…) la plus fantastique surprise de ce début de millénaire, ce que, par ailleurs, nous regrettons (…) amèrement.(…) Il ne s’agit dont nullement d’une faute d’orthographe, mais d’une intention de l’auteur, décédé entre temps (…) dans des circonstances plus que troublantes. Par fidélité (…) et par respect pour l’âme de ce génie dont nous avons été prématurément privés, (…) nous avons gardé l’orthographe d’origine bien que cela donne finalement la plus grossière, la plus primaire et la plus vulgaire de toutes les fautes d’orthographe possibles et inimaginables puiqu’elle laisse planer, si cela n’était pas suffisant, l’ombre définitivement lamentable d’un possible jeu de mot qui, s’il s’était avéré être l’intention de l’auteur, l’aurait remisé au niveau des humoristes de fin de banquets et mariages, vous voyez le tableau, genre, « elle avait une déposition à faire sur le chant, ouaaaah, proutt, vous me direz, vu son travail, elle aurait pu la faire dans les champs et sur le foin, ouaaahh, rot, ouaf ouaf ouaf, proutt ! et même que sa sœur, eh ben elle se serait mise à se (…) », mais non, vraiment, l’auteur de ce drame réaliste était un esprit subtile et délicat, qui tentait par la description de cette pauvre femme livrée aux bas instincts du sexe dit fort, (…) de restaurer héroïquement la Morale et la Loi, l’Honneur et la Vertu : n’est elle pas brave, ainsi, cette belle « Marie Madeleine / Yvette » de tenter par la légèreté d’une possible chansonnette –qui hélas ne verra jamais le jour - tenter, ô oui, de dénoncer les méchants, et tous les pas gentils, (…) au péril de sa vie et d’une involontaire, ô oui, bien involontaire, faute d’orthographe, je vous l’ai dit plus tôt, les plus récentes recherches littéraires excluant définitivement (…)le jeu de mot fumeux et (…)l’inexactitude, l’omission, pire, (…) la faute, le péché de mal-orthographe, (…) la honte, le calembour (…) et populaire, (…) la fange du Sapeur Camembert. ». Publié avec l’autorisation de Mme Vve Daniel Jean-Eric Trouin de Mercicourt le Pront.

mardi 17 février 2009

Nonidi 29 Pluviose 217, doutes...


L'adieu au camelia

Grand soleil devant moi. Forte chaleur. En fait, froid glacial au dehors, je suis a la maison devant la grande porte fenetre, et ca tape fort. Le linge lave ce matin est presque sec. En fond derriere mois le bruit repetitif du sechoir ou sont mes T-shirts. Oui, vous pouvez etre etonne... mais ce que vous ne savez pas peut-etre est que depuis une semaine nous sommes rentres dans la periode "花粉", la periode des pollens de cypres. Qui font eternuer. Qui donnent mal a la tete. Qui donnent envie de vomir. Rien que ca... L'an dernier, je me souviens avoir seche du linge a la fenetre et ouvert la maison en grand, idiot de Parigot ! Jun s'est plaint de nausees, et moi meme ait eu des eternuements continuellements pendant trois jours. Et pourtant je mettais le masque dehors... Mais a quoi ca peut bien servir, cretin, si tu gave ta maison de ces saloperies de pollens... Vaccine! C'est promis, je ne recommencerai plus.
Ce week end, Jun et moi nous sommes promenes (samedi) et avons fait des courses (dimanche). Ca y est, il a un Mac ! Ignard en informatique, il a comme beaucoup achete un Toshiba, il y a deux ans, dote de ce fabuleux systeme, Vista. Il se plaint depuis l'achat de ne pas voir la difference entre son nouvel ordinateur et l'ancien, qui datait de 2001 ou 2002, et qu'il avait du reinitialiser je ne sais combien de fois a cause des virus, spywares ou problemes d'incompatibilite des pilotes. Je lui ai dit plein de fois, de desinstaller Vista et de mettre XP a la place, j'ai toujours senti une repulsion au simple fait d'evoquer cette operation. Je crois que les histoires de pilotes le font angoisser. Lui qui adore surfer, il a souvent fini par douter de sa connection internet, tant ca devait ramer dans la becanne... Ca fait quelques temps qu'il disait vouloir changer d'ordinateur. Voila qui est fait, un MacBook 2,4... Avec ca, il est tranquille au moins 5 ans... C'est qu'il ne fait pas d'albums, pas de videos... Enfin, on sait jamais, Mac, ca donne toujours des idees. Nous sommes alles a Bic Camera et la, j'avoue, ca me scie... Il a gagne 18% du prix en points, soit... 33,000 yens ! Comme il avait 25,000 yens sur sa carte, ca fait de belles remises. Bien sur, les 33,000, il n'a pas pu les utiliser de suite. Mais en gros, il peut acheter du materiel "gratuitement", maintenant.
Petit hic, toutefois. Arrives a la maison, on allume et... probleme de carte video. Si dimanche soir vous avez croise sur Ginza, vers 19h30, un Gaijin et un Japonais, en sueur, courant vers Yurakucho, un sac en papier Bic Camera a la main, fort probable que ce fusse nous! L'echange a ete tres rapide, et nous etions a la maison vers 20h30. J'ai pu lui faire une reinstallation totale qui aidera sa machine a ronronner pendant longtemps. Moi, ca m'a donne envie de m'occuper de mon iBook G4 achete il a plus de 4 ans maintenant. Eh bien, ce qui est incroyable, c'est qu'il tourne parfaitement sous Leopard. J'avais note que Onyx, un utilitaire d'optimisation (gratuit) permettait de peronnaliser certaines fonctionnalites. J'ai donc enleve les "reflets", les "animations", ferme les "widgets", etc... Sage economie de memoire et de calcul pour le processeur. Comme je me suis trouve tres satisfait du "repondant" sur mon G4, j'ai applique les memes limitations sur mon iMac. Je ne vois pas vraiment la difference (un Core 2 Duo a 2,4...), mais comme ces gadgets ne servent a rien, il doit bien finir par y avoir une difference quand il est tres occupe a bosser et qu'il n'a pas le temps de calculer la transparence, l'icone qui bouge ou grossit quand elle ne doit pas en plus se "masquer" avec en fond, les widgets qui occupent 1 a 2% de la memoire a etre pret a apparaitre. Quel gachis de ressources... En tout cas, mon vieux portable G4 tourne toujours tres bien et ouvre les documents sans ramer. Que lui demander de plus ?
Cote promenade, partout les fleurs des pruniers. Mais samedi, en plus des pruniers, un soleil et des temperatures de mai. Plus de 20C a l'ombre, et au soleil on devait bien etre au dessus de 25C... Nous sommes alles a Koishikawa Korakuen. La bas, tous les clubs du 3eme age de la region semblaient s'etre donne rendez vous... Certains vieillard possedent des appareils photos dont le teleobjectif, d'une incroyable longueur, est un pisale a leur virilite affaiblie, ou la libido de madame, disparue depuis belle lurette. Vous me direz, c'est toujours mieux que de claquer les allocs au Patchinko ou au 競馬, le tierce. Mais toujours est il qu'ils sont bien rasoir: dans deux semaines, il n'y aura plus personne, puisque les 梅祭り, fete des pruniers, seront termines (et cela meme s'il reste des arbres en fleurs). Au Japon, la facon de faire et le moment de le faire importent plus que ce que l'on fait. Avec Jun, a Kamakura, nous n'avons croise que quelques promeneurs, la semaine derniere: ce n'etait pas la saison. Bah, en France, on a les memes. Ils se precipitent a Carrefour pour la "semaine fantastique" et font tous au meme moment des reservations a Center Park, quand c'est "hors-saison". Ah, j'oubliais la "fete de la musique".
Ca me rappelle une etudiante. La musique, un festival, un concert, des reservations... "Et vous, s'il y avait la Fete de la musique a Tokyo, que feriez vous?"... "J'appelle la police". "Pourquoi?"... "Ca fait du bruit et je ne peux pas dormir". Avec une telle eleve, au demeurant une femme cultivee et vraiment interessante quand elle le voulait bien, vous imaginez que la conversation ne pouvait pas aller tres loin. Mes lecteurs "ancien Nova" l'auront certainement reconnue. Cela etant dit, c'est un peu ce que je pense de la Fete de la musique. Ce jour la, "ils" aiment tous la musique. Celine Dion cotoie l'Orchestre de Paris, Guillaume de Machaud ressucite apres une glousserie de Patricia Kass et un "hei'yaaa" de Cheb Khaled, pendant que Diams renouvelle son soutien a Segolene Royal aux cote de Benabar. Entre deux spot de Publicite Coca-Cola et "Societe Generale, partenaire officiel de toues les musiques". N'oubliez pas le cahier dans Liberation et le numero special de Z'Urban. Merguez, Kebbab et sardines grillees aromatisent le tout quand en terrasse le garcon vous fait payer avec la commande avant de vous faire attendre au moins 15 minutes, "j'ai pas trois mains". Vers minuits, les "Paris Proprete" debarquent pour ramasser les flots d'ordures qui trainent sur les boulevards pendant qu'on marche, le pied peu assure : il y a des tessons de bouteille partout. Enfin, bon, ce n'est pas le 13 juillet, on a peut de risque de se cramer en recevant un petard sur la figure, quelle chance !
Je n'aime pas la Fete de la musique. Je n'aime donc pas ces beuveries a Ueno, sous les cerisiers. Mais j'adore me promener dans les parcs en fleurs, notamment le soir: je vous recommande chaudement Hamarikyu, pres de Tsukiji.
Apres notre promenade, nous sommes alles a Maruzen, pres de la gare de Kyoto. J'ai achete des livres d'un incroyable classicisme, mais que je n'avais jamais lu : a moi donc La fortune des Rougon, d'Emile Zola, et si ca me plait, a moi la serie; Oliver Twist, de Charles Dickens, en anglais bien sur. Et puis L'age d'homme de Michel Leiris (meme si a la reflexion il me semble l'avoir lu il y a une bonne dizaine d'annees). J'ai feuillete un ouvrage dirige par Paul Auster, une sorte de portrait de l'amerique a travers des recits ecrits par des "anonymes" -qui pour le coup sortent de leur anonymat- a la demande d'une Fondation, et lus sur une radio. J'en ai lu quelques un, j'ai trouve ce projet etonnant et vraiment interessant. Il y a la quelque chose qui renoue avec l'essence meme du roman. Quand on pense qu'on l'a decrete mort de notre cote de l'Atlantique...
J'adore me promener dans les librairies. Maruzen reste ma preferee car il y en a une a Nihonbashi et une autre a Tokyo, a dix minutes de marche l'une de l'autre, dans ce quartier qui est un peu "mon quartier".
Reponses negatives a deux offres d'emploi. Pour l'une, a UBS, cela fait 6 mois qu'ils recherchent, bref, le budget est suspendu. 18 milliards de francs Suisse de perte l'an dernier, c'est sur que c'est pas facile, he he he... L'autre, c'est Bloomberg, mais je m'y attendais.
Vous n'avez pas un job a me proposer, meme dans un restaurant ?
J'ai retire les annonces Google sur cette page. Je tiens a remercier les 7 cliqueurs. Ca fait 2 USD ! Non, tout d'abord ce n'est pas beau, ensuite, ce n'est pas moi. Je vais les laisser sur mon site de conseils, et on verra si je les reintroduit un jour sur ce site. Je ne suis pas fixe, la dessus. J'ai l'impression de donner quelque chose qui m'appartient, un espace de m liberte, a un truc qui ne m'appartient pas. Je verrais donc, si j'en reintroduit. Bref, ca me gene moins de demander a bosser quelque part a des anonymes que d'afficher pour Google.
Je vous conseille vivement d'aller visiter Le site de TB, Orbite. Deux articles de Dmitri Orlov qu'il a tres genereusement (et sans Google) traduits de l'anglais. L'actualite nuit helas aune bonne lecture, reflechie et raisonnee. Orlov met en parallele l'ex-URSS et son effondrement, et les USA et leur possible/probable effondrement. Si je ne partage pas son point de vue (peut-etre je me trompe, ce n'est que mon point de vue) sur un effondrement imminent et dors et deja amorce, je partage avec lui l'idee qu'il est urgent de penser a l'effondrement ineluctable de notre civilisation. Non pas comme une catastrophe, mais eventuellement comme une opportunite. Je partage avec pas mal de gens l'idee que les USA sont une puissance democratique en declin, partagee entre le desir de se ressourcer (l'ideal democratique, les "liberals" -je rappelle que "liberal" veut dire ultra de la democratie, et s'apparente generalement au socialistes) et une tentation Imperiale, dont les glissements autoritaires de l'administration Bush ne sont qu'une ebauche. A mon avis, la crise actuelle n'est pas un effondrement, mais le signe de l' epuisement d'un cycle commence avec la guerre du Vietnam et qui a vu la dette nourrir la dette avec de moins en moins d'effets positifs sur la population dont les revenus ont chute, en termes reels, de pres de 30% en une trentaine d'annee. Seules des manipulations statistiques ont permis de creer l'illusion de la prosperite : toilettage des chiffres du chomage, changement des modalites de calcul de l'inflation : je vous conseille a cet egard l'excellent site Shadow Government, qui entretient des series statistiques sur la longue duree, d'avant chaque modification. C'est edifiant, et donne une bonne idee de la situation reelle des USA, une puissance sur le declin.
De la a voir dans l'effondrement de la bulle du credit un signe du debut de l'effondrement, je ne le pense pas, mais cela, en fait, n'a pas une tres grande importance. Orlov adopte une analyse libertarienne, basee sur l'acceptation de l'effondrement et les vertues de l'auto-organisation de certains secteurs de la societe. Je n'y crois pas du tout, bref, je suis beaucoup plus pessimiste que lui. Je ne crois pas aux effondrements, je les appelle des decrochages. Un decrochage intervient apres une longue periode de declin. En fait, quand on decroche, on a deja perdu la main. C'est Rome videe de ses populations avant meme les invasions, parce que l'Empire est des le 2eme siecle une puissance en crise declinante, insupportable a ses habitants aises qui lui preferent l'Orient, ou la Gaule. A cet egard, quand Orlov compare l'URSS et les USA, il decrit bien une puissance qui est en declin depuis au moins 20 ans aux USA. Le rationnement et la promiscuite ne sont pas la marque de l'organisation sovietique, mais le signe d'un declin entame des les annees 60. Enfin, il parle de l'effondrement sovietique au passe, or chacun sait que la Russie est en train de rentrer dans une nouvelle phase qui a vu le rouble devalue 18 fois et les capitaux fondre a grande vitesse. Je doute que les nouveaux riches moscovites soient aussi patients que leurs parents.
Mais comme je vous le dit, c'est une lecture interessante si on fait abstraction de l'actualite (ce qu'Orlov suggere lui-meme). Bref, si les USA retrouvent la croissance, cela ne voudra pas dire qu'il ait tort. Nous sommes de moins en moins pres, et de plus en plus nombreux a ne pas l'etre, a changer nos modes de vie. Radicalement. Pas seulement pour le rechauffement, mais rien que pour l'energie. Nous gachons. Rien qu'en co-voiturant, en n'utilisant les ressources qu'au niveau du necessaire, nous aurions de quoi tenir une petite centaine d'annees, le temps de faire autre chose, et autrement, en profitant de la baisse de la demographie pour rendre la transition plus facile, sans trop bousculer nos niveaux de vie moyen ainsi que les besoins essentiels. A la place de quoi nous nous conduisant en predateurs pour qui tout est donne et tout est du. Les parisans du laisser-faire nous disent qu'on trouvera bien quelque chose. J'aurais envie de dire "chiche", alors, inversons, et commencons par trouver ce quelque chose.
Je partage aussi sa preoccupations pour les dechets, chimiques et nucleaires. Aucune civilisation connue n'a duree 4000 ans sans connaitre de decrochage. La Chine et l'Inde illustrent cela parfaitement. 4000 ans, c'est la duree de vie des dechets radio-actifs.
Bref, a quelque degre que vous puissiez adherer ou non aux idees de Dmitri Orlov, leur lecture apporte, au regard de l'instabilite actuelle, une hauteur et une mise en perpective necessaire, une clef au debat que nous repoussons : ce n'est pas l'apres-energie facile qui pose probleme, c'est ce qui se passe avant, et auquel nous ne sommes absoluement pas prepares.
Dans un roman ecrit il y a une vingtaine d'annees, Jacques attali prete a un de ses personnage la responsabilite d'avoir ete celui qui a mis fin a la television (declin oblige). J'ai toujours trouve cette image forte, triste, tragique en ce quelle peut suggerer de notre avenir : un monde ou nos gouvernements gereront "les fins de" pour economiser les ressources. Et encore, comme le suggere Orlov, le rationnement des ressources est la preuve d'une survie des gouvernements. A certaines epoque, c'est la tyrannie d'une caste qui regle le probleme, et le foisonnement des mafias et des groupes prives qui gere les consequences...
Allez, je vous l'assure, c'est pas pour tout de suite, c'est pour dans une dizaine d'annees...
En tout cas, il y a deux semaines, j'ai imagine mon avenir si cette crise prenait une allure annee 30 (pour le coup, un scenario plus plausible, meme si je n'y crois toujours pas trop, tout en le redoutant, a l'invitation des medias). Ma mere a une maison dans la Sarthe, un terrain assez grand. J'aurais toujours a manger, un toit, une cheminee et de l'air pur, loin de la desolation de la capitale et ses 30% de chomeurs... J'aurais le temps d'ecrire, en touchant le RSA. Ca m'a fait tout drole de lire Orlov suggerer ce type de "plan B".
Cette nuit, J'ai reve que je traversais une ville qui ressemblais a Bondy, mais il y avait des Jinja et Jun m'attendais. Je me sens vraiment chez moi, ici. Ca m'embeterait de partir.
Je vous dis, un travail dans un restaurant, ca me va, ce fait longtemps que je prevois de revenir en France pour travailler dans la restauration... !
Bien le bonjour chez vous. Lisez Orlov, remplissez-vous des vents du monde. L'edonisme litteraire est termine. Notre monde est soudain redevenu un grand roman ou nous avancons comme des pions, ignorant des regles fixees et des destins traces par son auteur. Un monde palpitant. Je l'ai toujours dit, ceux qui ont vraiment eu de la chance, ce sont ceux qui sont nes en 1945... Ils ont tout eu, tout essaye, tout vecu, tout mange.
A la caisse !
De Tokyo,
Suppaiku
Rajout : je vais confesser une petite cachoterie. Cela fait 15 ans que je tape a 2 doigts. Incroyablement vite, mais a deux doigts. Bon, ca y est, je me force desormais a taper a deux mains. C'est pas difficile puisque je connais le clavier. Je tape mega vite, desormais. Ca m'a pris deux trois jours...

vendredi 13 février 2009

Quintidi 25 Pluviose 217 : a part ca...

Pour vous, en France, de l'ordinaire confiot' sana marque de chez Carrefour. Pour moi, une benediction : de la vraie confiture pas trop chere. Jusco, la semaine derniere.

Bonne nouvelle du jour, je viens de recevoir mon refund definif d'impots pour l'an dernier. C'est pas enorme, mais ca paie l'electricite et le gaz pour ce mois ci... Pas de petit profit...
J'ai recu une reponse (negative) pour une candidature a Bloomberg Tokyo. En fait, je mets ce type de mail aussi dans la categorie des bnnes nouvelles puisque cela clot une attente. Il y a d'autres entreprises qui ne se donnent pas cette peine et ne repondent pas. Comme BNPP Tokyo dont je ne recois aucune nouvelle, meme negative, et ce malgre un entretien l'an dernier.

Le marche de Tsukiji et le quartier de Chiyodome vus d'un grand pont surplombant la Sumida et conduisant a l'Ile de Tsukishima.

L
a semaine derniere, J'ai retrouve une anciene eleve, Marie. Cette fois, c'est dans l'ile de Tsukishima que nous sommes alles nous promener. Le temps etait simplement magnifique. Nous nous sommes retrouves a Tsukiji et avons marches pendant plusieurs heures. Pour dejeuner, nous nous sommes arretes dans un restaurant du shotengai (gallerie commercante) qui traverse l'ile en son centre. Mous avons mange un okonomiyaki (sorte de grosse crepe preparee en direct sur plaque chauffante puis arrosee de sauce et mayonnaise) et 2 monjyu (preparation identique pour la pate, qui reste neanmoins plus liquide, la sauce est incorporee au melange, pas de mayonnaise) :

Manujyuyaki aux fruits de mer et mochi






Okonomiyaki






Monjyuyaki aux oeufs de je ne sais trop quel poisson (tarako)





Apres cette delicieuse pause, nous nous alles a Shibuya voir le film Paris, de Cedric Klapish. Je vais vous faire une confession : ce fut la premiere fois que j'allais au cinema depuis mon arrive il y a trois ans... Avec jun nous allons beaucoup au musee, nous visitons d'innombrables parcs, regardons pas mal de videos, et parfois nous cedons a la tentations de films legers et americains, nous regardons aussi des films independants que l'on trouve en abondance a Tsutaya. Mais le cinema, non... En fait, le cinema est terriblement cher. Le seul film que nous ayons vu ensemble, c'etait le Jeanne d'Arc de Rivette a l'Institut Francais, que j'ai offert a Jun pour son anniversaire l'an dernier. Mais un vrai cinema, jamais... Ce fut donc ma premiere en 3 ans... Si je trouve un travail, je compte bien corriger cela... A Tokyo, comme pour les expositions, se cotoient des films du monde entier. Ce qui fait la difference entre la vie culturelle a Tokyo et en Europe - a Paris en particulier-, c'ets qu'il faut aller la chercher. La vie culturelle est tres riche en fait, mais elle ne s'affiche pas. Ici, il n'y a pas toue ces reductions. A la place, il y a l'incroyable conformisme du public et des"comites d'entreprises" qui draine une foule sans nombres vers les memes expositions et les memes films, le tout valide par les stars de la tele poubelle qui s'extrasient devant le spectacle de leur propre banalite. Telle exposition est "belle", emballe, pese. On s'y pressera en nombre afin de pouvoir constater avec son voisin que "c'est beau". L'nculture suinte alors de partout et l'on benit Jules Ferry et Jack Lang de nous avoir aide a ne pas en etre la... Mais heureusement, si l'on cherche un peu, on decouvre un public plus cultive, tres curieux de tout, dans des endroits tres surprenants. J'aime ce Tokyo la.
Dans la salle de Bunkamura, public francophile, mais je suis le seul Francais. Et puis apres maintes bande-annonces, le film commence.

Fleur de ume, dimanche dernier.

La ville me manque.

Paris, sa/ma tour Eiffel. Ses/mes facades couleurs de pierres. Mes grandes perigrinations en velo dans ses rues si douces en ete. Ses couchers de soleil. Et nous les Parisiens qui aimons nos cafes, parler fort et ne pas etre d'accord, mais qui deviennent amis tout de suite sur le champs, nous donnant la possibilite de devenir ainsi vraiment amis un jour dans 5 ans, dans 10 ans. Mes amis, nos soirees me manquent. La terrasse dans le vingtieme, chez Stephane, jusqu'a plus d'heure. L'attente du TGV par lequel Alain nous visite, le vendredi soir. Ma course apres le travail jusqu'a la gare du nord un jeudi soir, destination Londres, et cette meme gare du Nord le lundi matin, au retour, destination le travail. Ma promenade tranquille vers 9 heures du matin dans le quartier du Luxembourg quand je vais voir mon medecin a Tarnier, le soleil qui eclaire les facades, un peu rose. J'aime la ville de Paris, magnifique, incomparable. Klapish la filme vraiment bien. La variete des personnages aussi, est interessante. La soiree, Katerine "j'adore", c'etait comme si je l'avais deja vecue. Je suis sorti du film vaguement retourne. Comme si c'etait trop d'un coup. Le chomage, et puis voila cette ville qui m'est desormais devenue etrangere, avec plus aucun ami a y retrouver desormais car plus aucun n'y habite. Il y a quelque chose qui s'est detache un peu plus de moi. Cette ville appartient au passe. Paris est une conquete qui ne s'acquiert que de tres haute lutte. Paris n'a desormais plus besoin de moi. Et me voici a Tokyo ou je n'ai jamais ete jeune, loin de Paris ou j'ai dit au revoir a mes vingt ans...

Shinjuku Gyoen

M
arie et moi nous sommes quittes a Shibuya. J'etais heureux d'avoir vu ce film et d'avoir passe cette journee dans une autre ville dont je goute le charme dans ma vie d'adulte quarantenaire. J'ai juste regrette que Jun et moi ne l'ayons pas vu ensembles. Nous, les Parisiens, nous sommes les habitant d'un tres gros village de 2 millions d'habitants. C'est peut-etre pour cela que j'aime la Shita machi. Son cote village, son cote vieille comere, commercant reac et voisin qui met des plantes partout ou il y a de la place.
Avant de reprendre le metro, j'ai achete ma baguette chez Kobeya-Kitchen (ne pas confondre avec Kobe-ya, vraiment pas bon).
C'etait mardi la semaine derniere.
Depuis, j'ai repris mon rythme de promenades dans des jardins. La saison des fleurs commence, comme demultipliee par le temps, resoluement beau, juste entrecoupe de passages nuageux.
Faites donc un tour par les albums photos...
De Tokyo
Suppaiku
Basilique Saint-Nicolas a Ochanomizu, samedi en soiree.