lundi 15 août 2011

Publie sur minorités.org: Mortgage Story (docu-nouvelle)

Quatrième partie (La chute)

Le 12 septembre 2007, Susan reçut de sa banque un appel inhabituel, lui demandant de couvrir rapidement le compte de FHRE. Jusque récemment, elle avait pu « jouer avec la trésorerie », couvrir les découverts d'un coût quand les ventes se réalisaient, mais depuis un ou deux mois, c'était de plus en plus difficile, et les taux n'arrêtaient pas de grimper. Le conseiller qui l'appelait ajouta qu'il faudrait revoir le contrat car ce n'était pas possible de continuer comme ça. Susan appela Peter qui lui raccrocha presque au nez. Il était irascible depuis quelques semaines, il ne lui disait plus rien, rentrait à pas d'heures, engueulait ses employés en permanence. Elle savait que ça avait un lien avec les derniers crédits qu'il ne réussissait pas à mettre sur le marché, et ceux qu'il avait du revendre à perte. Mais il y avait autre chose, visiblement.
M
aria et Juan travaillaient dans leur « jardin ». Ils virent un grand camion se garer en face, puis leurs voisins y mettre leurs affaires. Leur piscine n'était pas finie, ils déménageaient déjà. Ceux d'à côté aussi étaient partis et dans le voisinage, les rires des enfants avaient été remplacés par les couleurs des panneaux « Foreclosure », « To Sell », « Bargain ». Leurs voisins, avant de partir, leur avaient dit qu'après révision, leur taux de crédit était passé à 16,17%, qu'ils avaient demandé des explications, mais que comme on leur avait demandé de payer sans discuter, ils avaient préféré partir, et laisser la clef sur la porte, comme la loi les y autorise. Maria avait des maux de tête qui ne s'arrêtaient pas, elle attendait la lettre. Le facteur arriva.
Leur taux serait relevé à 21,11% à compter du mois de décembre et leurs remboursements passeraient à 1.754,11 dollars. Juan téléphona à Fantastic Loans, puis à Fantastic Homes, mais partout on lui confirma que désormais, c'était Merryll Lynch qui était en charge de leur crédit, qu'ils ne savaient pas qui y contacter, mais que si le taux avait été relevé, c'était qu'il avait dû l'être...